Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
198 L’INITIATION ._.. __ . "...Wl former cette histoire en une collection banale de faits plus ou moins bien enregistrés, et rien de plus. Or, ce caractère analytique qui consiste à enregis trer des faits en Science comme en Histoire loin de conduire aux lois scientifiques ou sociales ne fait qu’en éloigner, comme du reste toute analyse. Voilà pourquoi I’Histoire qui devrait être le livre de la Sagesse de tout homme politique ne peut, telle qu’elle est aujourd’hui présentée, qu’égarer le malheureux qui prend des séries de faits pour des lois. Tout peuple est un organe vivant du Grand Adam et, comme tel, doit remplir une fonction en vue de la Vie de l’Humanité. Le peuple qui s’éloigne de la fonction pour laquelle il est créé s’éloigne de ce fait même de la loi de vie et se condamne à mort. L’his toire d’un peuple se réduit donc en dernière analyse à l’histoire de l’accomplissement de sa fonction. Mais comment connaître cette loi synthétique, raison d’être de chaque organe de l’Humanité? Ce n’est pas dans les faits, pour aussi nombreux qu’ils soient, que nous trouverons cette loi, je le répète, c’est dans l’idée que le peuple est chargé de réaliser que la loi de vie et de mort est contenue. F,—Ch. Barlet dans un travail encore inédit formule admirablement ceci en disant: Tout peuple est une idée en mgrche. . La grandeur du peuple dépend de celle de l’idée et la force matérielle a été et sera, toujours impuissante contre les grandes idées, quoiqu’elle fasse. Or, à la naissance de chaque grand peuple, nous trouvons un homme assez puissant intellectuellement A LaJ. - . -_J.A,..._.L-Zt,s,wsv s ,3..an
2LES camus INITIÉS 99 pour avoir conçu l’idée directrice de la nation choi sie par lui, assez sûr de la grandeur de l’idée conçue pour s’être toujours offert en holocauste pour sa réali sation; voilà ce que nous montre le livre de M. Schuré. L’âme vivante de l’Inde c’est Krz‘chna, celle. de l’Egypte c’est Herme‘s comme celle du peuple juif c’est Moïse et celle de la Grèce, Orphe’e. Rama, Pythagore et Jésus apparaissent au—dessus de 1’Hu— manité comme des réalisateurs sacrés de la divinisa* tion de l’Humain, par la Sagesse et le Sacrifice. Écrire l’histoire ésotérique de ces hommes divins, c’était écrire celle de l’ésotérisme même des peuples. Il faut féliciter notre auteur d’avoir pu mener à bien une tâche aussi colossale. Son livre est à tel point suggestif qu’il est presqu’impossible d’en donner une idée en un court compte—rendu. Nous devons borner notre ambition à en énoncer les points saillants. Nous venons de voir l’idée qui a présidé à sa cons truction; voyons maintenant les détails mêmes de cette construction : Une introduction et huit chapitres, formant en tout 554 pages, constituent l’ouvrage de M. Schuré. L’introduction établit l’antagonisme actuel de la Science et de la Foi et donne le moyen d’en faire cesser les mauvais effets par l’étude de la Doctrine des Mystères qui dévoile l’unité sociale, scientifique et religieuse de tous les organes de l’Hu manité. Cette introduction devait être publiée zn-ex tenso dans l’Im‘tz‘aiion qui avait à cet effet l’autorisa tion de l’auteur; mais nous avons pensé qu’une analyse de l’ouvrage donnerait à nos lecteurs une
31 00 L’INITIATION idée plus synthétique du travail de M. Schuré, voilà la raison d’être de la présente étude. Chacun des huit chapitres est 'consacré à l’étude d’une des grandes âmes de chaque peuple en suivant l’ordre chronologique. Rama, Krichna, Hermès, Moïse, Orphe’e, Pythagore, Platon et Jésus sont successivement étudiés, tant au point de vue exoté— rique qu’au point de vue ésotérique. Ce travail suppose doncpa priori: 1° Un exposé complet de l’Histoire des Mystères et de l’Initiation âytravers les âges; 2° Un exposé des doctrines de l’Initiationîet de leur transformation suivant les peuples ; 3° Un exposé de la pratique initiatique suivant les individus; 4° Un exposé des conséquences religieuse, scien tifique et sociale de l’initiation sur les peuples qui ,ont subi l’influence d’un véritable initiateur. LES MYSTÈRES ET L’INITIATION L’instruction dans la Société antique était établie sur des bases entièrement différentes de celles de nos jours. Aujourd’hui on développe surtout une faculté bien stérile comme résultats : la mémoire. Avec de la mémoire on arrive à tout à notre époque ; ceux qui veulent sortir de cette routine épouvantable, ceux qui ne veulent pas faire partie du troupeau sont flétris par l’optimisme bourgeois du nom d’originaux. L’instruction antique à divers degrésgtendait juste ment à « orz'ginalz‘ser » les gens, si bien que l’être
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
198 L’INITIATION ._.. __ . "...Wl former cette histoire en une collection banale de faits plus ou moins bien enregistrés, et rien de plus. Or, ce caractère analytique qui consiste à enregis trer des faits en Science comme en Histoire loin de conduire aux lois scientifiques ou sociales ne fait qu’en éloigner, comme du reste toute analyse. Voilà pourquoi I’Histoire qui devrait être le livre de la Sagesse de tout homme politique ne peut, telle qu’elle est aujourd’hui présentée, qu’égarer le malheureux qui prend des séries de faits pour des lois. Tout peuple est un organe vivant du Grand Adam et, comme tel, doit remplir une fonction en vue de la Vie de l’Humanité. Le peuple qui s’éloigne de la fonction pour laquelle il est créé s’éloigne de ce fait même de la loi de vie et se condamne à mort. L’his toire d’un peuple se réduit donc en dernière analyse à l’histoire de l’accomplissement de sa fonction. Mais comment connaître cette loi synthétique, raison d’être de chaque organe de l’Humanité? Ce n’est pas dans les faits, pour aussi nombreux qu’ils soient, que nous trouverons cette loi, je le répète, c’est dans l’idée que le peuple est chargé de réaliser que la loi de vie et de mort est contenue. F,—Ch. Barlet dans un travail encore inédit formule admirablement ceci en disant: Tout peuple est une idée en mgrche. . La grandeur du peuple dépend de celle de l’idée et la force matérielle a été et sera, toujours impuissante contre les grandes idées, quoiqu’elle fasse. Or, à la naissance de chaque grand peuple, nous trouvons un homme assez puissant intellectuellement A LaJ. - . -_J.A,..._.L-Zt,s,wsv s ,3..an
2LES camus INITIÉS 99 pour avoir conçu l’idée directrice de la nation choi sie par lui, assez sûr de la grandeur de l’idée conçue pour s’être toujours offert en holocauste pour sa réali sation; voilà ce que nous montre le livre de M. Schuré. L’âme vivante de l’Inde c’est Krz‘chna, celle. de l’Egypte c’est Herme‘s comme celle du peuple juif c’est Moïse et celle de la Grèce, Orphe’e. Rama, Pythagore et Jésus apparaissent au—dessus de 1’Hu— manité comme des réalisateurs sacrés de la divinisa* tion de l’Humain, par la Sagesse et le Sacrifice. Écrire l’histoire ésotérique de ces hommes divins, c’était écrire celle de l’ésotérisme même des peuples. Il faut féliciter notre auteur d’avoir pu mener à bien une tâche aussi colossale. Son livre est à tel point suggestif qu’il est presqu’impossible d’en donner une idée en un court compte—rendu. Nous devons borner notre ambition à en énoncer les points saillants. Nous venons de voir l’idée qui a présidé à sa cons truction; voyons maintenant les détails mêmes de cette construction : Une introduction et huit chapitres, formant en tout 554 pages, constituent l’ouvrage de M. Schuré. L’introduction établit l’antagonisme actuel de la Science et de la Foi et donne le moyen d’en faire cesser les mauvais effets par l’étude de la Doctrine des Mystères qui dévoile l’unité sociale, scientifique et religieuse de tous les organes de l’Hu manité. Cette introduction devait être publiée zn-ex tenso dans l’Im‘tz‘aiion qui avait à cet effet l’autorisa tion de l’auteur; mais nous avons pensé qu’une analyse de l’ouvrage donnerait à nos lecteurs une
31 00 L’INITIATION idée plus synthétique du travail de M. Schuré, voilà la raison d’être de la présente étude. Chacun des huit chapitres est 'consacré à l’étude d’une des grandes âmes de chaque peuple en suivant l’ordre chronologique. Rama, Krichna, Hermès, Moïse, Orphe’e, Pythagore, Platon et Jésus sont successivement étudiés, tant au point de vue exoté— rique qu’au point de vue ésotérique. Ce travail suppose doncpa priori: 1° Un exposé complet de l’Histoire des Mystères et de l’Initiation âytravers les âges; 2° Un exposé des doctrines de l’Initiationîet de leur transformation suivant les peuples ; 3° Un exposé de la pratique initiatique suivant les individus; 4° Un exposé des conséquences religieuse, scien tifique et sociale de l’initiation sur les peuples qui ,ont subi l’influence d’un véritable initiateur. LES MYSTÈRES ET L’INITIATION L’instruction dans la Société antique était établie sur des bases entièrement différentes de celles de nos jours. Aujourd’hui on développe surtout une faculté bien stérile comme résultats : la mémoire. Avec de la mémoire on arrive à tout à notre époque ; ceux qui veulent sortir de cette routine épouvantable, ceux qui ne veulent pas faire partie du troupeau sont flétris par l’optimisme bourgeois du nom d’originaux. L’instruction antique à divers degrésgtendait juste ment à « orz'ginalz‘ser » les gens, si bien que l’être
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.