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1P A R T IE I N I T I A T I Q U E "Qd’est- ce qtnw I nitié? ;Ta7înl' des causes les plus fréquentes de l’obscurité ^i-g^apparente des études de science occulte, c'est sans contredit la confusion des termes employés par ceux qui traitent ces questions. Il est donc indispensable de bien définir tout d’abord les mots qu’on se pro pose d’employer, sous peine de tomber dans l’erreur que nous venons de signaler. Peu de termes prêtent davantage à la confusion que celui à'Initié. Les uns considèrent l’initié comme 1 être exceptionnel signalé avec vénération par tous les auteurs d’occultisme, les autres n’y voient qu’une signification bien moins élevée et qu’on peut appliquer assez, généralement. 11 suffit de se reporter à l’acception primitive de ce mot pour voir que le dernier avis est le véritable. En eflet, le titre d'initié dans l’antiquité indiquait simple ment un homme instruit et les degrés d’instruction variaient suivant les cas sans que le titre général d’ini tié subit jamais le moindre changement. L’initié aux petits mystères possédait une instruc tion équivalente à celle donnée de nos jours par l’Université: l’initié ntt.v grands mystères apprenait 7
2194 l’initiation successivement l’existence et le maniement des grandes forces occultes de la rature. Parvenu au summum de cette instruction, il prenait le titre de voyant, de pro phète ou d’adepte. Ainsi Initié et Adepte sont les deux termes qui désignent respectivement le commencement et l'apo gée de la carrière de l'occultiste. Tous les hommes instruits prenaient donc dans l'antiquité le titre d’initiés et les titres de fils de la femme, fils de la Terre, fils des dieux, fils de Dieu (i) désignaient leur élévation hiérarchique dans l’ordre des connaissances humaines. Sans vouloir nous attarder sur l’enseignement qu’ils recevaient, parlons cependant d’un point très important. La doctrine enseignée était surtout synthétique et la recherche de l'Unitc universelle leur était indiquée comme but de leurs eiïorts. D'autre part, on leur apprenait àaccommoderl’ensei gnement aux tempéraments divers des peuples qu’ils étaient chargés souvent d’organiser à titre de législa teurs. C’est pourquoi nous voyons les lois d'Orphée, de Moïse, de Lycurgue, de Solon, de Pythagorc être si différentes en apparence, alors que tous ces hommes ont puisé leurs enseignements à une même source. La perte de ces données conduit nos législateurs contemporains à la ruine et à l’asservissement des na tions qu'ils veulent organiser toutes sur le même pied. Le peuple possédait donc une religion ou une orga nisation sociale en rapport absolu avec son tempéra it) V ov. lu M illio n dot J u i/t de Saint-Y ves J'A lv ey d re.
3q u ’e s t - c e q u ’u n IN ITIÉ? 195 ment propre, ce qui était un excellent moyen de le rendre heureux: l'homme instruit,au contraire, savait pertinemment qu’il n’existait qu une seule religion dont tous les cultes étaient des adaptations, comme les couleurs sont les aspects divers d’une seule et unique lumière blanche. Aussi la guerre religieuse est-elle presque totale ment inconnue dans l’antiquité, puisque aucun homme intelligent n’aurait pu môme en avoir l’idée ; le peuple seul était capable de ces enfantillages. La société antique nous apparaît maintenant dans toute la splendeur de son organisation unitaire et nous comprenons pourquoi l’initié peut entrer dans tous les temples et sacrifier à tous les dieux, en com munion avec les prêtres de tous les cultes qui recon naissaient en lui le philosophe de limité au même titre qu'eux. Les ignorants sectaires qui prétendent aujourd’hui parler de religion arguent il ces propos de Polythéisme sans comprendre que les chrétiens d’aujourd’hui apparaissent au chercheur naïf plus polythéistes qu'aucune autre secte. Figurons-nous, en efiet, un homme instruit mais ignorant de nos coutumes religieuses qui subitement serait appelé à faire une étude à ce sujet ne possédant comme guides que les monuments. Voyez si ses conclusions ne seraient pas celles-ci : « La Religion de ces peuples curieux paraît consister principalement dans l’adoration d'un vieillard, d'un supplicié et d un pigeon. Tous leurs temples présentent ces images. Ils adoraient en outre plusieurs dieux
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1P A R T IE I N I T I A T I Q U E "Qd’est- ce qtnw I nitié? ;Ta7înl' des causes les plus fréquentes de l’obscurité ^i-g^apparente des études de science occulte, c'est sans contredit la confusion des termes employés par ceux qui traitent ces questions. Il est donc indispensable de bien définir tout d’abord les mots qu’on se pro pose d’employer, sous peine de tomber dans l’erreur que nous venons de signaler. Peu de termes prêtent davantage à la confusion que celui à'Initié. Les uns considèrent l’initié comme 1 être exceptionnel signalé avec vénération par tous les auteurs d’occultisme, les autres n’y voient qu’une signification bien moins élevée et qu’on peut appliquer assez, généralement. 11 suffit de se reporter à l’acception primitive de ce mot pour voir que le dernier avis est le véritable. En eflet, le titre d'initié dans l’antiquité indiquait simple ment un homme instruit et les degrés d’instruction variaient suivant les cas sans que le titre général d’ini tié subit jamais le moindre changement. L’initié aux petits mystères possédait une instruc tion équivalente à celle donnée de nos jours par l’Université: l’initié ntt.v grands mystères apprenait 7
2194 l’initiation successivement l’existence et le maniement des grandes forces occultes de la rature. Parvenu au summum de cette instruction, il prenait le titre de voyant, de pro phète ou d’adepte. Ainsi Initié et Adepte sont les deux termes qui désignent respectivement le commencement et l'apo gée de la carrière de l'occultiste. Tous les hommes instruits prenaient donc dans l'antiquité le titre d’initiés et les titres de fils de la femme, fils de la Terre, fils des dieux, fils de Dieu (i) désignaient leur élévation hiérarchique dans l’ordre des connaissances humaines. Sans vouloir nous attarder sur l’enseignement qu’ils recevaient, parlons cependant d’un point très important. La doctrine enseignée était surtout synthétique et la recherche de l'Unitc universelle leur était indiquée comme but de leurs eiïorts. D'autre part, on leur apprenait àaccommoderl’ensei gnement aux tempéraments divers des peuples qu’ils étaient chargés souvent d’organiser à titre de législa teurs. C’est pourquoi nous voyons les lois d'Orphée, de Moïse, de Lycurgue, de Solon, de Pythagorc être si différentes en apparence, alors que tous ces hommes ont puisé leurs enseignements à une même source. La perte de ces données conduit nos législateurs contemporains à la ruine et à l’asservissement des na tions qu'ils veulent organiser toutes sur le même pied. Le peuple possédait donc une religion ou une orga nisation sociale en rapport absolu avec son tempéra it) V ov. lu M illio n dot J u i/t de Saint-Y ves J'A lv ey d re.
3q u ’e s t - c e q u ’u n IN ITIÉ? 195 ment propre, ce qui était un excellent moyen de le rendre heureux: l'homme instruit,au contraire, savait pertinemment qu’il n’existait qu une seule religion dont tous les cultes étaient des adaptations, comme les couleurs sont les aspects divers d’une seule et unique lumière blanche. Aussi la guerre religieuse est-elle presque totale ment inconnue dans l’antiquité, puisque aucun homme intelligent n’aurait pu môme en avoir l’idée ; le peuple seul était capable de ces enfantillages. La société antique nous apparaît maintenant dans toute la splendeur de son organisation unitaire et nous comprenons pourquoi l’initié peut entrer dans tous les temples et sacrifier à tous les dieux, en com munion avec les prêtres de tous les cultes qui recon naissaient en lui le philosophe de limité au même titre qu'eux. Les ignorants sectaires qui prétendent aujourd’hui parler de religion arguent il ces propos de Polythéisme sans comprendre que les chrétiens d’aujourd’hui apparaissent au chercheur naïf plus polythéistes qu'aucune autre secte. Figurons-nous, en efiet, un homme instruit mais ignorant de nos coutumes religieuses qui subitement serait appelé à faire une étude à ce sujet ne possédant comme guides que les monuments. Voyez si ses conclusions ne seraient pas celles-ci : « La Religion de ces peuples curieux paraît consister principalement dans l’adoration d'un vieillard, d'un supplicié et d un pigeon. Tous leurs temples présentent ces images. Ils adoraient en outre plusieurs dieux
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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