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1LA DIVINATION ARTIFICIELLE IO7 Tous ccs moyensayant pour but final d'obtenir des inspirations,c’cst-à-dire des connaissances intérieures, des songes, ce que nous allons dire des songes s’appli quera a priori à tous les autres genres de divination. III. — Homère dit que le temple du sommeil est placé dans une cité où il y a deux portes : l’une de corne, par où passent les songes véritables ; l’autre d'ivoire par laquelle entrent les songes vains et illu soires. Cette allégorie nous indique clairement qu’il y a deux sortes de songes, les uns qui nous viennent d’en haut, du monde invisible; les autres, d’en bas, du monde extérieur visible. L’esprit, en cllct, danslesommeil comme d’ailleurs dans la veille, ne peut exercer son action que sur les impressions qu’il a reçues. Mais il peut en recevoir du monde invisible aussi bien que du monde visible; du monde intérieur comme du monde extérieur; du supérieur, de même que de l’inférieur. C’est dans ce même sens qu'il faut entendre Hippo crate et tous les anciens lorsqu'ils divisent les songes en divins et naturels. Cratippe (dans Cicéron) expose aüssi une opinion analogue à celle d’Homère ; pour expliquer la divina tion il admet dans les âmes deux parties : l’une di vine et l’autre humaine. Mais existe-t-il un monde invisible? Là est la pierre d’achoppement du matérialisme. Il est assez singulier qu’une pareille question puisse encore être posée en un temps où le microscope joue un si grand rôle.
2ioS l’initiation On comprend qu’un esprit fort et présomptueux. — plus on est ignorant plus on est présomptueux. — fasse de ses sens et des instruments qui leur servent d'auxiliaires la mesure de son esprit : mais un savant qui est accoutumé à voir reproduire dans la nature des changements, des transformations, dont il ne voit et ne perçoit les causes par aucun de scs organes, comment peut-il douter de l'existence du monde invi sible? Comment ne s’aperçoit-il pas que l'invisible est le principe du visible et de ses modifications ; que tout changement implique une force, c’est-à-dire quelqué chose qui n’est pas visible. Nous n'insistons pas sur cette question, car cela nous éloignerait trop de notre sujet, mais cette simple observation, impartialement méditée, suffira pour faire sentir que l'homme étant double, peut recevoir deux sortes d'impressions diamétralement opposées, et. par conséquent, faire deux sortes de songes ou de rêves. Les physiologistes, qui s’efforcent de prouver que les rêves dépendent des dispositions physiques cl morales dans lesquelles nous nous trouvons, ont donc raison, et les métaphysiciens sont d’accord avec eux, comme nous le verrons tout à l’heure ; mais l'erreur des sensualistes est de n'envisager qu'un côté de la question, de croire ou de soutenir que tous les songes nous viennent du monde extérieur et de lui seul. La vérité est qu'on peut recevoir des impressions des deux mondes, clics peuvent entrer dans notre esprit par la porte de corne ou par la porte d’ivoire ; mais la nature de ces impressions dépend, nous ne
3LA DIVINATION ARTIFICIELLE 10q saurions trop le répéter, des dispositions physiques et morales, naturelles ou acquises, dans lesquelles nous nous trouvons ou dans lesquelles nous nous mettons. IV. — Les dispositions requises pour recevoir des songes divins, des impressions venant du monde invisible, des songes vrais, ont été indiquées par tous les philosophes, meme par les moins spiritualistes. Aristote observe que les gens de bien font des songes agréables, et que pour les méchants, c’est le contraire. Pline nous apprend que les Atlantes ne mangeaient rien qui ait eu vie; c’est pour cela, ajoute-t-il, qu’ils ne faisaient jamais de mauvais rêves. « 11 faut être épuré d'âme et de corps pour recevoir les révélations divines. » (Dupleix. Corps de philo sophie.) C’est pour cela que les songes du matin sont moins confus et plus véritables que ceux du premier sommeil « les visières sont plus libres », dit Dupleix dans son vieux langage. L’atmosphère humaine est moins obscurcie par les fumées de la matière, et les songes vrais peuvent pénétrer plus facilement dans l’esprit par la porte de corne. II n’est donc pas étonnant que les gens qui se tien nent habituellement dans des dispositions diamétra lement opposées ne fassent pas de songes véritables et ne croient pas à leur possibilité. C'est le contraire qui nous surprendrait. Il serait vraiment contraire aux lois de la nature, que les hommes qui se plongent, se vautrent dans la matière, dont les pensées sont comme ensevelies dans
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LA DIVINATION ARTIFICIELLE IO7 Tous ccs moyensayant pour but final d'obtenir des inspirations,c’cst-à-dire des connaissances intérieures, des songes, ce que nous allons dire des songes s’appli quera a priori à tous les autres genres de divination. III. — Homère dit que le temple du sommeil est placé dans une cité où il y a deux portes : l’une de corne, par où passent les songes véritables ; l’autre d'ivoire par laquelle entrent les songes vains et illu soires. Cette allégorie nous indique clairement qu’il y a deux sortes de songes, les uns qui nous viennent d’en haut, du monde invisible; les autres, d’en bas, du monde extérieur visible. L’esprit, en cllct, danslesommeil comme d’ailleurs dans la veille, ne peut exercer son action que sur les impressions qu’il a reçues. Mais il peut en recevoir du monde invisible aussi bien que du monde visible; du monde intérieur comme du monde extérieur; du supérieur, de même que de l’inférieur. C’est dans ce même sens qu'il faut entendre Hippo crate et tous les anciens lorsqu'ils divisent les songes en divins et naturels. Cratippe (dans Cicéron) expose aüssi une opinion analogue à celle d’Homère ; pour expliquer la divina tion il admet dans les âmes deux parties : l’une di vine et l’autre humaine. Mais existe-t-il un monde invisible? Là est la pierre d’achoppement du matérialisme. Il est assez singulier qu’une pareille question puisse encore être posée en un temps où le microscope joue un si grand rôle.
2ioS l’initiation On comprend qu’un esprit fort et présomptueux. — plus on est ignorant plus on est présomptueux. — fasse de ses sens et des instruments qui leur servent d'auxiliaires la mesure de son esprit : mais un savant qui est accoutumé à voir reproduire dans la nature des changements, des transformations, dont il ne voit et ne perçoit les causes par aucun de scs organes, comment peut-il douter de l'existence du monde invi sible? Comment ne s’aperçoit-il pas que l'invisible est le principe du visible et de ses modifications ; que tout changement implique une force, c’est-à-dire quelqué chose qui n’est pas visible. Nous n'insistons pas sur cette question, car cela nous éloignerait trop de notre sujet, mais cette simple observation, impartialement méditée, suffira pour faire sentir que l'homme étant double, peut recevoir deux sortes d'impressions diamétralement opposées, et. par conséquent, faire deux sortes de songes ou de rêves. Les physiologistes, qui s’efforcent de prouver que les rêves dépendent des dispositions physiques cl morales dans lesquelles nous nous trouvons, ont donc raison, et les métaphysiciens sont d’accord avec eux, comme nous le verrons tout à l’heure ; mais l'erreur des sensualistes est de n'envisager qu'un côté de la question, de croire ou de soutenir que tous les songes nous viennent du monde extérieur et de lui seul. La vérité est qu'on peut recevoir des impressions des deux mondes, clics peuvent entrer dans notre esprit par la porte de corne ou par la porte d’ivoire ; mais la nature de ces impressions dépend, nous ne
3LA DIVINATION ARTIFICIELLE 10q saurions trop le répéter, des dispositions physiques et morales, naturelles ou acquises, dans lesquelles nous nous trouvons ou dans lesquelles nous nous mettons. IV. — Les dispositions requises pour recevoir des songes divins, des impressions venant du monde invisible, des songes vrais, ont été indiquées par tous les philosophes, meme par les moins spiritualistes. Aristote observe que les gens de bien font des songes agréables, et que pour les méchants, c’est le contraire. Pline nous apprend que les Atlantes ne mangeaient rien qui ait eu vie; c’est pour cela, ajoute-t-il, qu’ils ne faisaient jamais de mauvais rêves. « 11 faut être épuré d'âme et de corps pour recevoir les révélations divines. » (Dupleix. Corps de philo sophie.) C’est pour cela que les songes du matin sont moins confus et plus véritables que ceux du premier sommeil « les visières sont plus libres », dit Dupleix dans son vieux langage. L’atmosphère humaine est moins obscurcie par les fumées de la matière, et les songes vrais peuvent pénétrer plus facilement dans l’esprit par la porte de corne. II n’est donc pas étonnant que les gens qui se tien nent habituellement dans des dispositions diamétra lement opposées ne fassent pas de songes véritables et ne croient pas à leur possibilité. C'est le contraire qui nous surprendrait. Il serait vraiment contraire aux lois de la nature, que les hommes qui se plongent, se vautrent dans la matière, dont les pensées sont comme ensevelies dans
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