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12 l'initiation s’y heurtent en désespérés, distinguant clairement le rayon qui doit les conduire à la source de toute lumière sans pouvoir le suivre au delà de leur prison. Les spiritualistes, au contraire, libres au dehors et comme perdus dans l'océan lumineux, y voguent sans boussole, incapables de trouver ce rayon con ducteur, désespoir des positivistes. 11 est cependant une école qui promet de guider les uns, de délivrer les autres, de diriger chacun vers le foyer si désiré de la Vérité: école méconnue, peu fréquentée, comme tout degré transcendant, mais dont les maîtres ont toujours fait preuve d’une science considérable : c’est celle de la Théosophie, spiri tualisme positif conservé longtemps dans les mys tères antiques, transmis avec plus ou moins de pu reté par les Cabalistes, les Mystiques, les Templiers, les Rose-Croix et les Francs-Maçons, dégénéré sou vent comme toute doctrine qui se divulgue prématu rément, mais caché toujours au fond de toute religion et soigneusement entretenu en tous temps dans quelques sanctuaires généralement ignorés dont l’Inde est encore le foyer principal. Le secret de la Théosophie, pour concilier la science avec la métaphysique, est dans un certain développe ment pratique des facultés humaines propre à étendre les limites de la certitude. Essayons d’en comprendre d’abord la possibilité : L’examen attentif de toute méthode scientifique, si positive quelle soit, prouve qu'il n'y a d'évidence, de certitude que dans les axiomes, et que l’échafau dage fragile et changeant de nos sciences édifié sur
2INITIATION 3 cette base inébranlable est dû tout entier à l'intuition dont l'observation et lcxpérience ne sont que les ins truments. D’un autre côté, le champ de la perception directe où l’intuition s’exerce est susceptible d’extension; c'est ce que démontrent particulièrement les phéno mènes d’hypnotisme ou de magnétisme, tourment de nos sciences modernes, où les limites de la matière opaque, de l’espace et du temps sont supprimées dans une mesure variable mais incontestable. Enfin, dans ce champ des facultés transcendantes, la perception ne se rapproche pas toujours également de cette certitude invincible qui caractérise l’axiome, car, parmi les sujets hypnotisables ou magnétisables, la lucidité matérielle offre une foule de nuances qui se repètent, dans l'ordre intellectuel, entre les fantai sies d'une imagination déréglée et les révélations sublimes du génie sainement inspiré. On ne sort donc pas des données positives de l'ob servation et de l’expérience en affirmant que la per ception physique ou intellectuelle de l’être humain est capable de s’étendre au delà des sensations et des jugements ordinaires, et que, dans les régions trans cendantes qu’elle peut atteindre, elle est susceptible de plus ou moins de certitude. Cette affirmation offre à la connaissance humaine des horizons nouveaux, une hiérarchie de nouvelles causes immédiates, et la perspective d’une progression indéfinie dans la science. Or, la Théosophie enseigne à l’homme l'entraîne ment qui lui permet d'aborder ces régions transcenl'initiation 4 dantes de la perception, en le préservant de l’illusion à travers les forces et les êtres nouveaux qu'il y ren contrera, et c’est cet enseignement qui constitue Y Ini tiation. La légère esquisse qui va en être donnée et dont le lecteur ne devra attribuer la grossièreté qu’à l’im péritie de l'étudiant qui l'entreprend, pourra du moins donner une idée des principes par lesquels la Religion et la Philosophie, la Sagesse et la Science se trouvent unies dans la Théosophie. ★ * * L'Initiation comprend deux parties differentes mais solidaires : la Théorie des ressources et des nécessités de son entreprise, que le néophyte reçoit toujours sous bénéfice d'inventaire, avec la réserve absolue de sa liberté de pensée — et la pratique, où il s'exerce, sous la direction de ses maîtres, à l’entraînement physique, intellectuel et moral qui doit faire de lui un Initié. La Théorie, enseignement primaire de la Théo sophie, en est comme la définition préalable; c’est elle qui fournit à peu près exclusivement la matière des publications théosophiques : il faut donc se garder de se croire initié parce que l'on possède ces ouvrages publics; leur connaissance est une préparation excel lente, mais rien de plus. Cette théorie se trouve disséminée dans une foule d'ouvrages plus ou moins connus, d’accès plus ou moins facile aussi; mais il en est bien peu qui l’expo sent assez simplement et assez méthodiquement dans
3INITIATION 5 son ensemble pour satisfaire tout débutant. Cette première difficulté due surtout à l'état actuel des esprits qui ne permet pas d’enseignement régulier, correspond aussi à la diversité des intelligences. Les unes, tout ouvertes d'avance aux doctrines théosophiques, en abordent avec un égal profit quelque détail que ce soit; d'autres, au contraire, qui ne pour raient les accepter a priori dans leur ensemble, y pénètrent volontiers par quelque porte secondaire qui leur convient spécialement, mais qui souvent les oblige à d’énormes détours à travers nos sciences et nos philosophies. Ainsi les débuts doivent être fort variables et demandent à être dirigés par quelque confrère déjà plus avancé, capable de discerner l'état intellectuel et moral de l’aspirant. C’est pourquoi aucun ouvrage ne pourrait être spécialement recommandé ici sans inconvénient. On trouvera une excellente bibliographie des ouvrages théosophiques dans le Traité ¡élémentaire de science occulte, par Papus. Voici en outre indiquée dans son ensemble, une suite d’études, longue mais sure, pou vant former une transition ménagée du positivisme à la Théosophie : Les faits: Etudiez .-Richet, D'Assier, — Liébault,— Philipps, — Dupotet, — Rcichenbach, — Mesmer,etc... Les hypothèses d'ensemble : Comte, — Stuart Mill, — Bain, — Ribot, — Spencer, — l’aine, etc. Les philosophes : Du Prel, — I larlmann, — Schopenhauer, — Hegel. — On trouvera alors grand profit dans les plus anciens : Spin osa, — Leibnitz, et jusqu'à l'antiquité, Aristote. — Platon. — les Néopla
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
12 l'initiation s’y heurtent en désespérés, distinguant clairement le rayon qui doit les conduire à la source de toute lumière sans pouvoir le suivre au delà de leur prison. Les spiritualistes, au contraire, libres au dehors et comme perdus dans l'océan lumineux, y voguent sans boussole, incapables de trouver ce rayon con ducteur, désespoir des positivistes. 11 est cependant une école qui promet de guider les uns, de délivrer les autres, de diriger chacun vers le foyer si désiré de la Vérité: école méconnue, peu fréquentée, comme tout degré transcendant, mais dont les maîtres ont toujours fait preuve d’une science considérable : c’est celle de la Théosophie, spiri tualisme positif conservé longtemps dans les mys tères antiques, transmis avec plus ou moins de pu reté par les Cabalistes, les Mystiques, les Templiers, les Rose-Croix et les Francs-Maçons, dégénéré sou vent comme toute doctrine qui se divulgue prématu rément, mais caché toujours au fond de toute religion et soigneusement entretenu en tous temps dans quelques sanctuaires généralement ignorés dont l’Inde est encore le foyer principal. Le secret de la Théosophie, pour concilier la science avec la métaphysique, est dans un certain développe ment pratique des facultés humaines propre à étendre les limites de la certitude. Essayons d’en comprendre d’abord la possibilité : L’examen attentif de toute méthode scientifique, si positive quelle soit, prouve qu'il n'y a d'évidence, de certitude que dans les axiomes, et que l’échafau dage fragile et changeant de nos sciences édifié sur
2INITIATION 3 cette base inébranlable est dû tout entier à l'intuition dont l'observation et lcxpérience ne sont que les ins truments. D’un autre côté, le champ de la perception directe où l’intuition s’exerce est susceptible d’extension; c'est ce que démontrent particulièrement les phéno mènes d’hypnotisme ou de magnétisme, tourment de nos sciences modernes, où les limites de la matière opaque, de l’espace et du temps sont supprimées dans une mesure variable mais incontestable. Enfin, dans ce champ des facultés transcendantes, la perception ne se rapproche pas toujours également de cette certitude invincible qui caractérise l’axiome, car, parmi les sujets hypnotisables ou magnétisables, la lucidité matérielle offre une foule de nuances qui se repètent, dans l'ordre intellectuel, entre les fantai sies d'une imagination déréglée et les révélations sublimes du génie sainement inspiré. On ne sort donc pas des données positives de l'ob servation et de l’expérience en affirmant que la per ception physique ou intellectuelle de l’être humain est capable de s’étendre au delà des sensations et des jugements ordinaires, et que, dans les régions trans cendantes qu’elle peut atteindre, elle est susceptible de plus ou moins de certitude. Cette affirmation offre à la connaissance humaine des horizons nouveaux, une hiérarchie de nouvelles causes immédiates, et la perspective d’une progression indéfinie dans la science. Or, la Théosophie enseigne à l’homme l'entraîne ment qui lui permet d'aborder ces régions transcenl'initiation 4 dantes de la perception, en le préservant de l’illusion à travers les forces et les êtres nouveaux qu'il y ren contrera, et c’est cet enseignement qui constitue Y Ini tiation. La légère esquisse qui va en être donnée et dont le lecteur ne devra attribuer la grossièreté qu’à l’im péritie de l'étudiant qui l'entreprend, pourra du moins donner une idée des principes par lesquels la Religion et la Philosophie, la Sagesse et la Science se trouvent unies dans la Théosophie. ★ * * L'Initiation comprend deux parties differentes mais solidaires : la Théorie des ressources et des nécessités de son entreprise, que le néophyte reçoit toujours sous bénéfice d'inventaire, avec la réserve absolue de sa liberté de pensée — et la pratique, où il s'exerce, sous la direction de ses maîtres, à l’entraînement physique, intellectuel et moral qui doit faire de lui un Initié. La Théorie, enseignement primaire de la Théo sophie, en est comme la définition préalable; c’est elle qui fournit à peu près exclusivement la matière des publications théosophiques : il faut donc se garder de se croire initié parce que l'on possède ces ouvrages publics; leur connaissance est une préparation excel lente, mais rien de plus. Cette théorie se trouve disséminée dans une foule d'ouvrages plus ou moins connus, d’accès plus ou moins facile aussi; mais il en est bien peu qui l’expo sent assez simplement et assez méthodiquement dans
3INITIATION 5 son ensemble pour satisfaire tout débutant. Cette première difficulté due surtout à l'état actuel des esprits qui ne permet pas d’enseignement régulier, correspond aussi à la diversité des intelligences. Les unes, tout ouvertes d'avance aux doctrines théosophiques, en abordent avec un égal profit quelque détail que ce soit; d'autres, au contraire, qui ne pour raient les accepter a priori dans leur ensemble, y pénètrent volontiers par quelque porte secondaire qui leur convient spécialement, mais qui souvent les oblige à d’énormes détours à travers nos sciences et nos philosophies. Ainsi les débuts doivent être fort variables et demandent à être dirigés par quelque confrère déjà plus avancé, capable de discerner l'état intellectuel et moral de l’aspirant. C’est pourquoi aucun ouvrage ne pourrait être spécialement recommandé ici sans inconvénient. On trouvera une excellente bibliographie des ouvrages théosophiques dans le Traité ¡élémentaire de science occulte, par Papus. Voici en outre indiquée dans son ensemble, une suite d’études, longue mais sure, pou vant former une transition ménagée du positivisme à la Théosophie : Les faits: Etudiez .-Richet, D'Assier, — Liébault,— Philipps, — Dupotet, — Rcichenbach, — Mesmer,etc... Les hypothèses d'ensemble : Comte, — Stuart Mill, — Bain, — Ribot, — Spencer, — l’aine, etc. Les philosophes : Du Prel, — I larlmann, — Schopenhauer, — Hegel. — On trouvera alors grand profit dans les plus anciens : Spin osa, — Leibnitz, et jusqu'à l'antiquité, Aristote. — Platon. — les Néopla
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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