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1EXAMENS DE LA COSMOGONIE 199 mais la langue hébraïque elle-même grammaticale ment restituée à l’aide des langues analogues, qui, telles que la samaritaine, la chaldaïque, la syriaque, l’arabe, l’éthiopique, la copte, tiennent évidemment aux mêmes éléments, je leur disais de plus, que je n’avais consulté de près ni de loin aucun livre kabballistique, que j'avais même rejeté de mon ensei gnement tout ce qui tient aux minutiers de la Massorre ; et que les points voyelles, admis seulement pour faciliter la lecture, n’entraient pas fondamen talement dans mes moyens. Je les assurais qtfe ces moyens purement grammaticaux étaient renfermés dans des formes grammaticales, et pouvaient être enseignas même aux enfants, en suivant les métho des ordinaires, ajoutant que tout ce que ces moyens avaient de nouveau, en effet, c’était de faire considé rer les langues du côté moral au lieu du côté phy sique auquel on s'était borné jusqu’alors, en présen tant les mots qui les composent, non comme des pro ductions fortuites ou conventionnelles, mais comme des développements nécessaires d’un principe moral. C'était donc le système de Platon opposé à celui de Hobbes que je leur offrais : système d’après lequel les mots doivent être considérés comme le résultat des idées, et non comme le résultat des mots. D’apres la fermeté et l’étendue de cet exposé, les savants devaient certainement attendre avec une sorte d’impatience la publication de mon ouvrage, soit pour en adopter les principes, s’ils les jugeaient utilesetvrais, soit pour lescombattre,s’ilslesjugeaient inutiles et faux : car un ouvrage de cette importance,
2200 l'initiation touchant à des connaissances d’un ordre si élevé, ne pouvait point passer inconnu sous leurs yeux, ni les laisser à son aspect dans une injurieuse ou coupable indifférence. Quoi qu’il en soit, l’ouvrage où J’ai restitué la langue hébraïque, dans ses principes grammaticaux, composé de deux volumes in-40, parut en 1815 et 1816 aux frais même du gouvernement qui a bien voulu sacrifier une somme assez considérable à sa publication. Cet ouvrage a présenté à l’examen des savants : i° une dissertation introductive sur l’origine de la parole, l’étude des langues qui peuvent y con duire et le but que l’auteur s’est proposé; 20 Une grammaire hébraïque, fondée sur de nou veaux principes, et rendue utile à l’étude des langues en général. 3° Un vocabulaire radical, où toutes les racines hébraïques, ramenées à leurs principes constitutifs, se classent et s’expliquent. Ces trois divisions qui composent la première partie de l’ouvrage sont destinées à préparer et à soutenir la seconde qui est la plus importante. Cette seconde partie contient, après un discours prélimi naire où je montre l’état exact de la question, la traduction que j’ai appelée la Cosmogonie de Moïse, contenue dans les dix premiers chapitres du Berashith. En traduisant ces dix chapitres, je les ai con sidérés comme formant une décade forcée, dans la quelle le législateur théocratique a renfermé l’ori gine de l’Univers, celle des premiers êtres, depuis la principe élémentaire jusqu’à l'homme, leurs prin
3EXAMENS DE LA COSMOGONIE 201 cipales vicissitudes, l’histoire générale et théosophique de la Terre et de ses habitants. 11 n’était pas nécessaire d’en traduire davantage, puisque je ne voulais m'occuper que du principe des choses. J’ai placé dans cette seconde partie le texte hébraï que en original, et c'est là que je renverrai le lecteur toutes les fois que le sens de mes examens le rendra nécessaire. Il pourra les consulter, s’il juge à propos de ne pas s’en rapporter entièrement à moi, sur les diverses interprétations que j’en pourrais tirer. Ce texte est celui de la Polyglotte de Paris. J’en ai conservé tous les caractères sans en altérer un seul sous prétexte de le réformer. Je l'ai considéré comme correct, et me suis bien gardé de m’embarrasser l’esprit du paradoxe tout à fait étrange de ceux qui ont prétendu que les juifs avaient à dessein falsifié les écritures. Quand on sait avec quel soin religieux, avec quel scrupule, avec quel excès d’attention les juifs copient le texte du Sepher, et le conservent, on ne saurait admettre une pareille idée. Mais, avant de donner en français la traduction correcte de ce texte, il m’avait paru convenable d’en approcher le plus près possible par un mot à mot littéral, qui fît d’abord connaître la valeur exacte de chaque terme de l’original avec ses formes gramma ticales, suivant le génie de la langue de Moïse ; cela était très difficile, non à cause de la construction ora toire, qui, suivant constamment la marche directe, s’écarte très peu de la construction française ; mais à cause de la signification des mots, qui, presque tou jours métaphorique et ne se trouvant point renfer202 L'INITIATION mée en français dans des termes analogues et simples, exige ordinairement la périphrase. Pour obvier autant qu’il était en moi à cette diffi culté, je me résolus à composer deux versions litté rales, l'une en français et l’autre en anglais, afin que, le mot à mot de l une éclairant le mot à mot de l’autre, elles se soutinssent mutuellement et conduisissent ensemble le lecteur au but désiré. Ces deux versions, ainsi mises en regard, furent appuyées de notes nom breuses dans lesquelles, appliquant les principes dé veloppés dans la grammaire, je prouvai la significa tion donnée à chaque mot de l’original de la manière la plus forte: c’est là que, prenant un à un chacun de ces mots, je l’ai analysé par sa racine, réduit à ses principes élémentaires, décomposé, recomposé, et confronté, toutes les fois que cela a été nécessaire avec l’analogue samaritain, chaldaïque, syriaque, arabe et même éthiopique et grec. Ainsi j’effectuai la traduction correcte de la Cosmo gonie que je me propose d’examiner dans cet ou vrage. J’ose me flatter, ainsi que je l’ai énoncé ail leurs (i), qu’il était difficile de préparer ce résultat par des moyens plus propres à en démontrer la vé rité; de l’asseoir sur des bases plus solides et d'y arriver après desefforts plus soutenus et moins sujets à l’illusion. / (i) Dans le prospectus de la langue hébraïque restituée, duquel j’ai reproduit ici quelques autres phrases. Ces répétitions ne pou vaient pas être évitées, puisque j’avais à dire exactement les mêmes choses.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1EXAMENS DE LA COSMOGONIE 199 mais la langue hébraïque elle-même grammaticale ment restituée à l’aide des langues analogues, qui, telles que la samaritaine, la chaldaïque, la syriaque, l’arabe, l’éthiopique, la copte, tiennent évidemment aux mêmes éléments, je leur disais de plus, que je n’avais consulté de près ni de loin aucun livre kabballistique, que j'avais même rejeté de mon ensei gnement tout ce qui tient aux minutiers de la Massorre ; et que les points voyelles, admis seulement pour faciliter la lecture, n’entraient pas fondamen talement dans mes moyens. Je les assurais qtfe ces moyens purement grammaticaux étaient renfermés dans des formes grammaticales, et pouvaient être enseignas même aux enfants, en suivant les métho des ordinaires, ajoutant que tout ce que ces moyens avaient de nouveau, en effet, c’était de faire considé rer les langues du côté moral au lieu du côté phy sique auquel on s'était borné jusqu’alors, en présen tant les mots qui les composent, non comme des pro ductions fortuites ou conventionnelles, mais comme des développements nécessaires d’un principe moral. C'était donc le système de Platon opposé à celui de Hobbes que je leur offrais : système d’après lequel les mots doivent être considérés comme le résultat des idées, et non comme le résultat des mots. D’apres la fermeté et l’étendue de cet exposé, les savants devaient certainement attendre avec une sorte d’impatience la publication de mon ouvrage, soit pour en adopter les principes, s’ils les jugeaient utilesetvrais, soit pour lescombattre,s’ilslesjugeaient inutiles et faux : car un ouvrage de cette importance,
2200 l'initiation touchant à des connaissances d’un ordre si élevé, ne pouvait point passer inconnu sous leurs yeux, ni les laisser à son aspect dans une injurieuse ou coupable indifférence. Quoi qu’il en soit, l’ouvrage où J’ai restitué la langue hébraïque, dans ses principes grammaticaux, composé de deux volumes in-40, parut en 1815 et 1816 aux frais même du gouvernement qui a bien voulu sacrifier une somme assez considérable à sa publication. Cet ouvrage a présenté à l’examen des savants : i° une dissertation introductive sur l’origine de la parole, l’étude des langues qui peuvent y con duire et le but que l’auteur s’est proposé; 20 Une grammaire hébraïque, fondée sur de nou veaux principes, et rendue utile à l’étude des langues en général. 3° Un vocabulaire radical, où toutes les racines hébraïques, ramenées à leurs principes constitutifs, se classent et s’expliquent. Ces trois divisions qui composent la première partie de l’ouvrage sont destinées à préparer et à soutenir la seconde qui est la plus importante. Cette seconde partie contient, après un discours prélimi naire où je montre l’état exact de la question, la traduction que j’ai appelée la Cosmogonie de Moïse, contenue dans les dix premiers chapitres du Berashith. En traduisant ces dix chapitres, je les ai con sidérés comme formant une décade forcée, dans la quelle le législateur théocratique a renfermé l’ori gine de l’Univers, celle des premiers êtres, depuis la principe élémentaire jusqu’à l'homme, leurs prin
3EXAMENS DE LA COSMOGONIE 201 cipales vicissitudes, l’histoire générale et théosophique de la Terre et de ses habitants. 11 n’était pas nécessaire d’en traduire davantage, puisque je ne voulais m'occuper que du principe des choses. J’ai placé dans cette seconde partie le texte hébraï que en original, et c'est là que je renverrai le lecteur toutes les fois que le sens de mes examens le rendra nécessaire. Il pourra les consulter, s’il juge à propos de ne pas s’en rapporter entièrement à moi, sur les diverses interprétations que j’en pourrais tirer. Ce texte est celui de la Polyglotte de Paris. J’en ai conservé tous les caractères sans en altérer un seul sous prétexte de le réformer. Je l'ai considéré comme correct, et me suis bien gardé de m’embarrasser l’esprit du paradoxe tout à fait étrange de ceux qui ont prétendu que les juifs avaient à dessein falsifié les écritures. Quand on sait avec quel soin religieux, avec quel scrupule, avec quel excès d’attention les juifs copient le texte du Sepher, et le conservent, on ne saurait admettre une pareille idée. Mais, avant de donner en français la traduction correcte de ce texte, il m’avait paru convenable d’en approcher le plus près possible par un mot à mot littéral, qui fît d’abord connaître la valeur exacte de chaque terme de l’original avec ses formes gramma ticales, suivant le génie de la langue de Moïse ; cela était très difficile, non à cause de la construction ora toire, qui, suivant constamment la marche directe, s’écarte très peu de la construction française ; mais à cause de la signification des mots, qui, presque tou jours métaphorique et ne se trouvant point renfer202 L'INITIATION mée en français dans des termes analogues et simples, exige ordinairement la périphrase. Pour obvier autant qu’il était en moi à cette diffi culté, je me résolus à composer deux versions litté rales, l'une en français et l’autre en anglais, afin que, le mot à mot de l une éclairant le mot à mot de l’autre, elles se soutinssent mutuellement et conduisissent ensemble le lecteur au but désiré. Ces deux versions, ainsi mises en regard, furent appuyées de notes nom breuses dans lesquelles, appliquant les principes dé veloppés dans la grammaire, je prouvai la significa tion donnée à chaque mot de l’original de la manière la plus forte: c’est là que, prenant un à un chacun de ces mots, je l’ai analysé par sa racine, réduit à ses principes élémentaires, décomposé, recomposé, et confronté, toutes les fois que cela a été nécessaire avec l’analogue samaritain, chaldaïque, syriaque, arabe et même éthiopique et grec. Ainsi j’effectuai la traduction correcte de la Cosmo gonie que je me propose d’examiner dans cet ou vrage. J’ose me flatter, ainsi que je l’ai énoncé ail leurs (i), qu’il était difficile de préparer ce résultat par des moyens plus propres à en démontrer la vé rité; de l’asseoir sur des bases plus solides et d'y arriver après desefforts plus soutenus et moins sujets à l’illusion. / (i) Dans le prospectus de la langue hébraïque restituée, duquel j’ai reproduit ici quelques autres phrases. Ces répétitions ne pou vaient pas être évitées, puisque j’avais à dire exactement les mêmes choses.
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