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1L’iNLTlA'HON >94 ment, nous sommes des croyants et des philosophes qui, s’ils ne font pas de bien malgré leurs efforts pour en faire, du moins sont sûrs de ne pas faire de mal. Pour se rendre compte de la raison d’être de nos efforts, il faut avoir fréquenté les écoles de sciences contemporaines et avoir passé soi-même par les doutes, les orgueils, les désespérances du matérialisme. 11 faut avoir compris par expérience les dangers, non seulement personnels, mais sociaux de cet enseigne ment qui conduit au scepticisme transcendant, à l’individualisme féroce résumés dans le célèbre Après nous la fin du monde. Messieurs, quand un jeune homme, dont le senti ment a été écrasé au profit de la raison qu’on lui affirme toute-puissante, entre, bachelier, dans une école de médecine, pour prendre un exemple, il en sortira, en quelques années, armé pour la propagande ardente d’une doctrine qui lui semble d’autant plus vraie qu’elle paraît appuyée sur des faits nombreux, alors que les autres doctrines sont appuyées sur des idées pures et sur des raisonnements métaphysiques qui, pour notre étudiant, n’auront jamais aucune valeur réelle. On lui montre, ou mieux on semble lui montrer, que le cerveau fabriquant toute idée, comme le rein fabrique l’urine, comme dit Paul Bert, les idées reli gieuses comme les autres idées sont des combinaisons chimico-physiologiques idéalisées par l’imagination humaine. L’anthropologie prétend détruire par des faits les
2MATÉRIALISME ET OCCULTISME I§5 enseignements de la tradition révélée de tous les peuples. Et si des faits étranges, comme ceux que vous étu diez tous les jours ici même, si ces phénomènes d'ex tase, de lévitation, de guérisons miraculeuses lui sont rapportés, notre jeune docteur les classera dans la catégorie du charlatanisme, ou de la faiblesse céré brale suivant le cas. Car ces faits, on les ignore, quand on ne les tourne pas en dérision dans les centres supérieurs d’enseignement. Et, avec le temps, notre élève philosophe se per suade qu’il faut une sorte de virilité cérébrale pour être matérialiste et athée, et il considère comme des ignorants, des imposteurs ou des faibles d’esprit, tous ceux qui lui semblent assez peu intelligents pour ne pas admettre comme un dogme, les hypothèses enfantines des anthropologistes, des exégètes ou des vivisecteurs. Messieurs, cet esprit que j’ai cherché à vous mon trer dans un médecin, vous le retrouverez presque partout, chez le diplomate, chez l’homme politique et surtout dans le journalisme, d’où il se répand dans la nation tout entière. L’étranger en arrive à nous considérer, d’après nos journaux,comme des sceptiques sans attaches élevées, riant de tout sans nous attacher à rien et sur lesquels il est difficile de compter,.. vu leur peu de foi aussi bien politique que religieuse. Or, quand un esprit, élevé d’après ces méthodes, se retrouve et se replie sur lui-même, quand il dé couvre que toute montée dans la hiérarchie naturelle,
3ig6 l'initiation toute évolution, comme dit Darwin, est nécessairement précédée de la descente, je dirai plus, du sacrifice, de deux forces supérieures, alors cet esprit se demande : y aurait-il autre chose que la matière dans la Nature ? C’est alors qu'il demande à la science d’aller plus loin. Mais il ne demande rien à la Foi le plus sou vent. Malgré tout, en effet, toute croyance lui semble une concession à la superstition et ce n’est ni au boud dhisme, ni au christianisme qu’il s’adressera, c'est à la science. S’il s’était trouvé, devant ce déluge du scepticisme, un clergé formé de savants dans la science contem poraine, la lutte aurait été plus facile. Mais pour des raisons que nous n’avons pas à apprécier, si les cler gés des diverses confessions fonctionnant en France, et surtout le clergé catholique plus nombreux, comp tent des intelligences de premier ordre et des savants remarquables, il faut constater que la majorité échappe à la culture scientifique et, je dirai plus, semble craindre cette science, qui cependant renferme Dieu vivant, comme tout ce qui est vrai. Voilà, messieurs, quelle était la situation des esprits, il y 4 dix ans, quand les occultistes ont entrepris la tâche de combattre le matérialisme sur son propre terrain. A côté des centres officiels d’enseignement, à côté même des séminaires localisant leurs efforts dans la floraison de belles âmes, plus que dans celle de savants érudits, il nous a fallu créer des centres d’études où l’instruction mutuelle était garantie par
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1L’iNLTlA'HON >94 ment, nous sommes des croyants et des philosophes qui, s’ils ne font pas de bien malgré leurs efforts pour en faire, du moins sont sûrs de ne pas faire de mal. Pour se rendre compte de la raison d’être de nos efforts, il faut avoir fréquenté les écoles de sciences contemporaines et avoir passé soi-même par les doutes, les orgueils, les désespérances du matérialisme. 11 faut avoir compris par expérience les dangers, non seulement personnels, mais sociaux de cet enseigne ment qui conduit au scepticisme transcendant, à l’individualisme féroce résumés dans le célèbre Après nous la fin du monde. Messieurs, quand un jeune homme, dont le senti ment a été écrasé au profit de la raison qu’on lui affirme toute-puissante, entre, bachelier, dans une école de médecine, pour prendre un exemple, il en sortira, en quelques années, armé pour la propagande ardente d’une doctrine qui lui semble d’autant plus vraie qu’elle paraît appuyée sur des faits nombreux, alors que les autres doctrines sont appuyées sur des idées pures et sur des raisonnements métaphysiques qui, pour notre étudiant, n’auront jamais aucune valeur réelle. On lui montre, ou mieux on semble lui montrer, que le cerveau fabriquant toute idée, comme le rein fabrique l’urine, comme dit Paul Bert, les idées reli gieuses comme les autres idées sont des combinaisons chimico-physiologiques idéalisées par l’imagination humaine. L’anthropologie prétend détruire par des faits les
2MATÉRIALISME ET OCCULTISME I§5 enseignements de la tradition révélée de tous les peuples. Et si des faits étranges, comme ceux que vous étu diez tous les jours ici même, si ces phénomènes d'ex tase, de lévitation, de guérisons miraculeuses lui sont rapportés, notre jeune docteur les classera dans la catégorie du charlatanisme, ou de la faiblesse céré brale suivant le cas. Car ces faits, on les ignore, quand on ne les tourne pas en dérision dans les centres supérieurs d’enseignement. Et, avec le temps, notre élève philosophe se per suade qu’il faut une sorte de virilité cérébrale pour être matérialiste et athée, et il considère comme des ignorants, des imposteurs ou des faibles d’esprit, tous ceux qui lui semblent assez peu intelligents pour ne pas admettre comme un dogme, les hypothèses enfantines des anthropologistes, des exégètes ou des vivisecteurs. Messieurs, cet esprit que j’ai cherché à vous mon trer dans un médecin, vous le retrouverez presque partout, chez le diplomate, chez l’homme politique et surtout dans le journalisme, d’où il se répand dans la nation tout entière. L’étranger en arrive à nous considérer, d’après nos journaux,comme des sceptiques sans attaches élevées, riant de tout sans nous attacher à rien et sur lesquels il est difficile de compter,.. vu leur peu de foi aussi bien politique que religieuse. Or, quand un esprit, élevé d’après ces méthodes, se retrouve et se replie sur lui-même, quand il dé couvre que toute montée dans la hiérarchie naturelle,
3ig6 l'initiation toute évolution, comme dit Darwin, est nécessairement précédée de la descente, je dirai plus, du sacrifice, de deux forces supérieures, alors cet esprit se demande : y aurait-il autre chose que la matière dans la Nature ? C’est alors qu'il demande à la science d’aller plus loin. Mais il ne demande rien à la Foi le plus sou vent. Malgré tout, en effet, toute croyance lui semble une concession à la superstition et ce n’est ni au boud dhisme, ni au christianisme qu’il s’adressera, c'est à la science. S’il s’était trouvé, devant ce déluge du scepticisme, un clergé formé de savants dans la science contem poraine, la lutte aurait été plus facile. Mais pour des raisons que nous n’avons pas à apprécier, si les cler gés des diverses confessions fonctionnant en France, et surtout le clergé catholique plus nombreux, comp tent des intelligences de premier ordre et des savants remarquables, il faut constater que la majorité échappe à la culture scientifique et, je dirai plus, semble craindre cette science, qui cependant renferme Dieu vivant, comme tout ce qui est vrai. Voilà, messieurs, quelle était la situation des esprits, il y 4 dix ans, quand les occultistes ont entrepris la tâche de combattre le matérialisme sur son propre terrain. A côté des centres officiels d’enseignement, à côté même des séminaires localisant leurs efforts dans la floraison de belles âmes, plus que dans celle de savants érudits, il nous a fallu créer des centres d’études où l’instruction mutuelle était garantie par
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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