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1502 l'initiation Sège d’être admis chez le Père ; les préséances, même les hiérarchies ontologiques ne seront pas observées, ..car on y verra des âmes de tout âge. En effet, tous les hommes qui doivent habiter un univers, ou un .astre, , ou un pays, n’y descendent pas en même temps; les, uns prennent des routes plus longues, mais douces ; d’autres sont dirigés par des chemins ■¡raccourcis, mais escarpés; de sorte qu’il se peut que ies premiers'descendus aient fourni moins de travail, ■et soient classés bien après ceux qui, venus beaucoup plus tard, ont eu un énorme effort à fournir. C’est -ce qu’explique aussi la parabole des ouvriers de la dernière heure. Étudions un peu plus avant. Le père a invité à sa maison le genre humain tout ^entier ; mais les convives sont pris par leur affaires, par leur famille, par toutes sortes de préoccupations ■terrestres, par l’argent, par la science, par la sensua lité ; alors le Père envoie ses serviteurs chercher ceux -qui n’ont ni argent, ni honneurs, ni famille, ceux enfin qui vagabondent par les chemins. Ainsi l’homme riche, l’homme savant ne sont donc pas -exclus du royaume de Dieu à cause de leur fonction sociale, ou de leurs qualités mentales, mais parce qu’ils n’ont pas su quitter ces choses fragiles pour -obéir à l’appel du Père. Un pas de plus enfin. Ce roi, à qui ses invités -font affront, remarque parmi les passants qui les rem placent un homme sans habit de noces, et il le fait ¿jeter dehors incontinent. Il s’agit donc ici de pauvres antérieurs, de cette indigence mystique indépendante
2l’initiation christique io3 des privilèges matériels, que nous avons étudiée en semble à propos du Sermon sur 7a montagne, et d’un vêtement spirituel qui la caractérise. La vie du monde est dîiïérente selon que son Sei gneur en est absent ou y est présent. Dans le premier cas, les créatures se disputent les bonnes places, en décorant leurs convoitises des noms de savoir-faire, ingéniosité, activité, volonté, intelligence, sens des affaires, etc., etc.; mais quand le Seigneur arrive, Il replace les convives selon leurs mérites réels ; ainsi ne faisons pas comme les commensaux de Jésus, qui choisissaient à table les meilleures places ; prenons plutôt, en toute occasion; ce que les autres refusent: l’emploi obscur, l’anonymat, le travail difficile. Le Ciel abaisse qui s’est élevé de soi-même, et il élève quiconque s’est abaissé de son propre gré. La sagesse des hommes recommande de fréquenter ceux qui sont plus riches, plus célèbres ou plus puis sants que nous, dans l’espoir que quelque chose de leur splendeur rayonnera sur nous. La sagesse divine dit au contraire : Cherche les pauvres, les infirmes; les abandonnés, qui ne peuvent que recevoir, dont tu rie peux tirer aucun profit. Et cela parce qu’il est écrit dans le Livre de Vie que les anges ne visitent que ceux qui sont d’abord allés vers leurs inférieurs. Ces deux paraboles sont applicables à tous objets ; à la chute des anges, aux jugements, à l’illumination individuelle, à la préparation du mercure philoso phique : pour recevoir cette Eucharistie intérieure qui est le repas mystérieux de l’âme à ia table divine, il faut tout d’abord, dans les maisons delà Nature, s'être
3l’initiation 104 ' mis aux dernières places, — avoir donné aux infé rieurs, et de la nourriture, et de l’argent, et de la sympathie, et du savoir; — avoir su tout quitter au moindre appel de Dieu, — et enfin s’être tenu dansle détachement intime des richesses créées de tout ordre. Jésus résume tout cela en quelques traits d’une vigueur surnaturelle. Essayons de comprendre ces aphorismes paradoxaux qui sont autant de défis lan cés à ce qui paraît être le meilleur de la nature hu maine. Pour être disciple il faut quatre choses : Venir à Lui, haïr sept sortes d’êtres, porter notre croix, Le suivre. La première condition s’entend d’elle-même; ne nous y arrêtons pas. Mais la seconde ? 11 faut haïr 1 Et qui ? Le père, la mère, la femme, les enfants, les sœurs, les frères? Tout ce qui fait la vie digne d'être vécue, tout ce qui la rend aimable, honorable, et c’est ce même Dieu qui ordonne cela dont on pense qu’il bénit les nombreuses familles ? Ne cherchons pas quelque signification mystérieuse, soit dans le psychique, soit dans le pneumatique, à assigner à ces sept termes ; contentons-nous du sens commun. Avezvous jamais senti que vous aimiez votre famille pour vous-même et non pas pour elle?Vous êtes-vous aperçu • que ces affections étaient en nous ancrées par toutes les racines obscures de la chair et du sang ; elles ne sont donc pas méritoires, puisque les souf frances mêmes qu’elles nous occasionnent prennent un caractère d’indispensable ; tout ce qui dans le monde, nous attache, tout ce dont l’attrait peut nous faire oublier la Loi, tout cela, quelque sublimes qu’en
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1502 l'initiation Sège d’être admis chez le Père ; les préséances, même les hiérarchies ontologiques ne seront pas observées, ..car on y verra des âmes de tout âge. En effet, tous les hommes qui doivent habiter un univers, ou un .astre, , ou un pays, n’y descendent pas en même temps; les, uns prennent des routes plus longues, mais douces ; d’autres sont dirigés par des chemins ■¡raccourcis, mais escarpés; de sorte qu’il se peut que ies premiers'descendus aient fourni moins de travail, ■et soient classés bien après ceux qui, venus beaucoup plus tard, ont eu un énorme effort à fournir. C’est -ce qu’explique aussi la parabole des ouvriers de la dernière heure. Étudions un peu plus avant. Le père a invité à sa maison le genre humain tout ^entier ; mais les convives sont pris par leur affaires, par leur famille, par toutes sortes de préoccupations ■terrestres, par l’argent, par la science, par la sensua lité ; alors le Père envoie ses serviteurs chercher ceux -qui n’ont ni argent, ni honneurs, ni famille, ceux enfin qui vagabondent par les chemins. Ainsi l’homme riche, l’homme savant ne sont donc pas -exclus du royaume de Dieu à cause de leur fonction sociale, ou de leurs qualités mentales, mais parce qu’ils n’ont pas su quitter ces choses fragiles pour -obéir à l’appel du Père. Un pas de plus enfin. Ce roi, à qui ses invités -font affront, remarque parmi les passants qui les rem placent un homme sans habit de noces, et il le fait ¿jeter dehors incontinent. Il s’agit donc ici de pauvres antérieurs, de cette indigence mystique indépendante
2l’initiation christique io3 des privilèges matériels, que nous avons étudiée en semble à propos du Sermon sur 7a montagne, et d’un vêtement spirituel qui la caractérise. La vie du monde est dîiïérente selon que son Sei gneur en est absent ou y est présent. Dans le premier cas, les créatures se disputent les bonnes places, en décorant leurs convoitises des noms de savoir-faire, ingéniosité, activité, volonté, intelligence, sens des affaires, etc., etc.; mais quand le Seigneur arrive, Il replace les convives selon leurs mérites réels ; ainsi ne faisons pas comme les commensaux de Jésus, qui choisissaient à table les meilleures places ; prenons plutôt, en toute occasion; ce que les autres refusent: l’emploi obscur, l’anonymat, le travail difficile. Le Ciel abaisse qui s’est élevé de soi-même, et il élève quiconque s’est abaissé de son propre gré. La sagesse des hommes recommande de fréquenter ceux qui sont plus riches, plus célèbres ou plus puis sants que nous, dans l’espoir que quelque chose de leur splendeur rayonnera sur nous. La sagesse divine dit au contraire : Cherche les pauvres, les infirmes; les abandonnés, qui ne peuvent que recevoir, dont tu rie peux tirer aucun profit. Et cela parce qu’il est écrit dans le Livre de Vie que les anges ne visitent que ceux qui sont d’abord allés vers leurs inférieurs. Ces deux paraboles sont applicables à tous objets ; à la chute des anges, aux jugements, à l’illumination individuelle, à la préparation du mercure philoso phique : pour recevoir cette Eucharistie intérieure qui est le repas mystérieux de l’âme à ia table divine, il faut tout d’abord, dans les maisons delà Nature, s'être
3l’initiation 104 ' mis aux dernières places, — avoir donné aux infé rieurs, et de la nourriture, et de l’argent, et de la sympathie, et du savoir; — avoir su tout quitter au moindre appel de Dieu, — et enfin s’être tenu dansle détachement intime des richesses créées de tout ordre. Jésus résume tout cela en quelques traits d’une vigueur surnaturelle. Essayons de comprendre ces aphorismes paradoxaux qui sont autant de défis lan cés à ce qui paraît être le meilleur de la nature hu maine. Pour être disciple il faut quatre choses : Venir à Lui, haïr sept sortes d’êtres, porter notre croix, Le suivre. La première condition s’entend d’elle-même; ne nous y arrêtons pas. Mais la seconde ? 11 faut haïr 1 Et qui ? Le père, la mère, la femme, les enfants, les sœurs, les frères? Tout ce qui fait la vie digne d'être vécue, tout ce qui la rend aimable, honorable, et c’est ce même Dieu qui ordonne cela dont on pense qu’il bénit les nombreuses familles ? Ne cherchons pas quelque signification mystérieuse, soit dans le psychique, soit dans le pneumatique, à assigner à ces sept termes ; contentons-nous du sens commun. Avezvous jamais senti que vous aimiez votre famille pour vous-même et non pas pour elle?Vous êtes-vous aperçu • que ces affections étaient en nous ancrées par toutes les racines obscures de la chair et du sang ; elles ne sont donc pas méritoires, puisque les souf frances mêmes qu’elles nous occasionnent prennent un caractère d’indispensable ; tout ce qui dans le monde, nous attache, tout ce dont l’attrait peut nous faire oublier la Loi, tout cela, quelque sublimes qu’en
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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