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1DES SYMBOLES ET DE LEURS SENS 201 Or, plusieurs des symboles en usage parmi eux pour exprimer leurs doctrines se retrouvent aujour d'hui dans la Maçonnerie, notamment le compas et l’équerre, comme on les retrouve aussi dans le qua rante-septième problème de Pythagore. Ace dernier, la Maçonnerie n’attache aucun sens, et aux autres elle accorde seulement des significations morales: mais il est d’autres symboles dont le sens est très supérieur. Comme ces symboles, communs à la Maçonnerie et à l’hermétisme, ont été usités en hermétisme long temps avant de l’être en Maçonnerie, nous sommes forcément amenés à conclure que, du moment qu'Ashmole fut un Maçon, la Maçonnerie a dû les recevoir de l’IIermétisme. Nous avons la preuve irrécusable qu’au dix-sep tième siècle quelques philosophes hermétiques se joignirent à la Maçonnerie. Il est même probable qu'Ashmole n'a pas été le premier. Que pouvaient-ils apprendre parmi des ouvriers illettrés ? Rien. N’ayant pas d’organisation ouverte, il est possible qu’ils aient eu l’idée de se réunir dans les Loges de la Maçon nerie dite opérative; mais il est bien certain que les ouvriers ne connaissaient alors ni le secret ni les doc trines des Philosophes. Ce qui est aussi hors de doute, c’est que, dans une des quatre Loges de Londres qui fondèrent — régu lièrement ou irrégulièrement — la Grande Loge d’An gleterre, il y avait des bourgeois, des nobles, des offi ciers, des ministres protestants, des savants, des phi losophes, ayant fait des étudesspéciales et poursuivant quelque but, et qui n’étaient pas venus là, simplement 202 !. IN! NATION pour fumer des pipes, boire du pale ale, ci parler de plâtre et de mortier avec des ouvriers, quelques hon nêtes ou distingués que fussent ces derniers.
2Il est donc probable que, parmi ces hommes, il y en a eu qui ont introduit alors dans la Maçonnerie les symboles hermétiques, imaginé ensuite un ensei gnement en trois parties dans lebut de communiquer leurs doctrines, voilées sous Durs symboles particu liers, à ceux qui étaient aptes à les recevoir, et donné à tous les autres des explications moralescommunes, les seules qu'ils pussent comprendre. Bien des choses concourent à prouver que le sens des symboles a différé entre le petit nombre et le grand nombre. D'abord, l’attrait que la Maçonnerie a exercé sur les personnages considérables et les sa vants; ensuite la Préface remarquable du livre de Samber, dont je parlerai tout à l’heure; puis la signi fication réelle de ce qu'on a substitué au mot du maître, le soleil, la lune, etc.; enfin ce fait tenu pour certain que le mot « Géométrie » prit un jour le nom de Maçonnerie. Tout cela est renforcé par le lien traditionnel rattachant la Maçonnerie à la doc trine secrète de Pythagore, et aussi par l'obligation de garder les secrets de la Chambre du Milieu. J’accorde que l’obligation au secret maçonnique est très ancienneet que le symbolisme a existé en Maçon nerie longtemps avant 1717; mais la classe ouvrière des maçons n’en avait, n'en pouvait avoir aucune connaissance, cette connaissance étant réservée aux intelligences supérieures qui, d’une autre classe, s’unissaient aux Loges. Otez ces intelligences supéDES SYMBOLES ET DF. LEURS SENS 2ü3 rieures des Loges, le symbolisme n’y est plus com pris ou n’a plus de raison d’être. Ce sera comme dans une école communale, où les enfants ne sauront atta cher aucune importance aux signes algébriques qu’un maître aura placé sur un tableau.
3Et ceci est si vrai que, même parmi les intelli gences su. érieures. il s'en est trouvé qui, attendant des autres des explications qu'on doit découvrir par soi-même, ont été incapables de devenir des initiés parfaits. Il y a vingt-trois ans, on a eu un exemple frappant de ce fait. I n Maçon, avocat très distingué, qui fut même préfet de police, avoua qu’il ignorait les dogmes, les rites maçonniques, et les sens des sym boles. Après cet aveu, il démissionna et écrivit pu bliquement : « Très chers Frères, si vous me permettez de vous parler avec cette franchise à laquelle les Pontifes, pas plus que les Princes, ne sont accoutumés, je vous dirai : L’heure de la réforme est venue: laissez entrer dans le Temple l'esprit de critique et de libre examen ; vos Rites et vos Mvstères sont suraimés et démodés. •• Soyez de votre temps... » Le petit garçon qui se cabre devant l’algèbre qu'il ne comprend pas ne s'exprime pas mieux quand il dit que c’est de la blague. Lui aussi, il est de son temps. L'art de construire, auquel sont assujettis les autres arts, a eu à son service les plus brillantes intelligences et les plus grands artistes. Le vieux symbolismea été incorporé dans les églises et les cathédrales, et quell’initiation 204 ques-unes de celles-ci ont été ornées de devises et de figuresqui n’auraient jamais été tolérées, si le clergé avait su ce qu’elles signifiaient pour les adeptes.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1DES SYMBOLES ET DE LEURS SENS 201 Or, plusieurs des symboles en usage parmi eux pour exprimer leurs doctrines se retrouvent aujour d'hui dans la Maçonnerie, notamment le compas et l’équerre, comme on les retrouve aussi dans le qua rante-septième problème de Pythagore. Ace dernier, la Maçonnerie n’attache aucun sens, et aux autres elle accorde seulement des significations morales: mais il est d’autres symboles dont le sens est très supérieur. Comme ces symboles, communs à la Maçonnerie et à l’hermétisme, ont été usités en hermétisme long temps avant de l’être en Maçonnerie, nous sommes forcément amenés à conclure que, du moment qu'Ashmole fut un Maçon, la Maçonnerie a dû les recevoir de l’IIermétisme. Nous avons la preuve irrécusable qu’au dix-sep tième siècle quelques philosophes hermétiques se joignirent à la Maçonnerie. Il est même probable qu'Ashmole n'a pas été le premier. Que pouvaient-ils apprendre parmi des ouvriers illettrés ? Rien. N’ayant pas d’organisation ouverte, il est possible qu’ils aient eu l’idée de se réunir dans les Loges de la Maçon nerie dite opérative; mais il est bien certain que les ouvriers ne connaissaient alors ni le secret ni les doc trines des Philosophes. Ce qui est aussi hors de doute, c’est que, dans une des quatre Loges de Londres qui fondèrent — régu lièrement ou irrégulièrement — la Grande Loge d’An gleterre, il y avait des bourgeois, des nobles, des offi ciers, des ministres protestants, des savants, des phi losophes, ayant fait des étudesspéciales et poursuivant quelque but, et qui n’étaient pas venus là, simplement 202 !. IN! NATION pour fumer des pipes, boire du pale ale, ci parler de plâtre et de mortier avec des ouvriers, quelques hon nêtes ou distingués que fussent ces derniers.
2Il est donc probable que, parmi ces hommes, il y en a eu qui ont introduit alors dans la Maçonnerie les symboles hermétiques, imaginé ensuite un ensei gnement en trois parties dans lebut de communiquer leurs doctrines, voilées sous Durs symboles particu liers, à ceux qui étaient aptes à les recevoir, et donné à tous les autres des explications moralescommunes, les seules qu'ils pussent comprendre. Bien des choses concourent à prouver que le sens des symboles a différé entre le petit nombre et le grand nombre. D'abord, l’attrait que la Maçonnerie a exercé sur les personnages considérables et les sa vants; ensuite la Préface remarquable du livre de Samber, dont je parlerai tout à l’heure; puis la signi fication réelle de ce qu'on a substitué au mot du maître, le soleil, la lune, etc.; enfin ce fait tenu pour certain que le mot « Géométrie » prit un jour le nom de Maçonnerie. Tout cela est renforcé par le lien traditionnel rattachant la Maçonnerie à la doc trine secrète de Pythagore, et aussi par l'obligation de garder les secrets de la Chambre du Milieu. J’accorde que l’obligation au secret maçonnique est très ancienneet que le symbolisme a existé en Maçon nerie longtemps avant 1717; mais la classe ouvrière des maçons n’en avait, n'en pouvait avoir aucune connaissance, cette connaissance étant réservée aux intelligences supérieures qui, d’une autre classe, s’unissaient aux Loges. Otez ces intelligences supéDES SYMBOLES ET DF. LEURS SENS 2ü3 rieures des Loges, le symbolisme n’y est plus com pris ou n’a plus de raison d’être. Ce sera comme dans une école communale, où les enfants ne sauront atta cher aucune importance aux signes algébriques qu’un maître aura placé sur un tableau.
3Et ceci est si vrai que, même parmi les intelli gences su. érieures. il s'en est trouvé qui, attendant des autres des explications qu'on doit découvrir par soi-même, ont été incapables de devenir des initiés parfaits. Il y a vingt-trois ans, on a eu un exemple frappant de ce fait. I n Maçon, avocat très distingué, qui fut même préfet de police, avoua qu’il ignorait les dogmes, les rites maçonniques, et les sens des sym boles. Après cet aveu, il démissionna et écrivit pu bliquement : « Très chers Frères, si vous me permettez de vous parler avec cette franchise à laquelle les Pontifes, pas plus que les Princes, ne sont accoutumés, je vous dirai : L’heure de la réforme est venue: laissez entrer dans le Temple l'esprit de critique et de libre examen ; vos Rites et vos Mvstères sont suraimés et démodés. •• Soyez de votre temps... » Le petit garçon qui se cabre devant l’algèbre qu'il ne comprend pas ne s'exprime pas mieux quand il dit que c’est de la blague. Lui aussi, il est de son temps. L'art de construire, auquel sont assujettis les autres arts, a eu à son service les plus brillantes intelligences et les plus grands artistes. Le vieux symbolismea été incorporé dans les églises et les cathédrales, et quell’initiation 204 ques-unes de celles-ci ont été ornées de devises et de figuresqui n’auraient jamais été tolérées, si le clergé avait su ce qu’elles signifiaient pour les adeptes.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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