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1L'iNl 1 ! A Tl ON ï ()S du plus fort; mais le plus fort a beau se couvrir du masque de la religion, il ne saurait faire que ta reli gion puisse être confondue avec le masque, ni l’abus avec l’institution elle-même. Cependant Volney et Dupuv ont fait celte confusion et, en voulant détruire l’abus, ils ont cherché à imiter l’ours delà fable qui, lui, pour détruire une mouche, écrasa d’un coup de pavé 1a tête de son maître. Un de nos plus illustres frères, le F.•..Montesquieu, a dit ce sujet dans son Esprit Ses Lois : «C’est mal raisonner contre une religion que de rassembler dans un livre une longue énumération des maux qu’elle a produits lorsqu'on a mcc.nnu son es prit, si on ne fait de même celle des biens qu’elle a faits lorsqu'on ci suivi ses maximes. Si je voulais ra conter les abus des institutions les plu necessaires, je dirais des choses effroyables; et certainement plus le tempsde ces institutions aurait duré, plus il serait facile d’accumuler les choses effroyables que l’on en pourrait dire. » Sous une autre forme, le F.-. Voltaire a dit, à la page i3 du tome XLV de scs œuvres : « Une fausse science fait les athées, une vraie science prosterne l’homme devant la divinité. » Ce qui fait le fond de toutes les religions, c’est ta morale, qui leur est commune. Toutes concourent au meme but, lequel, ainsi que l’a dit le F.-. Priestley est de rendre les hommes meilleurs pour les rendre plus heureux. Que la morale des religions soit gravé, dans tous les cœurs, il n’y a plus de loi du plus fort, l’exploitation de l’homme par l’homme n’existe plus,
2DES SYMBOLES ET DE LEURS SENS IQQ tous les maux qui ont affligé et affligent la terre disparaissent. Dans l'antiquité, toutes les religions étaient reliées entre elles par une chaîne invisible d’initiés, profon dément instruits dans toutes les sciences. Ce sont eux qui surveillaient l'éducation des rois, des grands et en général de tous ceux qui devaient remplir quelque charge dans l'Etat. Mais, à la longue, la corruption se glissa un peu partout, et l'on vit des rois qui, pour se débarrasser de toute tutelle, pour se soustraire au joug salutaire imposé par leur initiation, ne reculèrent devant rien au nom du droit du plus fort, quand ils voulurent être absolus. Le sort terrible des Gymnosophistcs de Méroï est un de ces exemples qui viennent naturelle ment à l’esprit, lorsque l’on veut montrer les raisons pour lesquelles les initiés, à certaines époques de l’his toire, ont dû se résoudre à vivre en secret au milieu de l’anarchie prenant naissance parmi les hommes. Car, du moment que le prince ne voulait plus de la censure de l'initié, le seigneur ne tardait pas à sc moquer de celle du prince, le bourgeois de celle du seigneur, et l'artisan de celle du bourgeois. Comme dans toutes les religions, le système de morale des initiés — lesquels se sont perpétués jusqu'à nous sous diverses appellations — était voilé par dos symboles. Et ici j’arrive à notre institution qui, bien certaine ment, a été une rénovation, une continuation des anciens mystères et qui, elle aussi, a ses symboles par lesquels les adeptes, en les introduisant dans la
3200 l.'iMTIATION Maçonnerie, ont exprimé les grandes vérités que la prudence leur défendait de rendre communes. On m’accordera bien qu'un symbolisme profond et philosophique, comme l’est celui de notre ordre, n’a pas pu être imaginé par des ouxriers illettrés. Ces ou vriers, si habiles fussent-ils comme maçons, n'étaient ni des alchimistes ni des hermétiques, et n'avaient pas les connaissances voulues pour comprendre même les doctrines renfermées dans ce symbolisme. Mon opinion est que le sens philosophique qu’il renferme n’a été connu que de ceux qui se livraient à certaines études, et que les symboles, longtemps avant ¡717, ont dû avoir d’autres explications pour les maçons ouvriers. Il est possible que ceux-ci aient attaché quelque sens moral symbolique à leurs outils, et même qu’ils aient eu quelques symboles particu liers, car les hommes les plus grossiers ont, dans tous les temps, employé des figures et des signes pour ex primer quelque idée morale. Ce qui est plus certain, c’est que, dans nos pays d'Europe, ont existé de bonne heure des philosophes consacrant leur temps à l’étude des sciences alchimi ques ou hermétiques, et employant des termes spé ciaux et des chiffres particuliers afin de cacher, dans leurs écrits, des dogmes que, seuls, les hommes supé rieurement doués pourraient arriver à découvrir. Elias Ashmole, écrivant sous son nom et aussi sous le pseudonyme de John Hasolle, fut un de ces philoso phes et avait eu, de même que ses contemporains, une longue suite de prédécesseurs dont la trace remonte très haut dans l’histoire.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1L'iNl 1 ! A Tl ON ï ()S du plus fort; mais le plus fort a beau se couvrir du masque de la religion, il ne saurait faire que ta reli gion puisse être confondue avec le masque, ni l’abus avec l’institution elle-même. Cependant Volney et Dupuv ont fait celte confusion et, en voulant détruire l’abus, ils ont cherché à imiter l’ours delà fable qui, lui, pour détruire une mouche, écrasa d’un coup de pavé 1a tête de son maître. Un de nos plus illustres frères, le F.•..Montesquieu, a dit ce sujet dans son Esprit Ses Lois : «C’est mal raisonner contre une religion que de rassembler dans un livre une longue énumération des maux qu’elle a produits lorsqu'on a mcc.nnu son es prit, si on ne fait de même celle des biens qu’elle a faits lorsqu'on ci suivi ses maximes. Si je voulais ra conter les abus des institutions les plu necessaires, je dirais des choses effroyables; et certainement plus le tempsde ces institutions aurait duré, plus il serait facile d’accumuler les choses effroyables que l’on en pourrait dire. » Sous une autre forme, le F.-. Voltaire a dit, à la page i3 du tome XLV de scs œuvres : « Une fausse science fait les athées, une vraie science prosterne l’homme devant la divinité. » Ce qui fait le fond de toutes les religions, c’est ta morale, qui leur est commune. Toutes concourent au meme but, lequel, ainsi que l’a dit le F.-. Priestley est de rendre les hommes meilleurs pour les rendre plus heureux. Que la morale des religions soit gravé, dans tous les cœurs, il n’y a plus de loi du plus fort, l’exploitation de l’homme par l’homme n’existe plus,
2DES SYMBOLES ET DE LEURS SENS IQQ tous les maux qui ont affligé et affligent la terre disparaissent. Dans l'antiquité, toutes les religions étaient reliées entre elles par une chaîne invisible d’initiés, profon dément instruits dans toutes les sciences. Ce sont eux qui surveillaient l'éducation des rois, des grands et en général de tous ceux qui devaient remplir quelque charge dans l'Etat. Mais, à la longue, la corruption se glissa un peu partout, et l'on vit des rois qui, pour se débarrasser de toute tutelle, pour se soustraire au joug salutaire imposé par leur initiation, ne reculèrent devant rien au nom du droit du plus fort, quand ils voulurent être absolus. Le sort terrible des Gymnosophistcs de Méroï est un de ces exemples qui viennent naturelle ment à l’esprit, lorsque l’on veut montrer les raisons pour lesquelles les initiés, à certaines époques de l’his toire, ont dû se résoudre à vivre en secret au milieu de l’anarchie prenant naissance parmi les hommes. Car, du moment que le prince ne voulait plus de la censure de l'initié, le seigneur ne tardait pas à sc moquer de celle du prince, le bourgeois de celle du seigneur, et l'artisan de celle du bourgeois. Comme dans toutes les religions, le système de morale des initiés — lesquels se sont perpétués jusqu'à nous sous diverses appellations — était voilé par dos symboles. Et ici j’arrive à notre institution qui, bien certaine ment, a été une rénovation, une continuation des anciens mystères et qui, elle aussi, a ses symboles par lesquels les adeptes, en les introduisant dans la
3200 l.'iMTIATION Maçonnerie, ont exprimé les grandes vérités que la prudence leur défendait de rendre communes. On m’accordera bien qu'un symbolisme profond et philosophique, comme l’est celui de notre ordre, n’a pas pu être imaginé par des ouxriers illettrés. Ces ou vriers, si habiles fussent-ils comme maçons, n'étaient ni des alchimistes ni des hermétiques, et n'avaient pas les connaissances voulues pour comprendre même les doctrines renfermées dans ce symbolisme. Mon opinion est que le sens philosophique qu’il renferme n’a été connu que de ceux qui se livraient à certaines études, et que les symboles, longtemps avant ¡717, ont dû avoir d’autres explications pour les maçons ouvriers. Il est possible que ceux-ci aient attaché quelque sens moral symbolique à leurs outils, et même qu’ils aient eu quelques symboles particu liers, car les hommes les plus grossiers ont, dans tous les temps, employé des figures et des signes pour ex primer quelque idée morale. Ce qui est plus certain, c’est que, dans nos pays d'Europe, ont existé de bonne heure des philosophes consacrant leur temps à l’étude des sciences alchimi ques ou hermétiques, et employant des termes spé ciaux et des chiffres particuliers afin de cacher, dans leurs écrits, des dogmes que, seuls, les hommes supé rieurement doués pourraient arriver à découvrir. Elias Ashmole, écrivant sous son nom et aussi sous le pseudonyme de John Hasolle, fut un de ces philoso phes et avait eu, de même que ses contemporains, une longue suite de prédécesseurs dont la trace remonte très haut dans l’histoire.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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