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18 l’initiation désignés par plusieurs Pères de l’Église sous le nom de Gnose. Ceux qui étaient en possession de la gnose étaient nommés gnostiques ; en sorte que les premiers chrétiens initiés étaient des gnostiques. Depuis la fondation du royaume grec d’Égypte, s’accumulaient à Alexandrie tous les livres scientifi ques et philosophiques de l’Orient et de l’Occident; et les intellectuels de l’époque, animés d’un large esprit éclectique, cherchaient à faire la synthèse de toutes les connaissances contenues dans ces livres. Plusieurs chrétiens, et non des moins illustres, essayèrent d’expliquer et de développer la doctrine chrétienne, ou la gnose, à l’aide de ces connaissances. Il s’établit alors un double courant composé : i° de ceux qui ne voulaient trouver les antécédents de la doctrine chrétienne que dans la Bible hébraïque, c’est-à-dire dans la tradition du peuple hébreu; 20 de ceux qui reconnaissaient les antécédents du christia nisme dans les traditions des divers peuples. Dans la suite, les premiers abandonnèrent la déno mination de gnostiques pour se désigner uniquement sous le nom de chrétiens ou judéo-chrétiens. Leur doctrine expliquée et développée à l’aide de la philo sophie grecque a pris, dans la suite, le nom de théolo gie. Grâce à une forte discipline, ils ont réussi à maintenir parmi eux l’unité de doctrine. Ils forment aujourd’hui ce que l’on appelle les catholiques grecs et romains. Les seconds conservèrent le nom de gnostiques, mais en faisant prédominer dans la doctrine chré tienne, tantôt certaines idées particulières à l’Égypte,
2LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 9 tantôt certaines idées d’origine perse. Ils divisèrent de bonne heure la Gnose en deux grands rameaux : i° celui dont Valentin est le plus illustre représen tant ; 20 celui qui est connu dans l’histoire sous le nom de Manichéisme. Mais plus tard, par suite du dévergondage d’imagi nation d'un grand nombre de sectaires sans valeur intellectuelle et morale, il surgit une foule dedoctrines absurdes qui prétendaient se rattacher à la Gnose, et ces doctrines ont été et sont encore confondues avec la Gnose sous une même appellation, celle de gnosti cisme. On sait comment le courant judéo-chrétien finit par triompher du courant gnostique. Ce ne fut point au nom de la raison, mais par la force. Alliés au prince de ce monde, représenté par l’empereur romain, les judéo-chrétiens obtinrent par son ordre la ferme ture des écoles gnostiques. Les gnostiques furent con sidérés comme de dangereux hérétiques; et par le mensonge, la calomnie et la force,les judéo-chrétiens les forcèrent à disparaître et à se cacher. Une à une s’éteignirent les lumineuses clartés qu'avait projeté le gnosticisme. Ce fut la longue nuit du moyen âge. La gnose ne disparut cependant pas pour cela. Les gnostiques se réunirent en secret jusqu’en 1208, époque à laquelle le patriarche gnostique Guilhabert de Castres, réunit les évêques gnostiques cathares en un concile à Montségur, où furent fixés les détails de la liturgie et les principaux points de la doctrine gnostique albigeoise. L’Église romaine s'émut. Elle envoya des mission10 l/initia i ion naires dans le but de ramener à elle ceux qu’elle appe lait des hérétiques. Mais ses efforts furent vains. Alors elle déchaîna l’inquisition. Lutte longue, épouvantable, acharnée, atroce, dans laquellelesAlbigeois furent dispersés, traqués, pendus, brûlés. On croyait qu’il ne restait plus rien du gnosticisme, Erreur ! Les Templiers en avaient fait leur religion. r Au commencement du quinzième siècle, l’Eglise romaine anéantissait les Templiers en meme temps que le Concile de Vienne condamnait leur doctrine. La Gnose fut néanmoins conservée par la Société des Rosicrucians ainsi que par quelques Templiers qui avaient réussi à échapper au bûcher, et dont les descendants s’allièrent avec la Franc-Maçonnerie. Ainsi la Franc-Maçonnerie est d'origine gnostique: mais le gnosticisme qui s’abrita derrière les sym boles des ouvriers maçons ne fut pas un gnosticisme très pur. Il n’y a, d’ailleurs, rien d’extraordinaire à ce qu’avec le temps il se soit corrompu. C’est pourquoi, aujourd’hui des maçons instruits et des spiritualistes initiés, armés des magnifiques dé couvertes de la science moderne, se sont donné pour tâche de recommencer avec plus d’espoir de succès, le travail entrepris par les premiers gnostiques chré tiens. Au lieu de se servir de la philosophie et de la science moderne pour démolir la doctrine chrétienne, ils veulent au contraire s’en servir pour rajeunir et développer cette doctrine vénérable entre toutes et par sa haute antiquité et par les services qu’elle a
3LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE I I rendus à la société aussi bien avant le Christ-Jésus qu'après lui, et pour le trésor des vérités qu’elle con tient. Ils veulent reconstituer la doctrine chrétienne inté grale, c’est-à-dire une religion appuyée aussi bien sur la science contemporaine que sur la tradition con stante de l’humanité civilisée. Cette religion qui existe déjà depuis quelques années et dont les adhérents sont restés jusqu'à ce jour sans liens, dispersés ça et là, en France et en Europe, arrive maintenant à la phase de son histoire où elle doit les associer et les rassembler autour de son centre épigénésique qui se trouve à Lyon. Elle doit » former une vaste association ou Eglise, qui a déjà pris le nom d'Église gnostique universelle et réuni des anciens gnostiques johannites, Valentiniens, carmeldens, et chrétiens modernes. Son but essentiel, outre la reconstitution de la doctrine et du culte gnostique, est de faire : i° L’unité par les moyens de la raison et de la science moderne entre toutes les églises chrétiennes et entre les divers systèmes philosophiques ; 2° L’unité du christianisme ¿ejpu/s Jésus-Christ et du christianisme d'avant Jésus-Christ et mériter par là d’ctre vraiment catholique ou universelle. J. Bricaud, Patriarche de l’Église gnostique universelle.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
18 l’initiation désignés par plusieurs Pères de l’Église sous le nom de Gnose. Ceux qui étaient en possession de la gnose étaient nommés gnostiques ; en sorte que les premiers chrétiens initiés étaient des gnostiques. Depuis la fondation du royaume grec d’Égypte, s’accumulaient à Alexandrie tous les livres scientifi ques et philosophiques de l’Orient et de l’Occident; et les intellectuels de l’époque, animés d’un large esprit éclectique, cherchaient à faire la synthèse de toutes les connaissances contenues dans ces livres. Plusieurs chrétiens, et non des moins illustres, essayèrent d’expliquer et de développer la doctrine chrétienne, ou la gnose, à l’aide de ces connaissances. Il s’établit alors un double courant composé : i° de ceux qui ne voulaient trouver les antécédents de la doctrine chrétienne que dans la Bible hébraïque, c’est-à-dire dans la tradition du peuple hébreu; 20 de ceux qui reconnaissaient les antécédents du christia nisme dans les traditions des divers peuples. Dans la suite, les premiers abandonnèrent la déno mination de gnostiques pour se désigner uniquement sous le nom de chrétiens ou judéo-chrétiens. Leur doctrine expliquée et développée à l’aide de la philo sophie grecque a pris, dans la suite, le nom de théolo gie. Grâce à une forte discipline, ils ont réussi à maintenir parmi eux l’unité de doctrine. Ils forment aujourd’hui ce que l’on appelle les catholiques grecs et romains. Les seconds conservèrent le nom de gnostiques, mais en faisant prédominer dans la doctrine chré tienne, tantôt certaines idées particulières à l’Égypte,
2LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 9 tantôt certaines idées d’origine perse. Ils divisèrent de bonne heure la Gnose en deux grands rameaux : i° celui dont Valentin est le plus illustre représen tant ; 20 celui qui est connu dans l’histoire sous le nom de Manichéisme. Mais plus tard, par suite du dévergondage d’imagi nation d'un grand nombre de sectaires sans valeur intellectuelle et morale, il surgit une foule dedoctrines absurdes qui prétendaient se rattacher à la Gnose, et ces doctrines ont été et sont encore confondues avec la Gnose sous une même appellation, celle de gnosti cisme. On sait comment le courant judéo-chrétien finit par triompher du courant gnostique. Ce ne fut point au nom de la raison, mais par la force. Alliés au prince de ce monde, représenté par l’empereur romain, les judéo-chrétiens obtinrent par son ordre la ferme ture des écoles gnostiques. Les gnostiques furent con sidérés comme de dangereux hérétiques; et par le mensonge, la calomnie et la force,les judéo-chrétiens les forcèrent à disparaître et à se cacher. Une à une s’éteignirent les lumineuses clartés qu'avait projeté le gnosticisme. Ce fut la longue nuit du moyen âge. La gnose ne disparut cependant pas pour cela. Les gnostiques se réunirent en secret jusqu’en 1208, époque à laquelle le patriarche gnostique Guilhabert de Castres, réunit les évêques gnostiques cathares en un concile à Montségur, où furent fixés les détails de la liturgie et les principaux points de la doctrine gnostique albigeoise. L’Église romaine s'émut. Elle envoya des mission10 l/initia i ion naires dans le but de ramener à elle ceux qu’elle appe lait des hérétiques. Mais ses efforts furent vains. Alors elle déchaîna l’inquisition. Lutte longue, épouvantable, acharnée, atroce, dans laquellelesAlbigeois furent dispersés, traqués, pendus, brûlés. On croyait qu’il ne restait plus rien du gnosticisme, Erreur ! Les Templiers en avaient fait leur religion. r Au commencement du quinzième siècle, l’Eglise romaine anéantissait les Templiers en meme temps que le Concile de Vienne condamnait leur doctrine. La Gnose fut néanmoins conservée par la Société des Rosicrucians ainsi que par quelques Templiers qui avaient réussi à échapper au bûcher, et dont les descendants s’allièrent avec la Franc-Maçonnerie. Ainsi la Franc-Maçonnerie est d'origine gnostique: mais le gnosticisme qui s’abrita derrière les sym boles des ouvriers maçons ne fut pas un gnosticisme très pur. Il n’y a, d’ailleurs, rien d’extraordinaire à ce qu’avec le temps il se soit corrompu. C’est pourquoi, aujourd’hui des maçons instruits et des spiritualistes initiés, armés des magnifiques dé couvertes de la science moderne, se sont donné pour tâche de recommencer avec plus d’espoir de succès, le travail entrepris par les premiers gnostiques chré tiens. Au lieu de se servir de la philosophie et de la science moderne pour démolir la doctrine chrétienne, ils veulent au contraire s’en servir pour rajeunir et développer cette doctrine vénérable entre toutes et par sa haute antiquité et par les services qu’elle a
3LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE I I rendus à la société aussi bien avant le Christ-Jésus qu'après lui, et pour le trésor des vérités qu’elle con tient. Ils veulent reconstituer la doctrine chrétienne inté grale, c’est-à-dire une religion appuyée aussi bien sur la science contemporaine que sur la tradition con stante de l’humanité civilisée. Cette religion qui existe déjà depuis quelques années et dont les adhérents sont restés jusqu'à ce jour sans liens, dispersés ça et là, en France et en Europe, arrive maintenant à la phase de son histoire où elle doit les associer et les rassembler autour de son centre épigénésique qui se trouve à Lyon. Elle doit » former une vaste association ou Eglise, qui a déjà pris le nom d'Église gnostique universelle et réuni des anciens gnostiques johannites, Valentiniens, carmeldens, et chrétiens modernes. Son but essentiel, outre la reconstitution de la doctrine et du culte gnostique, est de faire : i° L’unité par les moyens de la raison et de la science moderne entre toutes les églises chrétiennes et entre les divers systèmes philosophiques ; 2° L’unité du christianisme ¿ejpu/s Jésus-Christ et du christianisme d'avant Jésus-Christ et mériter par là d’ctre vraiment catholique ou universelle. J. Bricaud, Patriarche de l’Église gnostique universelle.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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