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12 l’initiation depuis l’origine du genre humain, jusqu’à ce que le Christ lui-même étant venu, on a commencé d’appe ler chrétienne la vraie religion qui existait déjà aupa ravant. » Les premiers hommes jouissant de l’intégrité de toutes leurs facultés intellectuelles, élevées au plus haut degré, possédaient la vraie religion conforme à la pure vérité. Mais, à mesure que les hommes s’éloignèrent de leur berceau, ils dégénérèrent intel lectuellement de degré en degré jusqu’à l’abrutisse ment de quelques races sauvages, et la religion s’altéra dans les mêmes proportions. L'influence des milieux apporte encore un nouvel élément de différenciation; de là ce qu'on nomme à tort les religions. Voilà du moins ce que nous enseigne la science des religions comparées. Nous n’ignorons pas que les déductions de la science des mythologies comparées sont autres. La mythologie comparée enseigne que l’origine des reli gions les plus transcendantes est l’ignorance des peu ples primitifs. Cette idée est en faveur aujourd'hui, •en France surtout. Maisnous objectons que si l’on examine d’une façon générale et sans opinions préconçues les formes reli gieuses, qui ont apparu dans l’humanité à travers les âges, on reste frappé du fait de la réapparition con stante, dans toutes ces diverses formes diverses, d’une doctrine identique quant au fond et que l’on désigne sous les noms d’ésotérisme, de doctrine secrète, de Gnose. La science des religions comparées nous enseigne
2LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 3 encore que cette doctrine secrète, cette gnose ne serait autre que la vraie Religion, qui a été défigurée par les religions. A mesure de la réascension de l’esprit humain, des sages, des prophètes, des initiés se sont élevés chez différents peuples, et ont restauré d’une manière imparfaite la Religion primitive. Jésus est le dernier de ces restaurateurs antiques : il est venu rappeler et compléter la religion primitive. Ainsi la Gnose constitue la doctrine ésotérique de toutes les religions anciennes. Elle n'est pas un produit spécifiquement chrétien, comme on le croit généralement; ses fils conduisent bien loin en arrière dans l’antiquité jusqu’aux, cultes des mystères égyp tiens, babyloniens, persans, védiques (lemot Wrfaveut dire connaissatice, Gnose). Notre but, dans cet article, n’étant pas de montrer l’existence de la Gnose dans les religions anciennes, nous ne nous étendrons pas plus longuement sur ce sujet, et nous en arriverons de suite au christia nisme. L’enseignement de Jésus, comme d’ailleurs celui de tous les grands sages et prophètes de l’antiquité, était divisé en deux parties : l’une exotérique, comprenant les préceptes moraux qu’il enseignait aux foules sous forme de paraboles et qui constituait la foi élémen taire; l’autre ésotérique, réservée aux apôtres et qui constituait la science profonde ou Gnose. Nous savons, en elìci, qu’en outre de sa prédication populaire relative à la préparation et à la venue du r royaume du ciel, consignée dans les Evangiles, Jésus, dans ses entretiens avec ses disciples, leur enseignait
3l’initiation 4 sa doctrine sur le royaume du ciel, sur le chef qui l’établissait, etc... Ainsi, l’enseignement de Jésus a etc un enseigne ment purement oral (car il n'a rien écrit), réservé dans ses parties les plus importantes à ses seuls apôtres, dont l’assemblée a constitué la première Eglise. Cette doctrine qu'il enseigna secrètement à ses apôtres, fut tenue cachée par eux et transmise à voix basse à leurs disciples. L’évangéliste Marc nous apprend, en effet, que « lorsque Jésus était en particulier, ceux qui étaient autour de lui avec ses dou^e apôtres, l'interrogeaient touchant le sens de ses paraboles. Et il leur dit : II vous est donné, à vous, de connaître le mystère du royaume de Dieu, mais pour ceux qui sont de hors, tout se traite par des paraboles. » Et plus loin : « Il leur annonçait ainsi la parole par plusieurs similitudes de cette sorte, selon qu'ils étaient capa bles de l'entendre. Et il ne leur parlait point sans similitudes ; mais lorsqu'il était en particulier, il expliquait tout à ses disciples (i). » Dans ces entretiens secrets avec ses apôtres, Jésus leur enseignait ce que depuis on a appelé le dogma tique en leur faisant cette recommandation : «Ceque je vous dis dans le secret, vous le crierez du haut des toits; mais prenez garde de ne pas jeter les perles devant les pourceaux. » Même secrètement, Jésus n’a pas enseigné à ses disciples toute la doctrine : « J’aurai encore, dit-il, (i) Marc, IV, 10, n, 33, 34. Voyez aussi Mathieu, XIII, 11, 34-36 et Luc, VIII, 10.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
12 l’initiation depuis l’origine du genre humain, jusqu’à ce que le Christ lui-même étant venu, on a commencé d’appe ler chrétienne la vraie religion qui existait déjà aupa ravant. » Les premiers hommes jouissant de l’intégrité de toutes leurs facultés intellectuelles, élevées au plus haut degré, possédaient la vraie religion conforme à la pure vérité. Mais, à mesure que les hommes s’éloignèrent de leur berceau, ils dégénérèrent intel lectuellement de degré en degré jusqu’à l’abrutisse ment de quelques races sauvages, et la religion s’altéra dans les mêmes proportions. L'influence des milieux apporte encore un nouvel élément de différenciation; de là ce qu'on nomme à tort les religions. Voilà du moins ce que nous enseigne la science des religions comparées. Nous n’ignorons pas que les déductions de la science des mythologies comparées sont autres. La mythologie comparée enseigne que l’origine des reli gions les plus transcendantes est l’ignorance des peu ples primitifs. Cette idée est en faveur aujourd'hui, •en France surtout. Maisnous objectons que si l’on examine d’une façon générale et sans opinions préconçues les formes reli gieuses, qui ont apparu dans l’humanité à travers les âges, on reste frappé du fait de la réapparition con stante, dans toutes ces diverses formes diverses, d’une doctrine identique quant au fond et que l’on désigne sous les noms d’ésotérisme, de doctrine secrète, de Gnose. La science des religions comparées nous enseigne
2LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 3 encore que cette doctrine secrète, cette gnose ne serait autre que la vraie Religion, qui a été défigurée par les religions. A mesure de la réascension de l’esprit humain, des sages, des prophètes, des initiés se sont élevés chez différents peuples, et ont restauré d’une manière imparfaite la Religion primitive. Jésus est le dernier de ces restaurateurs antiques : il est venu rappeler et compléter la religion primitive. Ainsi la Gnose constitue la doctrine ésotérique de toutes les religions anciennes. Elle n'est pas un produit spécifiquement chrétien, comme on le croit généralement; ses fils conduisent bien loin en arrière dans l’antiquité jusqu’aux, cultes des mystères égyp tiens, babyloniens, persans, védiques (lemot Wrfaveut dire connaissatice, Gnose). Notre but, dans cet article, n’étant pas de montrer l’existence de la Gnose dans les religions anciennes, nous ne nous étendrons pas plus longuement sur ce sujet, et nous en arriverons de suite au christia nisme. L’enseignement de Jésus, comme d’ailleurs celui de tous les grands sages et prophètes de l’antiquité, était divisé en deux parties : l’une exotérique, comprenant les préceptes moraux qu’il enseignait aux foules sous forme de paraboles et qui constituait la foi élémen taire; l’autre ésotérique, réservée aux apôtres et qui constituait la science profonde ou Gnose. Nous savons, en elìci, qu’en outre de sa prédication populaire relative à la préparation et à la venue du r royaume du ciel, consignée dans les Evangiles, Jésus, dans ses entretiens avec ses disciples, leur enseignait
3l’initiation 4 sa doctrine sur le royaume du ciel, sur le chef qui l’établissait, etc... Ainsi, l’enseignement de Jésus a etc un enseigne ment purement oral (car il n'a rien écrit), réservé dans ses parties les plus importantes à ses seuls apôtres, dont l’assemblée a constitué la première Eglise. Cette doctrine qu'il enseigna secrètement à ses apôtres, fut tenue cachée par eux et transmise à voix basse à leurs disciples. L’évangéliste Marc nous apprend, en effet, que « lorsque Jésus était en particulier, ceux qui étaient autour de lui avec ses dou^e apôtres, l'interrogeaient touchant le sens de ses paraboles. Et il leur dit : II vous est donné, à vous, de connaître le mystère du royaume de Dieu, mais pour ceux qui sont de hors, tout se traite par des paraboles. » Et plus loin : « Il leur annonçait ainsi la parole par plusieurs similitudes de cette sorte, selon qu'ils étaient capa bles de l'entendre. Et il ne leur parlait point sans similitudes ; mais lorsqu'il était en particulier, il expliquait tout à ses disciples (i). » Dans ces entretiens secrets avec ses apôtres, Jésus leur enseignait ce que depuis on a appelé le dogma tique en leur faisant cette recommandation : «Ceque je vous dis dans le secret, vous le crierez du haut des toits; mais prenez garde de ne pas jeter les perles devant les pourceaux. » Même secrètement, Jésus n’a pas enseigné à ses disciples toute la doctrine : « J’aurai encore, dit-il, (i) Marc, IV, 10, n, 33, 34. Voyez aussi Mathieu, XIII, 11, 34-36 et Luc, VIII, 10.
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