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1LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 5 beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pour riez pas les comprendre maintenant. Lorsque l’esprit de vérité aura envahi le monde, il vous enseignera toutes ces choses. » Cependant une partie de cette tradition fut écrite par portions et à des époques successives, à mesure que les circonstances permirent de les révéler sans péril. y Ce furent les trois premiers Evangiles. Saint Paul, _ y dans ses Epitres fit connaître aux fidèles des points de doctrine qui ne se trouvaient pas dans les Evangiles précédents. Vers le commencement du onzième siècle apparut l’Evangile selon saint Jean, qui divulguait une très grande partie des enseignements de Jésus à ses disci ples, dans l’intimité. Aussi, le langage de saint Jean est-il bien diflérent de celui des trois premiers Évanr giles ou Evangiles synoptiques. Mais, malgré tous ces écrits, il y avait toujours des points de doctrine tenus secrets et qui étaient l’apa nage de quelques initiés: les gnostiques. Saint Basile dit, en effet : « Nous recevons les dog mes qui nous ont été transmis par écrit et ceux qui nous sont venus des apôtres sous le voile et le mystère d’une tradition orale. Ce qu’il est défendu aux noninitiés de contempler, comment conviendrait-il de le répandre dans le public?... C'est pour cela que plu sieurs choses ont été transmises sans écritures?... » Saint Clément d’Alexandrie, dans un ouvrage intituléS?ro»iata,ouvrage qu’il a défini lui-même comme une « réunion de notes gnostiques conformes à la
26 LÌMITI ATI ON vraie philosophie » dit : « Le Seigneur nous a permis de communiquer ces mystères divins et cette sainte lumière à ceux capables de les recevoir. Il n’a certes pas révélé à la masse ce qui n’appartenait pas à la masse ; mais il a révélé les mystères à une minorité à laquelle il savait qu'ils appartenaient, minorité capa ble de les recevoir et de s'y conformer. Les choses secrètes se confient oralement et non par écrit, et Dieu fait de même. Et si l’on vient me dire : il n’y a rien de secret qui ne doive être révélé, ni rien de caché qui ne doive être dévoilé, je répondrai, moi, qu’à celui qui écoute en secret, les choses secrètes elles-mêmes seront manifestées. Voilà ce que prédisait cet oracle. A l’homme capable d’observer secrètement ce qui lui est confié, ce qui est voilé sera montré comme vérité ; ce qui est caché à la masse sera mani festé à la minorité... Les mystères sont divulgués sous une forme mystique, afin que la transmission orale soit possible... » Parlant des symboles, et après avoir fait remarquer que les personnes ignorantes et sans instruction sont incapables d’en saisir le sens, il ajoute : « Mais le gnostique comprend. Il ne convient donc pas que tout soit indistinctement montré à tous, ni que les bienfaits de la sagesse soient accordés à des hommes dont l’éime ri a jamais, même en rêve, été purifiée ; les mystères de la parole ne doivent pas davantage être expliqués aux profanes. » Plus loin, saint Clément déclare que la Gnose « communiquée et révélée par le Fils de Dieu, est la Sagesse ; or, la Gnose elle-même est un dépôt qui est
3LA GNOSE ET t’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 7 parvenu par transmission à quelques hommes; elle avaitétécommun iquée oralement par les apôtres ( i ). » Origène, disciple de Clément d’Alexandrie, vient à son tour nous apporter son témoignage : Celse ayant allégué que le christianisme était un système secret, Origène déclara que si certaines doctrines étaient secrètes, bien d’autres étaient publiques et que ce sys tème d’enseignement exotérique et ésotérique, adopté par les Chrétiens, était répandu de même parmi les f philosophes. Il ajoute que F Eglise conserve les ensei gnements secrets de Jésus ; il invoque, en termes pré cis, les explications données par Jésus à ses disciples dans ses paraboles : « Je n'ai pas encore parlé de l’observance de tout ce qui est écrit dans les Évan giles, car chacun d'eux contient de nombreuses doc trines difficiles à comprendre, non seulement pour la masse, mais aussi pour certains esprits plus intelli gents : par exemple une explication très profonde des paraboles adressées par Jésus à ceux du dehors, para boles dont il réservait l’interprétation complète aux hommes qui avaient dépassé le stage de l’enseigne ment exotérique et qui venaientvers lui en particulier dans la maison. » On le voit, il est impossible de mieux dire que si le christianisme est ouvert aux ignorants, il ne leur est pas entièrement réservé ; pour les esprits «cultivés et plus capables » il y a des enseignements plus pro fonds. Ces enseignements profonds, on l'a vu, étaient (1) Stromata, L. I, 13. Traduction del'Antt’ Nicene library de Clarke,
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 5 beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pour riez pas les comprendre maintenant. Lorsque l’esprit de vérité aura envahi le monde, il vous enseignera toutes ces choses. » Cependant une partie de cette tradition fut écrite par portions et à des époques successives, à mesure que les circonstances permirent de les révéler sans péril. y Ce furent les trois premiers Evangiles. Saint Paul, _ y dans ses Epitres fit connaître aux fidèles des points de doctrine qui ne se trouvaient pas dans les Evangiles précédents. Vers le commencement du onzième siècle apparut l’Evangile selon saint Jean, qui divulguait une très grande partie des enseignements de Jésus à ses disci ples, dans l’intimité. Aussi, le langage de saint Jean est-il bien diflérent de celui des trois premiers Évanr giles ou Evangiles synoptiques. Mais, malgré tous ces écrits, il y avait toujours des points de doctrine tenus secrets et qui étaient l’apa nage de quelques initiés: les gnostiques. Saint Basile dit, en effet : « Nous recevons les dog mes qui nous ont été transmis par écrit et ceux qui nous sont venus des apôtres sous le voile et le mystère d’une tradition orale. Ce qu’il est défendu aux noninitiés de contempler, comment conviendrait-il de le répandre dans le public?... C'est pour cela que plu sieurs choses ont été transmises sans écritures?... » Saint Clément d’Alexandrie, dans un ouvrage intituléS?ro»iata,ouvrage qu’il a défini lui-même comme une « réunion de notes gnostiques conformes à la
26 LÌMITI ATI ON vraie philosophie » dit : « Le Seigneur nous a permis de communiquer ces mystères divins et cette sainte lumière à ceux capables de les recevoir. Il n’a certes pas révélé à la masse ce qui n’appartenait pas à la masse ; mais il a révélé les mystères à une minorité à laquelle il savait qu'ils appartenaient, minorité capa ble de les recevoir et de s'y conformer. Les choses secrètes se confient oralement et non par écrit, et Dieu fait de même. Et si l’on vient me dire : il n’y a rien de secret qui ne doive être révélé, ni rien de caché qui ne doive être dévoilé, je répondrai, moi, qu’à celui qui écoute en secret, les choses secrètes elles-mêmes seront manifestées. Voilà ce que prédisait cet oracle. A l’homme capable d’observer secrètement ce qui lui est confié, ce qui est voilé sera montré comme vérité ; ce qui est caché à la masse sera mani festé à la minorité... Les mystères sont divulgués sous une forme mystique, afin que la transmission orale soit possible... » Parlant des symboles, et après avoir fait remarquer que les personnes ignorantes et sans instruction sont incapables d’en saisir le sens, il ajoute : « Mais le gnostique comprend. Il ne convient donc pas que tout soit indistinctement montré à tous, ni que les bienfaits de la sagesse soient accordés à des hommes dont l’éime ri a jamais, même en rêve, été purifiée ; les mystères de la parole ne doivent pas davantage être expliqués aux profanes. » Plus loin, saint Clément déclare que la Gnose « communiquée et révélée par le Fils de Dieu, est la Sagesse ; or, la Gnose elle-même est un dépôt qui est
3LA GNOSE ET t’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 7 parvenu par transmission à quelques hommes; elle avaitétécommun iquée oralement par les apôtres ( i ). » Origène, disciple de Clément d’Alexandrie, vient à son tour nous apporter son témoignage : Celse ayant allégué que le christianisme était un système secret, Origène déclara que si certaines doctrines étaient secrètes, bien d’autres étaient publiques et que ce sys tème d’enseignement exotérique et ésotérique, adopté par les Chrétiens, était répandu de même parmi les f philosophes. Il ajoute que F Eglise conserve les ensei gnements secrets de Jésus ; il invoque, en termes pré cis, les explications données par Jésus à ses disciples dans ses paraboles : « Je n'ai pas encore parlé de l’observance de tout ce qui est écrit dans les Évan giles, car chacun d'eux contient de nombreuses doc trines difficiles à comprendre, non seulement pour la masse, mais aussi pour certains esprits plus intelli gents : par exemple une explication très profonde des paraboles adressées par Jésus à ceux du dehors, para boles dont il réservait l’interprétation complète aux hommes qui avaient dépassé le stage de l’enseigne ment exotérique et qui venaientvers lui en particulier dans la maison. » On le voit, il est impossible de mieux dire que si le christianisme est ouvert aux ignorants, il ne leur est pas entièrement réservé ; pour les esprits «cultivés et plus capables » il y a des enseignements plus pro fonds. Ces enseignements profonds, on l'a vu, étaient (1) Stromata, L. I, 13. Traduction del'Antt’ Nicene library de Clarke,
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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