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1I 12 l'initiation qui aient des fleurs qui portent leur nom. Mais si vous saviez la science exacte, vous verriez tout de suite qu’on peut bâtir une cathédrale, bâtir une petite mai sonnette ou même créer un petit objet de sculpture, un vase, un joli motif de décoration au nom de la femme que vous aimez. On peut faire cela d'une façon mathématique si l'on fait intervenir l'archéomètre de Saint-Yves d’Alvèdre ; c'est un instrument esthétique ou plus exacte ment un « rapporteur esthétique ». Je vois ici beau coup d'artistes qui s'effraient, qui disent : « La méca nique s’est déjà introduite dans le piano, elle s’est introduite dans le chant par le gramophone, si on l’introduit dans tous les arts cela va devenir épou vantable. — Rassurez-vous, l'archéomètre n'empêche en rien le génie de l’artiste, il offre un point de départ céleste à l’inspiration de son génie, et rien ne vient empêcher l’essor possible d’un homme intelligent. » Il endigue seulement cette inspiration dans des limites esthétiques précises sans rien lui enlever de son indépendance, mais en lui ajoutant au contraire une base solide qui lui manque aujourd hui. Voilà donc l’archéomètre : il permet de rattacher les sons aux couleurs et les couleurs à des formes architectu rales. Vous aimez une femme qui s’appelle Marie, vous pouvez, si vous êtes musicien, lui composer sous le nom de Marie, d'après les trois lettres M. I. H. une symphonie d’amour — que tout à l’heure une artiste de très grand talent que vous connaissez tous, Mlle Charbonnel, de l’Opéra-Comique vous dira — i
2l’archéomètre 113 non pas qu’il s’agisse de l’amour terrestre, mais d'amour de l'esprit pour la Vierge. Vous entendrez donc la composition archéomé trique sur les trois modes de Maria, comme vous entendrez la composition sur les trois modes qui correspondent au Père céleste. Mais une note de mu sique s’obtient par des cordes vibrantes, non pas par des instruments de percussion ou des instruments de cuivre et des vibrations de métal. Les notes repré sentent des longueurs de cordes : vous voyez que les violonistes, par exemple, diminuent ou augmentent la longueur vibrante de la corde du violon suivant ce qu'ils veulent produire. Or, mesurez une corde cor respondant au nom que vous voulez donner ; prenez la longueur pour mètre étalon de hauteur et la moitié de cette corde soit l'octave pour mètre étalon de lar geur du monument, et vous aurez une clef mathéma tique pour construire au moyen de la musique : et vous comprendrez ce que disaient les anciens lors qu’ils prétendaient qu’Orphée construisait des villes en jouant de la harpe : avec une corde de musique, vous pouvez construire des palais si vous connaissez « la clef de Saint-Yves d’Alveydre. Je vais vous montrer des constructions archéomé triques ; une longueur de corde pour l’élévation, la moitié pour la largeur des monuments que vous construirez. Mais, direz-vous, pour avoir les courbes ? Il y a un moyen extrêmement curieux et pour lequel on laisse parler Dieu tout seul. Souvenez-vous, vous qui avez fait des études de physique, d’une expérience amusante qu’on faitquel8
3l’initiation 114 quefois dans les cours pour amuser les élèves, on fait parler Dieu, et comme on ne sait pas ce qu'on fait, on trouve cela très amusant : on prend un tambour sur la peau duquel on jette de la poudre de lycopode et on fait vibrer une note de musique. Immédiate ment cette poudre se met à marcher et prend des formes tellement précises que si vous faites vibrer un accord, l’accord parfait, qui donne le nom divin Ichoi. cette poudre reproduit le ciel, tel que je vous l'ai montré avec ces deux triangles. Cette figure est classique dans les livres de physique, maison ne voit pas que c’est Dieu qui parle lui-même, et on constate que c’est une expérience mécanique amusante, l'homme n’a rien à y faire et seule la poudre repro duit l’image du ciel: voilà encore une des décou vertes de Saint-Yves d’Alveydre à laquelle on n’a pas fait attention. C’est en reproduisant ces formes avec des poudres colorées que l’on obtient les courbes et en mesurant les longueurs de cordes qui donnent les notes qu’on obtient la largeur et la longueur des monuments. Tous les artistes peuvent modifier ces monuments, et ceux que je vais vous montrer sont le produit de Saint-Yves d’Alveydre qui était un musicien de génie, mais n’était pourtant pas un architecte. Projections. — 5e partie. Vous pouvez au moyen des notes de musique d’un nom, bâtir quelque chose à ce nom. En architecture, qu’on bâtisse une église, un conservatoire de mul’archéomètre i 15 sique, on fait n’importe quoi, c’est l’anarchie qui règne. En sociologie, c’est la meme chose, c’est tou jours l'anarchie. Si vous avez la synarchie, l’archéomètre ou un instrument quelconque positif, et que vous bâtissiez une église à Jésus, les vitraux ne seront pas de vitraux qui crieront saint Jean ou saint Paul, ils crieront Jésus. Lorsque vous jouerez un hymne, il ne criera pas saint Pierre, mais Jésus, si vous avez l’archéomètre; vous aurez la synthèse de tous Jes âges ; vous pourrez établir les couleurs correspondant au nom d'une femme. Parlons de ces couleurs : il n’y a pas de do maine où l'anarchie règne en plus grande maîtresse. Lorsqu’une femme a une jolie robe, vous dites : Tiens, voilà une jolie toilette : de quelle couleur est-elle? Elle est couleur de puce écrasée ; cela vous indique quelque chose, mais ce n’est pas scientifique du tout, et cette autre robe rose délicieuse, de quel rose estelle Pelle est d’un rose qui paraît à peine, elle est cuisse de nymphe émue, et ainsi de suite. On semble s’ingénier à donner aux couleurs les noms les plus baroques ; quand cela se rapporte à quelque chose de naturel, épinard ou poireau, on sait ce que cela veut dire, mais quand les artistes mêlent leur imagination aux couleurs, cela devient hilarant. Avec Saint-Yves les couleurs n’ont plus de nom, elles ont des numéros. Vous savez qu’il n’y a que trois couleurs : c’est grâce à elles, du reste, que MM. Lumière ont pu récemment établir les plaques dites «autochromes» qui permet tent la reconstitution des couleurs de la nature.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1I 12 l'initiation qui aient des fleurs qui portent leur nom. Mais si vous saviez la science exacte, vous verriez tout de suite qu’on peut bâtir une cathédrale, bâtir une petite mai sonnette ou même créer un petit objet de sculpture, un vase, un joli motif de décoration au nom de la femme que vous aimez. On peut faire cela d'une façon mathématique si l'on fait intervenir l'archéomètre de Saint-Yves d’Alvèdre ; c'est un instrument esthétique ou plus exacte ment un « rapporteur esthétique ». Je vois ici beau coup d'artistes qui s'effraient, qui disent : « La méca nique s’est déjà introduite dans le piano, elle s’est introduite dans le chant par le gramophone, si on l’introduit dans tous les arts cela va devenir épou vantable. — Rassurez-vous, l'archéomètre n'empêche en rien le génie de l’artiste, il offre un point de départ céleste à l’inspiration de son génie, et rien ne vient empêcher l’essor possible d’un homme intelligent. » Il endigue seulement cette inspiration dans des limites esthétiques précises sans rien lui enlever de son indépendance, mais en lui ajoutant au contraire une base solide qui lui manque aujourd hui. Voilà donc l’archéomètre : il permet de rattacher les sons aux couleurs et les couleurs à des formes architectu rales. Vous aimez une femme qui s’appelle Marie, vous pouvez, si vous êtes musicien, lui composer sous le nom de Marie, d'après les trois lettres M. I. H. une symphonie d’amour — que tout à l’heure une artiste de très grand talent que vous connaissez tous, Mlle Charbonnel, de l’Opéra-Comique vous dira — i
2l’archéomètre 113 non pas qu’il s’agisse de l’amour terrestre, mais d'amour de l'esprit pour la Vierge. Vous entendrez donc la composition archéomé trique sur les trois modes de Maria, comme vous entendrez la composition sur les trois modes qui correspondent au Père céleste. Mais une note de mu sique s’obtient par des cordes vibrantes, non pas par des instruments de percussion ou des instruments de cuivre et des vibrations de métal. Les notes repré sentent des longueurs de cordes : vous voyez que les violonistes, par exemple, diminuent ou augmentent la longueur vibrante de la corde du violon suivant ce qu'ils veulent produire. Or, mesurez une corde cor respondant au nom que vous voulez donner ; prenez la longueur pour mètre étalon de hauteur et la moitié de cette corde soit l'octave pour mètre étalon de lar geur du monument, et vous aurez une clef mathéma tique pour construire au moyen de la musique : et vous comprendrez ce que disaient les anciens lors qu’ils prétendaient qu’Orphée construisait des villes en jouant de la harpe : avec une corde de musique, vous pouvez construire des palais si vous connaissez « la clef de Saint-Yves d’Alveydre. Je vais vous montrer des constructions archéomé triques ; une longueur de corde pour l’élévation, la moitié pour la largeur des monuments que vous construirez. Mais, direz-vous, pour avoir les courbes ? Il y a un moyen extrêmement curieux et pour lequel on laisse parler Dieu tout seul. Souvenez-vous, vous qui avez fait des études de physique, d’une expérience amusante qu’on faitquel8
3l’initiation 114 quefois dans les cours pour amuser les élèves, on fait parler Dieu, et comme on ne sait pas ce qu'on fait, on trouve cela très amusant : on prend un tambour sur la peau duquel on jette de la poudre de lycopode et on fait vibrer une note de musique. Immédiate ment cette poudre se met à marcher et prend des formes tellement précises que si vous faites vibrer un accord, l’accord parfait, qui donne le nom divin Ichoi. cette poudre reproduit le ciel, tel que je vous l'ai montré avec ces deux triangles. Cette figure est classique dans les livres de physique, maison ne voit pas que c’est Dieu qui parle lui-même, et on constate que c’est une expérience mécanique amusante, l'homme n’a rien à y faire et seule la poudre repro duit l’image du ciel: voilà encore une des décou vertes de Saint-Yves d’Alveydre à laquelle on n’a pas fait attention. C’est en reproduisant ces formes avec des poudres colorées que l’on obtient les courbes et en mesurant les longueurs de cordes qui donnent les notes qu’on obtient la largeur et la longueur des monuments. Tous les artistes peuvent modifier ces monuments, et ceux que je vais vous montrer sont le produit de Saint-Yves d’Alveydre qui était un musicien de génie, mais n’était pourtant pas un architecte. Projections. — 5e partie. Vous pouvez au moyen des notes de musique d’un nom, bâtir quelque chose à ce nom. En architecture, qu’on bâtisse une église, un conservatoire de mul’archéomètre i 15 sique, on fait n’importe quoi, c’est l’anarchie qui règne. En sociologie, c’est la meme chose, c’est tou jours l'anarchie. Si vous avez la synarchie, l’archéomètre ou un instrument quelconque positif, et que vous bâtissiez une église à Jésus, les vitraux ne seront pas de vitraux qui crieront saint Jean ou saint Paul, ils crieront Jésus. Lorsque vous jouerez un hymne, il ne criera pas saint Pierre, mais Jésus, si vous avez l’archéomètre; vous aurez la synthèse de tous Jes âges ; vous pourrez établir les couleurs correspondant au nom d'une femme. Parlons de ces couleurs : il n’y a pas de do maine où l'anarchie règne en plus grande maîtresse. Lorsqu’une femme a une jolie robe, vous dites : Tiens, voilà une jolie toilette : de quelle couleur est-elle? Elle est couleur de puce écrasée ; cela vous indique quelque chose, mais ce n’est pas scientifique du tout, et cette autre robe rose délicieuse, de quel rose estelle Pelle est d’un rose qui paraît à peine, elle est cuisse de nymphe émue, et ainsi de suite. On semble s’ingénier à donner aux couleurs les noms les plus baroques ; quand cela se rapporte à quelque chose de naturel, épinard ou poireau, on sait ce que cela veut dire, mais quand les artistes mêlent leur imagination aux couleurs, cela devient hilarant. Avec Saint-Yves les couleurs n’ont plus de nom, elles ont des numéros. Vous savez qu’il n’y a que trois couleurs : c’est grâce à elles, du reste, que MM. Lumière ont pu récemment établir les plaques dites «autochromes» qui permet tent la reconstitution des couleurs de la nature.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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