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1io8 l’initiation De sorte que, selon Saint-Yves, la volonté n’est pas, comme le prétend d’Olivet, un principe, mais un organe; elle n'est la clé de l’homme que dans ce qu’il a d’humain, de conscient; elle s'abstrait dès que l’homme passe l’horizon expérimental, ou, en d’autres termes, l’un décrit l’être humain comme existant par soi-même (polythéisme), l’autre le montre comme existant par la vertu divine qui réside en lui (chris tianisme). Mais, quant à la recherche qui nous occupe, il est inutile de connaître la nature réelle du moi ; nous n'avons à analyser que le procès de la connaissance. La matière physique évolue de la cellule graisseuse à la cellule nerveuse, qui reçoit directement l’influx animique et l’influx intellectuel. Un entraînement physiologique est donc nécessaire. La substance ani mique subit et rayonne sur le corps et sur l’intellect ; un entraînement sentimental s’impose donc aussi. Pour l’étude proposée, il faut comme nourriture, (goût) des viandes rôties, du vin fort, en petite quan tité, et du café. Pour l’odorat, porte de l’être animique ou impul sif, respiration profonde, à vitesse normale; cigarettes d’Orient ; encens. Pour la vue et l’ouïe (portes de l’être intellectuel), contemplation de Michel-Ange (sculpture) ; audition, de Bach (oratorios). Prendre des notes après le repas; méditer à jeun. Le centre animique sera directement entraîné par l’observance des devoirs envers la collectivité : famille, foyer, patrie ; cérémonies religieuses.
2l’archéométrie 109 Toutes ces habitudes prises, on pourra dès lors commencer l’étude de la doctrine de Saint-Yves. Dp quelle façon faut-il s’y prendre ? Le Non-Moi est perçu par le moi au moyen du triple appareil sensitif, sentimental, idéal ; quoique les courants qui les déterminent soient formés res pectivement d'éther nerveux, d’éther magnétique et d’éther mental, ce sont là en tout cas des perceptions. En se répétant, elles bâtissent,cellule à cellule, trois facultés primordiales: l’instinct, l’entendement, l’in telligence; lesquelles évoluent à leur tour le sens commun, la raison et la sagacité. D’autre part, ces trois centres vivent d’une viepropre qui s’appelle le besoin, la passion, l’inspiration ; et l’influence réciproque decesdeux dynamismes externe et interne produit un attrait ou une répulsion, sub lesquels se prononce la volonté : CENTRES Impressions externes Spontanéité interne Produits réactionnels des deux causes précédentes Matériel Sensation Instinct Sens commun Besoins Plaisir Douleur Animique Sentiment Entendement Raison Passions Amour Haine Intellectuel Idées Intelligence Sagacité Inspirations Vérité Erreur La tendance naturelle pour chacun des trois centres est de se déterminer vers le plaisir, l’amour ou le
31 10 l’initiation vrai ; c’est là le bien, à condition que la convoitise de chaque centre n'empiète pas sur la liberté des deux autres. La facultédéterminative, ou volontaire, peut s'appli quer à chacun des trois centres et elle produit alors l’énergie, ou la puissance ou la connaissance. Dans le cas qui nous occupe : l’étude intellectuelle, la volonté agit sur l’intelligence attire ou attise l’ins piration, et le vrai relatif, proportionnel à la capacité du Connaisseur et à l’apparence du Connu, se pro duit dans l’organisme mental : tel est l'organe cogni tif. Le mobile de la volonté c'est, toujours dans le même cas : le plaisir cérébral, puisque tout organe qui travaille normalement est heureux ; l’amour de la science ; et la recherche du vrai. En face du texte à étudier se trouvent à priori : L'intelligence naissant de l’objectif et l’inspiration intuitive, interne. Dès lors, la volonté accomplit les six opérations suivantes: i° Elle individualise et dénombre les idées, par lecture attentive. 2° Elle décompose et analyse le texte, par la réflexion. 3° Elle recompose par analogies, au moyen de la comparaison. Ces trois opérations doivent se faire la plume à la main : il faut défaire le livre et le refaire. 4° Elle distribue en catégories, par la mémoire. 5’ Elle comprend (prend en soi, s’assimile) par
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1io8 l’initiation De sorte que, selon Saint-Yves, la volonté n’est pas, comme le prétend d’Olivet, un principe, mais un organe; elle n'est la clé de l’homme que dans ce qu’il a d’humain, de conscient; elle s'abstrait dès que l’homme passe l’horizon expérimental, ou, en d’autres termes, l’un décrit l’être humain comme existant par soi-même (polythéisme), l’autre le montre comme existant par la vertu divine qui réside en lui (chris tianisme). Mais, quant à la recherche qui nous occupe, il est inutile de connaître la nature réelle du moi ; nous n'avons à analyser que le procès de la connaissance. La matière physique évolue de la cellule graisseuse à la cellule nerveuse, qui reçoit directement l’influx animique et l’influx intellectuel. Un entraînement physiologique est donc nécessaire. La substance ani mique subit et rayonne sur le corps et sur l’intellect ; un entraînement sentimental s’impose donc aussi. Pour l’étude proposée, il faut comme nourriture, (goût) des viandes rôties, du vin fort, en petite quan tité, et du café. Pour l’odorat, porte de l’être animique ou impul sif, respiration profonde, à vitesse normale; cigarettes d’Orient ; encens. Pour la vue et l’ouïe (portes de l’être intellectuel), contemplation de Michel-Ange (sculpture) ; audition, de Bach (oratorios). Prendre des notes après le repas; méditer à jeun. Le centre animique sera directement entraîné par l’observance des devoirs envers la collectivité : famille, foyer, patrie ; cérémonies religieuses.
2l’archéométrie 109 Toutes ces habitudes prises, on pourra dès lors commencer l’étude de la doctrine de Saint-Yves. Dp quelle façon faut-il s’y prendre ? Le Non-Moi est perçu par le moi au moyen du triple appareil sensitif, sentimental, idéal ; quoique les courants qui les déterminent soient formés res pectivement d'éther nerveux, d’éther magnétique et d’éther mental, ce sont là en tout cas des perceptions. En se répétant, elles bâtissent,cellule à cellule, trois facultés primordiales: l’instinct, l’entendement, l’in telligence; lesquelles évoluent à leur tour le sens commun, la raison et la sagacité. D’autre part, ces trois centres vivent d’une viepropre qui s’appelle le besoin, la passion, l’inspiration ; et l’influence réciproque decesdeux dynamismes externe et interne produit un attrait ou une répulsion, sub lesquels se prononce la volonté : CENTRES Impressions externes Spontanéité interne Produits réactionnels des deux causes précédentes Matériel Sensation Instinct Sens commun Besoins Plaisir Douleur Animique Sentiment Entendement Raison Passions Amour Haine Intellectuel Idées Intelligence Sagacité Inspirations Vérité Erreur La tendance naturelle pour chacun des trois centres est de se déterminer vers le plaisir, l’amour ou le
31 10 l’initiation vrai ; c’est là le bien, à condition que la convoitise de chaque centre n'empiète pas sur la liberté des deux autres. La facultédéterminative, ou volontaire, peut s'appli quer à chacun des trois centres et elle produit alors l’énergie, ou la puissance ou la connaissance. Dans le cas qui nous occupe : l’étude intellectuelle, la volonté agit sur l’intelligence attire ou attise l’ins piration, et le vrai relatif, proportionnel à la capacité du Connaisseur et à l’apparence du Connu, se pro duit dans l’organisme mental : tel est l'organe cogni tif. Le mobile de la volonté c'est, toujours dans le même cas : le plaisir cérébral, puisque tout organe qui travaille normalement est heureux ; l’amour de la science ; et la recherche du vrai. En face du texte à étudier se trouvent à priori : L'intelligence naissant de l’objectif et l’inspiration intuitive, interne. Dès lors, la volonté accomplit les six opérations suivantes: i° Elle individualise et dénombre les idées, par lecture attentive. 2° Elle décompose et analyse le texte, par la réflexion. 3° Elle recompose par analogies, au moyen de la comparaison. Ces trois opérations doivent se faire la plume à la main : il faut défaire le livre et le refaire. 4° Elle distribue en catégories, par la mémoire. 5’ Elle comprend (prend en soi, s’assimile) par
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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