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1l’archéométrie io5 La logosophie de Saint-Yves est la restitution de l'enseignement patriarcal. De sorte que, à son école, trois systèmes de commentaires sont seuls possibles. Le premier et le plus connu, c’est cette étude phi lologique dont l’exégèse moderne nous offre le type le plus net; elle aboutit à la compréhension logique et rationnelle ordinaire. Le second est l’étude du texte par des artifices de calculs, de transpositions, d’inversions, de shemas ; elle embrasse tout le domaine des sciences occultes 1 les kabbalistes, les soufis, certains pandits l’ensei gnent ; elle procure, non pas une synthèse, mais une syncrèse ; intermédiaire entre l’observation expéri mentale et l’intuition inspirée. La troisième est l’étude du même texte lu succes sivement de droite à gauche et de gauche à droite, de haut en bas et de bas en haut, de façon à combiner les trois hiérogrammatismes : l’hébreu, le sanskrit et le chinois : il est possible ainsi d’en extraire l’ariane primitif. Telle est la méthode employée par SaintYves. Notons en passant que tout ce que nous venons de dire ressortit au domaine de la méditation intel lectuelle. Si l’on cherche par le cœur, par la bhâkti l’amour peut être assez fort pour enlever d’un coup d’aile jusqu’au sens analogique. Telle en est la mé thode propre à l’étude de l’Évangile. Un examen superficiel de la méthode employée par Saint-Yves peut la faire prendre en défaveur ; quelle vraisemblance y a-t-il en effet, pour le linguiste, et même pour l’occultiste rationnant, à assimiler Marie
2i o6 l’initiation et ce Hiram, sous prétexte que M R H est H R M lu à l’envers ? Ces deux hiérogrammes désignent en effet des substances différentes dans le minéral, dans le fluidique, dans le psychique et dans le céleste. Mais si l’élève peut concevoir l’existence d’un monde oô toutes les créatures sont représentées par un nombre, un signe et un nom, leurs formes relatives, quelles qu’elles soient qui porteront le même nombre ou les mêmes caractères, auront nécessairement dans ce plan une communauté d’origine. Ce lieu de l’arith métique, de la géométrie et de l'onomologie quali tatives est très au-dessus de ia mentalité commune ; autant que le calcul différentiel est loin de la com préhension d’un Fuégien, puisqu’il contient la liste des milliards de milliards de créatures. Quelques hommes seuls se doutent qu’il existe : Saint-Yves fut un de ceux-là. ^Théogoniedes patriarches illustre d’une manière saisissante la théorie que l’on a voulu éclaircir cidessus. Fabre d’Olivet dans son Dictionnaire radical donne le sens moyen, philosophique, mental, des caractères hébreux. Saint-Yves en donne le sens an gélique. Comparez son archéométrie avec un dic tionnaire courant hébreu-français, d’une part, et avec le lexique de d’Olivet d’autre part ; faites la meme chose avec une version française de la Genèse, la version de d’Olivet et celle de l’archéomètre: vous •avez ainsi l'exemple des trois sens du même caractère.
3l’archéométbie 107 Je ne puis analyser cette Théogonie, non plus que les deux versions que je recommande aux travail leurs : ce serait courir le risque de pervertir leur juge ment, ce serait les priver d’un exercice indispensable à quiconque lient à se construire lui-même une syn thèse et une opinion. Cette entreprise demandera sans doute des mois de travail constant, mais au moins aura-t-on, de la sorte, ouvert une nouvelle avenue dans son paysage intellectuel. Qu’on me permette toutefois de dire quelques mots sur la méthode convenable à la réussite de cette étude. Voyons- d’abord comment marche la machine humaine, selon Saint-Yves, bien qu’il ait très peu écrit sur l’andrologie. Le moi conscient ordinaire est une agglomération d’états mentaux successifs ; il ne subsiste que par l’égoïsme. Il est là où il s’exerce. Ces états mentaux proviennent: i° De l’âme animale, sensitive, instinctive, concu piscible, irascible, qui est la cause la plus fréquente et la plus active de la notion du moi ; < 2° De l’âme spirituelle, raisonnable, sentimentale, animique, en rapport direct avec le libre-arbitre — volonté — détermination ; dans son fonctionnement morbide, elle collabore fortement à la notion du moi ; 3* De l’âme divine, où cette notion disparaît. C'est la psyché, l'intelligence pure, la connaissance directe, non discursive, sur-rationnelle. En ces trois âmes sont les trois rameaux du cep divin, du Christ intérieur.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1l’archéométrie io5 La logosophie de Saint-Yves est la restitution de l'enseignement patriarcal. De sorte que, à son école, trois systèmes de commentaires sont seuls possibles. Le premier et le plus connu, c’est cette étude phi lologique dont l’exégèse moderne nous offre le type le plus net; elle aboutit à la compréhension logique et rationnelle ordinaire. Le second est l’étude du texte par des artifices de calculs, de transpositions, d’inversions, de shemas ; elle embrasse tout le domaine des sciences occultes 1 les kabbalistes, les soufis, certains pandits l’ensei gnent ; elle procure, non pas une synthèse, mais une syncrèse ; intermédiaire entre l’observation expéri mentale et l’intuition inspirée. La troisième est l’étude du même texte lu succes sivement de droite à gauche et de gauche à droite, de haut en bas et de bas en haut, de façon à combiner les trois hiérogrammatismes : l’hébreu, le sanskrit et le chinois : il est possible ainsi d’en extraire l’ariane primitif. Telle est la méthode employée par SaintYves. Notons en passant que tout ce que nous venons de dire ressortit au domaine de la méditation intel lectuelle. Si l’on cherche par le cœur, par la bhâkti l’amour peut être assez fort pour enlever d’un coup d’aile jusqu’au sens analogique. Telle en est la mé thode propre à l’étude de l’Évangile. Un examen superficiel de la méthode employée par Saint-Yves peut la faire prendre en défaveur ; quelle vraisemblance y a-t-il en effet, pour le linguiste, et même pour l’occultiste rationnant, à assimiler Marie
2i o6 l’initiation et ce Hiram, sous prétexte que M R H est H R M lu à l’envers ? Ces deux hiérogrammes désignent en effet des substances différentes dans le minéral, dans le fluidique, dans le psychique et dans le céleste. Mais si l’élève peut concevoir l’existence d’un monde oô toutes les créatures sont représentées par un nombre, un signe et un nom, leurs formes relatives, quelles qu’elles soient qui porteront le même nombre ou les mêmes caractères, auront nécessairement dans ce plan une communauté d’origine. Ce lieu de l’arith métique, de la géométrie et de l'onomologie quali tatives est très au-dessus de ia mentalité commune ; autant que le calcul différentiel est loin de la com préhension d’un Fuégien, puisqu’il contient la liste des milliards de milliards de créatures. Quelques hommes seuls se doutent qu’il existe : Saint-Yves fut un de ceux-là. ^Théogoniedes patriarches illustre d’une manière saisissante la théorie que l’on a voulu éclaircir cidessus. Fabre d’Olivet dans son Dictionnaire radical donne le sens moyen, philosophique, mental, des caractères hébreux. Saint-Yves en donne le sens an gélique. Comparez son archéométrie avec un dic tionnaire courant hébreu-français, d’une part, et avec le lexique de d’Olivet d’autre part ; faites la meme chose avec une version française de la Genèse, la version de d’Olivet et celle de l’archéomètre: vous •avez ainsi l'exemple des trois sens du même caractère.
3l’archéométbie 107 Je ne puis analyser cette Théogonie, non plus que les deux versions que je recommande aux travail leurs : ce serait courir le risque de pervertir leur juge ment, ce serait les priver d’un exercice indispensable à quiconque lient à se construire lui-même une syn thèse et une opinion. Cette entreprise demandera sans doute des mois de travail constant, mais au moins aura-t-on, de la sorte, ouvert une nouvelle avenue dans son paysage intellectuel. Qu’on me permette toutefois de dire quelques mots sur la méthode convenable à la réussite de cette étude. Voyons- d’abord comment marche la machine humaine, selon Saint-Yves, bien qu’il ait très peu écrit sur l’andrologie. Le moi conscient ordinaire est une agglomération d’états mentaux successifs ; il ne subsiste que par l’égoïsme. Il est là où il s’exerce. Ces états mentaux proviennent: i° De l’âme animale, sensitive, instinctive, concu piscible, irascible, qui est la cause la plus fréquente et la plus active de la notion du moi ; < 2° De l’âme spirituelle, raisonnable, sentimentale, animique, en rapport direct avec le libre-arbitre — volonté — détermination ; dans son fonctionnement morbide, elle collabore fortement à la notion du moi ; 3* De l’âme divine, où cette notion disparaît. C'est la psyché, l'intelligence pure, la connaissance directe, non discursive, sur-rationnelle. En ces trois âmes sont les trois rameaux du cep divin, du Christ intérieur.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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