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198 l ïmtiation [Novembre la conscience n'est, par rapport à la vie universelle, que comme un grain de sable à côté de la masse ter restre. Le mystique donc qui proclame son néant ne fait que s’apprécier à sa juste valeur. La plus minime des formes qui passent devant nous : les lointaines étoiles, l’univers visible et tout l’invisible ont collaboré à sa construction. De sorte que la créature infime est, réellement, un mystère inextricable, une équation de même degré, dont le plus savant ne peut sortir que deux ou trois inconnues, sur les milliers qu’elle comporte. Soumettez cette par ticule plasmique aux analyses les plus sévères, épuisez sur elle les ressources du laboratoire, vous ne déga gerez de la molécule pondérable qu’un dynamisme descendu de notre soleil ; et avec quelle grossière approximation ! Pour en saisir le principe essentiel, il faudrait remonter d’étoile en étoile, d’éthers en éthers, jusqu’au Mérou du monde. 11 y a eu des géants, comme Ram, comme Enoch, comme Fo-Hi, comme Krishna, comme Moïse, qui connurent en mode spéculatif un peu des horizons ultra-zodiacaux, et en mode pratique les grands dyna mismes dont les courbes s’entre-croisent à l’intérieur de cette « theba » et se concentrent sur notre soleil jaune, il y a eu des sages sapients, comme Lao Tse, comme Sankaratcharya, comme Djelal, Pythagore, Lulle, Rosencreutz, d’Olivet, ou Wronski, dont la sereine et large intelligence put refléter tel fragment du vaste paysage invisible. De même l’éting silencieux qui sommeille au sein de la forêt profonde reproduit le ciel, et les nuages,
2l’aRCHEOMÉI RIE et les arbres amis, et les herbes aimables, et les bêtes et les gens qui reposent sur ses rives; leurs formes exactes sont seulement un peu altérées à cause de la brise, et leurs couleurs amollies; mais les nymphes animent cette eau paisible, et le site en reçoit un charme plus prenant. Gloire à ces hommes qui peuplèrent les maisons du savoir, qui réchauffèrent de leurs ardentes et saintes curiosités la glace éblouissante des palais méta physiques. Ce vaste et terrible monde perd de sa superbe par les soins des hommes ; il s’humanise pour eux, en proportion de la sympathie qu’ils lui prouvent ; caria Gnose la plus exacte ne naît pas de la froide méditation du logicien, mais fleurit par le pathétique amour du contemplatif. Ceux donc qui se trouvent nommés plus haut, et leur continuateur moderne, le marquis d’Alveydre, connurent que la Science est femme, qu’elle veut être charmée, mais non point conquise. Ainsi la perfection du mental siège au-dessus de lui, dans les organes intuitifs ; ainsi, ces derniers fonctionnent par télépathisme, téléologisme, et télé psychisme ; ainsi, quelle que soit leur finesse, ils ne peuvent s’étendre que dans certaines limites, et sui vant certaines directions. Depuis quatre ou cinq mille siècles que le premier être humain descendit sur cette terre, à peine avonsnous gravi deux ou trois des vingt-quatre marches qui montent au trône de perfection où siégera quelque jour notre vieille planète maternelle. Et après, il nous restera des ascèses semblables, incommensu100 l’initiation rabies, inimaginables, dans chacun des séjours par milliers, que la Providence nous enseignera. Non seulement le savoir est indéfini, mais encore il est subtil. Car, s’il consiste en une réflection, — ou une réflexion — de l’objet dans le sujet/on oublie trop que tout se modifie sans cesse, entraîné par les eaux torrentueuses du fleuve évolutif. Chaque seconde change l’aspect de l’univers, dans ses formes involvantes; les corps des choses, leurs émanations odiques, leurs nimbes fluidiques, leurs esprits ignés, leurs verbes générateurs, leurs rayonnements, tout est muable sans trêve ; seuls, les centres sont fixes dans le cœur du monde ; et si l’on s’aperçoit en outre que les instruments de la connaissance sensible et de l’intellectuelle ne sont pas davantage immobiles, puisqu’ils ne sont pas parfaits, il faut conclure que le savoir réel est une utopie inaccessible. C’est ainsi que le brahmane contemple la création dans son embryologie ; que le taoïste l’analyse dans sa logique; que l’Égyptien en étudia autrefois l’histo logie; ceux d’Israël n’aperçurent de ce Zodiaque que son anthropomorphisme ; et Socrate sa rhétorique; toutefois, qui conclurait de la faiblesse de ces efforts à leur inutilité, ne penserait pas juste. L’inutile n’existe pas; mais les plus nobles tra vaux ne sont que des provisoires. Ne dites pas qu’un homme possède la science totale : tel séraphin qui passe vous imputerait peut être cette parole comme un blasphème contre l’Esprit. Mais ne dites pas non plus qu’un homme est imbécile : ce serait alors le Ciel lui-même qui vous jugerait.
3l’archéométrie 101 Nous autres donc, dont l’ardeur est tiède, l’intelli gence étroite et la mémoire rebelle, combien ne devons-nous pas admirer un initiateur qui se pré sente avec la calme attitude du génie, rassemblant d'une main les immenses matériaux accumulés par les civilisations archaïques, et faisant de l’autre main le geste qui invoque le feu de l’Esprit, cependant que sa parole enthousiaste évoque les espoirs radieux du futur. Saint-Yves a dépouillé les archives dugenre humain il en a déchiré les redites, élagué les longueurs, trans crit les documents exacts. Puis, sur le plan que l’Evangile lui fournit il sut répartir ces dépouilles opimes des synthèses préhistoriques ; il put mettre à leur place les légendes, les découvertes, les hiérogly phes ; et il résuma le tout dans sa figure archécmétrique, dont existent, entre les mains pieuses de ses disciples, un nombre remarquable d’applications, presque toutes entièrement au point. Un tel effort commande pour des siècles le res pect. La première pierre du monument que les « Amis de Saint-Yves » veulent élever à la gloire de leur maître, se pose sous la forme d’un volume intitulé la Théogonie des Patriarches (i). Il se compose d’un chapitre de la Mission des Juifs concernant Moïse ; de deux traductions nouvelles des trois premiers chapitres de la Genèse d’une part et du premier chapitre de VÉvangile de Jean, d’autre part, (i) Vol. in-4 ; 4, rue de Fürstenberg.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
198 l ïmtiation [Novembre la conscience n'est, par rapport à la vie universelle, que comme un grain de sable à côté de la masse ter restre. Le mystique donc qui proclame son néant ne fait que s’apprécier à sa juste valeur. La plus minime des formes qui passent devant nous : les lointaines étoiles, l’univers visible et tout l’invisible ont collaboré à sa construction. De sorte que la créature infime est, réellement, un mystère inextricable, une équation de même degré, dont le plus savant ne peut sortir que deux ou trois inconnues, sur les milliers qu’elle comporte. Soumettez cette par ticule plasmique aux analyses les plus sévères, épuisez sur elle les ressources du laboratoire, vous ne déga gerez de la molécule pondérable qu’un dynamisme descendu de notre soleil ; et avec quelle grossière approximation ! Pour en saisir le principe essentiel, il faudrait remonter d’étoile en étoile, d’éthers en éthers, jusqu’au Mérou du monde. 11 y a eu des géants, comme Ram, comme Enoch, comme Fo-Hi, comme Krishna, comme Moïse, qui connurent en mode spéculatif un peu des horizons ultra-zodiacaux, et en mode pratique les grands dyna mismes dont les courbes s’entre-croisent à l’intérieur de cette « theba » et se concentrent sur notre soleil jaune, il y a eu des sages sapients, comme Lao Tse, comme Sankaratcharya, comme Djelal, Pythagore, Lulle, Rosencreutz, d’Olivet, ou Wronski, dont la sereine et large intelligence put refléter tel fragment du vaste paysage invisible. De même l’éting silencieux qui sommeille au sein de la forêt profonde reproduit le ciel, et les nuages,
2l’aRCHEOMÉI RIE et les arbres amis, et les herbes aimables, et les bêtes et les gens qui reposent sur ses rives; leurs formes exactes sont seulement un peu altérées à cause de la brise, et leurs couleurs amollies; mais les nymphes animent cette eau paisible, et le site en reçoit un charme plus prenant. Gloire à ces hommes qui peuplèrent les maisons du savoir, qui réchauffèrent de leurs ardentes et saintes curiosités la glace éblouissante des palais méta physiques. Ce vaste et terrible monde perd de sa superbe par les soins des hommes ; il s’humanise pour eux, en proportion de la sympathie qu’ils lui prouvent ; caria Gnose la plus exacte ne naît pas de la froide méditation du logicien, mais fleurit par le pathétique amour du contemplatif. Ceux donc qui se trouvent nommés plus haut, et leur continuateur moderne, le marquis d’Alveydre, connurent que la Science est femme, qu’elle veut être charmée, mais non point conquise. Ainsi la perfection du mental siège au-dessus de lui, dans les organes intuitifs ; ainsi, ces derniers fonctionnent par télépathisme, téléologisme, et télé psychisme ; ainsi, quelle que soit leur finesse, ils ne peuvent s’étendre que dans certaines limites, et sui vant certaines directions. Depuis quatre ou cinq mille siècles que le premier être humain descendit sur cette terre, à peine avonsnous gravi deux ou trois des vingt-quatre marches qui montent au trône de perfection où siégera quelque jour notre vieille planète maternelle. Et après, il nous restera des ascèses semblables, incommensu100 l’initiation rabies, inimaginables, dans chacun des séjours par milliers, que la Providence nous enseignera. Non seulement le savoir est indéfini, mais encore il est subtil. Car, s’il consiste en une réflection, — ou une réflexion — de l’objet dans le sujet/on oublie trop que tout se modifie sans cesse, entraîné par les eaux torrentueuses du fleuve évolutif. Chaque seconde change l’aspect de l’univers, dans ses formes involvantes; les corps des choses, leurs émanations odiques, leurs nimbes fluidiques, leurs esprits ignés, leurs verbes générateurs, leurs rayonnements, tout est muable sans trêve ; seuls, les centres sont fixes dans le cœur du monde ; et si l’on s’aperçoit en outre que les instruments de la connaissance sensible et de l’intellectuelle ne sont pas davantage immobiles, puisqu’ils ne sont pas parfaits, il faut conclure que le savoir réel est une utopie inaccessible. C’est ainsi que le brahmane contemple la création dans son embryologie ; que le taoïste l’analyse dans sa logique; que l’Égyptien en étudia autrefois l’histo logie; ceux d’Israël n’aperçurent de ce Zodiaque que son anthropomorphisme ; et Socrate sa rhétorique; toutefois, qui conclurait de la faiblesse de ces efforts à leur inutilité, ne penserait pas juste. L’inutile n’existe pas; mais les plus nobles tra vaux ne sont que des provisoires. Ne dites pas qu’un homme possède la science totale : tel séraphin qui passe vous imputerait peut être cette parole comme un blasphème contre l’Esprit. Mais ne dites pas non plus qu’un homme est imbécile : ce serait alors le Ciel lui-même qui vous jugerait.
3l’archéométrie 101 Nous autres donc, dont l’ardeur est tiède, l’intelli gence étroite et la mémoire rebelle, combien ne devons-nous pas admirer un initiateur qui se pré sente avec la calme attitude du génie, rassemblant d'une main les immenses matériaux accumulés par les civilisations archaïques, et faisant de l’autre main le geste qui invoque le feu de l’Esprit, cependant que sa parole enthousiaste évoque les espoirs radieux du futur. Saint-Yves a dépouillé les archives dugenre humain il en a déchiré les redites, élagué les longueurs, trans crit les documents exacts. Puis, sur le plan que l’Evangile lui fournit il sut répartir ces dépouilles opimes des synthèses préhistoriques ; il put mettre à leur place les légendes, les découvertes, les hiérogly phes ; et il résuma le tout dans sa figure archécmétrique, dont existent, entre les mains pieuses de ses disciples, un nombre remarquable d’applications, presque toutes entièrement au point. Un tel effort commande pour des siècles le res pect. La première pierre du monument que les « Amis de Saint-Yves » veulent élever à la gloire de leur maître, se pose sous la forme d’un volume intitulé la Théogonie des Patriarches (i). Il se compose d’un chapitre de la Mission des Juifs concernant Moïse ; de deux traductions nouvelles des trois premiers chapitres de la Genèse d’une part et du premier chapitre de VÉvangile de Jean, d’autre part, (i) Vol. in-4 ; 4, rue de Fürstenberg.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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