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One moment.
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18 l.’lNTTI — Si vous allez à Châlons, je vais avec vous. M. W. T. Stead. — Qui est-ce qui parle? Le clairvoyant. — Je suis mort depuis quelque temps ; mon nom est « Lefebvre » (Aussi étrange que cela paraisse, ce nom n’évoqua en moi aucun souvenir. J’étais à l’étranger lorsque Lefebvre se tua et je pensais que ce pouvait être quel qu’un mort depuis longtemps). Aucun membre du cercle ne reconnut le nom. M. W. T. Stead. — Connaissez-vous l’aéroplane de Bolotoff? — Oui. Dites à ce jeune homme de ne pas être trop téméraire, car il est très probable que son mo teur ne va pas marcher normalement. Je ne pense pas qu'il y aura ce que vous appelez un accident, mais qu'il vérifie soigneusement son moteur; modé rez son impétuosité. Vous-même, ne montez pas. 11 me faut aller là-bas avec vous, car je désire écrire en suite sur ce sujet par votre intermédiaire. M. W. T. Stead. — Bolotoff vous connaissait-il ? — Non, je l’ai rencontré, M. W.T. Stead.— Que faisiez-vous de votre vivant? — J’étais mécanicien. Un autre esprit se mit alors à parler et l’incident en resta là. Le jour suivant Julia fit au cours de ses communinications cette remarque : « Cet homme nommé Le febvre dit qu'il va avec vous à Châlons. Il espère que vous irez. » M. W. T. Stead. — Demandez à Lefebvre si c’est lui qui a été tué dans un accident d’aéroplane.
2LE BUREAU « JULIA » 9 — Oui, je pensais que vous le saviez. M. W. T. Stead. — Vous pouvez communiquer directement avec moi. Parlez-vous anglais? — Non, pas beaucoup ; mais je transmets mes pensées au médium et il les traduit en anglais. M. W. T. Stead. —Connaissez-vous Bolotoff? — Je me suis trouvé avec lui. Je pense que son triplan est très bon, mais il fera bien de surveiller son moteur et de voir si tout va bien. M. W. T. Stead. — Qu’est-ce qui a causé votre chute si rapide? — Je n'ai pas eu le temps de penser; vous n’avez guère le temps de réfléchir lorsque vous tombez. M. W.T. Stead.— Dans votre chute si inattendue avez-vous conservé votre sang-froid ? — Voici ce que j’ai ressenti. J’eus conscience que je tombais, mais avant de toucher la terre j’avais perdu connaissance. Je ne ressentis aucune douleur ni aucune sensation dans mon corps physique. Il me sembla que mon esprit était projeté au dehors. J’eus une sensation de rotation rapide, puis quelque chose céda soudainement et je me trouvai dans l’air, voyant au-dessous de moi mes restes mortels et l’appareil. Ce n'était pas désagréable. Je me rendis compte aussi qu’un être très puissant et qui me calmait était auprès de moi, et demain ce même être essaiera d’écrire par votre main lorsque vous serez à Châlons. Le samedi soir 18 septembre, je téléphonai à M.Bolotoff l’avertissement que j’avais eu à propos de son moteur et qui me venait d’un esprit disant s’appeler Lefebvre. Il merépondit qu’il se tiendraitsursesgardes.
310 L INITIATION Le lundi, nous arrivâmes à Mourmelon. Le moteur soigneusement vérifié paraissait très bien fonctionner. Aucune personne au courant des aéroplanes ne pen sait que ce moteur pût donner des ennuis. C’était un Panhard à quatre cylindres. Il avait subi tant d’épreuves et avait été essayé si souvent qu’il semblait impossible qu’il vînt à manquer. Mais à six heures, lorsque M. Bolotoff monta sur son siège, il fut impossible de faire partir la machine. Quelque chose ne fonctionnait pas, la manivelle de mise en marche se brisa et à notre grand regret les essais durent être abandonnés. Je laisse à d'autres le soin d’expliquer le phéno mène. Quant à moi, je me contente de me porter garant de l’exactitude absolue du récit que l’on vient de lire, exactitude que confirment d’ailleurs le compterendu sténographique ainsi que les déclara tions de quatre ou cinq personnes qui entendirent cet avertissement. Monsieur le rédacteur en chef, Votre journal n’a pas ménagé les marques de haute sympathie à l’aviateur Eugène Lefebvre, lors de l’affreux accident qui lui a coûté la vie. Permettez-moi donc de vous faire part de la pé nible surprise éprouvée par ses amis en lisant l’ar ticle paru ce jour sous la signature W.-T. Stead. Bien que mandataire autorisé de la famille Lefebvre, je ne veux pas aggraver -et renouveler sa douleur en la fai sant intervenir dans cette circonstance.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
18 l.’lNTTI — Si vous allez à Châlons, je vais avec vous. M. W. T. Stead. — Qui est-ce qui parle? Le clairvoyant. — Je suis mort depuis quelque temps ; mon nom est « Lefebvre » (Aussi étrange que cela paraisse, ce nom n’évoqua en moi aucun souvenir. J’étais à l’étranger lorsque Lefebvre se tua et je pensais que ce pouvait être quel qu’un mort depuis longtemps). Aucun membre du cercle ne reconnut le nom. M. W. T. Stead. — Connaissez-vous l’aéroplane de Bolotoff? — Oui. Dites à ce jeune homme de ne pas être trop téméraire, car il est très probable que son mo teur ne va pas marcher normalement. Je ne pense pas qu'il y aura ce que vous appelez un accident, mais qu'il vérifie soigneusement son moteur; modé rez son impétuosité. Vous-même, ne montez pas. 11 me faut aller là-bas avec vous, car je désire écrire en suite sur ce sujet par votre intermédiaire. M. W. T. Stead. — Bolotoff vous connaissait-il ? — Non, je l’ai rencontré, M. W.T. Stead.— Que faisiez-vous de votre vivant? — J’étais mécanicien. Un autre esprit se mit alors à parler et l’incident en resta là. Le jour suivant Julia fit au cours de ses communinications cette remarque : « Cet homme nommé Le febvre dit qu'il va avec vous à Châlons. Il espère que vous irez. » M. W. T. Stead. — Demandez à Lefebvre si c’est lui qui a été tué dans un accident d’aéroplane.
2LE BUREAU « JULIA » 9 — Oui, je pensais que vous le saviez. M. W. T. Stead. — Vous pouvez communiquer directement avec moi. Parlez-vous anglais? — Non, pas beaucoup ; mais je transmets mes pensées au médium et il les traduit en anglais. M. W. T. Stead. —Connaissez-vous Bolotoff? — Je me suis trouvé avec lui. Je pense que son triplan est très bon, mais il fera bien de surveiller son moteur et de voir si tout va bien. M. W. T. Stead. — Qu’est-ce qui a causé votre chute si rapide? — Je n'ai pas eu le temps de penser; vous n’avez guère le temps de réfléchir lorsque vous tombez. M. W.T. Stead.— Dans votre chute si inattendue avez-vous conservé votre sang-froid ? — Voici ce que j’ai ressenti. J’eus conscience que je tombais, mais avant de toucher la terre j’avais perdu connaissance. Je ne ressentis aucune douleur ni aucune sensation dans mon corps physique. Il me sembla que mon esprit était projeté au dehors. J’eus une sensation de rotation rapide, puis quelque chose céda soudainement et je me trouvai dans l’air, voyant au-dessous de moi mes restes mortels et l’appareil. Ce n'était pas désagréable. Je me rendis compte aussi qu’un être très puissant et qui me calmait était auprès de moi, et demain ce même être essaiera d’écrire par votre main lorsque vous serez à Châlons. Le samedi soir 18 septembre, je téléphonai à M.Bolotoff l’avertissement que j’avais eu à propos de son moteur et qui me venait d’un esprit disant s’appeler Lefebvre. Il merépondit qu’il se tiendraitsursesgardes.
310 L INITIATION Le lundi, nous arrivâmes à Mourmelon. Le moteur soigneusement vérifié paraissait très bien fonctionner. Aucune personne au courant des aéroplanes ne pen sait que ce moteur pût donner des ennuis. C’était un Panhard à quatre cylindres. Il avait subi tant d’épreuves et avait été essayé si souvent qu’il semblait impossible qu’il vînt à manquer. Mais à six heures, lorsque M. Bolotoff monta sur son siège, il fut impossible de faire partir la machine. Quelque chose ne fonctionnait pas, la manivelle de mise en marche se brisa et à notre grand regret les essais durent être abandonnés. Je laisse à d'autres le soin d’expliquer le phéno mène. Quant à moi, je me contente de me porter garant de l’exactitude absolue du récit que l’on vient de lire, exactitude que confirment d’ailleurs le compterendu sténographique ainsi que les déclara tions de quatre ou cinq personnes qui entendirent cet avertissement. Monsieur le rédacteur en chef, Votre journal n’a pas ménagé les marques de haute sympathie à l’aviateur Eugène Lefebvre, lors de l’affreux accident qui lui a coûté la vie. Permettez-moi donc de vous faire part de la pé nible surprise éprouvée par ses amis en lisant l’ar ticle paru ce jour sous la signature W.-T. Stead. Bien que mandataire autorisé de la famille Lefebvre, je ne veux pas aggraver -et renouveler sa douleur en la fai sant intervenir dans cette circonstance.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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