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1LA POLARITÉ DANS L’UNIVERS 2o3 du savant ou de l’artiste est négatif par rapport au vrai et au beau en toutes leurs formes. L’homme doit se mettre dans les meilleures condi tions négatives ou réceptrices pour les recevoir et les comprendre. Quand il veut les réaliser autour de lui, il devient positif par rapport à l’idéal qu’il a conçu en lui et par rapport à l’œuvre d’art, à la science et à l’invention qu’il réalise ensuite, hors de lui, dans la matière, dans le plan physique. L’art a pour but d’exciter toujours chez l’homme un continuel désir vers le beau et le bien ; la mis sion de la science est de spiritualiser la matière et de guider l’humanité vers un monde d’Essences. John Ruskin, le grand animateur d’art écrivit : « Pour qu’une œuvre soit de l’art, il devra s’y mêler tous les reflets de l’âme, toutes les extases du cœur, toute la floraison magnifique et capiteuse des sensa tions, des sentiments, tout ce qui donne tant de prix à la vie intérieure. » LA MAGIE Au moyen âge la sorcellerie triomphait; afin de la limiter, Renouvier (Piétrî Pomponazzi) assurait que les passions inférieures trouvaient leurs symboles dans les corps des animaux malfaisants, que les sorti lèges provenaient de causes * naturelles et que les démons n’y étaient pour rien. Un de nos contempo rains, Jules Bois, semble être d’accord avec Renou vier quand il dit:«Sathan n’existe pas par lui-mème, il est le chaos, la détresse du fœtus énorme, qui ne devient jamais enfant. »
2l’initiation 204 Mais Cornélius Agrippa, eiève, comme Paracelse, de l'abbé Trithème, a écrit plusieurs « Livres occul tes », où, en affirmant l’existence du diable, il révèle toutes les invincibles lois magiques et leurs saintes puissances, il y révèle également toutes les opérations magiques. Mais le savant médecin occulte de Louise de Savoie, mère de François Ier, recommande : « Cache ces connaissances dans le sanctuaire de ton cœur, garde le silence sur ces choses ; souvienstoi que l’esprit des hommes a une certaine vertu de changer, d’attirer, d'empêcher, de lier les choses et les hommes à ce qu’il désire ; et toutes choses obéis sent quand il est porté à un excès de quelque passion, de manière qu’il surpasse ceux qu’il lie ; car ce qui est supérieur lie ce qui est inférieur et le convertit en soi... » Agrippa indique de quelle manière l’âme est jointe au corps, ce qui arrive à l’âme après la mort, et comment les âmes des hommes méchants peuvent être évoquées et attirées. Les mauvais esprits sont appelés dans des cercles au moyen de calculs, de figures triangulaires et d'odeurs. 11 existe aussi, d’après Cornélius Agrippa, les esprits des éléments. Ils sont moins dangereux que les premiers. Ils aiment la conversation de l’homme et se plaisent auprès de lui ; ils vivent dans les forets, dans les prairies, auprès des fontaines et des étangs. Pour les évoquer il est nécessaire d’employer des paroles douces, des chants et des incantations ; les na-rftims exnuis leur sont agréables.
3LA POLARITÉ DANS l’lNIVERS 205 Plus récemment, vers 1860, le baron du Potet traça des lignes sur le parquet, l’une avec de la craie, l’autre avec du charbon : les lignes du bien et du mal. La ligne blanche se termine par un triangle, la ligne noire par un serpent. Il sortit chaque fois brisé de ces expériences et il avoua : « En pratiquant ces œuvres, la peur me prit. Je vis des choses extraordinaires, des spectacles étranges et je sentis en moi comme l’approche et le contact d’êtres invisibles encore ». Les anciens avaient mieux développé l’art de manier ces pouvoirs mystérieux. Trismégiste connaissait les figures, les vêtements et les manières des esprits qui, selon les jours de la semaine, accouraient sur le commandement de l’évo cateur ; et il savait aussi quels étaient les esprits fami liers des planètes: Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, Mercure, du Soleil et de la Lune Certains Kabbalistes prétendent que ces spectres hideux sont engendrés par la puissance du mal dans le monde, et naissent des rêveries malsaines, des gestes dépravés, des vices, des lâchetés de l’incon scient. Ils enroulent leur odieuse bestialité autour de la terre et des hommes. Aux yeux des voyants et des mages, elle se dissout en chimères abominables, en fauves cruels, en monstres répugnants. Paracelse qui croyait à l’envoûtement et aux larves avides du fluide vital des humains, couchait toujours avec une épée dans son lit. Souvent, au milieu de la nuit, il flagellait l’atmosphère menaçante de son épée nue, avec laquelle il traçait aussi le signe de la
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LA POLARITÉ DANS L’UNIVERS 2o3 du savant ou de l’artiste est négatif par rapport au vrai et au beau en toutes leurs formes. L’homme doit se mettre dans les meilleures condi tions négatives ou réceptrices pour les recevoir et les comprendre. Quand il veut les réaliser autour de lui, il devient positif par rapport à l’idéal qu’il a conçu en lui et par rapport à l’œuvre d’art, à la science et à l’invention qu’il réalise ensuite, hors de lui, dans la matière, dans le plan physique. L’art a pour but d’exciter toujours chez l’homme un continuel désir vers le beau et le bien ; la mis sion de la science est de spiritualiser la matière et de guider l’humanité vers un monde d’Essences. John Ruskin, le grand animateur d’art écrivit : « Pour qu’une œuvre soit de l’art, il devra s’y mêler tous les reflets de l’âme, toutes les extases du cœur, toute la floraison magnifique et capiteuse des sensa tions, des sentiments, tout ce qui donne tant de prix à la vie intérieure. » LA MAGIE Au moyen âge la sorcellerie triomphait; afin de la limiter, Renouvier (Piétrî Pomponazzi) assurait que les passions inférieures trouvaient leurs symboles dans les corps des animaux malfaisants, que les sorti lèges provenaient de causes * naturelles et que les démons n’y étaient pour rien. Un de nos contempo rains, Jules Bois, semble être d’accord avec Renou vier quand il dit:«Sathan n’existe pas par lui-mème, il est le chaos, la détresse du fœtus énorme, qui ne devient jamais enfant. »
2l’initiation 204 Mais Cornélius Agrippa, eiève, comme Paracelse, de l'abbé Trithème, a écrit plusieurs « Livres occul tes », où, en affirmant l’existence du diable, il révèle toutes les invincibles lois magiques et leurs saintes puissances, il y révèle également toutes les opérations magiques. Mais le savant médecin occulte de Louise de Savoie, mère de François Ier, recommande : « Cache ces connaissances dans le sanctuaire de ton cœur, garde le silence sur ces choses ; souvienstoi que l’esprit des hommes a une certaine vertu de changer, d’attirer, d'empêcher, de lier les choses et les hommes à ce qu’il désire ; et toutes choses obéis sent quand il est porté à un excès de quelque passion, de manière qu’il surpasse ceux qu’il lie ; car ce qui est supérieur lie ce qui est inférieur et le convertit en soi... » Agrippa indique de quelle manière l’âme est jointe au corps, ce qui arrive à l’âme après la mort, et comment les âmes des hommes méchants peuvent être évoquées et attirées. Les mauvais esprits sont appelés dans des cercles au moyen de calculs, de figures triangulaires et d'odeurs. 11 existe aussi, d’après Cornélius Agrippa, les esprits des éléments. Ils sont moins dangereux que les premiers. Ils aiment la conversation de l’homme et se plaisent auprès de lui ; ils vivent dans les forets, dans les prairies, auprès des fontaines et des étangs. Pour les évoquer il est nécessaire d’employer des paroles douces, des chants et des incantations ; les na-rftims exnuis leur sont agréables.
3LA POLARITÉ DANS l’lNIVERS 205 Plus récemment, vers 1860, le baron du Potet traça des lignes sur le parquet, l’une avec de la craie, l’autre avec du charbon : les lignes du bien et du mal. La ligne blanche se termine par un triangle, la ligne noire par un serpent. Il sortit chaque fois brisé de ces expériences et il avoua : « En pratiquant ces œuvres, la peur me prit. Je vis des choses extraordinaires, des spectacles étranges et je sentis en moi comme l’approche et le contact d’êtres invisibles encore ». Les anciens avaient mieux développé l’art de manier ces pouvoirs mystérieux. Trismégiste connaissait les figures, les vêtements et les manières des esprits qui, selon les jours de la semaine, accouraient sur le commandement de l’évo cateur ; et il savait aussi quels étaient les esprits fami liers des planètes: Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, Mercure, du Soleil et de la Lune Certains Kabbalistes prétendent que ces spectres hideux sont engendrés par la puissance du mal dans le monde, et naissent des rêveries malsaines, des gestes dépravés, des vices, des lâchetés de l’incon scient. Ils enroulent leur odieuse bestialité autour de la terre et des hommes. Aux yeux des voyants et des mages, elle se dissout en chimères abominables, en fauves cruels, en monstres répugnants. Paracelse qui croyait à l’envoûtement et aux larves avides du fluide vital des humains, couchait toujours avec une épée dans son lit. Souvent, au milieu de la nuit, il flagellait l’atmosphère menaçante de son épée nue, avec laquelle il traçait aussi le signe de la
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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