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1io6 l’initiation étaient encore malléables. C’est de ià qu'est venue l'expression de terre sigillée {sigillum^ cachet), appli quée à ces substances qui se trouvent encore aujour d’hui dans la plupart des pharmacies. L'une des plus célèbres était la terre de Lemnos, vendue par les » prêtres du temple d’Ephèse, et qui était marquée du sceau de la déesse Diane, une chèvre. Aussitôt que les minéraux furent compris dans la classe des médicaments, ils acquirent une grande importance. Aussi, est-ce surtout dans les écrits des médecins qu’on rencontre, à partir de l’époque dont nous parlons, les documents les plus utiles sur les minéraux et les pierres précieuses en particulier. A côté de la minéralogie sacrée des Hébreux, de la minéralogie poétique, de la minéralogie médicale, il faut placer la minéralogie astronomique, dont l'ori gine remonte aux Chaldéens. Le Maure Abolays nous a laissé le catalogue de pierres connues de cette nation. Elles étaient, en supprimant les redites, au nombre de 325. L’ou vrage d’Abolays, traduit par Jehuda Alosca, vers le milieu du treizième siècle, nous montre ces 32 5 pierres réparties entre.les douze signes du zodiaque, suivant les rapports que l’on supposait exister entre les différentes pierres et chacune des constellations. Plus tard, une seule pierre fut plus spécialement consacrée à chaque signe du zodiaque, et, par suite, à chaque mois de l’année. Comme ces différentes pierres sacrées avaient, pour leur possesseur, une foule de propriétés bien faisantes pendant que la constellation à laquelle elles
2LA PÉTROTHÉBAPIE OCCULTE 107 appartenaient se montrait sur l’horizon, on trouva un moyen bien simple de rendre cette action perma nente. On prit les douze pierres sacrées et on les dis posa toutes dans une amulette ou talisman. De cette façon, celui qui la portait était toujours sûr d'avoir avec lui la pierre sacrée correspondante à la constellation visible, quelle que fût l’époque de l'année. Il est infiniment probable qu’il faut chercher dans les douze pierre du pectoral du grand prêtre d’Israël l’origine de cette tradition. Les Juifs croyaient que le jour d’une de leurs fêtes, quand le grand prêtre demandait au Très-Haut la remise des péchés de toute la nation, si le pardon était accordé, certaines pierres sacrées paraissaient très brillantes, tandis que, si le pardon était refusé, elles devenaient noires. Dans les poèmes d’Orphée, attribués aussi à Onomancrite et qui, dans tous les cas, remonte à 450 ans avant Jésus-Christ, on trouve déjà la preuve que les Grecs attribuaient aux pierres précieuses des pro priétés magiques. Dans le siècle suivant, Platon, dont la vaste intelli gence embrassa tant d’idées supérieures, fut amené à examiner l’origine des pierres précieuses. Il admit que, véritables êtres vivants, elles étaient produites par une espèce de fermentation déterminée par l’ac tion d’un esprit vivifiant descendant des étoiles. Il décrivit le diamant, qu’il distinguait déjà des autres pierres précieuses, comme étant un noyau formé dans l’or, et supposa que c’était la partie la plus
3io8 l’initiation noble et la plus pure qui s’était condensée en une masse transparente. Théophraste, disciple d'Aristote, a écrit un traité sur les pierres, dont une partie seulement nous est parvenue. Malgré les lacunes considérables qu'il présente et dont les unes sont l'œuvre du temps, et les autres dues à l’auteur, on voit figurer dans Théo phraste un certain nombre de substances minérales importantes inconnues jusqu’à lui. On trouve aussi dans cet écrivain une idée qui, prise en soi, est tout a fait singulière ; il divise les pierres en deux catégories : les pierres mâles et les femelles; mais en se reportant à ce que nous avons dit plus haut, il n'y a là rien qui ne soit en harmonie avec les idées générales des anciens. Dioscoride nous intéresse vivement, puisque c’est lui qui a surtout développé cette idée que les pierres précieuses possèdent une multitude de vertus secrètes, idée admise sans contestation par tous ses successeurs jusqu'à une époque très rapprochée de nous, et qu’on trouve même encore aujourd’hui répandue parmi les habitants des régions monta gneuses de l’Espagne et de l’Arabie. Mais peu d’années après Dioscoride, nous voyons apparaître une œuvre hors de toute comparaison avec ce qu’on avait fait jusque-là VHistoire naturelle de Pline. Dans cette œuvre, l’une des plus précieuses que nous ait léguées l’antiquité, on trouve un cha pitre exclusivement consacré aux pierres précieuses. Nous aurons l’occasion d'y revenir dans le courant de cet article.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1io6 l’initiation étaient encore malléables. C’est de ià qu'est venue l'expression de terre sigillée {sigillum^ cachet), appli quée à ces substances qui se trouvent encore aujour d’hui dans la plupart des pharmacies. L'une des plus célèbres était la terre de Lemnos, vendue par les » prêtres du temple d’Ephèse, et qui était marquée du sceau de la déesse Diane, une chèvre. Aussitôt que les minéraux furent compris dans la classe des médicaments, ils acquirent une grande importance. Aussi, est-ce surtout dans les écrits des médecins qu’on rencontre, à partir de l’époque dont nous parlons, les documents les plus utiles sur les minéraux et les pierres précieuses en particulier. A côté de la minéralogie sacrée des Hébreux, de la minéralogie poétique, de la minéralogie médicale, il faut placer la minéralogie astronomique, dont l'ori gine remonte aux Chaldéens. Le Maure Abolays nous a laissé le catalogue de pierres connues de cette nation. Elles étaient, en supprimant les redites, au nombre de 325. L’ou vrage d’Abolays, traduit par Jehuda Alosca, vers le milieu du treizième siècle, nous montre ces 32 5 pierres réparties entre.les douze signes du zodiaque, suivant les rapports que l’on supposait exister entre les différentes pierres et chacune des constellations. Plus tard, une seule pierre fut plus spécialement consacrée à chaque signe du zodiaque, et, par suite, à chaque mois de l’année. Comme ces différentes pierres sacrées avaient, pour leur possesseur, une foule de propriétés bien faisantes pendant que la constellation à laquelle elles
2LA PÉTROTHÉBAPIE OCCULTE 107 appartenaient se montrait sur l’horizon, on trouva un moyen bien simple de rendre cette action perma nente. On prit les douze pierres sacrées et on les dis posa toutes dans une amulette ou talisman. De cette façon, celui qui la portait était toujours sûr d'avoir avec lui la pierre sacrée correspondante à la constellation visible, quelle que fût l’époque de l'année. Il est infiniment probable qu’il faut chercher dans les douze pierre du pectoral du grand prêtre d’Israël l’origine de cette tradition. Les Juifs croyaient que le jour d’une de leurs fêtes, quand le grand prêtre demandait au Très-Haut la remise des péchés de toute la nation, si le pardon était accordé, certaines pierres sacrées paraissaient très brillantes, tandis que, si le pardon était refusé, elles devenaient noires. Dans les poèmes d’Orphée, attribués aussi à Onomancrite et qui, dans tous les cas, remonte à 450 ans avant Jésus-Christ, on trouve déjà la preuve que les Grecs attribuaient aux pierres précieuses des pro priétés magiques. Dans le siècle suivant, Platon, dont la vaste intelli gence embrassa tant d’idées supérieures, fut amené à examiner l’origine des pierres précieuses. Il admit que, véritables êtres vivants, elles étaient produites par une espèce de fermentation déterminée par l’ac tion d’un esprit vivifiant descendant des étoiles. Il décrivit le diamant, qu’il distinguait déjà des autres pierres précieuses, comme étant un noyau formé dans l’or, et supposa que c’était la partie la plus
3io8 l’initiation noble et la plus pure qui s’était condensée en une masse transparente. Théophraste, disciple d'Aristote, a écrit un traité sur les pierres, dont une partie seulement nous est parvenue. Malgré les lacunes considérables qu'il présente et dont les unes sont l'œuvre du temps, et les autres dues à l’auteur, on voit figurer dans Théo phraste un certain nombre de substances minérales importantes inconnues jusqu’à lui. On trouve aussi dans cet écrivain une idée qui, prise en soi, est tout a fait singulière ; il divise les pierres en deux catégories : les pierres mâles et les femelles; mais en se reportant à ce que nous avons dit plus haut, il n'y a là rien qui ne soit en harmonie avec les idées générales des anciens. Dioscoride nous intéresse vivement, puisque c’est lui qui a surtout développé cette idée que les pierres précieuses possèdent une multitude de vertus secrètes, idée admise sans contestation par tous ses successeurs jusqu'à une époque très rapprochée de nous, et qu’on trouve même encore aujourd’hui répandue parmi les habitants des régions monta gneuses de l’Espagne et de l’Arabie. Mais peu d’années après Dioscoride, nous voyons apparaître une œuvre hors de toute comparaison avec ce qu’on avait fait jusque-là VHistoire naturelle de Pline. Dans cette œuvre, l’une des plus précieuses que nous ait léguées l’antiquité, on trouve un cha pitre exclusivement consacré aux pierres précieuses. Nous aurons l’occasion d'y revenir dans le courant de cet article.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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