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One moment.
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1LE FANTÔME DES VIVANTS 105 cela. Étant sûr de ne pas la déranger dans son tra vail, je lui suggérai ce qui suit : Mardi prochain, Vidée vous viendra de vous coucher à 9 heures trois quarts. Vous vous endormirez de suite; et à 10 heures précises, vous nous enverrez votre fantôme. Après cette visite, qui n'a pas besoin d'être longue, le fantôme rentrera en vous, vous continuerez à dormir paisiblement, et vous vous réveillerez ensuite comme vous le faites habituellement. Cette suggestion étant acceptée de très bonne grâce par le sujet, je le réveille; il n’en conserve aucun souvenir et nous n’en reparlerons plus. Le mardi 10 mars, Mme Lambert est là, dédoublée pour une pesée sur la balance. Mlle Thérèse y est également en qualité de témoin, ainsi que MM. Du bois et Haudricourt. Nous sommes dans l’obscurité. Nous expérimentons. Lorsqu’il est près de 10 heures, je prie le fantôme de revenir près du sujet pour se reposer. Celui-ci avait déjà montré des symptômes d’inquiétude, en portant son attention vers la fenêtre à travers laquelle le fantôme visiteur devait nécessai rement passer. Au bout de quelques instants, le sujet pousse un cri ; il est violemment attiré en avant, et s’affaise malgré moi sur le parquet en s’écriant: «Oh! un fantôme; je ne veux pas le voir. » Je lui dis que c’est une visite attendue et que je tiens essentiellement à ce qu’elle le reconnaisse. Je répète ce désir plusieurs fois, mais le sujet, qui se couvre la face avec ses mains, répète toujours qu’il ne veut pas le voir. Au bout de 2 à 3 minutes : « Ah ! dit-elle, il est debout vers la porte, il nous regarde, il s’en va.»
2io6 l’initiation J’aide le sujet à se relever, je le fais asseoir et lui de mande encore qui est ce fantôme qu’elle doit con naître : « Il m’a fait peur, répond-elle, je ne veux pas le connaître, d’ailleurs, ne m’en parlez plus. » Le sujet est énervé, et je ne dois pas attendre d’autre ré ponse pour le moment. Je le réveille en prenant les précautions habituelles; il est très inquiet, mais dans de bonnes dispositions. Thérèse ne s’est pas impressionnée à la vue du fantôme qu’elle connaissait déjà ; elle l’a observé de puis son apparition sur le fauteuil jusqu’à sa dispa rition à travers la porte de mon cabinet. Elle s’était endormie pendant lesexpériences,M.Duboisla réveille. Les deux sujets sont très calmes. Je rendors Mme Lambert et la prie de me dire maintenant si elle a reconnu le fantôme qui est venu, il y a quelques instants. « Mais oui, me répond-elle avec nervosité, c’est Léontine. » III. — Mardi 12 mai, à 9 heures du soir, en pré sence de Mme Prothais et de MM. Haudricourt et Dubois. Le sujet est Mme Lambert, nous sommes éclairés à la lumière rouge des photographes. Nous attendons la visite du fantôme de Thérèse, qui doit venir à 10 heures. Les témoins sont prévenus * de cette visite, mais le sujet l'ignore complètement. Thérèse n’a pas conscience de s’être jamais dédou blée spontanément, et elle ignore si elle pourra envoyer son fantôme. Je n’ai pas agi suggestivement sür elle comme avec Léontine. Le jeudi précédent, je me suis contenté de la prier de vouloir bien tenter cette expé rience aujourd’hui. Pour cela, elle se couchera vers
3LE FANTÔME DES VIVANTS 107 9 heures trois quarts, se concentrera en elle-même, avec l’intention de venir nous voir, et à io heures, elle partira si elle peut. Dans ce cas, elle pénétrerà chez nous à travers la fenêtre, s’asseoira dans le fau teuil de bureau qui sera là disposé pour elle, elle nous regardera, tâchera de nous voir et fera tout son pos sible pour illuminer un écran phosphorescent qui sera placé sur le fauteuil. Au bout de 5 à 6 minutes, elle se lèvera et se retirera; Je place le sujet comme d’habitude au fond de mon cabinet et dispose à sa gauche un fauteuil pour son fantôme. Une petite table en bois blanc est placée de telle façon, que le sujet et les témoins ne puissent pas la toucher sans se déplacer. L’emplacement de deux des pieds est marqué à la craie sur le parquet. Je dédouble le sujet et prie le fantôme de s’appro cher de la table, d’y frapper des coups, ou de la dépla cer. Le fantôme ne se condense que lentement. Vers 9 heures trois quarts, le sujet s’inquiète de voir, vers la fenêtre, une colonne flottante légèrement lumineuse. Je la rassure et prie le fantôme de faire tout son pos sible pour nous donner quelques phénomènes à la table. Le sujet est nerveux et son inquiétude grandit. Malgré cela, nous entendons plusieurs fois des petits coups frappés dans la table. A io h. 5, le sujet se jette en arrière et pousse un cri d’épouvante, en déclarant qu’un fantôme vient de venir, qu’il est vers la fenêtre, près de mon bureau. Je cherche à la rassurer en lui disant que ce fan tôme est attendu et qu’il n’a aucune mauvaisè intenio8 l'initiation tion à son égard. Mais, comme aux deux apparitions précédentes, saisie de frayeur, elle est agitée par de violents mouvements nerveux. A un moment donné, elle se lève brusquement et veut se précipiter en avant, en s’écriant que son fantôme est violemment attiré vers l’autre. Je la retiens en m’arc-boutant contre elle. Au moment où cette attraction se produit, on entend la table glisser sur le parquet. L’attraction cesse au bout de quelques instants et le sujet tombe lourde ment sur le fauteuil, les jambes croisées l’une sur l’autre et très fortement contracturées. A ce moment, on entend encore la table glisser sur le parquet. Je cherche à faire cesser la contracture des jambes et n’y parviens qu’à grand’peine. Je calme le sujet le plus possible et le dispose au réveil. Nous regardons l’emplacement de la table : un bout s’est éloigné de i centimètre de la place occupée par le fantôme avant l’apparition ; l’autre bout s’est au contraire approché de 3 centimètres et demi. Je réveille le sujet, qui est très fatigué, pour le rendormir ensuite. Réendormi, je le prie de nous dire quel est le fantôme qui vient de venir. — * C’est Thérèse, me répond-elle nerveusement ; mais, ne m'en parlez paç, ça me fait peur. * Je lui demande ensuite comment il se fait que c’est au moment où elle a été le plus agitée que la table s’est déplacée. Elle me répond que son fantôme se trouvait devant la table, et que c’est en étant brus quement attiré vers l’autre, qu’il a poussé devant lui un bout de la table, en faisant des efforts pour passer à travers ; et que c'est en revenant, non moins
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LE FANTÔME DES VIVANTS 105 cela. Étant sûr de ne pas la déranger dans son tra vail, je lui suggérai ce qui suit : Mardi prochain, Vidée vous viendra de vous coucher à 9 heures trois quarts. Vous vous endormirez de suite; et à 10 heures précises, vous nous enverrez votre fantôme. Après cette visite, qui n'a pas besoin d'être longue, le fantôme rentrera en vous, vous continuerez à dormir paisiblement, et vous vous réveillerez ensuite comme vous le faites habituellement. Cette suggestion étant acceptée de très bonne grâce par le sujet, je le réveille; il n’en conserve aucun souvenir et nous n’en reparlerons plus. Le mardi 10 mars, Mme Lambert est là, dédoublée pour une pesée sur la balance. Mlle Thérèse y est également en qualité de témoin, ainsi que MM. Du bois et Haudricourt. Nous sommes dans l’obscurité. Nous expérimentons. Lorsqu’il est près de 10 heures, je prie le fantôme de revenir près du sujet pour se reposer. Celui-ci avait déjà montré des symptômes d’inquiétude, en portant son attention vers la fenêtre à travers laquelle le fantôme visiteur devait nécessai rement passer. Au bout de quelques instants, le sujet pousse un cri ; il est violemment attiré en avant, et s’affaise malgré moi sur le parquet en s’écriant: «Oh! un fantôme; je ne veux pas le voir. » Je lui dis que c’est une visite attendue et que je tiens essentiellement à ce qu’elle le reconnaisse. Je répète ce désir plusieurs fois, mais le sujet, qui se couvre la face avec ses mains, répète toujours qu’il ne veut pas le voir. Au bout de 2 à 3 minutes : « Ah ! dit-elle, il est debout vers la porte, il nous regarde, il s’en va.»
2io6 l’initiation J’aide le sujet à se relever, je le fais asseoir et lui de mande encore qui est ce fantôme qu’elle doit con naître : « Il m’a fait peur, répond-elle, je ne veux pas le connaître, d’ailleurs, ne m’en parlez plus. » Le sujet est énervé, et je ne dois pas attendre d’autre ré ponse pour le moment. Je le réveille en prenant les précautions habituelles; il est très inquiet, mais dans de bonnes dispositions. Thérèse ne s’est pas impressionnée à la vue du fantôme qu’elle connaissait déjà ; elle l’a observé de puis son apparition sur le fauteuil jusqu’à sa dispa rition à travers la porte de mon cabinet. Elle s’était endormie pendant lesexpériences,M.Duboisla réveille. Les deux sujets sont très calmes. Je rendors Mme Lambert et la prie de me dire maintenant si elle a reconnu le fantôme qui est venu, il y a quelques instants. « Mais oui, me répond-elle avec nervosité, c’est Léontine. » III. — Mardi 12 mai, à 9 heures du soir, en pré sence de Mme Prothais et de MM. Haudricourt et Dubois. Le sujet est Mme Lambert, nous sommes éclairés à la lumière rouge des photographes. Nous attendons la visite du fantôme de Thérèse, qui doit venir à 10 heures. Les témoins sont prévenus * de cette visite, mais le sujet l'ignore complètement. Thérèse n’a pas conscience de s’être jamais dédou blée spontanément, et elle ignore si elle pourra envoyer son fantôme. Je n’ai pas agi suggestivement sür elle comme avec Léontine. Le jeudi précédent, je me suis contenté de la prier de vouloir bien tenter cette expé rience aujourd’hui. Pour cela, elle se couchera vers
3LE FANTÔME DES VIVANTS 107 9 heures trois quarts, se concentrera en elle-même, avec l’intention de venir nous voir, et à io heures, elle partira si elle peut. Dans ce cas, elle pénétrerà chez nous à travers la fenêtre, s’asseoira dans le fau teuil de bureau qui sera là disposé pour elle, elle nous regardera, tâchera de nous voir et fera tout son pos sible pour illuminer un écran phosphorescent qui sera placé sur le fauteuil. Au bout de 5 à 6 minutes, elle se lèvera et se retirera; Je place le sujet comme d’habitude au fond de mon cabinet et dispose à sa gauche un fauteuil pour son fantôme. Une petite table en bois blanc est placée de telle façon, que le sujet et les témoins ne puissent pas la toucher sans se déplacer. L’emplacement de deux des pieds est marqué à la craie sur le parquet. Je dédouble le sujet et prie le fantôme de s’appro cher de la table, d’y frapper des coups, ou de la dépla cer. Le fantôme ne se condense que lentement. Vers 9 heures trois quarts, le sujet s’inquiète de voir, vers la fenêtre, une colonne flottante légèrement lumineuse. Je la rassure et prie le fantôme de faire tout son pos sible pour nous donner quelques phénomènes à la table. Le sujet est nerveux et son inquiétude grandit. Malgré cela, nous entendons plusieurs fois des petits coups frappés dans la table. A io h. 5, le sujet se jette en arrière et pousse un cri d’épouvante, en déclarant qu’un fantôme vient de venir, qu’il est vers la fenêtre, près de mon bureau. Je cherche à la rassurer en lui disant que ce fan tôme est attendu et qu’il n’a aucune mauvaisè intenio8 l'initiation tion à son égard. Mais, comme aux deux apparitions précédentes, saisie de frayeur, elle est agitée par de violents mouvements nerveux. A un moment donné, elle se lève brusquement et veut se précipiter en avant, en s’écriant que son fantôme est violemment attiré vers l’autre. Je la retiens en m’arc-boutant contre elle. Au moment où cette attraction se produit, on entend la table glisser sur le parquet. L’attraction cesse au bout de quelques instants et le sujet tombe lourde ment sur le fauteuil, les jambes croisées l’une sur l’autre et très fortement contracturées. A ce moment, on entend encore la table glisser sur le parquet. Je cherche à faire cesser la contracture des jambes et n’y parviens qu’à grand’peine. Je calme le sujet le plus possible et le dispose au réveil. Nous regardons l’emplacement de la table : un bout s’est éloigné de i centimètre de la place occupée par le fantôme avant l’apparition ; l’autre bout s’est au contraire approché de 3 centimètres et demi. Je réveille le sujet, qui est très fatigué, pour le rendormir ensuite. Réendormi, je le prie de nous dire quel est le fantôme qui vient de venir. — * C’est Thérèse, me répond-elle nerveusement ; mais, ne m'en parlez paç, ça me fait peur. * Je lui demande ensuite comment il se fait que c’est au moment où elle a été le plus agitée que la table s’est déplacée. Elle me répond que son fantôme se trouvait devant la table, et que c’est en étant brus quement attiré vers l’autre, qu’il a poussé devant lui un bout de la table, en faisant des efforts pour passer à travers ; et que c'est en revenant, non moins
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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