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One moment.
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1l'initiation [mai telle façon qu’il lui est impossible de produire les phénomènes qu’il produit habituellement. A l’insu des sujets servant à mes expériences, M. Rousseau convient, avec moi, que le mardi 3 mars 1908, il se coucherait (chez lui, à Versailles), vers 9 heures et demie du soir, et qu’à 10 heures précises, il enverrait son fantôme à ma séance. Il se montrerait, et chercherait à voir ce qui se passe. Pour cela, un fauteuil doit être préparé pour lui vers la fenêtre de mon cabinet de travail, à côté du bureau. Un écran phosphorescent, accusant la présence des rayons N, sera placé sur le dos du fauteuil, et le fantôme fera tout son possible pour l’illuminer. Au bout de 10 à 12 minutes, il se lèvera s’avancera vers la porte, nous regardera, nous enverra un salut et il se retirera en traversant la porte fermée. Le mardi 3 mars 1908, à 9 heures du soir, tout est disposé comme je viens de le dire, pour la réception du fantôme. Deux sujets d’expériences : Mmes Lam bert et Léontine sont là, ainsi que M. Dubois MM. le docteur Pau de Saint-Martin et Haudricourt assistent à la séance en qualité de témoins. Ces der niers sont informés de ce qui doit se passer; mais M. Dubois et les sujets, je l’ai déjà dit, n’en savent absolument rien. Nous sommes dans l’obscurité, et la balance est disposée sur la table, comme pour cons tater la pondéralité du fantôme. Pour constater l’étendue du champ d’action du fantôme attendu, un écran phosphorescent, préalablement insolé, est fixé sur le dos du fauteuil au moyen d’une épingle; d’autres écrans, également insolés, sont placés, l’un
2I9O9] LE FANTÔME DES VIVANTS 99 sur la cheminée, à environ un mètre du fauteuil, un autre sur l’un des rayons de ma bibliothèque, à envi ron a mètres; et enfin deux autres sur le même rayon, à 3 et 4 mètres environ. Je dédouble Mme Lambert; M. Dubois cherche à dédoubler Léontine. Le fantôme de cette dernière doit rester comme témoin des phénomènes que je vais chercher à obtenir du fantôme de Mme Lambert. Celle ci est placée au fond de mon cabinet,et Léontine se trouve vers la cheminée, du côté opposé à la table. Je prie le fantôme de Mme Lambert de se diriger vers la table, d’y annoncer sa présence par des coups frappés, de monter ensuite sur la balance pour mettre la sonnerie électrique en activité; et, pour éviter toute suggestion mentale, je fixe énergiquement ma pensée sur ces phénomènes que je voudrais obtenir en attendant l’apparition du fantôme de M. Rousseau. Mme Lambert est mal à son aise. Son fantôme va vers la table sous l’influence de ma volonté : mais là, distrait, il ne fait aucun effort, revient vers le sujet, et aucun phénomène ne se produit. Léontine se dédouble à peine ; elle est énervée, in quiète, et ne veut rien savoir de ce qui se passe. Elle est mal à son aise, subissant, dit-elle, une influence étrange, désagréable, qui ne tient à aucun des assis tants. Dès 9 heures et demie, Mme Lambert s’inquiète également et devient plus nerveuse. Elle est très étonnée de voir vers la fenêtre, près de mon bureau, précisément à la place occupée par le fauteuil, une colonne vaporeuse, légèrement lumineuse, qui flotte
3ioo l’initiation comme si elle était agitée par un vent léger. Elle n’a pas encore observé un semblable phénomène. Je cherche à détourner de cette vision l’attention du fantôme et j’insiste énergiquement pour qu’il re tourne à la table et y manifeste sa présence, il y re vient, mais sa distraction et son inquiétude sont telles qu’il n’y reste’pas, et qu’il vient même se réfu gier derrière le sujet, comme pour se cacher. A 9 h. 55, Mme Lambert, effrayée, se précipite sur moi, en s’écriant : « Mais c'est un fantôme qui est là-bas; c'est le fantôme d’un homme. »Je cherche à la rassurer en lui disant que la visite de ce fantôme était attendue, qu’elle le connaissait déjà et quelle n’avait pas à en avoir peur, car il n’est pas animé de mauvaises intentions. Un peu rassurée, elle consent à l’observer : « 11 est tranquillement assis dans le fau teuil, dit-elle, il nous regarde. » Au bout d’un temps que je peux évaluer à 8 ou io minutes : « Oh ! dit-elle, il se lève, il marche, il vient ici. » En même temps, elle se lève, très énervée, et dit qu’elle est violemment attirée vers lui. Pour l’empêcher d’avancer, je suis obligé de la saisir entre mes bras et de m’arc»bouter contre clic, en lui donnant sévèrement l’ordre de rester là. Au bout d’un instant qui m’a paru fort long: « Le fantôme se retire », dit-elle. Elle consent à s’asseoir, et au bout de 2 à 3 minutes, en poussant un long soupir de soulagement, elle s'écrie : « Ah 1 enfin, il s’en va, il est vers la porte, il nous regarde..« Il est parti : j’aime mieux ça. » Pendant ce temps, agitée et tremblante, Léontine était à peine maîtrisée par M. Dubois, qui, déconLE FANTÔME DES VIVANTS 101 certé lui-même de ce qui se passait, ne cessait de lui demander qu’elle était la cause de cette épouvante inexpliquée. 11 ne put obtenir d’elle d’autre réponse que celle-ci : « C’est un fantôme, je ne veux pas le voir. » Nous faisons tout notre possible pour calmer les sujets et nous n'y arrivons qu’à grand’peine. Au bout de quelques minutes, je vérifie les écrans. Ce lui du fauteuil sur lequel le fantôme s’est assis, est fort bien illuminé ; je peux le distinguer à un mètre au moins. Je le prends et le remets aux témoins. Ce lui de la cheminée l’est aussi, mais à un moindre degré ; c'est à peine si je peux le distinguer à une dis tance de 3o centimètres. Celui qui est sur un rayon de la bibliothèque, à 2 mètres environ du fauteuil, l’est encore un peu ; mais j’ai besoin de savoir où il est pour mettre directement la main dessus. Les deux autres ne sont nullement illuminés. Je les présente tous aux témoins qui ne distinguent pas les deux derniers, mais qui reconnaissent très bien la différence de luminosité que les autres présentent entre eux. Nous éclairons la pièce et nous réveillons les sujets le plus lentement possible pour leur permettre de reprendre leurs forces extériorisées. Nous les ren dormons pour les réveiller encore. Enfin, à 11 heures et demie, c’est-à-dire 1 h. 20 environ après le départ du fantôme de M. Rousseau, les sujets, calmés et réconfortés par une collation, peuvent se retirer, dans d'assez bonnes conditions physiques et morales. Il est à remarquer que le fantôme de M. Rousseau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1l'initiation [mai telle façon qu’il lui est impossible de produire les phénomènes qu’il produit habituellement. A l’insu des sujets servant à mes expériences, M. Rousseau convient, avec moi, que le mardi 3 mars 1908, il se coucherait (chez lui, à Versailles), vers 9 heures et demie du soir, et qu’à 10 heures précises, il enverrait son fantôme à ma séance. Il se montrerait, et chercherait à voir ce qui se passe. Pour cela, un fauteuil doit être préparé pour lui vers la fenêtre de mon cabinet de travail, à côté du bureau. Un écran phosphorescent, accusant la présence des rayons N, sera placé sur le dos du fauteuil, et le fantôme fera tout son possible pour l’illuminer. Au bout de 10 à 12 minutes, il se lèvera s’avancera vers la porte, nous regardera, nous enverra un salut et il se retirera en traversant la porte fermée. Le mardi 3 mars 1908, à 9 heures du soir, tout est disposé comme je viens de le dire, pour la réception du fantôme. Deux sujets d’expériences : Mmes Lam bert et Léontine sont là, ainsi que M. Dubois MM. le docteur Pau de Saint-Martin et Haudricourt assistent à la séance en qualité de témoins. Ces der niers sont informés de ce qui doit se passer; mais M. Dubois et les sujets, je l’ai déjà dit, n’en savent absolument rien. Nous sommes dans l’obscurité, et la balance est disposée sur la table, comme pour cons tater la pondéralité du fantôme. Pour constater l’étendue du champ d’action du fantôme attendu, un écran phosphorescent, préalablement insolé, est fixé sur le dos du fauteuil au moyen d’une épingle; d’autres écrans, également insolés, sont placés, l’un
2I9O9] LE FANTÔME DES VIVANTS 99 sur la cheminée, à environ un mètre du fauteuil, un autre sur l’un des rayons de ma bibliothèque, à envi ron a mètres; et enfin deux autres sur le même rayon, à 3 et 4 mètres environ. Je dédouble Mme Lambert; M. Dubois cherche à dédoubler Léontine. Le fantôme de cette dernière doit rester comme témoin des phénomènes que je vais chercher à obtenir du fantôme de Mme Lambert. Celle ci est placée au fond de mon cabinet,et Léontine se trouve vers la cheminée, du côté opposé à la table. Je prie le fantôme de Mme Lambert de se diriger vers la table, d’y annoncer sa présence par des coups frappés, de monter ensuite sur la balance pour mettre la sonnerie électrique en activité; et, pour éviter toute suggestion mentale, je fixe énergiquement ma pensée sur ces phénomènes que je voudrais obtenir en attendant l’apparition du fantôme de M. Rousseau. Mme Lambert est mal à son aise. Son fantôme va vers la table sous l’influence de ma volonté : mais là, distrait, il ne fait aucun effort, revient vers le sujet, et aucun phénomène ne se produit. Léontine se dédouble à peine ; elle est énervée, in quiète, et ne veut rien savoir de ce qui se passe. Elle est mal à son aise, subissant, dit-elle, une influence étrange, désagréable, qui ne tient à aucun des assis tants. Dès 9 heures et demie, Mme Lambert s’inquiète également et devient plus nerveuse. Elle est très étonnée de voir vers la fenêtre, près de mon bureau, précisément à la place occupée par le fauteuil, une colonne vaporeuse, légèrement lumineuse, qui flotte
3ioo l’initiation comme si elle était agitée par un vent léger. Elle n’a pas encore observé un semblable phénomène. Je cherche à détourner de cette vision l’attention du fantôme et j’insiste énergiquement pour qu’il re tourne à la table et y manifeste sa présence, il y re vient, mais sa distraction et son inquiétude sont telles qu’il n’y reste’pas, et qu’il vient même se réfu gier derrière le sujet, comme pour se cacher. A 9 h. 55, Mme Lambert, effrayée, se précipite sur moi, en s’écriant : « Mais c'est un fantôme qui est là-bas; c'est le fantôme d’un homme. »Je cherche à la rassurer en lui disant que la visite de ce fantôme était attendue, qu’elle le connaissait déjà et quelle n’avait pas à en avoir peur, car il n’est pas animé de mauvaises intentions. Un peu rassurée, elle consent à l’observer : « 11 est tranquillement assis dans le fau teuil, dit-elle, il nous regarde. » Au bout d’un temps que je peux évaluer à 8 ou io minutes : « Oh ! dit-elle, il se lève, il marche, il vient ici. » En même temps, elle se lève, très énervée, et dit qu’elle est violemment attirée vers lui. Pour l’empêcher d’avancer, je suis obligé de la saisir entre mes bras et de m’arc»bouter contre clic, en lui donnant sévèrement l’ordre de rester là. Au bout d’un instant qui m’a paru fort long: « Le fantôme se retire », dit-elle. Elle consent à s’asseoir, et au bout de 2 à 3 minutes, en poussant un long soupir de soulagement, elle s'écrie : « Ah 1 enfin, il s’en va, il est vers la porte, il nous regarde..« Il est parti : j’aime mieux ça. » Pendant ce temps, agitée et tremblante, Léontine était à peine maîtrisée par M. Dubois, qui, déconLE FANTÔME DES VIVANTS 101 certé lui-même de ce qui se passait, ne cessait de lui demander qu’elle était la cause de cette épouvante inexpliquée. 11 ne put obtenir d’elle d’autre réponse que celle-ci : « C’est un fantôme, je ne veux pas le voir. » Nous faisons tout notre possible pour calmer les sujets et nous n'y arrivons qu’à grand’peine. Au bout de quelques minutes, je vérifie les écrans. Ce lui du fauteuil sur lequel le fantôme s’est assis, est fort bien illuminé ; je peux le distinguer à un mètre au moins. Je le prends et le remets aux témoins. Ce lui de la cheminée l’est aussi, mais à un moindre degré ; c'est à peine si je peux le distinguer à une dis tance de 3o centimètres. Celui qui est sur un rayon de la bibliothèque, à 2 mètres environ du fauteuil, l’est encore un peu ; mais j’ai besoin de savoir où il est pour mettre directement la main dessus. Les deux autres ne sont nullement illuminés. Je les présente tous aux témoins qui ne distinguent pas les deux derniers, mais qui reconnaissent très bien la différence de luminosité que les autres présentent entre eux. Nous éclairons la pièce et nous réveillons les sujets le plus lentement possible pour leur permettre de reprendre leurs forces extériorisées. Nous les ren dormons pour les réveiller encore. Enfin, à 11 heures et demie, c’est-à-dire 1 h. 20 environ après le départ du fantôme de M. Rousseau, les sujets, calmés et réconfortés par une collation, peuvent se retirer, dans d'assez bonnes conditions physiques et morales. Il est à remarquer que le fantôme de M. Rousseau
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