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One moment.
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1102 l’initiation n'a pas observé, à la séance, toutes les conditions en tendues à l’avance, puisqu’il ne devait pas s’avancer vers le sujet. Le soir même, en présence des témoins, j’écrivis quelques mots à M. Rousseau, en le priant de vou loir bien me donner ses impressions. Je lui disais que les sujets croyaient l'avoir vu, sans lui donner aucun détail de cette vision. 11 me répondit ce qui suit : Versailles, le 5 mars 1907. « Mon cher Monsieur, « Je m’empresse de répondre à votre lettre. Je vous dirai que je n'ai rien vu ni rien senti. J’ai fait comme je fais d’habitude, en voulant que mon dou ble aille vous trouver, qu’il se place dans le fauteuil que vous m’avez indiqué et qu’il fasse son possible pour éclairer l’écran. Il m’a semblé que mon double est parti à ce moment-là, mais je ne l’ai pas vu. Après un moment, je lui ai commandé d’aller vers le sujet, au fond de la pièce ; et, au besoin, de se mêler à son double, si possible. « J’ai tenu bon pendant un quart d’heure environ; et, tout d’un coup, sans éprouver la moindre lassi tude, j’ai senti en moi, comme si un mécanisme s’ar rêtait. J’ai supposé que mon double était rentré à ce moment-là... « Veuillez agréer, etc... » 11 y a d’importantes remarques à faire au sujet de cette apparition. D’abord les sujets mis en somnambulisme et ques tionnés indépendamment l’un de l’autre, après avoir
2LE FANTÔME DES VIVANTS 103 été questionnés s’ils ont souvenir du dédoublement, déclarent avoir également eu, au début de la séance, le pressentiment qu’il allait se passer quelque chose d’anormal. Ils ont ensuite vu la colonne vaporeuse flotter pendant un temps dont ni l’un ni l’autre n’a pu apprécier la durée ; puis, tout à coup, à son lieu et place, ils ont vu, avec tous ses moindres détails, apparaître le fantôme, comme s'il avait passé à tra vers la fenêtre, sans éprouver le moindre obstacle. Ils l’ont vu debout devant le fauteuil disposé pour lui, puis, ils l’ont vu s’y asseoir très tranquillement et nous regarder. Ensuite, ils l’ont vu tous les deux s’avancer au fond du cabinet, en se dirigeant vers Mme Lambert, mais il fut arrêté par des volontés qui s’y sont opposées. En y allant, il a passé près de Léontine et a frôlé sa robe. Ce frôlement l’a assez impressionnée pour qu’elle tombât de suite en con tracture. Enfin, les deux sujets ont vu de la même manière le fantôme se retirer vers la porte, nous re garder encore et disparaître instantanément. Mme Lambert, qui avait vu M. Rousseau à une séance pré cédente, a parfaitement reconnu son fantôme. Léon tine ne l’avait jamais vu. — De quelle nature pouvait bien être cette co lonne flottante qui a précédé l’apparition du fan tôme ? . Si on se reporte à la théorie "des théosophes, on trouve une explication hypothétique, mais rationnelle de ce phénomène, qui consisterait en ceci : Ayant d’envoyer son fantôme, M. Rousseau a certainement pensé sérieusement à se mettre dans les conditions
3104 l'initiation voulues pour réussir l'expérience; et ce serait si pensée, considérée comme force mentale, revêtue de matière astrale, qui aurait pris, non pas sa ressem blance, car cette matière n'était pas assez condensée, mais une forme grossière qui, en se condensant au moment de l’apparition, aurait contribué à la forma tion de son fantôme. * — Puisque les deux sujets ont souvent vu leur fantôme, ils devraient être habitués à supporter, sans émotion, la vue d’un autre fantôme. Il est à remarquer ici que la frayeur s’est toujours emparée de Mme Lambert, lorsque, spontanément dédoublée, elle voyait flotter son fantôme au-dessus de son corps physique. Sans que cette émotion soit aussi intense chez Léontine, elle a toujours eu peur à la vue du sien. Si les sujets ont habituellement peur de leur propre fantôme, il n’est pas étonnant qu’ils aient encore plus peur à la vue de celui d’un étranger, surtout lorsque celui-ci se présente à eux dans des conditions aussi inattendues. IL — A ma séance du jeudi 5 mars suivant, je demandai à Léontine, en état de somnambulisme, s’il lui serait possible, étant naturellement endormie dans son lit, de nous envoyer son fantôme. Elle me répondit qu’elle n’en savait rien, mais que cela lui paraissait possible. Je lui demandai alors s’il lui serait possible de se coucher mardi prochain à 9 heures trois quarts, et de tenter l’expérience. Elle me répondit qu’elle n’y voyait pas d’inconvénient; d’ailleurs, qu’elle prendrait ses dispositions pour
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1102 l’initiation n'a pas observé, à la séance, toutes les conditions en tendues à l’avance, puisqu’il ne devait pas s’avancer vers le sujet. Le soir même, en présence des témoins, j’écrivis quelques mots à M. Rousseau, en le priant de vou loir bien me donner ses impressions. Je lui disais que les sujets croyaient l'avoir vu, sans lui donner aucun détail de cette vision. 11 me répondit ce qui suit : Versailles, le 5 mars 1907. « Mon cher Monsieur, « Je m’empresse de répondre à votre lettre. Je vous dirai que je n'ai rien vu ni rien senti. J’ai fait comme je fais d’habitude, en voulant que mon dou ble aille vous trouver, qu’il se place dans le fauteuil que vous m’avez indiqué et qu’il fasse son possible pour éclairer l’écran. Il m’a semblé que mon double est parti à ce moment-là, mais je ne l’ai pas vu. Après un moment, je lui ai commandé d’aller vers le sujet, au fond de la pièce ; et, au besoin, de se mêler à son double, si possible. « J’ai tenu bon pendant un quart d’heure environ; et, tout d’un coup, sans éprouver la moindre lassi tude, j’ai senti en moi, comme si un mécanisme s’ar rêtait. J’ai supposé que mon double était rentré à ce moment-là... « Veuillez agréer, etc... » 11 y a d’importantes remarques à faire au sujet de cette apparition. D’abord les sujets mis en somnambulisme et ques tionnés indépendamment l’un de l’autre, après avoir
2LE FANTÔME DES VIVANTS 103 été questionnés s’ils ont souvenir du dédoublement, déclarent avoir également eu, au début de la séance, le pressentiment qu’il allait se passer quelque chose d’anormal. Ils ont ensuite vu la colonne vaporeuse flotter pendant un temps dont ni l’un ni l’autre n’a pu apprécier la durée ; puis, tout à coup, à son lieu et place, ils ont vu, avec tous ses moindres détails, apparaître le fantôme, comme s'il avait passé à tra vers la fenêtre, sans éprouver le moindre obstacle. Ils l’ont vu debout devant le fauteuil disposé pour lui, puis, ils l’ont vu s’y asseoir très tranquillement et nous regarder. Ensuite, ils l’ont vu tous les deux s’avancer au fond du cabinet, en se dirigeant vers Mme Lambert, mais il fut arrêté par des volontés qui s’y sont opposées. En y allant, il a passé près de Léontine et a frôlé sa robe. Ce frôlement l’a assez impressionnée pour qu’elle tombât de suite en con tracture. Enfin, les deux sujets ont vu de la même manière le fantôme se retirer vers la porte, nous re garder encore et disparaître instantanément. Mme Lambert, qui avait vu M. Rousseau à une séance pré cédente, a parfaitement reconnu son fantôme. Léon tine ne l’avait jamais vu. — De quelle nature pouvait bien être cette co lonne flottante qui a précédé l’apparition du fan tôme ? . Si on se reporte à la théorie "des théosophes, on trouve une explication hypothétique, mais rationnelle de ce phénomène, qui consisterait en ceci : Ayant d’envoyer son fantôme, M. Rousseau a certainement pensé sérieusement à se mettre dans les conditions
3104 l'initiation voulues pour réussir l'expérience; et ce serait si pensée, considérée comme force mentale, revêtue de matière astrale, qui aurait pris, non pas sa ressem blance, car cette matière n'était pas assez condensée, mais une forme grossière qui, en se condensant au moment de l’apparition, aurait contribué à la forma tion de son fantôme. * — Puisque les deux sujets ont souvent vu leur fantôme, ils devraient être habitués à supporter, sans émotion, la vue d’un autre fantôme. Il est à remarquer ici que la frayeur s’est toujours emparée de Mme Lambert, lorsque, spontanément dédoublée, elle voyait flotter son fantôme au-dessus de son corps physique. Sans que cette émotion soit aussi intense chez Léontine, elle a toujours eu peur à la vue du sien. Si les sujets ont habituellement peur de leur propre fantôme, il n’est pas étonnant qu’ils aient encore plus peur à la vue de celui d’un étranger, surtout lorsque celui-ci se présente à eux dans des conditions aussi inattendues. IL — A ma séance du jeudi 5 mars suivant, je demandai à Léontine, en état de somnambulisme, s’il lui serait possible, étant naturellement endormie dans son lit, de nous envoyer son fantôme. Elle me répondit qu’elle n’en savait rien, mais que cela lui paraissait possible. Je lui demandai alors s’il lui serait possible de se coucher mardi prochain à 9 heures trois quarts, et de tenter l’expérience. Elle me répondit qu’elle n’y voyait pas d’inconvénient; d’ailleurs, qu’elle prendrait ses dispositions pour
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