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1CONGRÈS SPIRITUALISTE DE I908 2û3 thousiasme et du désespoir de l'homme qui croit si facilemerit pouvoir tout. Mais auparavant, mesdames, messieurs, je croirais faillir à mon devoir si je n'évoquais aujourd'hui trois noms qui me sont chers, moi qui ne suis encore qu'étudiant en cette science à laquelle, par une intui tion étrange, viennent s'abreuver nos savants moder nes, avant chaque découverte ; trois êtres grands au tant que modestes. Deux ont disparu ; le troisième s'éteint peut-être à cette heure, presque dans la misère, bafoué, ridiculisé, mais dont les découvertes ont passé, faisant frémir ceux qui croient en l'avenir, et terrorisant d'autres. J'ai cité Louis Lucas, Albert Poisson, Tiffereau. Il ne m'appartient pas de faire leur apologie, je ne m'en sens pas capable. La lecture de leurs œuvres, la connaissance de leur vie, de ce qu'ils ont souffert, suffisent à qui veut réfléchir pour les juger. Je vous disais tout à l'heure que l'alchimie n'était pas morte. Qu'est-ce, en fait, que l'alchimie ? c'est la « chimie intégrale », tout chimiste consciencieux tom bera fatalement dans son domaine. Sur quoi se baset-elle ? La Synthèse ! Or, on sait quel bouleversement amena dans la Science M. Berthelot en établissant la synthèse. Et quelles précautions prit-il, mon Dieu, quels tâtonnements quand on considère les travaux de Paracelse, Flamel, Bacon, Lulle et tant d'autres. Becquerel et la lumière noire, Crookes et les rayons X, Curie et le radium, Moissan le diamant, Frémy le rubis n'ont fait rien qu'alchimie, mais, comme M. Jourdain, hélas ! sans le savoir.
2204 l'initiation Et beaucoup de savants seraient très étonnés d'ap prendre que les alchimistes connaissaient le radium, employaient le raduim, à un état plus essencifié même, mais ils ne l'appelaient pas le radium, là est toute la différence ! Il me semble qu'avec les noms que je viens d'avoir l'honneur de vous citer, l'alchimie n'est point morte, bien qu'elle ait raccourci son nom, et c'est ce qu'il fal lait démontrer. Les matérialistes ont la prétention d'expliquer tout par la matière ; au delà : plus rien, le vague, le vide. Soit ! à une condition toutefois, c'est que ce vague, ce vide, soient encore de la matière et nous arrive rons à nous entendre. Ce qui est plus grave, c'est la façon dont ils ont in terprété l'axiome de Lavoisier : Rien ne se perd, rien ne se crée. L'alchimie a dévoyé là. Basée sur les corps simples (on dit maintenant prétendus simples, et c'est un pro grès) on nous apprend que du soufre et du mercure cela fait du sulfure de mercure, et que pour faire du sulfure de mercure, il faut du mercure et du soufre. Répondons par les faits : Sur une plaque de verre propre, étendons de la pou dre de verre, arrosons-la d'eau distillée, par consé quent pure, et semons-y quelques graines germant fa cilement. Si nous avons eu soin de peser notre graine, et que nous pesions notre récolte, nous remarquons, et c'était
3CONGRÈS SPIRITUALITE DE 1 908 205 à prévoir, que cette récolte est de beaucoup supérieure en poids à la graine semée (dans cette remarque en fantine est contenue toute la vérité !);mais, allons plus loin : analysons notre graine et notre récolte ; nous remarquons dans cette dernière de la potasse, du sou fre, des oxydes de fer, de manganèse, en quantité de beaucoup supérieures aussi à celles trouvées dans la graine. Comment ces matières se sont-elles formées? est-ce aux dépens du verre ? Il n'a pas changé de poids, d'aspect ni de propriétés ; de l'air ? mais l'ai n'en contient pas et, d'ailleurs, il était facile de le fil trer ; de l'eau ? Même réponse. N'y aurait-il pas eu là une transmutation des élé ments oxygène, hydrogène, azote ? — Mystère ! Continuons d'expérimenter. Prenons une cloche tubulée à sa partie supérieure, fermons cette tubulure par un bouchon de verre que traversera une tige de cuivre munie à sa partie plon geant dans la cloche d'une boule garnie de pointes. Faisons le vide dans cette cloche après y avoir intro duit de la potasse pure. Remplaçons l'air par de l'oxy gène et mettons notre tige métallique en rapport avec une bonne machine statique. Dans l'obscurité, l'expérience est frappante. Nous voyons les effluves électriques pénétrer la potasse ce pendant que l'oxygène diminue de volume. Rajou tons de l'oxygène et chargeons, jusqu'à refus, notre potasse d'électricité. Analysons alors le produit formé. Étant donné que nous n'avons mis là que de la po tasse et de l'oxygène en présence, nous devons retrou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1CONGRÈS SPIRITUALISTE DE I908 2û3 thousiasme et du désespoir de l'homme qui croit si facilemerit pouvoir tout. Mais auparavant, mesdames, messieurs, je croirais faillir à mon devoir si je n'évoquais aujourd'hui trois noms qui me sont chers, moi qui ne suis encore qu'étudiant en cette science à laquelle, par une intui tion étrange, viennent s'abreuver nos savants moder nes, avant chaque découverte ; trois êtres grands au tant que modestes. Deux ont disparu ; le troisième s'éteint peut-être à cette heure, presque dans la misère, bafoué, ridiculisé, mais dont les découvertes ont passé, faisant frémir ceux qui croient en l'avenir, et terrorisant d'autres. J'ai cité Louis Lucas, Albert Poisson, Tiffereau. Il ne m'appartient pas de faire leur apologie, je ne m'en sens pas capable. La lecture de leurs œuvres, la connaissance de leur vie, de ce qu'ils ont souffert, suffisent à qui veut réfléchir pour les juger. Je vous disais tout à l'heure que l'alchimie n'était pas morte. Qu'est-ce, en fait, que l'alchimie ? c'est la « chimie intégrale », tout chimiste consciencieux tom bera fatalement dans son domaine. Sur quoi se baset-elle ? La Synthèse ! Or, on sait quel bouleversement amena dans la Science M. Berthelot en établissant la synthèse. Et quelles précautions prit-il, mon Dieu, quels tâtonnements quand on considère les travaux de Paracelse, Flamel, Bacon, Lulle et tant d'autres. Becquerel et la lumière noire, Crookes et les rayons X, Curie et le radium, Moissan le diamant, Frémy le rubis n'ont fait rien qu'alchimie, mais, comme M. Jourdain, hélas ! sans le savoir.
2204 l'initiation Et beaucoup de savants seraient très étonnés d'ap prendre que les alchimistes connaissaient le radium, employaient le raduim, à un état plus essencifié même, mais ils ne l'appelaient pas le radium, là est toute la différence ! Il me semble qu'avec les noms que je viens d'avoir l'honneur de vous citer, l'alchimie n'est point morte, bien qu'elle ait raccourci son nom, et c'est ce qu'il fal lait démontrer. Les matérialistes ont la prétention d'expliquer tout par la matière ; au delà : plus rien, le vague, le vide. Soit ! à une condition toutefois, c'est que ce vague, ce vide, soient encore de la matière et nous arrive rons à nous entendre. Ce qui est plus grave, c'est la façon dont ils ont in terprété l'axiome de Lavoisier : Rien ne se perd, rien ne se crée. L'alchimie a dévoyé là. Basée sur les corps simples (on dit maintenant prétendus simples, et c'est un pro grès) on nous apprend que du soufre et du mercure cela fait du sulfure de mercure, et que pour faire du sulfure de mercure, il faut du mercure et du soufre. Répondons par les faits : Sur une plaque de verre propre, étendons de la pou dre de verre, arrosons-la d'eau distillée, par consé quent pure, et semons-y quelques graines germant fa cilement. Si nous avons eu soin de peser notre graine, et que nous pesions notre récolte, nous remarquons, et c'était
3CONGRÈS SPIRITUALITE DE 1 908 205 à prévoir, que cette récolte est de beaucoup supérieure en poids à la graine semée (dans cette remarque en fantine est contenue toute la vérité !);mais, allons plus loin : analysons notre graine et notre récolte ; nous remarquons dans cette dernière de la potasse, du sou fre, des oxydes de fer, de manganèse, en quantité de beaucoup supérieures aussi à celles trouvées dans la graine. Comment ces matières se sont-elles formées? est-ce aux dépens du verre ? Il n'a pas changé de poids, d'aspect ni de propriétés ; de l'air ? mais l'ai n'en contient pas et, d'ailleurs, il était facile de le fil trer ; de l'eau ? Même réponse. N'y aurait-il pas eu là une transmutation des élé ments oxygène, hydrogène, azote ? — Mystère ! Continuons d'expérimenter. Prenons une cloche tubulée à sa partie supérieure, fermons cette tubulure par un bouchon de verre que traversera une tige de cuivre munie à sa partie plon geant dans la cloche d'une boule garnie de pointes. Faisons le vide dans cette cloche après y avoir intro duit de la potasse pure. Remplaçons l'air par de l'oxy gène et mettons notre tige métallique en rapport avec une bonne machine statique. Dans l'obscurité, l'expérience est frappante. Nous voyons les effluves électriques pénétrer la potasse ce pendant que l'oxygène diminue de volume. Rajou tons de l'oxygène et chargeons, jusqu'à refus, notre potasse d'électricité. Analysons alors le produit formé. Étant donné que nous n'avons mis là que de la po tasse et de l'oxygène en présence, nous devons retrou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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