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1LES ÉPREUVES ET LES NATIONS 10 1 point de vue personnel de l'homme, il s'ensuit une lutte de tous les instants entre l'immédiat et le futur, origine de bien des désespoirs et de beaucoup d'affollements. Il arrive un moment où l'homme ne comprend plus cette nécessité de l'angoisse évolutive et il mau dit ses guides, soit mentalement, en professant l'in crédulité ou l'athéisme, soit physiquement en détrui sant plus ou moins vite son corps physique. Tout esprit doit connaître les affres du désespoir. Toute intelligence est appelée à traverser les apparte ments glacés du doute et elle est alors près de crier la terrible phrase : Mon père pourquoi m'as tu aban donné ? Cette situation est souvent le partage de ceux qui se sont crus avancés dans la voie de la vie réelle. Ils ont vu leurs prières exaucées ; à leur demande, les malades ont guéri, les catastrophes de la vie maté rielle se sontéloignées des malheureux pour lesquels ils intercédaient. Tout à coup, tout s'arrête, le ciel semble se fermer et la voix ne trouve plus d'écho dans ses prières. C'est alors une épreuve qui commence et qui de vient fort dure à supporter si l'orgueil n'a point été arraché de l'âme humaine. Et il n'est jamais complè tement arraché ! Après ce jugement d'impuissance spirituelle, ar rive le jugement des ignorants, nos frères. Celui qui avait cru savoir quelque chose tombe de la hauteur où il était perché et la chute est d'autant plus sensi ble qu'il avait cru monter plus haut.
21 02 l'initiation On tourne en dérision ses actes, on calomnie ses intentions les plus pures et les pouvoirs sont confiés pour un temps aux pédants et aux orgueilleux. C'est alors que le désespoir entre en maître dans le cœur du ferme croyant d'hier, c'est alors que le cœur se fond à la chaleur des épreuves sanctifiantes, c'est alors même que le Seigneur est proche. Il faut s'hu milier pour passer par la porte des petits entants, il faut se souvenir des jugements qu'on a portés sur les autres quand on les accusait de ne pas suivre la bonne voie (on ne la connaissait pas davantage que la mau vaise) et il faut crier au Père l'appel des noyés et des angoissés dans le feu de l'Esprit, Dieu s'est fait homme afin que le désespoir humain puisse entrer jusqu'au fond du ciel pour demander assistance. Mais si l'on passe à travers la crise, si l'on prend une conscience nette de son ignorance, si l'on recon- , naît qu'on voulait commander à la maladie sans sa voir ce qu'elle est en son principe, qu'on voulait com mander aux forces de la nature sans avoir jamais pénétré leur appartement originel, alors on sort bap tisé, car on a connu la mitraille et l'on bénit le ciel une fois de plus. » « Or le peuple suit, en collectif, les mêmes lois que l'individu subit dans son unité. Pour le peuple comme pour l'individu il existe des épreuves purificatrices et des humiliations évolutives. Si un peuple doit durer peu et a accompli de vagues
3LES ÉPREUVES ET LES NATIONS Io3 prouesses, on le laisse devenir vaniteux et se croire le peuple le plus élevé de la terre, l'orgueil l'envahit et sa disparition brusque vient terminer la comédie. Ce fut le cas d'Atlantis et de bien d'autres nations, dont Carthage. Par contre, tout peuple appelé à de hautes destinées passe par de cruelles épreuves et chaque fois que le mortel orgueil l'envahit, il est ramené malgré lui à la juste compréhension des vérités éternelles. Le Visible n'étant rien et l'Invisible étant tout, une puissante nation, à laquelle le ciel veut donner une leçon utile, peut-être humiliée par une nation en ap parence plus faible.- Lorsque nous avons annoncé dans l'Initiation que la puissante Russie éprouverait deux échecs sur terre avant de voir luire pour elle l'aurore des victoires, tous les esprits bien informés se sont amusés à nos dépens. Cela semblait inconcevable. Or, un de ces échecs est arrivé, à l'heureoù nous écri vons (10 mai) et la victoire certainesemble reculer en arrière pour nos amis les Russes. Si, nous-mêmes, Français, nous avions dù faire une campagne au Siam lorsque ce petit peuple s'est vigou reusement préparé en silence, nous aurions pu aussi avoir dès le début de grands échecs à redouter. Nous n'avons pas à croire que nous eussions été mieux pré parés que les Russes. Il fallait montrer à la Russie la nécessité de réformer du tout au tout son administration maritime ainsi que son intendance militaire; le Japon a été l'instrument de cette démonstration.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LES ÉPREUVES ET LES NATIONS 10 1 point de vue personnel de l'homme, il s'ensuit une lutte de tous les instants entre l'immédiat et le futur, origine de bien des désespoirs et de beaucoup d'affollements. Il arrive un moment où l'homme ne comprend plus cette nécessité de l'angoisse évolutive et il mau dit ses guides, soit mentalement, en professant l'in crédulité ou l'athéisme, soit physiquement en détrui sant plus ou moins vite son corps physique. Tout esprit doit connaître les affres du désespoir. Toute intelligence est appelée à traverser les apparte ments glacés du doute et elle est alors près de crier la terrible phrase : Mon père pourquoi m'as tu aban donné ? Cette situation est souvent le partage de ceux qui se sont crus avancés dans la voie de la vie réelle. Ils ont vu leurs prières exaucées ; à leur demande, les malades ont guéri, les catastrophes de la vie maté rielle se sontéloignées des malheureux pour lesquels ils intercédaient. Tout à coup, tout s'arrête, le ciel semble se fermer et la voix ne trouve plus d'écho dans ses prières. C'est alors une épreuve qui commence et qui de vient fort dure à supporter si l'orgueil n'a point été arraché de l'âme humaine. Et il n'est jamais complè tement arraché ! Après ce jugement d'impuissance spirituelle, ar rive le jugement des ignorants, nos frères. Celui qui avait cru savoir quelque chose tombe de la hauteur où il était perché et la chute est d'autant plus sensi ble qu'il avait cru monter plus haut.
21 02 l'initiation On tourne en dérision ses actes, on calomnie ses intentions les plus pures et les pouvoirs sont confiés pour un temps aux pédants et aux orgueilleux. C'est alors que le désespoir entre en maître dans le cœur du ferme croyant d'hier, c'est alors que le cœur se fond à la chaleur des épreuves sanctifiantes, c'est alors même que le Seigneur est proche. Il faut s'hu milier pour passer par la porte des petits entants, il faut se souvenir des jugements qu'on a portés sur les autres quand on les accusait de ne pas suivre la bonne voie (on ne la connaissait pas davantage que la mau vaise) et il faut crier au Père l'appel des noyés et des angoissés dans le feu de l'Esprit, Dieu s'est fait homme afin que le désespoir humain puisse entrer jusqu'au fond du ciel pour demander assistance. Mais si l'on passe à travers la crise, si l'on prend une conscience nette de son ignorance, si l'on recon- , naît qu'on voulait commander à la maladie sans sa voir ce qu'elle est en son principe, qu'on voulait com mander aux forces de la nature sans avoir jamais pénétré leur appartement originel, alors on sort bap tisé, car on a connu la mitraille et l'on bénit le ciel une fois de plus. » « Or le peuple suit, en collectif, les mêmes lois que l'individu subit dans son unité. Pour le peuple comme pour l'individu il existe des épreuves purificatrices et des humiliations évolutives. Si un peuple doit durer peu et a accompli de vagues
3LES ÉPREUVES ET LES NATIONS Io3 prouesses, on le laisse devenir vaniteux et se croire le peuple le plus élevé de la terre, l'orgueil l'envahit et sa disparition brusque vient terminer la comédie. Ce fut le cas d'Atlantis et de bien d'autres nations, dont Carthage. Par contre, tout peuple appelé à de hautes destinées passe par de cruelles épreuves et chaque fois que le mortel orgueil l'envahit, il est ramené malgré lui à la juste compréhension des vérités éternelles. Le Visible n'étant rien et l'Invisible étant tout, une puissante nation, à laquelle le ciel veut donner une leçon utile, peut-être humiliée par une nation en ap parence plus faible.- Lorsque nous avons annoncé dans l'Initiation que la puissante Russie éprouverait deux échecs sur terre avant de voir luire pour elle l'aurore des victoires, tous les esprits bien informés se sont amusés à nos dépens. Cela semblait inconcevable. Or, un de ces échecs est arrivé, à l'heureoù nous écri vons (10 mai) et la victoire certainesemble reculer en arrière pour nos amis les Russes. Si, nous-mêmes, Français, nous avions dù faire une campagne au Siam lorsque ce petit peuple s'est vigou reusement préparé en silence, nous aurions pu aussi avoir dès le début de grands échecs à redouter. Nous n'avons pas à croire que nous eussions été mieux pré parés que les Russes. Il fallait montrer à la Russie la nécessité de réformer du tout au tout son administration maritime ainsi que son intendance militaire; le Japon a été l'instrument de cette démonstration.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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