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1I Clef symbolique des Saintes=Ecritures( 0 Messieurs et chers collègues, Le résultat le plus net de l'évolution théologique du dix neuvième siècle, dans les églises protestantes, me paraît être le rejet de l'inspiration des saintes Écri tures. M. H. Vuilleumier s'est expliqué là-dessus avec une noble franchise, il y a une dizaine d'an nées (2), et les aveux du professeur de l'Université ont été confirmés récemment, dans une de nos séances (3), par le secrétaire de la Commission des études de l'Église libre vaudoise. *. Il faut, a dit en substance M. Henri Chavannes, nier toute inspira tion spéciale, même restreinte, de nos livres sacrés. Il faut combattre le dogme de l'inspiration et renon cer à ce mot, qui est synonyme d'infaillibilité. » Après avoir entendu ce travail, M. Paul Chapuis s'est (1) M. le Pasteur Th. Byse a consacré à Swedenborg et :'i ses doctrines un important volume : Le Prophète du Nord, que nous engageons tous nos lecteurs à se procurer s'ils ne le possèdent déjà (il est en vente chez Fichsbacher). l.'étude suivante est une nouvelle contribution à l'Œuvre de Swe denborg. (N.D.L. D.) (2) Voir Théologie et Philosophie, 1 89 3, p. 408, et suiv. (3) Le 24 novembre 1902. Voir même Revue, iox)3 p. 34.
2io l'initiation félicité « d'avoir assisté à l'enterrement du dogme de l'inspiration ». Faut-il en croire absolument nos docteurs ? Leur verdict est-il sans appel ? Serait-ce un progrès de trai ter la Bible comme un recueil de livres ordinaires? Devons-nous renoncer à toute inspiration divine, en tendue dans un sens réel? Avec une théorie particu lière de l'inspiration, celle de Gaussen par exemple, faut-il condamner l'inspiration elle-même ? S'il en est ainsi, la situation me semble grave, pour les trois raisons suivantes : i° C'est une rupture avec la Réformation et toute la tradition protestante. Il serait injuste de déprécier aujourd'hui le principe formel des réformateurs au profit du principe matériel. Ces deux colonnes leur étaient nécessaires pour la construction du nouvel édifice, et certes sans leur foi en la Bible nos pères n'auraient pu secouer le joug du pape et des con ciles ; 2° Actuellement encore, les différentes Églises qui se rattachent à la Réforme, y compris l'anglicanisme, tiennent en générai l'Écriture pour inspirée. Cette croyance s'est conservée surtout dans les milieux les plus vivants, les plus zélés pour les missions, les plus riches en bonnes œuvres; et, si elle ne s'exprime pas par une formule satisfaisante, elle n'en est pas moins vivace, car elle repose sur l'expérience de la plupart de ceux qui ont été mis, dès leurs jeunes années, en contact avec la Bible. Certaines parties de celle-ci, notamment les Évangiles, les ont atteints dans leur conscience et touchés dans le centre de leur personna
3CLEF SYMBOLIQUE DES SAINTES ÉCRITURES I I lité comme aucun autre livre ne l'a fait. Des écrits qui produisent dans leur âme de pareils résultats doivent être inspirés ! Ils en ont la preuve intérieure, et cela leur suffit ; 3° Le christianisme positif, c'est-à-dire l'Église chrétienne dans toutes ses branches, a toujours reposé sur une Bible inspirée. On peut donc se demander avec inquiétude jusqu'à quel point la foi spécifique en Jésus-Christ pourrait se maintenir, lorsqu'on au rait cessé d'admettre la divine inspiration des Évan giles. L'historicité réelle de ces quatre livres une fois renversée, n'en arriverait-on pas logiquement à nier l'incarnation du Verbe, la parfaite sainteté du Christ, sa résurrection et son ascension, son retour par le Saint-Esprit, son unité avec Dieu le Père et son titre de Rédempteur, ou du moins à prendre toutes ces doctrines dans un sens vague et rationaliste, qui les priverait de leur vertu ? Cette perspective n'est que trop vraisemblable. Ainsi la critique sacrée, qui mérite souvent l'épithète de « négative », est loin d'avoir remporté la victoire sur toute la ligne. Le point de vue de la piété entre fréquemment en conflit avec le point de vue de la science. Le malaise est grand alors au sein des troupeaux. Quelquefois les pasteurs, loin de rassurer les laïques, sont les premiers à s'épouvanter. Cet antagonisme, que nous avons plus d'une fois constaté dans nos entretiens, constitue un des caractères et l'une des plus graves maladies du protestantisme contemporain. Il n'y a là, direz-vous peut-être, qu'un phénomène
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1I Clef symbolique des Saintes=Ecritures( 0 Messieurs et chers collègues, Le résultat le plus net de l'évolution théologique du dix neuvième siècle, dans les églises protestantes, me paraît être le rejet de l'inspiration des saintes Écri tures. M. H. Vuilleumier s'est expliqué là-dessus avec une noble franchise, il y a une dizaine d'an nées (2), et les aveux du professeur de l'Université ont été confirmés récemment, dans une de nos séances (3), par le secrétaire de la Commission des études de l'Église libre vaudoise. *. Il faut, a dit en substance M. Henri Chavannes, nier toute inspira tion spéciale, même restreinte, de nos livres sacrés. Il faut combattre le dogme de l'inspiration et renon cer à ce mot, qui est synonyme d'infaillibilité. » Après avoir entendu ce travail, M. Paul Chapuis s'est (1) M. le Pasteur Th. Byse a consacré à Swedenborg et :'i ses doctrines un important volume : Le Prophète du Nord, que nous engageons tous nos lecteurs à se procurer s'ils ne le possèdent déjà (il est en vente chez Fichsbacher). l.'étude suivante est une nouvelle contribution à l'Œuvre de Swe denborg. (N.D.L. D.) (2) Voir Théologie et Philosophie, 1 89 3, p. 408, et suiv. (3) Le 24 novembre 1902. Voir même Revue, iox)3 p. 34.
2io l'initiation félicité « d'avoir assisté à l'enterrement du dogme de l'inspiration ». Faut-il en croire absolument nos docteurs ? Leur verdict est-il sans appel ? Serait-ce un progrès de trai ter la Bible comme un recueil de livres ordinaires? Devons-nous renoncer à toute inspiration divine, en tendue dans un sens réel? Avec une théorie particu lière de l'inspiration, celle de Gaussen par exemple, faut-il condamner l'inspiration elle-même ? S'il en est ainsi, la situation me semble grave, pour les trois raisons suivantes : i° C'est une rupture avec la Réformation et toute la tradition protestante. Il serait injuste de déprécier aujourd'hui le principe formel des réformateurs au profit du principe matériel. Ces deux colonnes leur étaient nécessaires pour la construction du nouvel édifice, et certes sans leur foi en la Bible nos pères n'auraient pu secouer le joug du pape et des con ciles ; 2° Actuellement encore, les différentes Églises qui se rattachent à la Réforme, y compris l'anglicanisme, tiennent en générai l'Écriture pour inspirée. Cette croyance s'est conservée surtout dans les milieux les plus vivants, les plus zélés pour les missions, les plus riches en bonnes œuvres; et, si elle ne s'exprime pas par une formule satisfaisante, elle n'en est pas moins vivace, car elle repose sur l'expérience de la plupart de ceux qui ont été mis, dès leurs jeunes années, en contact avec la Bible. Certaines parties de celle-ci, notamment les Évangiles, les ont atteints dans leur conscience et touchés dans le centre de leur personna
3CLEF SYMBOLIQUE DES SAINTES ÉCRITURES I I lité comme aucun autre livre ne l'a fait. Des écrits qui produisent dans leur âme de pareils résultats doivent être inspirés ! Ils en ont la preuve intérieure, et cela leur suffit ; 3° Le christianisme positif, c'est-à-dire l'Église chrétienne dans toutes ses branches, a toujours reposé sur une Bible inspirée. On peut donc se demander avec inquiétude jusqu'à quel point la foi spécifique en Jésus-Christ pourrait se maintenir, lorsqu'on au rait cessé d'admettre la divine inspiration des Évan giles. L'historicité réelle de ces quatre livres une fois renversée, n'en arriverait-on pas logiquement à nier l'incarnation du Verbe, la parfaite sainteté du Christ, sa résurrection et son ascension, son retour par le Saint-Esprit, son unité avec Dieu le Père et son titre de Rédempteur, ou du moins à prendre toutes ces doctrines dans un sens vague et rationaliste, qui les priverait de leur vertu ? Cette perspective n'est que trop vraisemblable. Ainsi la critique sacrée, qui mérite souvent l'épithète de « négative », est loin d'avoir remporté la victoire sur toute la ligne. Le point de vue de la piété entre fréquemment en conflit avec le point de vue de la science. Le malaise est grand alors au sein des troupeaux. Quelquefois les pasteurs, loin de rassurer les laïques, sont les premiers à s'épouvanter. Cet antagonisme, que nous avons plus d'une fois constaté dans nos entretiens, constitue un des caractères et l'une des plus graves maladies du protestantisme contemporain. Il n'y a là, direz-vous peut-être, qu'un phénomène
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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