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1DANGERS DE LA CONFIANCE, ETC. l3 utilisé, et nous n'en soupçonnions pas l'existence. Comment la Vierge s'y était-elle introduite? Les déplacements devenaient de plus en plus fré quents. Ainsi.la statuette s'avisait de changer d'appar tement et le salon était son lieu de prédilection ; mais elle ne passait jamais une journée entière sans repa raître sur son piédestal. Les portes s'ouvraient ou se fermaient devant elle ' avec le même bruit qui suivait chaque évolution. Tout cela avec tant de rapidité qu'on était surpris plutôt qu'incommodé. Sous l'influence de ces phénomènes, le sommeil ordinaire de la somnambule devint plus lourd. On l'entendait, la nuit, parler tout haut. Elle s'éveillait difficilement et, après avoir secoué sa torpeur, elle ne pouvait encore ouvrir les yeux. — « Je les sens col lés », disait-elle. Mais, plaçant les doigts sur les pau pières, Mme V... faisait une prière, et la difficulté disparaissait aussitôt. Dans le sommeil ordinaire, la conversation n'avait rien de sérieux ;c'étaient le plus souvent des banalités, des plaisanteries, quelquefois même de mauvais goût, tandis que dans le sommeil provoqué on retrouvait constamment un esprit sérieux, professant les maxi mes les plus pures et donnant des avis empreints de la plus profonde charité. Je demandai à cet esprit mystérieux s'il était vrai qu'il fût le père de Madame, ainsi qu'il l'avait dé claré une première fois. Voici sa réponse, que je crois reproduire mot à mot :
214 l'initiai ION « Mon fils, je lis dans ta pensée (car tu ne peux me la cacher) que, n'ayant pas assez de foi pour reporter à Dieu le bonheur de la visite qup tu re;ois dans ta maison, tu en cherches l'explication dans je ne sais quelles suppositions absurdes. Ne crois pas au spiritisme, mon fils ! « Dieu, qui est essentiellement bon, ne saurait permettre qu'après avoir subi toutes les épreuves terrestres vos esprits fussent encore condamnes à assister à toutes les turpitudes, à toutes les souffran ces de ceux qui leur ont été chers. C'est un supplice que Dieu n'a pas voulu vous reserver. « Oui, un esprit existe; mais il est seul, unique, et cet esprit est le mien. C'est lui qui donne le souf fle, qui anime tout ; enfin, qui te fait agir, marcher ou t'arrêter lorsque tu crois que ta volonté est toute-puis sante. « Cet esprit, je le répète, est unique. C'est celui du Maître. » Disons que cette opinion est celle du P. Malebranche qui. prétend, lui aussi, que Dieu est l'auteur immé diat de l'accord que nous admirons entre l'âme et le corps. « Je le vois bien, tu doutes de mes paroles, ajouta l'esprit (car je te l'ai dit déjà tu ne peux me cacher ni les pensées, ni tes actions), » et te tu dis à toi-même : Quelle prétention de supposer que j'aie pu mériter semblable visite et que l'esprit divin est venu frapper à ma porte ! «Tu préfères donc, mon fils, douter de mes pa roles et t'éloigner ainsi de la vérité. Soit, mais ne l'ou
3DANGERS DE LA CONFIANCE, ETC. l5 blie pas, quelle que soit ton appréciation sur moi et le but de ma visite, reste persuadé que je ne puis être chez toi qu'en vertu d'une volonté suprême et que tous tes efforts pour me chasser et même mon désir de m'en aller avant l'accomplissement de ma mis sion seraient également inutiles. « Accueille-moi donc comme un bon père qui vient aider son fils à parcourir le chemin si pénible de la vie. « Je ne t'ai pas quitté depuis que tu es au monde. Nous avons traversé ensemble beaucoup d'ennuis, supporté beaucoup de chagrins; mais des temps meil leurs sont proches et je puis te révéler, mon enfant, que du moment où il m'est possible de te faire en tendre ma voix, cette bénédiction du maître va t'assurer désormais le repos du corps, de l'âme et de l'es prit. « Pour toi, plus de soucis : ton père te les évitera tous. Mais en échange du bien que j'ai mission de te faire, je te demande d'élever souvent tes pensées vers le Créateur et de le remercier de l'immense faveur qu'il t'a accordée. Car, sache-le bien, personne jus qu'à ce jour n'avait reçu dans sa maison semblable visite. « Je désire que tu assistes régulièrement aux offices et que tu fasses la communion. « Je veux aussi que tu donnes aux pauvres dont je t'indiquerai l'adresse et les besoins; mais comme je suis un protecteur, si je t'impose des charges, je te procurerai les moyens d'y pourvoir. » On peut juger déjà de l'influence que ces faits mys
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1DANGERS DE LA CONFIANCE, ETC. l3 utilisé, et nous n'en soupçonnions pas l'existence. Comment la Vierge s'y était-elle introduite? Les déplacements devenaient de plus en plus fré quents. Ainsi.la statuette s'avisait de changer d'appar tement et le salon était son lieu de prédilection ; mais elle ne passait jamais une journée entière sans repa raître sur son piédestal. Les portes s'ouvraient ou se fermaient devant elle ' avec le même bruit qui suivait chaque évolution. Tout cela avec tant de rapidité qu'on était surpris plutôt qu'incommodé. Sous l'influence de ces phénomènes, le sommeil ordinaire de la somnambule devint plus lourd. On l'entendait, la nuit, parler tout haut. Elle s'éveillait difficilement et, après avoir secoué sa torpeur, elle ne pouvait encore ouvrir les yeux. — « Je les sens col lés », disait-elle. Mais, plaçant les doigts sur les pau pières, Mme V... faisait une prière, et la difficulté disparaissait aussitôt. Dans le sommeil ordinaire, la conversation n'avait rien de sérieux ;c'étaient le plus souvent des banalités, des plaisanteries, quelquefois même de mauvais goût, tandis que dans le sommeil provoqué on retrouvait constamment un esprit sérieux, professant les maxi mes les plus pures et donnant des avis empreints de la plus profonde charité. Je demandai à cet esprit mystérieux s'il était vrai qu'il fût le père de Madame, ainsi qu'il l'avait dé claré une première fois. Voici sa réponse, que je crois reproduire mot à mot :
214 l'initiai ION « Mon fils, je lis dans ta pensée (car tu ne peux me la cacher) que, n'ayant pas assez de foi pour reporter à Dieu le bonheur de la visite qup tu re;ois dans ta maison, tu en cherches l'explication dans je ne sais quelles suppositions absurdes. Ne crois pas au spiritisme, mon fils ! « Dieu, qui est essentiellement bon, ne saurait permettre qu'après avoir subi toutes les épreuves terrestres vos esprits fussent encore condamnes à assister à toutes les turpitudes, à toutes les souffran ces de ceux qui leur ont été chers. C'est un supplice que Dieu n'a pas voulu vous reserver. « Oui, un esprit existe; mais il est seul, unique, et cet esprit est le mien. C'est lui qui donne le souf fle, qui anime tout ; enfin, qui te fait agir, marcher ou t'arrêter lorsque tu crois que ta volonté est toute-puis sante. « Cet esprit, je le répète, est unique. C'est celui du Maître. » Disons que cette opinion est celle du P. Malebranche qui. prétend, lui aussi, que Dieu est l'auteur immé diat de l'accord que nous admirons entre l'âme et le corps. « Je le vois bien, tu doutes de mes paroles, ajouta l'esprit (car je te l'ai dit déjà tu ne peux me cacher ni les pensées, ni tes actions), » et te tu dis à toi-même : Quelle prétention de supposer que j'aie pu mériter semblable visite et que l'esprit divin est venu frapper à ma porte ! «Tu préfères donc, mon fils, douter de mes pa roles et t'éloigner ainsi de la vérité. Soit, mais ne l'ou
3DANGERS DE LA CONFIANCE, ETC. l5 blie pas, quelle que soit ton appréciation sur moi et le but de ma visite, reste persuadé que je ne puis être chez toi qu'en vertu d'une volonté suprême et que tous tes efforts pour me chasser et même mon désir de m'en aller avant l'accomplissement de ma mis sion seraient également inutiles. « Accueille-moi donc comme un bon père qui vient aider son fils à parcourir le chemin si pénible de la vie. « Je ne t'ai pas quitté depuis que tu es au monde. Nous avons traversé ensemble beaucoup d'ennuis, supporté beaucoup de chagrins; mais des temps meil leurs sont proches et je puis te révéler, mon enfant, que du moment où il m'est possible de te faire en tendre ma voix, cette bénédiction du maître va t'assurer désormais le repos du corps, de l'âme et de l'es prit. « Pour toi, plus de soucis : ton père te les évitera tous. Mais en échange du bien que j'ai mission de te faire, je te demande d'élever souvent tes pensées vers le Créateur et de le remercier de l'immense faveur qu'il t'a accordée. Car, sache-le bien, personne jus qu'à ce jour n'avait reçu dans sa maison semblable visite. « Je désire que tu assistes régulièrement aux offices et que tu fasses la communion. « Je veux aussi que tu donnes aux pauvres dont je t'indiquerai l'adresse et les besoins; mais comme je suis un protecteur, si je t'impose des charges, je te procurerai les moyens d'y pourvoir. » On peut juger déjà de l'influence que ces faits mys
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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