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One moment.
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14 l'initiation Un instant, une préoccupation m'a dominé. J'hési tais, en présence de l'incrédulité qui repousse systé matiquement tout ce qui n'est ni chiffre, ni matière, à dévoiler des phénomènes que les de Mirville, les G. Lamotte, les Alex. Bellemare et tant d'autres ont déjà constatés ; mais le devoir de préserver mes enfants des épreuves que j'ai subies l'emporte, et je dirai la vérité sans crainte qu'eux du moins soupçonnent leur père d'avoir menti. UN MYSTÈRE Canius Junitu en mar chant au supplice dit â ses amis : ce Vous me deman dez si l'âme est immortelle, je vais le savoir et, si je le puis, je reviendrai vous le dire. » En écrivant ces lignes j'obéis à la pensée que le témoin de faits mystérieux doit, dans l'intérêt de l'humanité ou de la science, une narration scrupu leusement exacte de ce qu'il a vu. Et il la doit double ment lorsque ses révélations peuvent préserver l'inex périence des embûches d'un pouvoir occulte dont il serait aussi insensé de nier l'existence, que de douter de sa puissance à faire le mal ou le bien suivant sa volonté. J'accomplis donc ce que je crois un devoir. Cette conviction suffit pour braver l'esprit fort toujours disposé à nier ce qu'il ne peut expliquer. La crainte d'être accusé de rechercher des sympa thies, en racontant des faits dont je fus victime, pou vait aussi m'arrêter ; mais la perte de quelques biens
2DANGERS DE LA CONFIANTE, ETC. 5 ici-bas estamplementcompensée dans mon esprit, dans monâme, parla certitude d'une vie future qui résulta des faits dont le Maître a bien voulu merendre témoin. C'était en 1867. Attiré par les sons d'une trompette je traversais la place Saint- André pour m 'engager dans la rue sombre et étroite qui longeait alors la cathédrale, et où s'étalaient les vieilles défroques des marchandes à la toilette. Une foule nombreuse sta tionnait au coin de la rue des Phalanques, où le commissaire-priseur procédait à la vente d'un fonds de mouleur statuaire. J'allais passer outre, lorsque fut mise en vente une statuette dont les contours et la pose gracieuse fixèrent mon attention. Etait-ce une Vierge? Une « Mater dolorosa »? Je ne sais. Mais je vois encore ce beau visage tout em preint de douleur, les yeux levés vers le ciel, laissant échapper deux grosses larmes, qui semblaient me supplier d'arrêter la profanation. La tête, légèrement inclinée et recouverte d'un voile délicieusement drapé, révélait un objet d'art. Je l'achetai, cédant au désir de posséder un travail artistique, et non pour satisfaire un sentiment reli gieux qui, je l'avoue, n'existait pas. J'achetai aussi une console pour supporter la sta tuette, et quelques instants après le tout était installé dans ma chambre, rue du Palais-Gallien, 147. Mme Vergniat était en Périgord. A son retour elle fut surprise de voir dans l'endroit le plus apparent de ma chambre un sujet religieux dont j'avais fait moi-même l'acquisition.
3Sa surprise était légitime, car des idées bien arrêtées laissaient peu de place dans mon esprit aux préoccu pations religieuses. Rien d'étrange ne se produisit dans cette maison, bien que nous l'ayons habitée longtemps après l'achat de la statuette ; seulement j'éprouvais un plaisir si grand à admirer ma Vierge, que je me suis souvent demandé si cette attraction, mal définie, n'était pas le prélude et en quelque sorte une première influence des laits mystérieux qui devaient se produire. A ce moment nous quittâmes notre domicile de la rue du Palais-Gallien pour habiter une maison dont je venais de faire l'acquisition rue Malbec, 1 16. Cette maison, isolée au milieu d'un jardin, compre nait seulement deux chambres à coucher, un salon et un vestibule servant de salle à manger. Quelques détails sur l'ameublement et les disposi tions intérieures sont indispensables, pour la bonne intelligence de ce qui va suivre. Une table de nuit séparait mon lit de la cheminée. Au-dessus du meuble était un bénitier: au-dessus du bénitier, un tableau à l'huile représentant la Vierge ; enfin, près du plafond, la statuette sur son support. A gauche de la table de nuit, sur l'épaisseur formée par la cheminée, était une panoplie composée de sabres et d'épées. Notre installation terminée, Mme V... fit un nou veau voyage en Périgord. C'est pendant son absence que devait se produire la première manifestation, à laquelle, du reste, je n'attachai pas grande impor tance.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
14 l'initiation Un instant, une préoccupation m'a dominé. J'hési tais, en présence de l'incrédulité qui repousse systé matiquement tout ce qui n'est ni chiffre, ni matière, à dévoiler des phénomènes que les de Mirville, les G. Lamotte, les Alex. Bellemare et tant d'autres ont déjà constatés ; mais le devoir de préserver mes enfants des épreuves que j'ai subies l'emporte, et je dirai la vérité sans crainte qu'eux du moins soupçonnent leur père d'avoir menti. UN MYSTÈRE Canius Junitu en mar chant au supplice dit â ses amis : ce Vous me deman dez si l'âme est immortelle, je vais le savoir et, si je le puis, je reviendrai vous le dire. » En écrivant ces lignes j'obéis à la pensée que le témoin de faits mystérieux doit, dans l'intérêt de l'humanité ou de la science, une narration scrupu leusement exacte de ce qu'il a vu. Et il la doit double ment lorsque ses révélations peuvent préserver l'inex périence des embûches d'un pouvoir occulte dont il serait aussi insensé de nier l'existence, que de douter de sa puissance à faire le mal ou le bien suivant sa volonté. J'accomplis donc ce que je crois un devoir. Cette conviction suffit pour braver l'esprit fort toujours disposé à nier ce qu'il ne peut expliquer. La crainte d'être accusé de rechercher des sympa thies, en racontant des faits dont je fus victime, pou vait aussi m'arrêter ; mais la perte de quelques biens
2DANGERS DE LA CONFIANTE, ETC. 5 ici-bas estamplementcompensée dans mon esprit, dans monâme, parla certitude d'une vie future qui résulta des faits dont le Maître a bien voulu merendre témoin. C'était en 1867. Attiré par les sons d'une trompette je traversais la place Saint- André pour m 'engager dans la rue sombre et étroite qui longeait alors la cathédrale, et où s'étalaient les vieilles défroques des marchandes à la toilette. Une foule nombreuse sta tionnait au coin de la rue des Phalanques, où le commissaire-priseur procédait à la vente d'un fonds de mouleur statuaire. J'allais passer outre, lorsque fut mise en vente une statuette dont les contours et la pose gracieuse fixèrent mon attention. Etait-ce une Vierge? Une « Mater dolorosa »? Je ne sais. Mais je vois encore ce beau visage tout em preint de douleur, les yeux levés vers le ciel, laissant échapper deux grosses larmes, qui semblaient me supplier d'arrêter la profanation. La tête, légèrement inclinée et recouverte d'un voile délicieusement drapé, révélait un objet d'art. Je l'achetai, cédant au désir de posséder un travail artistique, et non pour satisfaire un sentiment reli gieux qui, je l'avoue, n'existait pas. J'achetai aussi une console pour supporter la sta tuette, et quelques instants après le tout était installé dans ma chambre, rue du Palais-Gallien, 147. Mme Vergniat était en Périgord. A son retour elle fut surprise de voir dans l'endroit le plus apparent de ma chambre un sujet religieux dont j'avais fait moi-même l'acquisition.
3Sa surprise était légitime, car des idées bien arrêtées laissaient peu de place dans mon esprit aux préoccu pations religieuses. Rien d'étrange ne se produisit dans cette maison, bien que nous l'ayons habitée longtemps après l'achat de la statuette ; seulement j'éprouvais un plaisir si grand à admirer ma Vierge, que je me suis souvent demandé si cette attraction, mal définie, n'était pas le prélude et en quelque sorte une première influence des laits mystérieux qui devaient se produire. A ce moment nous quittâmes notre domicile de la rue du Palais-Gallien pour habiter une maison dont je venais de faire l'acquisition rue Malbec, 1 16. Cette maison, isolée au milieu d'un jardin, compre nait seulement deux chambres à coucher, un salon et un vestibule servant de salle à manger. Quelques détails sur l'ameublement et les disposi tions intérieures sont indispensables, pour la bonne intelligence de ce qui va suivre. Une table de nuit séparait mon lit de la cheminée. Au-dessus du meuble était un bénitier: au-dessus du bénitier, un tableau à l'huile représentant la Vierge ; enfin, près du plafond, la statuette sur son support. A gauche de la table de nuit, sur l'épaisseur formée par la cheminée, était une panoplie composée de sabres et d'épées. Notre installation terminée, Mme V... fit un nou veau voyage en Périgord. C'est pendant son absence que devait se produire la première manifestation, à laquelle, du reste, je n'attachai pas grande impor tance.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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