Fetching
One moment.
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One moment.
1DANGERS DE LA CONFIANCE, ETC. 7 Voici dans quelles circonstances ce phénomène eut lieu. Je fus réveillé la nuit par un violent coup de mar teau. J'allumai promptement ma bougie ; la pendule marquait une heure. Cette visite n'avait rien de rassurant ; car, pour frapper à la porte de la maison, il fallait avant tout avoir franchi la grille qui en défendait les approches. J'attendis avant d'ouvrir qu'on frappât une seconde fois; mais ce fut inutilement. La nuit suivante, un coup aussi violent que celui de la veille vint encore me réveiller, et la pendule marquait également une heure. La bonne, couchée près desenfants, dans unechambre voisine, ayant entendu frapper, s'épouvantait. Je crus la rassurer en disant : Demain je chargerai mon fusil pour recevoir celui qui se plaît à nous donner des alertes. Je souligne ces mots que nous aurons l'occasion de voir rapportés plus tard d'une façon surprenante. Quelques mois après, et sans incidents nouveaux, notre bonne fut congédiée et remplacée par une grosse fille des Landes. La visite nocturne était donc oubliée depuis long temps, lorsque le 23 janvier 1868, Mme V... et sa bonne, occupées dans ma chambre, entendirent comme un frôlement courir sur les vitres et virent la statuette s'incliner par deux fois sur son piédestal, comme pour les saluer. Elles crurent d'abord à un tremblement de terre, et ce fut sur les tons les plus effarés qu'à mon arrivée le fait fut raconté.
28 l'initiation La statuette n'était plus dans son axe ; mais était-ce suffisant pour me convaincre? Non. Je riai du récit, persuadé que Mme V... et sa bonne étaient victimes d'une illusion. Cependant, le lendemain, à la même heure, c'est-àdire vers 1 1 heures du matin, les mêmes phénomènes s'étant produits, ainsi que les jours suivants, je résolus de rester chez moi pour constater de visu ce fait merveilleux. Je fus servi à souhait : la statuette a tourné ce jour-là tantôt à droite, tantôt à gauche, 12 à 14 fois. Parfois elle avançait et se mettait en équilibre sur le bord extrême du piédestal. L'évolution était si prompte et si inattendue que l'œil pouvait à peine la saisir. Je ne fus pas longtemps à constater que, pour exé cuter ces mouvements, le pouvoir mystérieux attendait le moment où l'attention, fatiguée, ne surveillait plus. Alors un coup sec, semblable à l'étincelle électrique qui se dégage, annonçait que l'évolution était accom plie. Le tableau placé au-dessous de la statuette perdait alors son aplomb ; la coquille du bénitier se renver sait, en même temps que les sabres et les épées s'agi taient comme autant de balanciers de pendules. J'avais remarqué que la présence de Mme V... et surtout de la bonne aidaient beaucoup à ces manifes tations ; et, même, que l'apparition de l'une ou de l'autre sur le seuil de l'appartement suffisait pour les provoquer. Je faisais des efforts pour dissimuler la préoccupa
3DANGERS DE LA CONFIANCE, ETC. 9 tion que me causaient ces phénomènes et j'affectais de n'y attacher aucune importance, afin de réagir mieux contre l'exaltation et la peur qui s'emparaient de l'esprit de Mme V..., de sa bonne et des deux ouvrières témoins constants de ce désordre. Mais au lieu de seconder mes efforts, la Vierge ne se contentait plus des évolutions sur place. Elle se laissait tomber sur l'édredon de mon lit et y restait enfouie jusqu'au moment où un coup sec avertissait qu'elle revenait sur son socle. Bientôt les coups devinrent plus fréquents et n'indi quèrent pas toujours des déplacements. On les enten dait sur les portes, dans les armoires, etc., voire même au milieu du jardin. C'est ainsi qu'un jour, entrant chez moi, un coup retentit, si formidable, que les voisins, se mettant aux fenêtres, dirent : « J'espère M. V... qu'on vous salue. » A ces faits, déjà extraordinaires, devaient en suc céder deplus étranges encore. L'horloger qui, chaque quinzaine, montait nos pendules (M. Ouvrard), s'étant jadis occupé de som nambulisme, crut reconnaître dans notre bonne un sujet accessible aux influences magnétiques et lui pro posa de l'endormir. Quelques minutes suffirent pour obtenir cet état de prostration et d'insensibilité qui caractérise le som meil magnétique. Si cette première fois les réponses de Marie furent inintelligibles, elle ne tarda pas après quelques séances à s'exprimer très clairement et même avec volubilité.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1DANGERS DE LA CONFIANCE, ETC. 7 Voici dans quelles circonstances ce phénomène eut lieu. Je fus réveillé la nuit par un violent coup de mar teau. J'allumai promptement ma bougie ; la pendule marquait une heure. Cette visite n'avait rien de rassurant ; car, pour frapper à la porte de la maison, il fallait avant tout avoir franchi la grille qui en défendait les approches. J'attendis avant d'ouvrir qu'on frappât une seconde fois; mais ce fut inutilement. La nuit suivante, un coup aussi violent que celui de la veille vint encore me réveiller, et la pendule marquait également une heure. La bonne, couchée près desenfants, dans unechambre voisine, ayant entendu frapper, s'épouvantait. Je crus la rassurer en disant : Demain je chargerai mon fusil pour recevoir celui qui se plaît à nous donner des alertes. Je souligne ces mots que nous aurons l'occasion de voir rapportés plus tard d'une façon surprenante. Quelques mois après, et sans incidents nouveaux, notre bonne fut congédiée et remplacée par une grosse fille des Landes. La visite nocturne était donc oubliée depuis long temps, lorsque le 23 janvier 1868, Mme V... et sa bonne, occupées dans ma chambre, entendirent comme un frôlement courir sur les vitres et virent la statuette s'incliner par deux fois sur son piédestal, comme pour les saluer. Elles crurent d'abord à un tremblement de terre, et ce fut sur les tons les plus effarés qu'à mon arrivée le fait fut raconté.
28 l'initiation La statuette n'était plus dans son axe ; mais était-ce suffisant pour me convaincre? Non. Je riai du récit, persuadé que Mme V... et sa bonne étaient victimes d'une illusion. Cependant, le lendemain, à la même heure, c'est-àdire vers 1 1 heures du matin, les mêmes phénomènes s'étant produits, ainsi que les jours suivants, je résolus de rester chez moi pour constater de visu ce fait merveilleux. Je fus servi à souhait : la statuette a tourné ce jour-là tantôt à droite, tantôt à gauche, 12 à 14 fois. Parfois elle avançait et se mettait en équilibre sur le bord extrême du piédestal. L'évolution était si prompte et si inattendue que l'œil pouvait à peine la saisir. Je ne fus pas longtemps à constater que, pour exé cuter ces mouvements, le pouvoir mystérieux attendait le moment où l'attention, fatiguée, ne surveillait plus. Alors un coup sec, semblable à l'étincelle électrique qui se dégage, annonçait que l'évolution était accom plie. Le tableau placé au-dessous de la statuette perdait alors son aplomb ; la coquille du bénitier se renver sait, en même temps que les sabres et les épées s'agi taient comme autant de balanciers de pendules. J'avais remarqué que la présence de Mme V... et surtout de la bonne aidaient beaucoup à ces manifes tations ; et, même, que l'apparition de l'une ou de l'autre sur le seuil de l'appartement suffisait pour les provoquer. Je faisais des efforts pour dissimuler la préoccupa
3DANGERS DE LA CONFIANCE, ETC. 9 tion que me causaient ces phénomènes et j'affectais de n'y attacher aucune importance, afin de réagir mieux contre l'exaltation et la peur qui s'emparaient de l'esprit de Mme V..., de sa bonne et des deux ouvrières témoins constants de ce désordre. Mais au lieu de seconder mes efforts, la Vierge ne se contentait plus des évolutions sur place. Elle se laissait tomber sur l'édredon de mon lit et y restait enfouie jusqu'au moment où un coup sec avertissait qu'elle revenait sur son socle. Bientôt les coups devinrent plus fréquents et n'indi quèrent pas toujours des déplacements. On les enten dait sur les portes, dans les armoires, etc., voire même au milieu du jardin. C'est ainsi qu'un jour, entrant chez moi, un coup retentit, si formidable, que les voisins, se mettant aux fenêtres, dirent : « J'espère M. V... qu'on vous salue. » A ces faits, déjà extraordinaires, devaient en suc céder deplus étranges encore. L'horloger qui, chaque quinzaine, montait nos pendules (M. Ouvrard), s'étant jadis occupé de som nambulisme, crut reconnaître dans notre bonne un sujet accessible aux influences magnétiques et lui pro posa de l'endormir. Quelques minutes suffirent pour obtenir cet état de prostration et d'insensibilité qui caractérise le som meil magnétique. Si cette première fois les réponses de Marie furent inintelligibles, elle ne tarda pas après quelques séances à s'exprimer très clairement et même avec volubilité.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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