Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1_,_Î..__.. ..î 1 06 IÎINITIATION accepta du Suisse, mais seulement en dépôt, þÿ l ' oû ` r e d'une somme en numéraire, dont sa philosophie, ou plutôt la foi évangélique, lui avait appris à pouvoir se passer. Tout en estimant la fermeté de Jean-Jacques, il trouvait peu séant dans la bouche d`un homme qui prèchait tant la bienfaisance d'en arrêter le libre cours en refusant les dons. Saint-Martin, de son côté, oíïrait généreusement au Suisse, dont la maison de Morat fut pillée lors de l`invasion française, plusieurs pièces d'argenterie qui lui restaient. Fidèle à ses devoirs publics comme à ceux de Pamitié, il acquittait alors personnellement son service dans la garde nationale. Il nous apprend qu`il mon» tait la sienne, en 1794, au Temple, où était détenu le þÿû l s de Louis XVI. On l'avait compris trois ans avant sur la liste des candidats pour le choix d`un gouverneur du Dauphin. En mai 1794, chargé de dresser l'état de la partie donnée à sa commune des livres provenant des dépôts nationaux, ce qui l'intéressa surtout, c`est qu'il y trouva des richesses spirituelles. dans une Vie de la þÿ s S u r Marguerite du Saint-Sacrement. Vers la þÿû n de la même année, quoique sa qualité de noble lui interdîtle séjour de Paris jusqu'à la paix, il fut désigné par le district d'Amboise comme un des élèves aux écoles normales, destinées à former des instituteurs pour propager Pinstruction. Après avoir, comme Socrate, consulté son génie, SaintMartin accepta cette mission, dans l`espérance,disaitil, qu`il pourrait, à l'aide de Dieu,_en présence de deux mille auditeurs animés de ce qu`il appelait le spiritus
2gp.-.:.. vt LOUIS-CLAUDE DE SAINT-MARTIN IO7 mundi,déployerutilementson caractère de spiritualité religieuse. et combattre avec succès le philosophisme matériel et anti-social. Requis de rentrer dans la capitale, il y vint en þÿ eû e t tout à propos pour défendre et développer la cause du sens moral contre le professeur de la doctrine du sens physique, ou de Panalyse de l`entendement humain. La pierre qu'il jeta, ce sont ses termes, au front de l`analyste philosophe, ne fut point perdue; et elle retentit encore dans les débats dont le souvenir nous est resté.(Correspondance inédite de Saint-Martin avec Kirchberger, I9 mars 1795.) Retourne paisiblement et avec honneur dans son département, il þÿû t partie, en 1795, des premières assembléesélectorales ; mais il ne fut membre d'aucun corps législatif. La paix entre la France et la Suisse rendit plus active avec Berne sa relation, qui lui servit d'intermédiaire pour une autre correspondance de prédilection à Strasbourg, suspendue par les circonstances. C'était aussi plus que jamais, entre les deux amis, un commerce d'explications pour l'un' sur le texte de Jacob þÿ B S h m et d'éclaircissements pour l'autre sur la doctrine de Saint-Martin. Les écrits de notre philosophe en avaient besoin, même ceux où il paraît plus clair, et où les traits de lumière qu'il fait jaillir laissent quelquefois désirer qu'il se montre plus à découvert. r i Au milieu d'une révolution au sujet de laquelle il disait dans son langage spiritualiste, que la France avait été visitée la première et très sévèrement parce qu`elle avait été la plus coupable, il osa émettre des principes bien þÿ d iû é r e n t s de ceux qui étaient alors
3ro8 i.`1NmA'rxoN professés, quoiqu'il donnât l'exemple de la soumission à l`ordre établi. Dans son Eclair surl'association humaine, entre autres, il montre la base lumineusede l`ordre social dans le régime théocratique, comme le seul vraiment légitime. Mais il n'avait nullement en vue de fonder une secte. Les écrits anonymes étaient toujours ceux du Philosophe inconnu: il les distribuait à quelques amis, et leur recommandait le secret. Ses motifs, en remontant à Dieu comme principe de l`autorité, étaient simplement de ramener les hommes, depuis la houlette jusqu'au sceptre, à cette unité de principe dont le pâtre et le prince devaient trouver la loi en eux-mêmes, sans avoir besoin de recourir à aucun livre, ni même aux siens. La vue intérieure et recueillie par laquellel'hornme cherche à opérer en lui la reconnaissance du principe même des réalités, vue bien supérieure à l'intuition purement rationnelle de Kant, est l'idée qui þÿû n i t par dominer dans les écrits de l'auteur, dans celui même dela forme la moins grave,sous laquelle il adérobé sa philosophie, lorsque le sujet pouvait prêter àla satire. Un ton de gaîté, qui lui échappe et qu'il se reproche, était plutôt dans son humeur que dans son tour d'esprit méditatif et dans son caractère porté àla bonhomie. Il avait lu également les Méditations de Descartes et les ouvrages de Rabelais. Il aimait d`autant plus à visiter les lieux où ils avaient pris naissance, que leur contrée était aussi la sienne. On explique ainsi comment sa gravité avait pu se dérider, en composant à la fois le Ministère de l'Homme-Esprit, ouvrage des plus sérieux comme des plus élevés, et le Crocodile,
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1_,_Î..__.. ..î 1 06 IÎINITIATION accepta du Suisse, mais seulement en dépôt, þÿ l ' oû ` r e d'une somme en numéraire, dont sa philosophie, ou plutôt la foi évangélique, lui avait appris à pouvoir se passer. Tout en estimant la fermeté de Jean-Jacques, il trouvait peu séant dans la bouche d`un homme qui prèchait tant la bienfaisance d'en arrêter le libre cours en refusant les dons. Saint-Martin, de son côté, oíïrait généreusement au Suisse, dont la maison de Morat fut pillée lors de l`invasion française, plusieurs pièces d'argenterie qui lui restaient. Fidèle à ses devoirs publics comme à ceux de Pamitié, il acquittait alors personnellement son service dans la garde nationale. Il nous apprend qu`il mon» tait la sienne, en 1794, au Temple, où était détenu le þÿû l s de Louis XVI. On l'avait compris trois ans avant sur la liste des candidats pour le choix d`un gouverneur du Dauphin. En mai 1794, chargé de dresser l'état de la partie donnée à sa commune des livres provenant des dépôts nationaux, ce qui l'intéressa surtout, c`est qu'il y trouva des richesses spirituelles. dans une Vie de la þÿ s S u r Marguerite du Saint-Sacrement. Vers la þÿû n de la même année, quoique sa qualité de noble lui interdîtle séjour de Paris jusqu'à la paix, il fut désigné par le district d'Amboise comme un des élèves aux écoles normales, destinées à former des instituteurs pour propager Pinstruction. Après avoir, comme Socrate, consulté son génie, SaintMartin accepta cette mission, dans l`espérance,disaitil, qu`il pourrait, à l'aide de Dieu,_en présence de deux mille auditeurs animés de ce qu`il appelait le spiritus
2gp.-.:.. vt LOUIS-CLAUDE DE SAINT-MARTIN IO7 mundi,déployerutilementson caractère de spiritualité religieuse. et combattre avec succès le philosophisme matériel et anti-social. Requis de rentrer dans la capitale, il y vint en þÿ eû e t tout à propos pour défendre et développer la cause du sens moral contre le professeur de la doctrine du sens physique, ou de Panalyse de l`entendement humain. La pierre qu'il jeta, ce sont ses termes, au front de l`analyste philosophe, ne fut point perdue; et elle retentit encore dans les débats dont le souvenir nous est resté.(Correspondance inédite de Saint-Martin avec Kirchberger, I9 mars 1795.) Retourne paisiblement et avec honneur dans son département, il þÿû t partie, en 1795, des premières assembléesélectorales ; mais il ne fut membre d'aucun corps législatif. La paix entre la France et la Suisse rendit plus active avec Berne sa relation, qui lui servit d'intermédiaire pour une autre correspondance de prédilection à Strasbourg, suspendue par les circonstances. C'était aussi plus que jamais, entre les deux amis, un commerce d'explications pour l'un' sur le texte de Jacob þÿ B S h m et d'éclaircissements pour l'autre sur la doctrine de Saint-Martin. Les écrits de notre philosophe en avaient besoin, même ceux où il paraît plus clair, et où les traits de lumière qu'il fait jaillir laissent quelquefois désirer qu'il se montre plus à découvert. r i Au milieu d'une révolution au sujet de laquelle il disait dans son langage spiritualiste, que la France avait été visitée la première et très sévèrement parce qu`elle avait été la plus coupable, il osa émettre des principes bien þÿ d iû é r e n t s de ceux qui étaient alors
3ro8 i.`1NmA'rxoN professés, quoiqu'il donnât l'exemple de la soumission à l`ordre établi. Dans son Eclair surl'association humaine, entre autres, il montre la base lumineusede l`ordre social dans le régime théocratique, comme le seul vraiment légitime. Mais il n'avait nullement en vue de fonder une secte. Les écrits anonymes étaient toujours ceux du Philosophe inconnu: il les distribuait à quelques amis, et leur recommandait le secret. Ses motifs, en remontant à Dieu comme principe de l`autorité, étaient simplement de ramener les hommes, depuis la houlette jusqu'au sceptre, à cette unité de principe dont le pâtre et le prince devaient trouver la loi en eux-mêmes, sans avoir besoin de recourir à aucun livre, ni même aux siens. La vue intérieure et recueillie par laquellel'hornme cherche à opérer en lui la reconnaissance du principe même des réalités, vue bien supérieure à l'intuition purement rationnelle de Kant, est l'idée qui þÿû n i t par dominer dans les écrits de l'auteur, dans celui même dela forme la moins grave,sous laquelle il adérobé sa philosophie, lorsque le sujet pouvait prêter àla satire. Un ton de gaîté, qui lui échappe et qu'il se reproche, était plutôt dans son humeur que dans son tour d'esprit méditatif et dans son caractère porté àla bonhomie. Il avait lu également les Méditations de Descartes et les ouvrages de Rabelais. Il aimait d`autant plus à visiter les lieux où ils avaient pris naissance, que leur contrée était aussi la sienne. On explique ainsi comment sa gravité avait pu se dérider, en composant à la fois le Ministère de l'Homme-Esprit, ouvrage des plus sérieux comme des plus élevés, et le Crocodile,
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.