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1Initié par des formules, des rites, des pratiques, à des opérations qu'on appelait théurgiques, et que dirigeait Martinez de Pasqual-is, chef de la secte dite des Martinézistes, il lui demandait souvent : « Maître, eh quoi ! faut-il donc tout cela pour connaître Dieu P þÿ : :Cette voie, qui était celle des manifestations sensibles, n'avait point séduit notre philosophe. Ce fut toutefois par là qu'il entra dans la voie du spiritualisme. La doctrine de cette école, dont les membres prenaient le titre hébreu de Cohen (Prêtres), et que Martinez présentait comme un enseignement public sûr et dont il avait reçu la tradition, se trouve exposée, d'une manière mystérieuse, dans les premiers ouvrages de Saint-Martin, et surtout dans son Tableau naíurel des rapports entre Dieu, Fhomme, etc. Après la mort de Martinez, l'école fut transférée à Lyon. C'est là que, muni des armes d'une doctrine opposée à celle des Encyclopédistes, qui ne menaçait que trop de se propager, Saint-Martin, destiné en quelque sorte à combattre l`athéisme philosophique, comme il devait un jour attaquer de front le matériaI LOUIS-CLAUDE DE SAINT-MARTIN IOI lisme révolutionnaire, publia son livre Des Erreurs et dela Vérité. En détruisant les doctrines erronées d`une prétendue philosophie de la nature et de l`histoire, il rappelle l'hommeà la Vérité fondée sur le principe même de la science et sur la nature de l"être intellec~ tuel; mais il n'emploie les traditions de l'Écriture qu'à l'appui des preuves, ou énigmatiquement, pour ne pas trop heurter les lecteurs imbus des théories sorties de l'atelier du baron d`l*lolbach. l Cette même école de Pasqualis, dont les opérations cessèrent en 1778, vint se fondre à Paris, dans la Société des G.
2P., ou dans celle des Philalèthes, professant en apparence la doctrine de Martinez et celle de Swedenborg, mais cherchant moins la vérité que le þÿ g r a n d - S u v r e . Saint~Martin fut invité, en 1784,àcette dernière réunion ; mais il refusa de participer aux opérations de ses membres, qu'il jugeait ne parler et n'agir qu'en purs francs-maçons, et non en véritables initiés (c`est-à-dire unis à leur Principe). Saint-Martin suivait volontiers les réunions où l"on s'occupait de bonne foi d'exercices qui annonçaient des vertus actives. Les manifestations d'un ordre intellectuel, obtenues par la voie sensible, lui décelaient, dans les séances de Martinez, une science des Esprits; les visions de Swedenborg, d'un ordre sentimental, une science des Ames. Quant aux phénomènes du magnétisme somnambulique, qu'il suivit à Lyon, il les regardait comme étant d'une ordre sensible inférieur; mais il y croyait. Dans une conférence qu°il eut avec Bailly, l'un des comm_issaires-rapporteurs, pour lui persuader l`existence d'un pouvoir maioz L'lNITIA'l`lON gnétique sans soupçon d'intelligence de la part des malades, il raconte qu'il cita des opérations faites sur des chevaux que l'on traitait alors par ce procédé. Baillylui répondit : « Que savez-vous si les chevaux ne pensent pas ? þÿ : :Amateur de tout ce qui pouvait lui faire reconnaître une vérité, surtout dans les sciences soumises à des principes exacts, l'étude des mathématiques dont Saint-Martin s'occupait pour y découvrir l'esprit qui pouvait recéler la connaissance des nombres, occasionna sa liaison avec Lalande; mais ils étaient trop antipathiques : elle dura peu. Quoiqu'il ne crût pas à son athéisme, il le voyait néanmoins placé de manière à s'enfoncer de plus en plus dans ce système.
3Notre philosophe s'estimait avoir plus de rapports avec J .-J. Rousseau, qu'il avait étudié. ll pensait, comme lui, que les hommes étaient naturellement bons; mais il entendait, par la nature, celle qu'ils avaient originellement perdue, et qu'ils pouvaient recouvrer par leur intention; car il les jugeait, dans le monde, plutôt entraînés par l'habitude vicieuse que par la méchanceté. A cet égard, il ressemblait peu à Rousseau, qu'il regardait comme misanthrope par excès de sensibilité et voyant les hommes non tels qu'ils étaient, mais tels qu'il voulait qu'ils fussent. Quant à lui, au contraire, il aima toujours les hommes, comme meilleurs au fond'qu'ils ne paraissaient être; et les charmes de la bonne sociétélui faisaientimaginer ce que pouvait valoir une réunion plus parfaite dans ses rapports intimes avec son Principe. Aussi ses occupations comme ses plaisirs furent toujours conformes à cette disposition. La musique --- .
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1Initié par des formules, des rites, des pratiques, à des opérations qu'on appelait théurgiques, et que dirigeait Martinez de Pasqual-is, chef de la secte dite des Martinézistes, il lui demandait souvent : « Maître, eh quoi ! faut-il donc tout cela pour connaître Dieu P þÿ : :Cette voie, qui était celle des manifestations sensibles, n'avait point séduit notre philosophe. Ce fut toutefois par là qu'il entra dans la voie du spiritualisme. La doctrine de cette école, dont les membres prenaient le titre hébreu de Cohen (Prêtres), et que Martinez présentait comme un enseignement public sûr et dont il avait reçu la tradition, se trouve exposée, d'une manière mystérieuse, dans les premiers ouvrages de Saint-Martin, et surtout dans son Tableau naíurel des rapports entre Dieu, Fhomme, etc. Après la mort de Martinez, l'école fut transférée à Lyon. C'est là que, muni des armes d'une doctrine opposée à celle des Encyclopédistes, qui ne menaçait que trop de se propager, Saint-Martin, destiné en quelque sorte à combattre l`athéisme philosophique, comme il devait un jour attaquer de front le matériaI LOUIS-CLAUDE DE SAINT-MARTIN IOI lisme révolutionnaire, publia son livre Des Erreurs et dela Vérité. En détruisant les doctrines erronées d`une prétendue philosophie de la nature et de l`histoire, il rappelle l'hommeà la Vérité fondée sur le principe même de la science et sur la nature de l"être intellec~ tuel; mais il n'emploie les traditions de l'Écriture qu'à l'appui des preuves, ou énigmatiquement, pour ne pas trop heurter les lecteurs imbus des théories sorties de l'atelier du baron d`l*lolbach. l Cette même école de Pasqualis, dont les opérations cessèrent en 1778, vint se fondre à Paris, dans la Société des G.
2P., ou dans celle des Philalèthes, professant en apparence la doctrine de Martinez et celle de Swedenborg, mais cherchant moins la vérité que le þÿ g r a n d - S u v r e . Saint~Martin fut invité, en 1784,àcette dernière réunion ; mais il refusa de participer aux opérations de ses membres, qu'il jugeait ne parler et n'agir qu'en purs francs-maçons, et non en véritables initiés (c`est-à-dire unis à leur Principe). Saint-Martin suivait volontiers les réunions où l"on s'occupait de bonne foi d'exercices qui annonçaient des vertus actives. Les manifestations d'un ordre intellectuel, obtenues par la voie sensible, lui décelaient, dans les séances de Martinez, une science des Esprits; les visions de Swedenborg, d'un ordre sentimental, une science des Ames. Quant aux phénomènes du magnétisme somnambulique, qu'il suivit à Lyon, il les regardait comme étant d'une ordre sensible inférieur; mais il y croyait. Dans une conférence qu°il eut avec Bailly, l'un des comm_issaires-rapporteurs, pour lui persuader l`existence d'un pouvoir maioz L'lNITIA'l`lON gnétique sans soupçon d'intelligence de la part des malades, il raconte qu'il cita des opérations faites sur des chevaux que l'on traitait alors par ce procédé. Baillylui répondit : « Que savez-vous si les chevaux ne pensent pas ? þÿ : :Amateur de tout ce qui pouvait lui faire reconnaître une vérité, surtout dans les sciences soumises à des principes exacts, l'étude des mathématiques dont Saint-Martin s'occupait pour y découvrir l'esprit qui pouvait recéler la connaissance des nombres, occasionna sa liaison avec Lalande; mais ils étaient trop antipathiques : elle dura peu. Quoiqu'il ne crût pas à son athéisme, il le voyait néanmoins placé de manière à s'enfoncer de plus en plus dans ce système.
3Notre philosophe s'estimait avoir plus de rapports avec J .-J. Rousseau, qu'il avait étudié. ll pensait, comme lui, que les hommes étaient naturellement bons; mais il entendait, par la nature, celle qu'ils avaient originellement perdue, et qu'ils pouvaient recouvrer par leur intention; car il les jugeait, dans le monde, plutôt entraînés par l'habitude vicieuse que par la méchanceté. A cet égard, il ressemblait peu à Rousseau, qu'il regardait comme misanthrope par excès de sensibilité et voyant les hommes non tels qu'ils étaient, mais tels qu'il voulait qu'ils fussent. Quant à lui, au contraire, il aima toujours les hommes, comme meilleurs au fond'qu'ils ne paraissaient être; et les charmes de la bonne sociétélui faisaientimaginer ce que pouvait valoir une réunion plus parfaite dans ses rapports intimes avec son Principe. Aussi ses occupations comme ses plaisirs furent toujours conformes à cette disposition. La musique --- .
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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