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1.._ ... = .. ._..._ ’PARTIE PHILOSOËÔUE ET SCIENTIFIIJIJE ' Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École sans aucune distisctton, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive .de ses 1 ces. Quelques mots à propos de la Montagne Pelée Les deux articles de notre distingué confrère Tidia neuq, sur la Martinique, m’ont suggéré quelques re— marques que je demande la permission d’exposer. J’ai vécu plusieurs années à la Martinique :j’en parle donc en connaissance de cause. Tout d’abord, la montagne Pelée n’a jamais été appelée mont Pelé. Cette dénomination inexacte pro— vient de la traduction du mount Pelé des journalistes américains qui télégraphiêrent les premiers la nou velle de la catastrophe du 8 mai 1902. Bien que les rares auteurs qui en aient parlé ne disent rien à ce sujet, il me semble hors de discusSion qu’elle doive tout simplement tirer son nom de son aspect même, dont le sommet n’était couvert que de broussailles et parfois même, aux abords des solfatares, entièrement dénudé, les pentes seules étant recouvertes de la mer— veilleuse végétation des tropiques (Garaud, Trois ans à la Martinique. Bib. nat. LkI2, 1451). Le pre mier auteur qui en parle, à ma connaissance, est le
2200 L'INITIATION P. du Tertre (Histoire générale des Antilles habitées par les Français, 3 vol. in-4°, Paris, 1667, Bib. nat. L12k12), qui la cite une seule fois incidemment (t. I, p. 502), et la mentionne sur sa carte avec le lac des Palmistes (p. 22). Il lui donne évidemment le nom sous lequel la baptisèrent les premiers colons et ne lui attribue, comme d'ailleurs à aucune autre localité des Antilles un nom indigène, bien que quel ques-uns aient survécu comme le Macouba, le Carbet, l’ajoupa Bouillon, le Matouba (Guadeloupe), le Ma bouya (Marie-Galante). Rochefort (Histoirenaz‘urefle des îles Antilles, Lyon, 1667, Bib. nat. Inventaire S, 33830) ne la cite même pas, tandis qu'il parle de la Soulphriêre de la Guadeloupe, par exemple, non plus que le P. Labat (Nouveau voyage aux isles de l’Amé— rique, 2 vol. in—4°, la Haye, 1724., Bib. mat. L12kl 3A). Or, les Français avaient débarqué pour la première fois, à la Martinique, le 25 iuin 1635, avec M. de I’Olive et d’Enambuc, capitaine du Roy sur les mers. Du Ponant, y fonda, un mois après, nos premiers établissements, sur l’emplacement de Saint-Pierre, au nom de la Compagnie générale des isles de l’Amé rique. Ils entrèrent aussitôt en relations avec les Caraïbes qui ne semblent pas leur avoir jamais parlé d’une façon particulière du plus haut sommet de l’île, sans doute inactif depuis longtemps, et auquel ils ne devaient prêter aucune attention spéciale. Depuis cette époque.jusqu’au 28 mai 1851, époque à laquelle la montagne rejeta quelques cendres, phénomène dont le docteur Rufz nous a laissé un intéressant compte rendu, la montagne Pelée était restée Com
3QUELQUES MOTS A PROPOS DE LA MONTAGNE PELÊE 20! plètement inactive, comme elle le resta de 1851 à 1902. D’ailleurs, le lac du Palmiste, sommet de l’an cien cratère éruptif, était un but de promenade domi— nicale très goûtée, et les Martiniquais d’aujourd’hui, pas plus que les Caraïbes d’autrefois, n’en avaient aucune appréhension. . Quant aux quimboz‘seurs, sorciers (oh ! si peul) ou guérisseurs, jamais ils ne se seraient risqués à menacer leurs fidèles d’une éruption ou même d’un tremble ment de terre, phénomène pourtant si fréquent. Le nègre le plus arriéré leur aurait ri au nez. Le P. Labat (op. cît., t. I, 1" partie, chap. xxr), parlant des sor— ciers caraïbes en 1694, ne mentionne point leurs prétentions à agir sur le volcan, non plus que Thi bault de Chanvalon (op. cit), qui leur consacre de longues pages. Pour ce qui est des superstitions d’origine caraïbe, on n’en retrouve aucune dans toutes les Antilles, alors que celles d’origine africaine sont aussi nom breuses que vivaces dans quelques îles (1). Quelques mots seulement ont survécu à la disparition dela race rouge jaux Antilles, et encore ne proviennent-ils pas (point important à noter) de la langue des femmes, c’est-à-dire des autochtones lgnéris, mais bien de celle des hommes, des Galibis ou Caraïbes, venus du continent, [qui anéàntirent les représentants mâles de cette race. Rochefort (op. cit.) nous a laissé un pré cieux lexique caraïbe, d’où je tire les mots suivants de (1)1e me‘ permets de renvoyer le lecteur à mes Notes sur le Vaudoux, publiées en 1895 dans l’Initx‘ation. .-- c. -
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1.._ ... = .. ._..._ ’PARTIE PHILOSOËÔUE ET SCIENTIFIIJIJE ' Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École sans aucune distisctton, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive .de ses 1 ces. Quelques mots à propos de la Montagne Pelée Les deux articles de notre distingué confrère Tidia neuq, sur la Martinique, m’ont suggéré quelques re— marques que je demande la permission d’exposer. J’ai vécu plusieurs années à la Martinique :j’en parle donc en connaissance de cause. Tout d’abord, la montagne Pelée n’a jamais été appelée mont Pelé. Cette dénomination inexacte pro— vient de la traduction du mount Pelé des journalistes américains qui télégraphiêrent les premiers la nou velle de la catastrophe du 8 mai 1902. Bien que les rares auteurs qui en aient parlé ne disent rien à ce sujet, il me semble hors de discusSion qu’elle doive tout simplement tirer son nom de son aspect même, dont le sommet n’était couvert que de broussailles et parfois même, aux abords des solfatares, entièrement dénudé, les pentes seules étant recouvertes de la mer— veilleuse végétation des tropiques (Garaud, Trois ans à la Martinique. Bib. nat. LkI2, 1451). Le pre mier auteur qui en parle, à ma connaissance, est le
2200 L'INITIATION P. du Tertre (Histoire générale des Antilles habitées par les Français, 3 vol. in-4°, Paris, 1667, Bib. nat. L12k12), qui la cite une seule fois incidemment (t. I, p. 502), et la mentionne sur sa carte avec le lac des Palmistes (p. 22). Il lui donne évidemment le nom sous lequel la baptisèrent les premiers colons et ne lui attribue, comme d'ailleurs à aucune autre localité des Antilles un nom indigène, bien que quel ques-uns aient survécu comme le Macouba, le Carbet, l’ajoupa Bouillon, le Matouba (Guadeloupe), le Ma bouya (Marie-Galante). Rochefort (Histoirenaz‘urefle des îles Antilles, Lyon, 1667, Bib. nat. Inventaire S, 33830) ne la cite même pas, tandis qu'il parle de la Soulphriêre de la Guadeloupe, par exemple, non plus que le P. Labat (Nouveau voyage aux isles de l’Amé— rique, 2 vol. in—4°, la Haye, 1724., Bib. mat. L12kl 3A). Or, les Français avaient débarqué pour la première fois, à la Martinique, le 25 iuin 1635, avec M. de I’Olive et d’Enambuc, capitaine du Roy sur les mers. Du Ponant, y fonda, un mois après, nos premiers établissements, sur l’emplacement de Saint-Pierre, au nom de la Compagnie générale des isles de l’Amé rique. Ils entrèrent aussitôt en relations avec les Caraïbes qui ne semblent pas leur avoir jamais parlé d’une façon particulière du plus haut sommet de l’île, sans doute inactif depuis longtemps, et auquel ils ne devaient prêter aucune attention spéciale. Depuis cette époque.jusqu’au 28 mai 1851, époque à laquelle la montagne rejeta quelques cendres, phénomène dont le docteur Rufz nous a laissé un intéressant compte rendu, la montagne Pelée était restée Com
3QUELQUES MOTS A PROPOS DE LA MONTAGNE PELÊE 20! plètement inactive, comme elle le resta de 1851 à 1902. D’ailleurs, le lac du Palmiste, sommet de l’an cien cratère éruptif, était un but de promenade domi— nicale très goûtée, et les Martiniquais d’aujourd’hui, pas plus que les Caraïbes d’autrefois, n’en avaient aucune appréhension. . Quant aux quimboz‘seurs, sorciers (oh ! si peul) ou guérisseurs, jamais ils ne se seraient risqués à menacer leurs fidèles d’une éruption ou même d’un tremble ment de terre, phénomène pourtant si fréquent. Le nègre le plus arriéré leur aurait ri au nez. Le P. Labat (op. cît., t. I, 1" partie, chap. xxr), parlant des sor— ciers caraïbes en 1694, ne mentionne point leurs prétentions à agir sur le volcan, non plus que Thi bault de Chanvalon (op. cit), qui leur consacre de longues pages. Pour ce qui est des superstitions d’origine caraïbe, on n’en retrouve aucune dans toutes les Antilles, alors que celles d’origine africaine sont aussi nom breuses que vivaces dans quelques îles (1). Quelques mots seulement ont survécu à la disparition dela race rouge jaux Antilles, et encore ne proviennent-ils pas (point important à noter) de la langue des femmes, c’est-à-dire des autochtones lgnéris, mais bien de celle des hommes, des Galibis ou Caraïbes, venus du continent, [qui anéàntirent les représentants mâles de cette race. Rochefort (op. cit.) nous a laissé un pré cieux lexique caraïbe, d’où je tire les mots suivants de (1)1e me‘ permets de renvoyer le lecteur à mes Notes sur le Vaudoux, publiées en 1895 dans l’Initx‘ation. .-- c. -
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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