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1V " .V637 QÜIÜLÊÊÉÊLOÆÆLäOÆÆÜE1sxx2 * PARTIE EXOTÉRIQUE Les mystères d’une feuille de papier UNE DÉCOUVERTE INTÉRESSANTE Nous sommes heureux de présenter à nos lecteurs une découverte très originale et que nous croyons appelée à soulever de nombreuses et importantes po lémiques. Voici ce dont il s’agit: M. le comte de Tromelin, 3:, rue du Théâtre— Françaz‘s, à Marseille, étudie depuis de longues années les figures et les dessins qu’on peut apercevoir avec un peu d’habitude en regardant une feuille quel conque de papier non glacé et non satiné de manière àvoir par tranparence les ombres et les blancs que présente la pâte à papier même dans les papiers les plus grossiers. . Le comte de Tromelin a, bien entendu, des théo ries personnelles et très curieuses pour expliquer ces faits ;, mais nous voulons rendre nos lecteurs juges 13
2194 l. INITIATION [SEPTEMBRE des faits et non des théories, et nous allons exposer, au moyen d’extraits de lettres de l‘auteur, ces faits étranges autant que nouveaux. « Cette découverte est tout à fait stupéfiante, et elle va empoigner un certain nombre de vos lecteurs, qui vont devenir des adeptes très fervents de ma nouvelle mè» Ihode. Ce que l‘on voit sortir du papier est tellement étonnant qu’on ne peut plus quitter cette occupation, lorsqu'on a trouvé la bonne méthode et qu’on commence à VOIR... Je suis convaincu, docteur, que, si vous vous y mettez, vous serez empoigné comme les autres l’ont été. Mais je recon nais que, pour faire de jolies choses, il faut (“me un,peu artiste. En effet il sort une foule de figures et de personnages, et c’est à vous de choisir ceux qui vous conviennent le mieux... Cette phrase soulignée a une grande importance, car elle indique la partpersonnelle de chacun. Il est certain que la même planche, traitée par deux per sonnes différentes, pourrait représenter des sujets abso— lument différents, selon leur état d’âme: voilà le côté psychologique de ces nouveaux phénomènes. En effet je vous adresse pour le prouver une grande planche qui n'a pas encore été traitée, et en quelques mi— nutes je vous calque, absolument au hasard, et sans mé— thode, lespremières figures que j’aperçois. Naturellement vous en verrez bien d’autres en regardant avec attention et assez longtemps. Vous devez comprendre qu’avec ma grande habitude je vois de suite ce qu’un non—initié ne voit pas. Mais j’avoue ne pas distinguer encore les sujets des planches à pre mière vue, car c‘est trop complexe et trop compliqué l Première méthode facile pour obtenir des dessins. a) Au début on regarde avec attention et on calque ce
3Igoz] LES MYSTÈRES D’UNE FEUILLE DE PAPIER 195 qui paraît le mieux marqué, le plus clair, le plus visible. Trop de jour ne vaut rien. On a vite choisi le jour qui convient en se tournant comme il faut, et, quand les dessins du papier deviennent assez sombres, on a le jour voulu. b) Si on veut simplement confirmer ma loi, on dessine ainsi au hasard. Mais, pour obtenir un sujet, on ne choisit que les têtes de même grosseur. — Car toutes les têtes se décomposent en plus petites, et ainsi de suite. c) Pour obtenir les détails, on se sert d’un gros crayon conté noir assez mou, appelé sauce, de ce diamètre. d) On ne le taille pas; au contraire, on lelaisse bienplat et c’est par cette surface plate, ce plan parfait, que l’on épouse les saillies du papier, les creux restant blancs. e) On peut avec ce crayon sans calquer, noircir le papier au hasard, en tournant ce crayon comme si on faisait la barbe au papier. Les figures sortent en masse; on 3 soin d’arrêter leurs contours, autrement tout resterait noir, et on ne verrait rien. f) Avec de la mie de pain, on enlève le trop de noir, et on accentue où il faut. On peut aussi prendre du conté à dessin carré n° 4.0u 5, ou un crayon mou. On se sert tantôt d’un crayon tantôt de l’autre. g) Quant on a noirci une surface avec la sauce, on se sert d‘un brunissoir en os ou en ivoire de la forme d’un manche de brosse à dents (pointu). On frotte les lignes à accentuer, et, comme ce manche ne marque pas, il rectifie les faux traits. h) Bref, par cette méthode on arrive très vite à faire des dessins merveilleux. li) Au début, il faut un peu tricher, soit aider le dessin, parce qu‘on n’est pas assez fort ; mais, je le répète, seule ment au début des essais; car, au bout de très peu de temps, vous reconnaissez vous—même que le trait que vous cherchiez est tout tracé, et bien,mieux, bien plus pur que Vous ne le feriez vous-même en trichant. l) Pour les yeux, on frotte dessus en tournant; ils se
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1V " .V637 QÜIÜLÊÊÉÊLOÆÆLäOÆÆÜE1sxx2 * PARTIE EXOTÉRIQUE Les mystères d’une feuille de papier UNE DÉCOUVERTE INTÉRESSANTE Nous sommes heureux de présenter à nos lecteurs une découverte très originale et que nous croyons appelée à soulever de nombreuses et importantes po lémiques. Voici ce dont il s’agit: M. le comte de Tromelin, 3:, rue du Théâtre— Françaz‘s, à Marseille, étudie depuis de longues années les figures et les dessins qu’on peut apercevoir avec un peu d’habitude en regardant une feuille quel conque de papier non glacé et non satiné de manière àvoir par tranparence les ombres et les blancs que présente la pâte à papier même dans les papiers les plus grossiers. . Le comte de Tromelin a, bien entendu, des théo ries personnelles et très curieuses pour expliquer ces faits ;, mais nous voulons rendre nos lecteurs juges 13
2194 l. INITIATION [SEPTEMBRE des faits et non des théories, et nous allons exposer, au moyen d’extraits de lettres de l‘auteur, ces faits étranges autant que nouveaux. « Cette découverte est tout à fait stupéfiante, et elle va empoigner un certain nombre de vos lecteurs, qui vont devenir des adeptes très fervents de ma nouvelle mè» Ihode. Ce que l‘on voit sortir du papier est tellement étonnant qu’on ne peut plus quitter cette occupation, lorsqu'on a trouvé la bonne méthode et qu’on commence à VOIR... Je suis convaincu, docteur, que, si vous vous y mettez, vous serez empoigné comme les autres l’ont été. Mais je recon nais que, pour faire de jolies choses, il faut (“me un,peu artiste. En effet il sort une foule de figures et de personnages, et c’est à vous de choisir ceux qui vous conviennent le mieux... Cette phrase soulignée a une grande importance, car elle indique la partpersonnelle de chacun. Il est certain que la même planche, traitée par deux per sonnes différentes, pourrait représenter des sujets abso— lument différents, selon leur état d’âme: voilà le côté psychologique de ces nouveaux phénomènes. En effet je vous adresse pour le prouver une grande planche qui n'a pas encore été traitée, et en quelques mi— nutes je vous calque, absolument au hasard, et sans mé— thode, lespremières figures que j’aperçois. Naturellement vous en verrez bien d’autres en regardant avec attention et assez longtemps. Vous devez comprendre qu’avec ma grande habitude je vois de suite ce qu’un non—initié ne voit pas. Mais j’avoue ne pas distinguer encore les sujets des planches à pre mière vue, car c‘est trop complexe et trop compliqué l Première méthode facile pour obtenir des dessins. a) Au début on regarde avec attention et on calque ce
3Igoz] LES MYSTÈRES D’UNE FEUILLE DE PAPIER 195 qui paraît le mieux marqué, le plus clair, le plus visible. Trop de jour ne vaut rien. On a vite choisi le jour qui convient en se tournant comme il faut, et, quand les dessins du papier deviennent assez sombres, on a le jour voulu. b) Si on veut simplement confirmer ma loi, on dessine ainsi au hasard. Mais, pour obtenir un sujet, on ne choisit que les têtes de même grosseur. — Car toutes les têtes se décomposent en plus petites, et ainsi de suite. c) Pour obtenir les détails, on se sert d’un gros crayon conté noir assez mou, appelé sauce, de ce diamètre. d) On ne le taille pas; au contraire, on lelaisse bienplat et c’est par cette surface plate, ce plan parfait, que l’on épouse les saillies du papier, les creux restant blancs. e) On peut avec ce crayon sans calquer, noircir le papier au hasard, en tournant ce crayon comme si on faisait la barbe au papier. Les figures sortent en masse; on 3 soin d’arrêter leurs contours, autrement tout resterait noir, et on ne verrait rien. f) Avec de la mie de pain, on enlève le trop de noir, et on accentue où il faut. On peut aussi prendre du conté à dessin carré n° 4.0u 5, ou un crayon mou. On se sert tantôt d’un crayon tantôt de l’autre. g) Quant on a noirci une surface avec la sauce, on se sert d‘un brunissoir en os ou en ivoire de la forme d’un manche de brosse à dents (pointu). On frotte les lignes à accentuer, et, comme ce manche ne marque pas, il rectifie les faux traits. h) Bref, par cette méthode on arrive très vite à faire des dessins merveilleux. li) Au début, il faut un peu tricher, soit aider le dessin, parce qu‘on n’est pas assez fort ; mais, je le répète, seule ment au début des essais; car, au bout de très peu de temps, vous reconnaissez vous—même que le trait que vous cherchiez est tout tracé, et bien,mieux, bien plus pur que Vous ne le feriez vous-même en trichant. l) Pour les yeux, on frotte dessus en tournant; ils se
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