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1Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École. sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. Notes sur l’Islam La situation actuelle entre l’Orient et l'Occident peut être attristante et grave au premier coup d’œil, mais quiconque croit que la puissance d’Allah comprend et le bien et le mal, ne s’étonne pas et ne s’afflige pas. Tout est providentiel, et là où l’homme blasphème, profane et déchire, là, même, le Clément, le Miséri cordieux fait germer le bien. Les destinées s’accom plissent par delà des morts et des ruines selon d'obscures lois d’équilibre éternel et de relations mys térieuses. Cependant, au-dessus des orages et des cata clysmes, les vœux des croyants constituent une force cosmique. ' Admettons un instant que l’on puisse détruire toutes les copies de la Sublime Lecture et tuer tous les croyants jusqu’au dernier: l’lslam vivra quand même, car son pays n’est pas de ce monde. Dieu n’a pas besoin de nous, mais nous avons besoin de lui. Nous luttons par un devoir religieux. qui nous est imposé, et que nous accomplissons avec une joie humble. Toutefois nous aimons mieux que nos prières arrivent au trône du Très-Haut, plutôt que
2100 l.’lNlTIATION le succès dans ce monde. La religion des saintes for mules, l’alchimie de l’espoir et du repentir, la théolo gie de la grandeur de Dieu et de la misère del‘homme, la dévotion en profondeur, simplicité et sincérité, l’initiation par la volupté et l’ivresse spirituelles, par la sensation intérieure du céleste, ne peut pas dispa raitre. Je me suis demandé pourquoi les Européens ont si peu et si mal compris l’Islam. J’en ai'eu deux raisons, dont l’une est due à une politique occulte, et l’autre à la nature même de l’intellectualité occidentale. Après les croisades, il y eut une époque de relations amicales entre l’Orient et l‘Occident par les Templiers, qui, seuls, parmi les Européens de cette époque, pou vaient communiquer avec les musulmans. L’esprit oriental y pénétra, alors, pour la seconde fois, après la naissance de Jésus (que la paix divine soit sur lui 1) sous forme d’art et de poésie. Cette étincelle inquiéta les puissances ténébreuses. La mort des Templiers lucifères fut décidée. Mais le flambeau vacillant, ali— menté par la Sicile et l‘Espagne qui était à cette époque une terre bénie, ne cessa de briller, et la civilisation de la renaissance s’élabora aux rythmes arabes des troubadours. Les rapports avec l’Orient devenant plus rares, le mal triompha. L’esprit anti-oriental, clérical chez les Latins et luthérien chez les Germains, eut le dessus. Une horrible époque s’ensuivit qui prit fin par un événement à la fois extraordinaire et banal, la Révolution française. Depuis cette époque, l’équilibre politique repose sur une étrange trilogie composée du mage,’ de l’Orient et du peuple.
3NOTES SUR L’ISLAM I OI Maintenant, l‘esprit du mal cherche à troubler cet équilibre. L’esprit du bien veut le raflermir. Depuis la mort des Templiers, l’esprit du mal, représenté par les trafiquants du temple. et les adora teurs de l’argent, cherchent par tous les moyens à séparer l’Orient de l’Occident, dont l’union sera l’avè nement du royaume de Dieu. Le développement rapide des communications né cessitaiune tactique spéciale. L’Orient fut inondé de missionnaires, répandant la haine contre l’Europe, qui à son tour fut remplie de mensonges absurdes à propos des sociétés musulmanes et de l’Islam en géné ral. Voici pourquoi l’Occident qui, aveugle, désire, et l’Orient qui sait, mais _ne veut pas, sont prêts à s’égorger au lieu de s’entendre et de s’allier. La pensée latine, dirigée par des prêtres retombés dans le paganisme, n’a pas voulu comprendre l’Orient. La pensée germanique ne l‘a pas pu, étant trop dé bile. Le penseur germanique, semblable à certains ma lades, absorbe beaucoup et ne digère rien. Aryen pa‘r excellence, il ne pense qu’avec une partie infime de son être, qui n’appartient même pas aux régions supé rieures des facultés humaines. Protestant et vivisec teur, il sera toujours, à moins qu’il ne se convertisse à un sémitz‘sme quelconque, l'homme des soleils d’hi ver et des yeux aux regards froids. C’est le prêtre antimystique avec ses deux auxi liaires irresponsables, le missionnaire et le levantin, ainsi que le matérialisme germanique, qui empêchent l’union de l’Orient et de l’Occident.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École. sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. Notes sur l’Islam La situation actuelle entre l’Orient et l'Occident peut être attristante et grave au premier coup d’œil, mais quiconque croit que la puissance d’Allah comprend et le bien et le mal, ne s’étonne pas et ne s’afflige pas. Tout est providentiel, et là où l’homme blasphème, profane et déchire, là, même, le Clément, le Miséri cordieux fait germer le bien. Les destinées s’accom plissent par delà des morts et des ruines selon d'obscures lois d’équilibre éternel et de relations mys térieuses. Cependant, au-dessus des orages et des cata clysmes, les vœux des croyants constituent une force cosmique. ' Admettons un instant que l’on puisse détruire toutes les copies de la Sublime Lecture et tuer tous les croyants jusqu’au dernier: l’lslam vivra quand même, car son pays n’est pas de ce monde. Dieu n’a pas besoin de nous, mais nous avons besoin de lui. Nous luttons par un devoir religieux. qui nous est imposé, et que nous accomplissons avec une joie humble. Toutefois nous aimons mieux que nos prières arrivent au trône du Très-Haut, plutôt que
2100 l.’lNlTIATION le succès dans ce monde. La religion des saintes for mules, l’alchimie de l’espoir et du repentir, la théolo gie de la grandeur de Dieu et de la misère del‘homme, la dévotion en profondeur, simplicité et sincérité, l’initiation par la volupté et l’ivresse spirituelles, par la sensation intérieure du céleste, ne peut pas dispa raitre. Je me suis demandé pourquoi les Européens ont si peu et si mal compris l’Islam. J’en ai'eu deux raisons, dont l’une est due à une politique occulte, et l’autre à la nature même de l’intellectualité occidentale. Après les croisades, il y eut une époque de relations amicales entre l’Orient et l‘Occident par les Templiers, qui, seuls, parmi les Européens de cette époque, pou vaient communiquer avec les musulmans. L’esprit oriental y pénétra, alors, pour la seconde fois, après la naissance de Jésus (que la paix divine soit sur lui 1) sous forme d’art et de poésie. Cette étincelle inquiéta les puissances ténébreuses. La mort des Templiers lucifères fut décidée. Mais le flambeau vacillant, ali— menté par la Sicile et l‘Espagne qui était à cette époque une terre bénie, ne cessa de briller, et la civilisation de la renaissance s’élabora aux rythmes arabes des troubadours. Les rapports avec l’Orient devenant plus rares, le mal triompha. L’esprit anti-oriental, clérical chez les Latins et luthérien chez les Germains, eut le dessus. Une horrible époque s’ensuivit qui prit fin par un événement à la fois extraordinaire et banal, la Révolution française. Depuis cette époque, l’équilibre politique repose sur une étrange trilogie composée du mage,’ de l’Orient et du peuple.
3NOTES SUR L’ISLAM I OI Maintenant, l‘esprit du mal cherche à troubler cet équilibre. L’esprit du bien veut le raflermir. Depuis la mort des Templiers, l’esprit du mal, représenté par les trafiquants du temple. et les adora teurs de l’argent, cherchent par tous les moyens à séparer l’Orient de l’Occident, dont l’union sera l’avè nement du royaume de Dieu. Le développement rapide des communications né cessitaiune tactique spéciale. L’Orient fut inondé de missionnaires, répandant la haine contre l’Europe, qui à son tour fut remplie de mensonges absurdes à propos des sociétés musulmanes et de l’Islam en géné ral. Voici pourquoi l’Occident qui, aveugle, désire, et l’Orient qui sait, mais _ne veut pas, sont prêts à s’égorger au lieu de s’entendre et de s’allier. La pensée latine, dirigée par des prêtres retombés dans le paganisme, n’a pas voulu comprendre l’Orient. La pensée germanique ne l‘a pas pu, étant trop dé bile. Le penseur germanique, semblable à certains ma lades, absorbe beaucoup et ne digère rien. Aryen pa‘r excellence, il ne pense qu’avec une partie infime de son être, qui n’appartient même pas aux régions supé rieures des facultés humaines. Protestant et vivisec teur, il sera toujours, à moins qu’il ne se convertisse à un sémitz‘sme quelconque, l'homme des soleils d’hi ver et des yeux aux regards froids. C’est le prêtre antimystique avec ses deux auxi liaires irresponsables, le missionnaire et le levantin, ainsi que le matérialisme germanique, qui empêchent l’union de l’Orient et de l’Occident.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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