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1|o L’liwi mnrou Tout d’abord, qu’on remarque cette largeur de 1‘“,10. Il y a lieu de rechercher si les métiers à tisser, chez les Juifs, comportaient cette exacte dimension, et personne, que nous sachions, ne s’en est encore préoccupé. C’était cependant un point essentiel, et nous espérons que des recherches seront faites dans ce sens. Le suaire de Besançon avait, dit le chanoine Chiuso, 2m,60 sur r'”,3o. Celui de Compiègne, qui a égale ment disparu en 1793, avait 2'“,4o sur 1‘“,20. Celui de Caduin, au diocèse de Périgueux, mesure 2‘“,81 sur 1'“,x3, et n’a aucune image du Christ. On le voit, toutes ces étoffes diffèrent en largeur et sortent de métiers différents. Quant à la photographie tirée du saint suaire, par le chevalier Secondo Fia, avec l’intervention du baron Manno, il n’y a pas à douter un instant de son exac— titude et de la sincérité des opérateurs. Elle a été prise sous la lumière intense de deux puissants foyers électriques, et prise directement, et non par transparence, car le saint suaire est doublé d’une étoffe. Après l’incendie de 1532, à Chambéry, le linceul fut reprisé et doublé de toile. En 1694., la toile fut changée pour une étoffe noire, et, en 1868, comme la doublure était en mauvais état, la princesse Clotilde — c'est M. Vignon qui nous l’apprend —— se chargea elle-même de remplacer cette étoffe par une doublure en tal’fetas cramoisi. La photographie est donc directe, et cela vaut d’être noté, car, en transparence, des matières colorantes auraient une action particulière sur la photographie. )_.q_x
2LE SAINT SUAIRE DE TURIN II Nous avons dit que le corps du Christ apparaissait sur la toile du linceul, avec une teinte un peu foncée. S’il a été peint, il a donc été,peint en négatif, les par ties claires en foncé, les parties foncées en clair, ce qui est contraire à toutes les conceptions de l’art. En effet, la photographie a donné un cliché positif, à l’inverse de tous les clichés qui sont toujours le né— gatif de l’objet photographié, sauf dans de rares occa sions de pose prolongée. M. Vignon s’évertue à nous prouver que le cliché de M. Seconde Pia était un négatif correct, « puisque, dit-il, les traces de brûlures sont en blanc, et que les pièces d’étoile blanche sont en noir ». Si un cliché nous donne du blanc en noir et du noir en blanc, c’est bien ce que nous appelons un cliché négatif, mais comme le corps est en noir et en négatif sur l’original, il en résulte qu’il est en blanc et en positif sur le cliché, ce qui constitue un cliché positif. N’in— sistons pas sur cette querelle de mots, car c’est un positif tout en étant un négatif, et c’est un négatif‘tout en étant un positif. Nous n’en sortirions pas s’il fallait discuter de la sorte. . L’image est double sur le saint suaire, l’une anté— rieure, l’autre postérieure se rejoignant presque par la tête. La raison en est simple. Le linceul a été posé à terre; on y a déposé le corps et le drap a été replié surle corps, de la tête aux pieds. L’image s’étant im primée des deux côtés, il suffit de déplier le linceul pour avoir ces deux images juxtaposées par la tête. Ici, il.faut encore se demander si les Juifs enseve 1issaient de cette façon, ou avec un drap replié de
31 2 L’lNITIATION côté, ou par bandes de toiles enroulées en spirales autour du corps, avec bandelettes assujettissantes, car l’Évangile de saint Jean, —— et c’est 'celui sur lequel s’appuie M. Vignon, -— dit expressément que le Christ a été enseveli « selon la coutume des Juifs », ce qui explique les aromates. Et il dit aussi : Ligam runt illud. La photographie a donc donné un cliché positif pour le corps du Christ, puisque le linceul le montre en négatif. Il en est résulté que les épreuves ont res titué l’image originale, en négatif, et qu’il a fallu faire un second cliché sur le premier cliché, pour obtenir des épreuves en positif. Là sont apparus les traits un peu plus clairement. Nous avons vu les premières épreuves vendues à Turin: elles sont peu déchiffrables. On a fait des agrandissements et peu à peu on en est arrivéà la tète, grandeur naturelle, que nous avons vue, et où les yeux ouverts sont très distincts. Le Gaulois du Dimanche paru le jour de Pâques, en a donné une bonne réduc tion. Nous trouvons cependant quelques différences entre les diverses épreuves publiées. Dans les épreuves du livre de M. Vignon, les gouttes de sang apparaissent sur l’épreuve négative en taches noires très nettes, et les moustaches sont comme deux taches d’encre. Il est bien évident qu’en passant par tant d'appa— reils photographiques et de plaques de photogravure, la photographie originale de M. Secondo Pia a pu recevoir, sans qu’on le veuille, quelques éclaircisse ments ou obscurcissements de détail : les instruments ne sont jamais parfaits.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1|o L’liwi mnrou Tout d’abord, qu’on remarque cette largeur de 1‘“,10. Il y a lieu de rechercher si les métiers à tisser, chez les Juifs, comportaient cette exacte dimension, et personne, que nous sachions, ne s’en est encore préoccupé. C’était cependant un point essentiel, et nous espérons que des recherches seront faites dans ce sens. Le suaire de Besançon avait, dit le chanoine Chiuso, 2m,60 sur r'”,3o. Celui de Compiègne, qui a égale ment disparu en 1793, avait 2'“,4o sur 1‘“,20. Celui de Caduin, au diocèse de Périgueux, mesure 2‘“,81 sur 1'“,x3, et n’a aucune image du Christ. On le voit, toutes ces étoffes diffèrent en largeur et sortent de métiers différents. Quant à la photographie tirée du saint suaire, par le chevalier Secondo Fia, avec l’intervention du baron Manno, il n’y a pas à douter un instant de son exac— titude et de la sincérité des opérateurs. Elle a été prise sous la lumière intense de deux puissants foyers électriques, et prise directement, et non par transparence, car le saint suaire est doublé d’une étoffe. Après l’incendie de 1532, à Chambéry, le linceul fut reprisé et doublé de toile. En 1694., la toile fut changée pour une étoffe noire, et, en 1868, comme la doublure était en mauvais état, la princesse Clotilde — c'est M. Vignon qui nous l’apprend —— se chargea elle-même de remplacer cette étoffe par une doublure en tal’fetas cramoisi. La photographie est donc directe, et cela vaut d’être noté, car, en transparence, des matières colorantes auraient une action particulière sur la photographie. )_.q_x
2LE SAINT SUAIRE DE TURIN II Nous avons dit que le corps du Christ apparaissait sur la toile du linceul, avec une teinte un peu foncée. S’il a été peint, il a donc été,peint en négatif, les par ties claires en foncé, les parties foncées en clair, ce qui est contraire à toutes les conceptions de l’art. En effet, la photographie a donné un cliché positif, à l’inverse de tous les clichés qui sont toujours le né— gatif de l’objet photographié, sauf dans de rares occa sions de pose prolongée. M. Vignon s’évertue à nous prouver que le cliché de M. Seconde Pia était un négatif correct, « puisque, dit-il, les traces de brûlures sont en blanc, et que les pièces d’étoile blanche sont en noir ». Si un cliché nous donne du blanc en noir et du noir en blanc, c’est bien ce que nous appelons un cliché négatif, mais comme le corps est en noir et en négatif sur l’original, il en résulte qu’il est en blanc et en positif sur le cliché, ce qui constitue un cliché positif. N’in— sistons pas sur cette querelle de mots, car c’est un positif tout en étant un négatif, et c’est un négatif‘tout en étant un positif. Nous n’en sortirions pas s’il fallait discuter de la sorte. . L’image est double sur le saint suaire, l’une anté— rieure, l’autre postérieure se rejoignant presque par la tête. La raison en est simple. Le linceul a été posé à terre; on y a déposé le corps et le drap a été replié surle corps, de la tête aux pieds. L’image s’étant im primée des deux côtés, il suffit de déplier le linceul pour avoir ces deux images juxtaposées par la tête. Ici, il.faut encore se demander si les Juifs enseve 1issaient de cette façon, ou avec un drap replié de
31 2 L’lNITIATION côté, ou par bandes de toiles enroulées en spirales autour du corps, avec bandelettes assujettissantes, car l’Évangile de saint Jean, —— et c’est 'celui sur lequel s’appuie M. Vignon, -— dit expressément que le Christ a été enseveli « selon la coutume des Juifs », ce qui explique les aromates. Et il dit aussi : Ligam runt illud. La photographie a donc donné un cliché positif pour le corps du Christ, puisque le linceul le montre en négatif. Il en est résulté que les épreuves ont res titué l’image originale, en négatif, et qu’il a fallu faire un second cliché sur le premier cliché, pour obtenir des épreuves en positif. Là sont apparus les traits un peu plus clairement. Nous avons vu les premières épreuves vendues à Turin: elles sont peu déchiffrables. On a fait des agrandissements et peu à peu on en est arrivéà la tète, grandeur naturelle, que nous avons vue, et où les yeux ouverts sont très distincts. Le Gaulois du Dimanche paru le jour de Pâques, en a donné une bonne réduc tion. Nous trouvons cependant quelques différences entre les diverses épreuves publiées. Dans les épreuves du livre de M. Vignon, les gouttes de sang apparaissent sur l’épreuve négative en taches noires très nettes, et les moustaches sont comme deux taches d’encre. Il est bien évident qu’en passant par tant d'appa— reils photographiques et de plaques de photogravure, la photographie originale de M. Secondo Pia a pu recevoir, sans qu’on le veuille, quelques éclaircisse ments ou obscurcissements de détail : les instruments ne sont jamais parfaits.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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