Fetching
One moment.
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1102 L INITIATION Monsieur, je vais vous donner une autre chambre, vous ne pouvez rester ici. » « Le garçon prit mes bagages, et nous quittâmes la chambre dans le mur de laquelle nous trouvâmes la balle du coup de revolver que j'avais tiré. « J'étais trop surexcité pour pouvoir dormir, et nous nous rendîmes de nouveau à la salle à manger du rez-de-chaussée, qui se trouvait vide parce qu'il était près de minuit. Sur ma demande l'aubergiste fit pré parer un punch, et, comme nous étions assis en face l'un de l'autre, M. Low me raconta ce qui suit : « Voyez-vous, Monsieur, cette chambre qui vous a été désignée sur mon ordre formel est dans une situation tout à fait particulière. Depuis le moment où j'ai loué cet hôtel, personne encore ne l'a occupée sans en sortir avec effroi. Le dernier individu qui y a couché avant vous était un touriste du Hartz. Nous le trouvâmes le matin sur le parquet de la chambre, frappé d'une attaque d'apoplexie. Depuis cetteépoque, il y a bien deux ans passées, je gardais close cette porte fatale. Lorsque vous arrivâtes hier soir, je crus que vous étiez un homme droit, au caractère décidé, bien connu de moi, capable de réduire à néant les apparitions de cette chambre, mais ce qui vous est arrivé est suffisant pour m'imposer le devoir de fer mer à jamais cet appartement. » Nous considérerons ces faits comme réels et objec tifs, notre but n'étant pas de rechercher s'ils sont possibles, mais pourquoi ils ont lieu. En examinant les circonstances de ce récit nous remarquerons tout d'abord que la scène de hantise
2UN FAIT OCCULTE Iû3 n'est pas personnelle au conteur, puisque d'autres voyageurs en avaient été témoins. En second lieu, nous remarquons que la scène se passe par un temps de lune très clair. Enfin, son caractère général montre que nous sommes en présence d'un phéno mène assez rare : la répétition d'un acte comme rite de punition. En effet, lorsqu'un homme, après avoir commis un crime, meurt, la victime comme le meur trier ont accompli une expérience sur laquelle ils n'ont plus à revenir ultérieurement. Que la victime pardonne ou ne pardonne pas, cela n'a rien à voir avec des phénomènes fantomatiques, à moins que le coupable ne sollicite dans l'Invisible une rémission que la victime lui refuse. Mais si, par un concours spécial de circonstances, le meurtrier rate son coup et est tué avant d'avoir tué, si ce n'est pas un bravo, si son acte lui est dicté par ses passions personnelles, le cliché qu'il devait réaliser sur le plan matériel, n'ayant pas été réalisé, demande à s'incarner, si l'on peut dire ; et il se répé tera avec la matière dont il peut disposer, jusqu'à ce que les circonstances mettent une seconde fois en présence la victime et le meurtrier. En effet, les évé nements sont des êtres vivants et intelligents ; un certain nombre d'entr'eux sont appelés à connaître la vie physique par le moyen de l'homme, qui les réalise; qu'ils soient bons ou mauvais, ils ont droit à cette incarnation ; et ils l'obtiennent tôt ou tard, avec un degré de matérialité plus ou moins dense : toutefois, si l'assassin en question voit diminuer sa haine avec le temps, si, au bout de quelques siècles,
3104 l'initiation son cœur ne ressent plus que de l'indifférence pour celui qui était son ennemi juré, le cliché ne trouve plus en lui un instrument propre à son incarnation ; il le quitte et va en chercher un autre. Il ne reste plus alors, pour le Ciel, qu'à liquider dans un juge ment invisible les responsabilités de la victime et celles du meurtrier. Tout ceci est une application de la grande loi qui tend à réaliser dans l'Au-delà ce que l'homme a eu pour idéal ici bas; le principe de la conservation de l'énergie s'étend à tous les domaines de l'énergie, et de même que le soldat qui meurt en combattant, continue à combattre par l'esprit sans s'apercevoir qu'il est mort physiquement, de même le meurtrier qui meurt en assouvissant sa rage, continue à haïr de l'autre côté. SÉDIR. FEïCSSÉES O homme! combien tu gémiras un jour quand, avec les influences du désordre dont tu seras rempli, tu t'approcheras de la région de l'ordre ! (Homme de Désir, p. 19.) * Chaque jour, renouvele^ les mêmes demandes avec la même sincérité, et vous recevre^ les mêmes béné dictions. (Homme de Désir, p. 23.) Claude de Saint-Martin.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1102 L INITIATION Monsieur, je vais vous donner une autre chambre, vous ne pouvez rester ici. » « Le garçon prit mes bagages, et nous quittâmes la chambre dans le mur de laquelle nous trouvâmes la balle du coup de revolver que j'avais tiré. « J'étais trop surexcité pour pouvoir dormir, et nous nous rendîmes de nouveau à la salle à manger du rez-de-chaussée, qui se trouvait vide parce qu'il était près de minuit. Sur ma demande l'aubergiste fit pré parer un punch, et, comme nous étions assis en face l'un de l'autre, M. Low me raconta ce qui suit : « Voyez-vous, Monsieur, cette chambre qui vous a été désignée sur mon ordre formel est dans une situation tout à fait particulière. Depuis le moment où j'ai loué cet hôtel, personne encore ne l'a occupée sans en sortir avec effroi. Le dernier individu qui y a couché avant vous était un touriste du Hartz. Nous le trouvâmes le matin sur le parquet de la chambre, frappé d'une attaque d'apoplexie. Depuis cetteépoque, il y a bien deux ans passées, je gardais close cette porte fatale. Lorsque vous arrivâtes hier soir, je crus que vous étiez un homme droit, au caractère décidé, bien connu de moi, capable de réduire à néant les apparitions de cette chambre, mais ce qui vous est arrivé est suffisant pour m'imposer le devoir de fer mer à jamais cet appartement. » Nous considérerons ces faits comme réels et objec tifs, notre but n'étant pas de rechercher s'ils sont possibles, mais pourquoi ils ont lieu. En examinant les circonstances de ce récit nous remarquerons tout d'abord que la scène de hantise
2UN FAIT OCCULTE Iû3 n'est pas personnelle au conteur, puisque d'autres voyageurs en avaient été témoins. En second lieu, nous remarquons que la scène se passe par un temps de lune très clair. Enfin, son caractère général montre que nous sommes en présence d'un phéno mène assez rare : la répétition d'un acte comme rite de punition. En effet, lorsqu'un homme, après avoir commis un crime, meurt, la victime comme le meur trier ont accompli une expérience sur laquelle ils n'ont plus à revenir ultérieurement. Que la victime pardonne ou ne pardonne pas, cela n'a rien à voir avec des phénomènes fantomatiques, à moins que le coupable ne sollicite dans l'Invisible une rémission que la victime lui refuse. Mais si, par un concours spécial de circonstances, le meurtrier rate son coup et est tué avant d'avoir tué, si ce n'est pas un bravo, si son acte lui est dicté par ses passions personnelles, le cliché qu'il devait réaliser sur le plan matériel, n'ayant pas été réalisé, demande à s'incarner, si l'on peut dire ; et il se répé tera avec la matière dont il peut disposer, jusqu'à ce que les circonstances mettent une seconde fois en présence la victime et le meurtrier. En effet, les évé nements sont des êtres vivants et intelligents ; un certain nombre d'entr'eux sont appelés à connaître la vie physique par le moyen de l'homme, qui les réalise; qu'ils soient bons ou mauvais, ils ont droit à cette incarnation ; et ils l'obtiennent tôt ou tard, avec un degré de matérialité plus ou moins dense : toutefois, si l'assassin en question voit diminuer sa haine avec le temps, si, au bout de quelques siècles,
3104 l'initiation son cœur ne ressent plus que de l'indifférence pour celui qui était son ennemi juré, le cliché ne trouve plus en lui un instrument propre à son incarnation ; il le quitte et va en chercher un autre. Il ne reste plus alors, pour le Ciel, qu'à liquider dans un juge ment invisible les responsabilités de la victime et celles du meurtrier. Tout ceci est une application de la grande loi qui tend à réaliser dans l'Au-delà ce que l'homme a eu pour idéal ici bas; le principe de la conservation de l'énergie s'étend à tous les domaines de l'énergie, et de même que le soldat qui meurt en combattant, continue à combattre par l'esprit sans s'apercevoir qu'il est mort physiquement, de même le meurtrier qui meurt en assouvissant sa rage, continue à haïr de l'autre côté. SÉDIR. FEïCSSÉES O homme! combien tu gémiras un jour quand, avec les influences du désordre dont tu seras rempli, tu t'approcheras de la région de l'ordre ! (Homme de Désir, p. 19.) * Chaque jour, renouvele^ les mêmes demandes avec la même sincérité, et vous recevre^ les mêmes béné dictions. (Homme de Désir, p. 23.) Claude de Saint-Martin.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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