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1UN FAIT OCCULTE (0 UNE CHAMBRE HANTEE Nous extrayons de la revue allemande Sphinx (année 1 89 i),qui malheureusement a cesséde paraître, le récit suivant, que nous résumons, sauf les incidents principaux traduits littéralement: Un soir d'automne i858, M. Frantr Potonick, in génieur en chef du Gouvernement autrichien à Lemberg, arrivait à Oswkym (Galicie, en allemand Usnnienpfin). Il descendait chez un hôtelier à lui connu, M. Lowe, dont l'établissement était installé dans un ancien couvent. Après un repas confortable, le voya geur fut conduit à sa chambre, située au premier étage, à l'extrémité d'un long corridor. Il était seul d'étranger à l'hôtel cette nuit-là. « Après avoir fermé la porte à clé et au verrou t. dit-il, je m'abandonnai au repos et éteignis la lumière. « Je pouvais peut-être être couché depuis une demi- (1) Nous donnerons autant que possible, dans chaque nu méro, un fait occulte commenté d'après Ut théories tradition* nettes de l'ésotérlsme. Sans commentaire ces faits n'ont pas tout l'intérêt qu'ils peuvent présenter avec les explications.
2ioo l'initiation [novembre heure, lorsque, par un clair de lune brillant qui éclai rait complètement ma chambre, j'aperçus d'une façon nette et précise la porte que j'avais précédemment fermée avec soin, et qui se trouvait juste en face de mon lit, s'ouvrir lentement et discrètement, et par celle-ci, un homme d'armes en tenue correcte qui, sans entrer à l'intérieur, regardait dans la chambre de manière à la fouiller. Je ne sais comment cela arriva, qu'étonné par cette visite étrange, je ne pus parler im médiatement et que l'homme se retira avant que je lui aie demandé la cause de son arrivée surprenante. Furieux de ce dérangement désagréable, je sautai hors du lit pour fermer la porte, et je m'aperçus alors qu'elle était solidement fermée avec la serrure et le verrou. « Après la première surprise, ne sachant comment cet individu avait pu entrer par une porte verrouillée, je ris tout haut et pensai que c'était l'effet d'un souper trop copieux, un cauchemar. « Je me couchai de nouveau et cherchai à dormir. Je pouvais être couché depuis une demi-heure, lorsque j'entendis et vis nettement et de nouveau s'ouvrir la porte ; en même temps que par l'entre-bâillement de celle-ci je voyais se glisser avec précaution une forme humaine, grande et pâle, guettant d'une façon bizarre dans l'intérieur de la chambre et regardant vers mon lit avec ses petits yeux perçants. Aujourd'hui encore, après plus de trente ans, je vois cette physionomie de Méphistophélès dans l'attitude d'un galérien en rup ture de ban qui vient à l'instant de commettre un crime. Fou d'épouvante, je saisis machinalement mon
3i9O t ] UN FAIT OCCULTE 101 revolver placé sur ma table de nuit. En même temps, cependant, l'assassin se levait du banc où il s'était as sis près de la porte, et, faisant comme les chats lente ment quelques pas, se soulevait d'un bond, me fixant d'une façon aiguë, et me plantait un poignard dans la main sortie hors de mon lit, sur lequel je m'étais à moitié soulevé. (Pendant toute ma vie le regard épouvantable de cette face diabolique et pointue, qui alors s'abaissait sur moi pour m'épouvanter, me res tera inoubliable.) Au même moment j'appuyais sur la détente. Le coup de revolver et le coup de poignard eurent lieu en même temps. Je criai et sautai hors du lit. Alors, soudain, la porte se referma si fortement que le bruit en retentit dans toute la maison ; j'enten dais nettement des pas qui s'éloignaient de ma chambre ; puis il y eut un instant de repos. « Presque au même moment, le maître d'hôtel ac courait avec ses garçons effrayés et criait dans ma chambre : Qu'est-il arrivé? Qui est-ce qui a tiré? « Moi, ne l'avez-vous pas vu ? Qui ? demanda l'aubergiste. Celui sur lequel j'ai tiré. Qui étaitce? Je crois, le diable en personne. « Pendant que je racontais brièvement ce qui s'était passé, M. Lowe me demandait pourquoi donc je n'avais pas fermé ma porte. Mais, Monsieur, lui répondis-je, je ne pouvais la fermer plus solidement que je ne l'ai fait. Comment, malgré cela, cette porte s'est-elle ouverte ? Que celui qui le peut comprendre le fasse; moi, je ne le puis pas. « L'hôtelier et son garçon échangèrent un regard d'intelligence. M. Lowe me dit vivement : « Venez
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1UN FAIT OCCULTE (0 UNE CHAMBRE HANTEE Nous extrayons de la revue allemande Sphinx (année 1 89 i),qui malheureusement a cesséde paraître, le récit suivant, que nous résumons, sauf les incidents principaux traduits littéralement: Un soir d'automne i858, M. Frantr Potonick, in génieur en chef du Gouvernement autrichien à Lemberg, arrivait à Oswkym (Galicie, en allemand Usnnienpfin). Il descendait chez un hôtelier à lui connu, M. Lowe, dont l'établissement était installé dans un ancien couvent. Après un repas confortable, le voya geur fut conduit à sa chambre, située au premier étage, à l'extrémité d'un long corridor. Il était seul d'étranger à l'hôtel cette nuit-là. « Après avoir fermé la porte à clé et au verrou t. dit-il, je m'abandonnai au repos et éteignis la lumière. « Je pouvais peut-être être couché depuis une demi- (1) Nous donnerons autant que possible, dans chaque nu méro, un fait occulte commenté d'après Ut théories tradition* nettes de l'ésotérlsme. Sans commentaire ces faits n'ont pas tout l'intérêt qu'ils peuvent présenter avec les explications.
2ioo l'initiation [novembre heure, lorsque, par un clair de lune brillant qui éclai rait complètement ma chambre, j'aperçus d'une façon nette et précise la porte que j'avais précédemment fermée avec soin, et qui se trouvait juste en face de mon lit, s'ouvrir lentement et discrètement, et par celle-ci, un homme d'armes en tenue correcte qui, sans entrer à l'intérieur, regardait dans la chambre de manière à la fouiller. Je ne sais comment cela arriva, qu'étonné par cette visite étrange, je ne pus parler im médiatement et que l'homme se retira avant que je lui aie demandé la cause de son arrivée surprenante. Furieux de ce dérangement désagréable, je sautai hors du lit pour fermer la porte, et je m'aperçus alors qu'elle était solidement fermée avec la serrure et le verrou. « Après la première surprise, ne sachant comment cet individu avait pu entrer par une porte verrouillée, je ris tout haut et pensai que c'était l'effet d'un souper trop copieux, un cauchemar. « Je me couchai de nouveau et cherchai à dormir. Je pouvais être couché depuis une demi-heure, lorsque j'entendis et vis nettement et de nouveau s'ouvrir la porte ; en même temps que par l'entre-bâillement de celle-ci je voyais se glisser avec précaution une forme humaine, grande et pâle, guettant d'une façon bizarre dans l'intérieur de la chambre et regardant vers mon lit avec ses petits yeux perçants. Aujourd'hui encore, après plus de trente ans, je vois cette physionomie de Méphistophélès dans l'attitude d'un galérien en rup ture de ban qui vient à l'instant de commettre un crime. Fou d'épouvante, je saisis machinalement mon
3i9O t ] UN FAIT OCCULTE 101 revolver placé sur ma table de nuit. En même temps, cependant, l'assassin se levait du banc où il s'était as sis près de la porte, et, faisant comme les chats lente ment quelques pas, se soulevait d'un bond, me fixant d'une façon aiguë, et me plantait un poignard dans la main sortie hors de mon lit, sur lequel je m'étais à moitié soulevé. (Pendant toute ma vie le regard épouvantable de cette face diabolique et pointue, qui alors s'abaissait sur moi pour m'épouvanter, me res tera inoubliable.) Au même moment j'appuyais sur la détente. Le coup de revolver et le coup de poignard eurent lieu en même temps. Je criai et sautai hors du lit. Alors, soudain, la porte se referma si fortement que le bruit en retentit dans toute la maison ; j'enten dais nettement des pas qui s'éloignaient de ma chambre ; puis il y eut un instant de repos. « Presque au même moment, le maître d'hôtel ac courait avec ses garçons effrayés et criait dans ma chambre : Qu'est-il arrivé? Qui est-ce qui a tiré? « Moi, ne l'avez-vous pas vu ? Qui ? demanda l'aubergiste. Celui sur lequel j'ai tiré. Qui étaitce? Je crois, le diable en personne. « Pendant que je racontais brièvement ce qui s'était passé, M. Lowe me demandait pourquoi donc je n'avais pas fermé ma porte. Mais, Monsieur, lui répondis-je, je ne pouvais la fermer plus solidement que je ne l'ai fait. Comment, malgré cela, cette porte s'est-elle ouverte ? Que celui qui le peut comprendre le fasse; moi, je ne le puis pas. « L'hôtelier et son garçon échangèrent un regard d'intelligence. M. Lowe me dit vivement : « Venez
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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