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1UN DRAME MYSTIQUE I 3 L’HOMME. Toi. Il est sur la terre des âmes choisies, des âmes plus rapprochées de Dieu, dans l’éternel rayonnement d’Amour. A celles—là, par la faveur éclatante de sa bonté, Dieu fit le présent le plus magnifique, il donna d’aimer les autres égarés, d’aider les pauvres igno rants, les pauvres méchants que nous sommes; il accorda de supporter pour les autres l’accablement de leurs fardeaux. Ils sont rares ceux qui méritèrent cette récompense. Mais Dieu les soutient, d’un œil plus vigilant, d’une amitié plus manifeste. Rethel, ta prière a fait pleurer les anges. Rethel, ta demande t’est accordée. Tu peux guérir celle que tu aimes. RETHEL. Je suis prêt. Que faut-il ? L’HOMME. Tu acceptes de porter la croix. Mais affermis tes épaules. Regarde en toi-même. Si pleinement tu souhaites imiter le Christ, celle qui agonise va guérir. Mais alors, pour toi, la douleur apparaîtra, immense, atroce, longue comme ta vie. Tu verras l’amour s’éloi— gner de toi. Celle que tu aimes t’oubliera pour un autre. En toi, cependant, croîtra le feu de ton cœur; et, jour par jour, heure par heure, ses idées, ses désirs, 14 L’INITIATION toute son âme enfin, tu les verras se porter vers un autre. Tu souffriras éperdûment. Mais ta douleur sera comme un baume divin pour resserrer ses plaies. Regarde et réfléchis. Si tu le veux ardemment, sans retour et sans regret, Éliane sera guérie. Mais toi, toi, que la bonté de Dieu t’assiste! Un à un les chandeliers s‘éteignent. La nuit se fait. L’homme a disparu. Relhel demeure, immobile, statue sans un mouvement, les yeuac fermés. R. SAINTE-MARIE. (O)
2:..V |'.‘\î‘_:u— g Èr. V-_ r' l ,7... . y; .y_. ' _ :; . ......... Æ PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École. sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées . L’HOMME DE DESIR Le nombre des écrivains critiques qui se sont occu pés du Philosophe inconnu, de ses œuvres écrites et de l’influence de sa parole sur ses contemporains, augmente de jour en jour. Tout récemment, le vul— g‘arisateur anglais de l’Occultisme, le traducteur d’Éliphas Lévi, M. Arthur-Edward Waite, vient de publier un volume de grande valeur, où il a résumé avec impartialité les événements de la vie de Louis Claude de Saint-Martin et où il a su condenser avec une grande fidélité d’interprétation la doctrine de notre vénérable maître. Les œuvres de Saint-Martin devaient former une partie importante de la série de rééditions que Chamuel avait entreprise, sous le titre des Classiques de l’Occulte. Malgré les circons— tances adverses qui l’ont empêché de réaliser son projet, le dévouement de l’un de nos frères a permis aux Mai‘tinistes de pouvoir étudier le Tableau Natu re! et l’Homme de Désir à des conditions d’économie remarquables. Déjà presque tous —- on peut dire tous -— nos frères ont entre les mains le Tableau Naturel, demain c’est l’Homme de Désir qui va être répandu parmi la foule des étudiants de bonne volonté. Le lyrisme inspiré, soutenu depuis le commencement
3I6 L‘INITIATION jusqu’à la fin de l’œuvre, est fait pour dérouter un peu beaucoup d’entre nous trop habitués aux raisonne ments d'une logique à la fois rigoureuse et simple dans ses termes et volontairement prosai‘que. La tâche que je voudrais assumer aujourd'hui c'est d‘es sayer de guider cet étudiant de bonne volonté, en lui démontrant que si cette parole éloquente paraît par fois dépasser l’intelligence du fait, elle en contient pourtant toute l’explication, et qu’il n’est question que de donner autant de cœur que de cerveau à la lecture pour comprendre. Le but que l’on découvre en méditant l’Homme de Désir a été, de la part de son auteur, d’établir par une multitude d’exemples, de comparaisons et d’ensei gnements que les conceptions de la science ne sont et ne peuvent jamais être autre chose que de refléter les notions de la vie. La science, en effet, n’est pas .autre chose que l’image, présentée logiquement, d’une sphère vitale et des êtres qui la peuplent; cette image reçoit fatalement des déformations plus ou moins grandes de la réalité qu’elle représente; et ce que les philosophes appellent la connaissance n’est autre chose que le symbole de la réalité intérieure. Seules, parmi les monuments de la pensée humaine, les reli gions présentent la connaissance sous ce point de vue vif, grâce auquel les esprits qui passent à travers la lettre peuvent arriver à la perception du Réel. As -sentir aux vérités fondamentales communes à toutes les religions est par conséquent le seul chemin qui s’offre à la majorité des hommes pour deviner l’énigme de la vie et utiliser les moyens que la Nature nous
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1UN DRAME MYSTIQUE I 3 L’HOMME. Toi. Il est sur la terre des âmes choisies, des âmes plus rapprochées de Dieu, dans l’éternel rayonnement d’Amour. A celles—là, par la faveur éclatante de sa bonté, Dieu fit le présent le plus magnifique, il donna d’aimer les autres égarés, d’aider les pauvres igno rants, les pauvres méchants que nous sommes; il accorda de supporter pour les autres l’accablement de leurs fardeaux. Ils sont rares ceux qui méritèrent cette récompense. Mais Dieu les soutient, d’un œil plus vigilant, d’une amitié plus manifeste. Rethel, ta prière a fait pleurer les anges. Rethel, ta demande t’est accordée. Tu peux guérir celle que tu aimes. RETHEL. Je suis prêt. Que faut-il ? L’HOMME. Tu acceptes de porter la croix. Mais affermis tes épaules. Regarde en toi-même. Si pleinement tu souhaites imiter le Christ, celle qui agonise va guérir. Mais alors, pour toi, la douleur apparaîtra, immense, atroce, longue comme ta vie. Tu verras l’amour s’éloi— gner de toi. Celle que tu aimes t’oubliera pour un autre. En toi, cependant, croîtra le feu de ton cœur; et, jour par jour, heure par heure, ses idées, ses désirs, 14 L’INITIATION toute son âme enfin, tu les verras se porter vers un autre. Tu souffriras éperdûment. Mais ta douleur sera comme un baume divin pour resserrer ses plaies. Regarde et réfléchis. Si tu le veux ardemment, sans retour et sans regret, Éliane sera guérie. Mais toi, toi, que la bonté de Dieu t’assiste! Un à un les chandeliers s‘éteignent. La nuit se fait. L’homme a disparu. Relhel demeure, immobile, statue sans un mouvement, les yeuac fermés. R. SAINTE-MARIE. (O)
2:..V |'.‘\î‘_:u— g Èr. V-_ r' l ,7... . y; .y_. ' _ :; . ......... Æ PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École. sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées . L’HOMME DE DESIR Le nombre des écrivains critiques qui se sont occu pés du Philosophe inconnu, de ses œuvres écrites et de l’influence de sa parole sur ses contemporains, augmente de jour en jour. Tout récemment, le vul— g‘arisateur anglais de l’Occultisme, le traducteur d’Éliphas Lévi, M. Arthur-Edward Waite, vient de publier un volume de grande valeur, où il a résumé avec impartialité les événements de la vie de Louis Claude de Saint-Martin et où il a su condenser avec une grande fidélité d’interprétation la doctrine de notre vénérable maître. Les œuvres de Saint-Martin devaient former une partie importante de la série de rééditions que Chamuel avait entreprise, sous le titre des Classiques de l’Occulte. Malgré les circons— tances adverses qui l’ont empêché de réaliser son projet, le dévouement de l’un de nos frères a permis aux Mai‘tinistes de pouvoir étudier le Tableau Natu re! et l’Homme de Désir à des conditions d’économie remarquables. Déjà presque tous —- on peut dire tous -— nos frères ont entre les mains le Tableau Naturel, demain c’est l’Homme de Désir qui va être répandu parmi la foule des étudiants de bonne volonté. Le lyrisme inspiré, soutenu depuis le commencement
3I6 L‘INITIATION jusqu’à la fin de l’œuvre, est fait pour dérouter un peu beaucoup d’entre nous trop habitués aux raisonne ments d'une logique à la fois rigoureuse et simple dans ses termes et volontairement prosai‘que. La tâche que je voudrais assumer aujourd'hui c'est d‘es sayer de guider cet étudiant de bonne volonté, en lui démontrant que si cette parole éloquente paraît par fois dépasser l’intelligence du fait, elle en contient pourtant toute l’explication, et qu’il n’est question que de donner autant de cœur que de cerveau à la lecture pour comprendre. Le but que l’on découvre en méditant l’Homme de Désir a été, de la part de son auteur, d’établir par une multitude d’exemples, de comparaisons et d’ensei gnements que les conceptions de la science ne sont et ne peuvent jamais être autre chose que de refléter les notions de la vie. La science, en effet, n’est pas .autre chose que l’image, présentée logiquement, d’une sphère vitale et des êtres qui la peuplent; cette image reçoit fatalement des déformations plus ou moins grandes de la réalité qu’elle représente; et ce que les philosophes appellent la connaissance n’est autre chose que le symbole de la réalité intérieure. Seules, parmi les monuments de la pensée humaine, les reli gions présentent la connaissance sous ce point de vue vif, grâce auquel les esprits qui passent à travers la lettre peuvent arriver à la perception du Réel. As -sentir aux vérités fondamentales communes à toutes les religions est par conséquent le seul chemin qui s’offre à la majorité des hommes pour deviner l’énigme de la vie et utiliser les moyens que la Nature nous
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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