Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1La reproduction des articles Inédits publiés par l'lniliation est formellement interdite. à moins d'autorisation spéciale. Ë PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réserree à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) ALBERT POISSON Le souvenir de notre ami Poisson est si vivant en core parmi nous,il nous semble si probable que de main nous le verrons arriver de son pas calme, enve loppé dans sa pèlerine bleue, si évident qu’une bonne causerie sérieuse, instructive, va demain nous réunir encore, que nous éprouvons une sorte de stupeur à écrire sa biographie, à publier des lettres de lui, à nous persuader qu’il n'est plus, qu’il faut en parler au passé. Au reste, notre conviction absolue est que son esprit, vivant en ceux qui l’aimèrent, demeure présent et actif dans toutes les manifestations de haute science où sa personnalité se fût affirmée s’il avait vécu plus longtemps. Sa mort fut foudroyante : le samedi soir, il travail— lait encore, fouillant les vieux manuscrits de la Na tionale; le dimanche l’emporta. Mais cette brutalité de la mort ne fut qu’apparente : s’il était la veille debout à son poste de travail, c’étaitgrâce à son admi rable énergie. De semaine en semaine, depuis un an, 4.
298 L’INITJA‘I‘MN 'j AOL‘T la maladie qui le brûlait se faisait plus intense et chaque jour la route lui était plus pénible pour se traîner de la rue Saint-Denis à l’Arsenal .ouà la Na tionale. il arrivait fiévreux, aphone, suifoquant, ébranlé de quintes de toux incessantes;,mais sa vo lonté le maintenait à la tablede travail, sans faiblesse, tout le temps qu’il avait décrété d’y rester. Voilà de plus hautsenseignementsde sagesseque les plus belles pages de ses livres même: car le livre n'est rien et l’acte est tout. Poisson sacrifiait à douze ans ses économies à l’achat de vieux livres d’alchi— mie; à dix-huit ans il sacrifiait une carrière facile où les protections ne luiçussent pas manqué, à la pour— suite de la pierre, à la vie pénible et rebutée du chas seur d’impossible; à vingt-quatre ans il sacrifiait les derniers souffles de-sa vie à perfectionner l’œuvre en treprise et déjà si largement ébauchée, à donner l’exemple de l’abnégation.Ceux qui ne reconnaîtront pas làses titres, grades et signature de Rose-Croix, n‘ont pas encore'lu au grand livre desinitia’tions. Il serait inutile, fastidieux même pour la plupart de donner ici une biographie détaillée d’Albert Pois son: qu’il ait vécu l’année 1880 à Toulouse ou à Paris,qu’il soit entré au collège en maiou en décembre, cela importe peu. Ce qui frappera davantage ceux qui s’intéressent àla vie de notre frère, ce sera de savoir qu’à treize ans il veillait déjà près de son athanor allumé et courait les quais, le dimanche, en quête de vieux bouquins d’alchimie— plus faciles à découvrir alors qu’aujourd’hui -— qu’à des achats de :cornues, .de vitriol et de charbon passaient ses quelques sous.
341900] ALBER—T' amssom* 99 d'écolier, et qu’il fondait déjà avec quelques amis, plus curieux que sérieux, des sociétés hermétiques où sous son contrôle et sous son énergique autocratie‘ on tra— ' vaillait plus peut-être que dans biend’autres sociétés fo‘ndées‘par‘de plus âgés et de plus titrés qu’il n’était alors. Plus-tard, à l’âge où l’on: cherche les divertis-a serments, la vie facile des cafés et des cercles, Poisson passait ses journées‘au laboratoire de chimie de la Fa »culte’ de médecine de Paris,. ses soirées dans les biblio thèques ou parmi ses frères (:1), ses nuits, en grande partie, auprès de ses fourneaux, allumés, au prix des plus grandes. peines dans savieille chambre de la rue ‘ S‘z«rint—Den‘is.L'été, il montait peu à peu dans le midi un laboratoire dont plusieurs “photographies ont été conservées et qui promettait d’être, si le temps le lui eûtpermis, le lieu unique de ses travaux en même temps qu’un modèle du. laboratoire-oratoire alchi mique. C’est decetteépoque que datent ses premiers (1) Albert Poisson donna le concours de sa présence, de ses travaux. de sesiumières à toutes les sociétés initiatiques, à tous les groupes'd'études où l’occultisme,les sciences psychiques, le symbolisme et surtout l’hermétisme étaient accu‘eillis, étudiés ou enseignés. sans distinction d‘école ou“ de secte, espérant y trouversinon la lumière, que chaque homme ne trouve qu'en lubmême, du moins des amis et des frères. Peut-être voulait il'aussi semer le bon grain dans tous ces milieux et y moisson— ner. ensuite des adeptes poursa Société hermétique en laquelle il avait beaucoup de confiance. En tous cas, Albert Poisson, à l'inverse de tant d‘autres, s’est‘touiours montré très respectueux -detous les centres initiatiques, Martinisme, Rose—Croix,. Franc« Maçonnerie même — et très fidèle à chacun d’eux. Il n’a jas maisaffiché que deux réserves, mais celles-là formelles, dans sa:tolérante estimede tous=les travailleurs, réserves relatives d’une part au cléricalisme inquisiteur, d’autre part au judaïsme »envahisseur qu’il tenait à bonne distance pour les aVoir'trop connus sans doute.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1La reproduction des articles Inédits publiés par l'lniliation est formellement interdite. à moins d'autorisation spéciale. Ë PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réserree à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) ALBERT POISSON Le souvenir de notre ami Poisson est si vivant en core parmi nous,il nous semble si probable que de main nous le verrons arriver de son pas calme, enve loppé dans sa pèlerine bleue, si évident qu’une bonne causerie sérieuse, instructive, va demain nous réunir encore, que nous éprouvons une sorte de stupeur à écrire sa biographie, à publier des lettres de lui, à nous persuader qu’il n'est plus, qu’il faut en parler au passé. Au reste, notre conviction absolue est que son esprit, vivant en ceux qui l’aimèrent, demeure présent et actif dans toutes les manifestations de haute science où sa personnalité se fût affirmée s’il avait vécu plus longtemps. Sa mort fut foudroyante : le samedi soir, il travail— lait encore, fouillant les vieux manuscrits de la Na tionale; le dimanche l’emporta. Mais cette brutalité de la mort ne fut qu’apparente : s’il était la veille debout à son poste de travail, c’étaitgrâce à son admi rable énergie. De semaine en semaine, depuis un an, 4.
298 L’INITJA‘I‘MN 'j AOL‘T la maladie qui le brûlait se faisait plus intense et chaque jour la route lui était plus pénible pour se traîner de la rue Saint-Denis à l’Arsenal .ouà la Na tionale. il arrivait fiévreux, aphone, suifoquant, ébranlé de quintes de toux incessantes;,mais sa vo lonté le maintenait à la tablede travail, sans faiblesse, tout le temps qu’il avait décrété d’y rester. Voilà de plus hautsenseignementsde sagesseque les plus belles pages de ses livres même: car le livre n'est rien et l’acte est tout. Poisson sacrifiait à douze ans ses économies à l’achat de vieux livres d’alchi— mie; à dix-huit ans il sacrifiait une carrière facile où les protections ne luiçussent pas manqué, à la pour— suite de la pierre, à la vie pénible et rebutée du chas seur d’impossible; à vingt-quatre ans il sacrifiait les derniers souffles de-sa vie à perfectionner l’œuvre en treprise et déjà si largement ébauchée, à donner l’exemple de l’abnégation.Ceux qui ne reconnaîtront pas làses titres, grades et signature de Rose-Croix, n‘ont pas encore'lu au grand livre desinitia’tions. Il serait inutile, fastidieux même pour la plupart de donner ici une biographie détaillée d’Albert Pois son: qu’il ait vécu l’année 1880 à Toulouse ou à Paris,qu’il soit entré au collège en maiou en décembre, cela importe peu. Ce qui frappera davantage ceux qui s’intéressent àla vie de notre frère, ce sera de savoir qu’à treize ans il veillait déjà près de son athanor allumé et courait les quais, le dimanche, en quête de vieux bouquins d’alchimie— plus faciles à découvrir alors qu’aujourd’hui -— qu’à des achats de :cornues, .de vitriol et de charbon passaient ses quelques sous.
341900] ALBER—T' amssom* 99 d'écolier, et qu’il fondait déjà avec quelques amis, plus curieux que sérieux, des sociétés hermétiques où sous son contrôle et sous son énergique autocratie‘ on tra— ' vaillait plus peut-être que dans biend’autres sociétés fo‘ndées‘par‘de plus âgés et de plus titrés qu’il n’était alors. Plus-tard, à l’âge où l’on: cherche les divertis-a serments, la vie facile des cafés et des cercles, Poisson passait ses journées‘au laboratoire de chimie de la Fa »culte’ de médecine de Paris,. ses soirées dans les biblio thèques ou parmi ses frères (:1), ses nuits, en grande partie, auprès de ses fourneaux, allumés, au prix des plus grandes. peines dans savieille chambre de la rue ‘ S‘z«rint—Den‘is.L'été, il montait peu à peu dans le midi un laboratoire dont plusieurs “photographies ont été conservées et qui promettait d’être, si le temps le lui eûtpermis, le lieu unique de ses travaux en même temps qu’un modèle du. laboratoire-oratoire alchi mique. C’est decetteépoque que datent ses premiers (1) Albert Poisson donna le concours de sa présence, de ses travaux. de sesiumières à toutes les sociétés initiatiques, à tous les groupes'd'études où l’occultisme,les sciences psychiques, le symbolisme et surtout l’hermétisme étaient accu‘eillis, étudiés ou enseignés. sans distinction d‘école ou“ de secte, espérant y trouversinon la lumière, que chaque homme ne trouve qu'en lubmême, du moins des amis et des frères. Peut-être voulait il'aussi semer le bon grain dans tous ces milieux et y moisson— ner. ensuite des adeptes poursa Société hermétique en laquelle il avait beaucoup de confiance. En tous cas, Albert Poisson, à l'inverse de tant d‘autres, s’est‘touiours montré très respectueux -detous les centres initiatiques, Martinisme, Rose—Croix,. Franc« Maçonnerie même — et très fidèle à chacun d’eux. Il n’a jas maisaffiché que deux réserves, mais celles-là formelles, dans sa:tolérante estimede tous=les travailleurs, réserves relatives d’une part au cléricalisme inquisiteur, d’autre part au judaïsme »envahisseur qu’il tenait à bonne distance pour les aVoir'trop connus sans doute.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.