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1100 L'INITIATION gement. -— Pour le loyer de la salle, et les frais de poste, il fallait à chaque réunion faire une collecte,et, vu notre nombre restreint, le manque d’argent se faisait constamment sentir.— Nous pûmes cependant, la première année de notre existence, tenir quatorze réunions, y compris le banquet offert à Papus et aux délégués français et roumains présents à Londres pour le Congrès international spiritualiste: invités et membres présents au banquet en tout trente et une personnes, c’était une vraie manifestation de nome vitalité. Au 30 septembre se terminait notre première année d’existence; ce n’est que dans les premiers mois de la seconde année qu’a pris fin la période de tâtonne ment et que nous nous sommes organisés définitive— ment. -— Pour bien connaître la route à suivre, j’ai présenté un projet de « bannière ou clocher symbo lique ». —- Ce projet a donné lieu à de longues dis cussions, mais nous a montré clairement la voie que nous devions suivre: nous nous sommes trouvés aux deux extrêmes représentés d’un côté par l’Alliance spiritualiste, et de l’autre par la Psychical Research Society. Le Spiritisme attribuant les phénomènes à l’action des esprits ne nous semble plus être l’objet d’étude, puisque ses adeptes croient avoir trouvé l’explication des phénomènes. D’autre part, la Société des Recher— ches psychiques nous paraissait trop sceptique. Sou— vent des adeptes, au lieu de produire un phénomène, l’empêchent de se réaliser, au contraire, par sugges tion de tromperie ou contrôle trop rigoureux. C’est
2-L’OCCULTISME EN ANGLETERRE 101 ce que semblent démontrer les expériences faites avec Eusapia Palladino à Cambridge. Nous nous sommes dit qu'il fallait produire avant tout des phénomènes et qu’après il serait temps d’état blir tous les moyens possibles de contrôle pour prou— ver scientifiquement la réalité du fait. Autre grande différence : « Psychical Research Society » part en guerre comme si, avant la création de cette société, le monde n’avait pas eu d’existence. Les membres ne tiennent aucun compte de la tra dition. Nos symboles, à nous, prouvent, au contraire, que nous cherchons à nous rattacher à l’expérience acquise par les occultistes de l’antiquité aussi bien qu’aux investigations scientifiques de notre époque. Notre bannière symbolique adoptée, il s’agissai‘tde grouper en un seul faisceau les opinions et résolu lions diverses, d’en faire une constitution une et défi nitive. Les discussions sur le symbole à adopter avaient préparé le terrain, aussi cette dernière œuvre d’organisation a—t-elle été accomplie assez facilement: Aujourd’hui, nous avons notre « charte » et nul n’est admis, comme membre ou visiteur à nos réunions, s’il n’appose sa signature à notre déclaration de principes, peu compliqués, du reste, mais qui furent l’objet de longues études, au point de vue de l'organi sation pratique. Concevoir des théories, rédiger des constitutions, c’est toujours facile, mais mettre en application ces théories, c’est une autre affaire. Si nous avions en tous les mêmes opinions, les mêmes moyens d’action, c’eût été bien simple, mais les feuil— les d’un arbre ne se ressemblent pas, diffèrent même
3102 _ _I.’INITIATION considérablement, ainsi en est-il des amis les meil leurs. — Dans nos rangs se trouvaient des spirites plus hardis comprenant que l’action des esprits hu mains n'est pas la cause seule des phénomènes. Parmi nous se trouvent aussi deux ou trois membres, qui, à la suite de M'”" Blavatsky et Annie Besant ont été mêlés au mouvement théosophique anglais mo derne. —— Nous possédons encore qUelques hommes de science, médecins ou chimistes, qui,sans apparte nir à aucune école, croient au grand avenir du mou vement psychique. L’un d'eux fut un des premiers fondateurs de la 4; Psychical Research 89ciety ». A Il y a encore parmi nous nombre de libres-penseurs, socialistes, scientifiques, nom des énergumènes rêvant barricades et la reconstitution de la société dans les vingt-quatre heures, mais des économistes qui voient dans l’entreprise collective l’évolution natu relle qui mettra fin aux maux que cause la concur rence.Pour eux, la doctrine occultiste d’après laquelle il n’y a qu’une seule vie animant l’univers tout entier s’adapte admirablement avec leurs théories socia listes, d’après lesquelles sur le « plan matériel» il n’y aurait qu’un seul capitaliste: l’État.—— D’autres enfin, sans opinion bien fixée Sur les questions économi ques, sont comme les socialistes animés d’un senti— ment profondément altruiste, comme eux sympathi sent aux souffrances de la foule et, selon l’expression de Gladstone, sont pour « les masses contre les classes ». Cela explique l’adoption à l’unanimité de la règle 8 ainsi conçue : 4 ‘ 1 ’ ‘ ù‘
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1100 L'INITIATION gement. -— Pour le loyer de la salle, et les frais de poste, il fallait à chaque réunion faire une collecte,et, vu notre nombre restreint, le manque d’argent se faisait constamment sentir.— Nous pûmes cependant, la première année de notre existence, tenir quatorze réunions, y compris le banquet offert à Papus et aux délégués français et roumains présents à Londres pour le Congrès international spiritualiste: invités et membres présents au banquet en tout trente et une personnes, c’était une vraie manifestation de nome vitalité. Au 30 septembre se terminait notre première année d’existence; ce n’est que dans les premiers mois de la seconde année qu’a pris fin la période de tâtonne ment et que nous nous sommes organisés définitive— ment. -— Pour bien connaître la route à suivre, j’ai présenté un projet de « bannière ou clocher symbo lique ». —- Ce projet a donné lieu à de longues dis cussions, mais nous a montré clairement la voie que nous devions suivre: nous nous sommes trouvés aux deux extrêmes représentés d’un côté par l’Alliance spiritualiste, et de l’autre par la Psychical Research Society. Le Spiritisme attribuant les phénomènes à l’action des esprits ne nous semble plus être l’objet d’étude, puisque ses adeptes croient avoir trouvé l’explication des phénomènes. D’autre part, la Société des Recher— ches psychiques nous paraissait trop sceptique. Sou— vent des adeptes, au lieu de produire un phénomène, l’empêchent de se réaliser, au contraire, par sugges tion de tromperie ou contrôle trop rigoureux. C’est
2-L’OCCULTISME EN ANGLETERRE 101 ce que semblent démontrer les expériences faites avec Eusapia Palladino à Cambridge. Nous nous sommes dit qu'il fallait produire avant tout des phénomènes et qu’après il serait temps d’état blir tous les moyens possibles de contrôle pour prou— ver scientifiquement la réalité du fait. Autre grande différence : « Psychical Research Society » part en guerre comme si, avant la création de cette société, le monde n’avait pas eu d’existence. Les membres ne tiennent aucun compte de la tra dition. Nos symboles, à nous, prouvent, au contraire, que nous cherchons à nous rattacher à l’expérience acquise par les occultistes de l’antiquité aussi bien qu’aux investigations scientifiques de notre époque. Notre bannière symbolique adoptée, il s’agissai‘tde grouper en un seul faisceau les opinions et résolu lions diverses, d’en faire une constitution une et défi nitive. Les discussions sur le symbole à adopter avaient préparé le terrain, aussi cette dernière œuvre d’organisation a—t-elle été accomplie assez facilement: Aujourd’hui, nous avons notre « charte » et nul n’est admis, comme membre ou visiteur à nos réunions, s’il n’appose sa signature à notre déclaration de principes, peu compliqués, du reste, mais qui furent l’objet de longues études, au point de vue de l'organi sation pratique. Concevoir des théories, rédiger des constitutions, c’est toujours facile, mais mettre en application ces théories, c’est une autre affaire. Si nous avions en tous les mêmes opinions, les mêmes moyens d’action, c’eût été bien simple, mais les feuil— les d’un arbre ne se ressemblent pas, diffèrent même
3102 _ _I.’INITIATION considérablement, ainsi en est-il des amis les meil leurs. — Dans nos rangs se trouvaient des spirites plus hardis comprenant que l’action des esprits hu mains n'est pas la cause seule des phénomènes. Parmi nous se trouvent aussi deux ou trois membres, qui, à la suite de M'”" Blavatsky et Annie Besant ont été mêlés au mouvement théosophique anglais mo derne. —— Nous possédons encore qUelques hommes de science, médecins ou chimistes, qui,sans apparte nir à aucune école, croient au grand avenir du mou vement psychique. L’un d'eux fut un des premiers fondateurs de la 4; Psychical Research 89ciety ». A Il y a encore parmi nous nombre de libres-penseurs, socialistes, scientifiques, nom des énergumènes rêvant barricades et la reconstitution de la société dans les vingt-quatre heures, mais des économistes qui voient dans l’entreprise collective l’évolution natu relle qui mettra fin aux maux que cause la concur rence.Pour eux, la doctrine occultiste d’après laquelle il n’y a qu’une seule vie animant l’univers tout entier s’adapte admirablement avec leurs théories socia listes, d’après lesquelles sur le « plan matériel» il n’y aurait qu’un seul capitaliste: l’État.—— D’autres enfin, sans opinion bien fixée Sur les questions économi ques, sont comme les socialistes animés d’un senti— ment profondément altruiste, comme eux sympathi sent aux souffrances de la foule et, selon l’expression de Gladstone, sont pour « les masses contre les classes ». Cela explique l’adoption à l’unanimité de la règle 8 ainsi conçue : 4 ‘ 1 ’ ‘ ù‘
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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