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1PROGNOSTICATION 201 rés nés en dehors de notre France, confirment les prédictions anciennes en précisant de plus en plus, comme en vertu d'une loi providentielle, les événe ments effrayants non moins qu’extraordinaires qui doivent se passer à l’entrée du xxe’siècle. Le rationaliste, sans même leur accorder un exa men superficiel, dira que toutes les prophéties qui ont vu le jour au xrx" siècle sont l’œuvre de pieux faus saires, partisans d’une restauration bourbonnienne en France. Mais, s’il a le cœur droit, il ne pourra point faire une objection de ce genre à quiconque lui mon trera des ouvrages datant de plusieurs siècles, où cette restauration est clairement annoncée. Qu’ils méditent une prophétie célèbre, celle de saint Remy à Clovis, que Baronius a insérée au XVIg siècle dans ses Annales ecclésiastiques (années 494 et 512). « Apprenez, mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l’Église romaine, qui est la seule vé— ritable Église du Christ. Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes de la terre, il embras— sera toutes les limites de l’empire romain, et soumet tra tous les autres royaumes à son sceptre : il durera jusqu’à la fin des temps ; il sera victorieux et prospère tant qu’il restera fidèle à la foi romaine et ne com mettra pas un de ces crimes qui ruinent les nations; mais il sera rudement châtié toutes les fois qu’il sera infidèle à sa vocation. » Bède le Vénérable, au vue siècle, Alcuin, au vme (dans un traité sur l’Antéchrist), Hincmar, au 1x°, Vincent de Beauvais, Gerson et bon nombre d’autres écrivains du moyen âge rapportent cette prophétie
2202 L’INITIATION avant Baronius (1). Le rôle d’un grand pape est men tionné dans la compilation que Jean de Vatiguerre fit au XIII" siècle, et précisé par des prédictions moins anciennes. C’est surtout au XVl" siècle, quand la Réforme divisa l’Europe, que les vaticinations se multiplièrent. Le Liber mirabilis, curieux recueil, vit le jour dès 1521 5 il résume les traditions sur l’avenir. Poste] annonça un siècle d’or, la monarchie universelle (ou la direc tion morale de l’univers) sous un roi français. Nostra— damus écrivit ses immortelles Centuries. Mais, plus de dix années avant qu’il n’eût pris la plume, un autre médecin, Paracelse, avait publié sa Prognostz’cah’o. Eliphas Lévi, dans les Grands Mystères, en a traduit la préface et affirme que l’ouvrage prophétise l’avenir du monde. Auréole—Théophraste Bombast de Hohenheim est un des hommes les plus extraordinaires qu’ait produits ce XVIe siècle, si fécond en génies de tous genres. Né à Einsiedeln en 1493, mort à Strasbourg en 1541, il fut le plus hardi des novateurs qui renouvelèrent alors. l’esprit de la médecine. La science doit à cet homme, que l’ignorance appelait fou ou nécromancien, l’usage de l‘opium, du mercure, de l’antimoine, du landa num et les triturations chimiques qui dégagent les propriétés actives des médicaments. Ila été le précur seur des métallothérapistes de notre époque. C’est la (1) Le grand Pape et le grand Roi; Paris, Palmé, 7° éd., 187 2 (par le P. Marie—Antoine). -— A. Peladan, Dernier mot des prophéties; Nîmes, 1881, in-12. —— Curique, Voix prophé tiques Paris, Palmé, 1872, 2 vol. in-12. u-;-m * ' ’ = '::" ‘;;:‘;à&î
3PROGNOSTICATION 203 haute science des Rose—Croix qui lui valut de pouvoir adapter les traditions occultes à la création d‘une thé— rapeutique nouvelle (1). C’est encore cette haute science qui lui inspira la souveraine impartialité dont il fait preuve dans sa Prognostz‘caiz’o, quand il juge, avec la même sévérité, le sectarisme de son temps, et blâme aussi sévèrement l’orgueil des_chef_s de la Réforme que celui des chefs du catholicisme. Il n’est pas impartial par scepticisme, comme l’auteur des Essais, qui, un jour maire de Bordeaux, parut gibelin aux guelfes et guelfe aux gi belins : il est impartial parce qu’il plane avec la séré— nité d’un archange au—dessus des luttes sans merci de son époque. ' . En outre, les sources de son inspiration sont des plus élevées. Il affirme, dans Sa Préface, avoir pu, en étudiant les astres, signaler les grands événements de l’avenir; mais il parle plus loin des prophéties sibyl liqùes et des vaticinations nombreuses qui furent mises au jour dans la première moitié de son siècle. S’il s’est inspiré de ces prédictions, je crois encore être en droit de supposer que lui-mêmea employé les pro cédés de la haute magie, et a pu même être inspiré par un guide fort élevé, pour tracer les trente—deux dessins prophétiques de son ouvrage. En effet, plusieurs évé nements annoncés par la Prognosiz’caiz’o ne se trou (1) Lire : Hoeier, Histoire de la chimie. — Cruveilhier Œunres choisies. — Trélat, Conférences à la Faculté de mé decine, 1865. -— Papus, Compte_y*endu du Congrès spirite de 1889. — Initiation, février 1894, Abrégé de la préparation . des médicaments, »— et juin 1891, Paracelse et ses XIV livres des paragraphes (traduction et commentaires d’E. Bosc).
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1PROGNOSTICATION 201 rés nés en dehors de notre France, confirment les prédictions anciennes en précisant de plus en plus, comme en vertu d'une loi providentielle, les événe ments effrayants non moins qu’extraordinaires qui doivent se passer à l’entrée du xxe’siècle. Le rationaliste, sans même leur accorder un exa men superficiel, dira que toutes les prophéties qui ont vu le jour au xrx" siècle sont l’œuvre de pieux faus saires, partisans d’une restauration bourbonnienne en France. Mais, s’il a le cœur droit, il ne pourra point faire une objection de ce genre à quiconque lui mon trera des ouvrages datant de plusieurs siècles, où cette restauration est clairement annoncée. Qu’ils méditent une prophétie célèbre, celle de saint Remy à Clovis, que Baronius a insérée au XVIg siècle dans ses Annales ecclésiastiques (années 494 et 512). « Apprenez, mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l’Église romaine, qui est la seule vé— ritable Église du Christ. Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes de la terre, il embras— sera toutes les limites de l’empire romain, et soumet tra tous les autres royaumes à son sceptre : il durera jusqu’à la fin des temps ; il sera victorieux et prospère tant qu’il restera fidèle à la foi romaine et ne com mettra pas un de ces crimes qui ruinent les nations; mais il sera rudement châtié toutes les fois qu’il sera infidèle à sa vocation. » Bède le Vénérable, au vue siècle, Alcuin, au vme (dans un traité sur l’Antéchrist), Hincmar, au 1x°, Vincent de Beauvais, Gerson et bon nombre d’autres écrivains du moyen âge rapportent cette prophétie
2202 L’INITIATION avant Baronius (1). Le rôle d’un grand pape est men tionné dans la compilation que Jean de Vatiguerre fit au XIII" siècle, et précisé par des prédictions moins anciennes. C’est surtout au XVl" siècle, quand la Réforme divisa l’Europe, que les vaticinations se multiplièrent. Le Liber mirabilis, curieux recueil, vit le jour dès 1521 5 il résume les traditions sur l’avenir. Poste] annonça un siècle d’or, la monarchie universelle (ou la direc tion morale de l’univers) sous un roi français. Nostra— damus écrivit ses immortelles Centuries. Mais, plus de dix années avant qu’il n’eût pris la plume, un autre médecin, Paracelse, avait publié sa Prognostz’cah’o. Eliphas Lévi, dans les Grands Mystères, en a traduit la préface et affirme que l’ouvrage prophétise l’avenir du monde. Auréole—Théophraste Bombast de Hohenheim est un des hommes les plus extraordinaires qu’ait produits ce XVIe siècle, si fécond en génies de tous genres. Né à Einsiedeln en 1493, mort à Strasbourg en 1541, il fut le plus hardi des novateurs qui renouvelèrent alors. l’esprit de la médecine. La science doit à cet homme, que l’ignorance appelait fou ou nécromancien, l’usage de l‘opium, du mercure, de l’antimoine, du landa num et les triturations chimiques qui dégagent les propriétés actives des médicaments. Ila été le précur seur des métallothérapistes de notre époque. C’est la (1) Le grand Pape et le grand Roi; Paris, Palmé, 7° éd., 187 2 (par le P. Marie—Antoine). -— A. Peladan, Dernier mot des prophéties; Nîmes, 1881, in-12. —— Curique, Voix prophé tiques Paris, Palmé, 1872, 2 vol. in-12. u-;-m * ' ’ = '::" ‘;;:‘;à&î
3PROGNOSTICATION 203 haute science des Rose—Croix qui lui valut de pouvoir adapter les traditions occultes à la création d‘une thé— rapeutique nouvelle (1). C’est encore cette haute science qui lui inspira la souveraine impartialité dont il fait preuve dans sa Prognostz‘caiz’o, quand il juge, avec la même sévérité, le sectarisme de son temps, et blâme aussi sévèrement l’orgueil des_chef_s de la Réforme que celui des chefs du catholicisme. Il n’est pas impartial par scepticisme, comme l’auteur des Essais, qui, un jour maire de Bordeaux, parut gibelin aux guelfes et guelfe aux gi belins : il est impartial parce qu’il plane avec la séré— nité d’un archange au—dessus des luttes sans merci de son époque. ' . En outre, les sources de son inspiration sont des plus élevées. Il affirme, dans Sa Préface, avoir pu, en étudiant les astres, signaler les grands événements de l’avenir; mais il parle plus loin des prophéties sibyl liqùes et des vaticinations nombreuses qui furent mises au jour dans la première moitié de son siècle. S’il s’est inspiré de ces prédictions, je crois encore être en droit de supposer que lui-mêmea employé les pro cédés de la haute magie, et a pu même être inspiré par un guide fort élevé, pour tracer les trente—deux dessins prophétiques de son ouvrage. En effet, plusieurs évé nements annoncés par la Prognosiz’caiz’o ne se trou (1) Lire : Hoeier, Histoire de la chimie. — Cruveilhier Œunres choisies. — Trélat, Conférences à la Faculté de mé decine, 1865. -— Papus, Compte_y*endu du Congrès spirite de 1889. — Initiation, février 1894, Abrégé de la préparation . des médicaments, »— et juin 1891, Paracelse et ses XIV livres des paragraphes (traduction et commentaires d’E. Bosc).
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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