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1SORCIERS ET MAGICIENS MODERNES .. ,.,... . w W; ÈMËJI ,a1 tance, parait—il. Chose extraordinaire, ils prétendent qu’un mauvais sorcier pourrait, avec un linge sem— blable, donner au malade une fièvre mortelle, par la simple‘exposition du linge à la flamme du feu. Ils guérissent certains maux, comme les douleurs, les rhumatismes, la fièvre, par les remèdes vivants. . Pour cela, ils recommandent au malade d’embrasser un arbre à pleins bras, en prononçant les paroles suivantes : ' Per sent Pé; per sent Paù, Qué s’en ané lou [ou maou. Au noum deû pay, dé Jésu Chrit (sic), Aynsi qu'aû noum deû sent Esprit. Par saint Pé par saint Pau (patrons de locatités) que ton mal s’en aille, au nom du père, de Jésus-7 Christ ainsi qu’au nom du Saint-Esprit. La transmission de la maladie à l‘arbre se fait généralement très bien, s’il faut les en croire. Ils pres— crivent de mettre de jeunes animaux (chiens plus par ticulièrement) sur le lit des rhumatisants et en con— tact avec les membres atteints. L’animal prend le mal, à un moindre degré que l’homme, et le cède aux plantes, quand il pénètre dans les prés. Pour les fièvres intermittentes, ils conduisent leur client sur les bords d’un ruisseau, cueillir des menthes. Devant chaque plante jusqu’à la septième inclusive— ment, le, magicien fait le signe de la croix puis met sur la première feuille de chacun des sept pieds, sept grains de sel ou de pain, tandis que le malade mur-y mure en guise d’oraison:
2x 00 L’INITIATION Adiù qu’et Saludi mendras, Q‘ey la frèbe, tu né l'as pas, Aci qu‘et porti paa et saù, Ta que m’prendesques lou me maou. Adieu menthe, je te salue ; j’ai la fièvre, tu ne l’as pas. Ici je te porte du pain et du sel, pour que tu prennes mon mal. - Les cérémonies magiques accompagnent souvent les oraisons patoises, et grande est leur confiance en ces bizarres moyens, dont ils ne comprennent point le sens. Aussi, quand un enfant est atteint du muguet, le rebouteux le fait mettre neuf fois dans une volière, en disant : . Passe, passe passer1e, Pcù hourat de la garie, Passe, passe muguet par le trou de la volière. Pour le crane, sorte de lumbago, le malade se met à plat ventre et se fait passer neuffois par le magicien sur la partie souffrante; durant l’opération il dit : Naù se ditz lou nouste gat, Sustout despuix qui m'soy plegat Mes desplega youm boulery, Passe-m dessus entam goary. Naù (onomatopée ou le chiffre 9) dit notre chat, surtout depuis que je me suis plié, mais je voudrais me déplier, passe-moi, dessus pour me guérir. Pourla gale, le rebouteux et le patient s’en vont prendre un bain de rosée dans un champ d’avoine et prononcent trois fois l’oraison : Per sent Pe’, per sent Paù, etc.
3' SORCIERS ET MAGICIENS MODERNES IOI La guérison du zona est plus originale encore : Le magicien place le malade sur son dos, fait neuf pas, s’arrête et dit : D. — « Que’ partiyou P — Qu’est-ce que je porte ? Le malade répond : R. — Lou cudré(nom patois du zona). — Le zona. Et le rebouteux reprend : Coum n’ey pas bête de bigou, Aci que paùsi et que descindri. Ici je fais unepause et je guéris le cudre ; je descends le malade (double sens). Puis il fait neuf nouveaux pas, en reprenant son fardeau, et l’opération magique est terminée. \ Souventaussilesguérisseurs Béarnaisemploient des procédés magnétiques. Ils manient la force ecténique, comme les magnétiseurs de l’École Durville. Remar quons qu’ils soignent très souvent par l’eau et l’huile magnétise’es et simultanément prescrites. Ils ont éga lement soin d’imposer les mains au-dessus des simples qu’ils ordonnent et qu’ils ont d’ailleurs cueil lis eux—mêmes ; ils les chargent ainsi, disent—ils, de fluides salutaires. V Ils reçoivent les malades environ trois jours par semaine pour ne point se fatiguer, et, coutume peut être fort sensée, ils caressentpendant un certain temps des chats noirs ou fauves, lorsqu’ils doivent magné tiser. Les nombreux félins dont ils font ainsi leurs commensaux nous apparaissent alors comme moins sataniques. Après avoir envisagé les procédés médicaux de ces
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1SORCIERS ET MAGICIENS MODERNES .. ,.,... . w W; ÈMËJI ,a1 tance, parait—il. Chose extraordinaire, ils prétendent qu’un mauvais sorcier pourrait, avec un linge sem— blable, donner au malade une fièvre mortelle, par la simple‘exposition du linge à la flamme du feu. Ils guérissent certains maux, comme les douleurs, les rhumatismes, la fièvre, par les remèdes vivants. . Pour cela, ils recommandent au malade d’embrasser un arbre à pleins bras, en prononçant les paroles suivantes : ' Per sent Pé; per sent Paù, Qué s’en ané lou [ou maou. Au noum deû pay, dé Jésu Chrit (sic), Aynsi qu'aû noum deû sent Esprit. Par saint Pé par saint Pau (patrons de locatités) que ton mal s’en aille, au nom du père, de Jésus-7 Christ ainsi qu’au nom du Saint-Esprit. La transmission de la maladie à l‘arbre se fait généralement très bien, s’il faut les en croire. Ils pres— crivent de mettre de jeunes animaux (chiens plus par ticulièrement) sur le lit des rhumatisants et en con— tact avec les membres atteints. L’animal prend le mal, à un moindre degré que l’homme, et le cède aux plantes, quand il pénètre dans les prés. Pour les fièvres intermittentes, ils conduisent leur client sur les bords d’un ruisseau, cueillir des menthes. Devant chaque plante jusqu’à la septième inclusive— ment, le, magicien fait le signe de la croix puis met sur la première feuille de chacun des sept pieds, sept grains de sel ou de pain, tandis que le malade mur-y mure en guise d’oraison:
2x 00 L’INITIATION Adiù qu’et Saludi mendras, Q‘ey la frèbe, tu né l'as pas, Aci qu‘et porti paa et saù, Ta que m’prendesques lou me maou. Adieu menthe, je te salue ; j’ai la fièvre, tu ne l’as pas. Ici je te porte du pain et du sel, pour que tu prennes mon mal. - Les cérémonies magiques accompagnent souvent les oraisons patoises, et grande est leur confiance en ces bizarres moyens, dont ils ne comprennent point le sens. Aussi, quand un enfant est atteint du muguet, le rebouteux le fait mettre neuf fois dans une volière, en disant : . Passe, passe passer1e, Pcù hourat de la garie, Passe, passe muguet par le trou de la volière. Pour le crane, sorte de lumbago, le malade se met à plat ventre et se fait passer neuffois par le magicien sur la partie souffrante; durant l’opération il dit : Naù se ditz lou nouste gat, Sustout despuix qui m'soy plegat Mes desplega youm boulery, Passe-m dessus entam goary. Naù (onomatopée ou le chiffre 9) dit notre chat, surtout depuis que je me suis plié, mais je voudrais me déplier, passe-moi, dessus pour me guérir. Pourla gale, le rebouteux et le patient s’en vont prendre un bain de rosée dans un champ d’avoine et prononcent trois fois l’oraison : Per sent Pe’, per sent Paù, etc.
3' SORCIERS ET MAGICIENS MODERNES IOI La guérison du zona est plus originale encore : Le magicien place le malade sur son dos, fait neuf pas, s’arrête et dit : D. — « Que’ partiyou P — Qu’est-ce que je porte ? Le malade répond : R. — Lou cudré(nom patois du zona). — Le zona. Et le rebouteux reprend : Coum n’ey pas bête de bigou, Aci que paùsi et que descindri. Ici je fais unepause et je guéris le cudre ; je descends le malade (double sens). Puis il fait neuf nouveaux pas, en reprenant son fardeau, et l’opération magique est terminée. \ Souventaussilesguérisseurs Béarnaisemploient des procédés magnétiques. Ils manient la force ecténique, comme les magnétiseurs de l’École Durville. Remar quons qu’ils soignent très souvent par l’eau et l’huile magnétise’es et simultanément prescrites. Ils ont éga lement soin d’imposer les mains au-dessus des simples qu’ils ordonnent et qu’ils ont d’ailleurs cueil lis eux—mêmes ; ils les chargent ainsi, disent—ils, de fluides salutaires. V Ils reçoivent les malades environ trois jours par semaine pour ne point se fatiguer, et, coutume peut être fort sensée, ils caressentpendant un certain temps des chats noirs ou fauves, lorsqu’ils doivent magné tiser. Les nombreux félins dont ils font ainsi leurs commensaux nous apparaissent alors comme moins sataniques. Après avoir envisagé les procédés médicaux de ces
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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