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1.—--1..:. -—.-— —»—« v. La reproduction des articles inédits publiés par l’Initiaiion est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE 1‘-B Éraité élémentaire tle fitietute “©M2llllt Commeà toutes les époques de civilisation avancée, les peuples, las d’avoir vécu, d’avoir trop répandu leurs idées, leurs influences, leurs activités, quittent les soucis de la prospérité matérielle pour entrer, par des voies diverses, dans une période d’évolution plus idéaliste; notre siècle s’inquiète de l’au delà et se montre curieux des manifestations mystérieuses de l’lnconnu insondable que nos contemporains pres sentent vaguement autour d’eux, et qui les dévorera s’ils ne résolvent pas son énigme, comme autrefois le sphinx de la légende aux portes de la Thèbes antique. < Semblable à son aînée, au vaisseau mystérieux qui porta pendant plus de soixante siècles la civilisation formidable des habitants de l’Egypte, la capitale de la France, Paris, Bar-lsis, la barque d’lsis, est de. 4
290 L’INITIATION [MAI venue le refuge de tous ceux qui consument leur vie à la recherche de l’Inconnu. Le nombre de ces assoif fés de certitude et de repos est bien plus grand qu’on ne le pense; mille symptômes l’indiquent à ceux qui savent les voir; et c’est peut-être à leur appel désespéré que l’lnvisible répond en ce moment par des manifestations étranges et puissantes. L’Occulte règne, en effet, maître incontesté, sur la pauvre créature humaine, ballottée misérablement « sur l’Océan sans fin des ombres, des reflets et des formes ». L’Occulte, — tout ce que nous ignorons, tout ce que nous n’avons pas expérimenté, tout ce que nous n’avons pas vu, — est là qui nous op presse et qui pèse irrésistiblement sur nos fronts: il nous hallucine, nous envoûte, nous suggestionne, nous berce d’espoir, nous désespère, et trop souvent nous tue. Pourquoi tant de suicides? Les enfants mêmes prennent goût à cette insulte suprême qu’ils jettent à la face de I’incompréhensible Destin qui les mit sur cette terre de malheur. — Dans les rues, sur nos boulevards, cherchez les figures sereines et heu reuses? Dans nos livres, dans nos œuvres d’art, cherchez la force, le bonheur, où même la bonté ?‘ Mais tout cela a été dit et redit; les romanciers en ont fait de fort subtiles peintures, les médecins, très fiers d’avoir retrouvé les rudiments de la thérapeu— tique mentale, ont élaboré la « psycho-physiologie », et les désespérés continuent à être malheureux, et les puissants continuent à être les méchants. ' Cependant demeure chez tous la notion obscure que le Beau, le Bien et le Vrai ne sont pas que des
3i898] TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE SCIENCE 0CCUL’I‘E 91 mots, qu’un état social harmonieusement organisé doit pouvoir se trouver autre part que dans l’imagination des utopistes, que l’Idéal existe et le Bonheur n’est pas une chimère. Ils ont raison ceux-ci, rêveurs obstinés de qui les ailes battent sans cesse vers les cieux; ces utopies furent autrefois de splendides réalités et elles redes— cendent encore, dans l’Avenir, pour faire régner sur notre malheureuse planète la bénédiction, la con‘ corde et la paix. Mais comment, je ne dirai pas réaliser ce grand œuvre surhumain. mais lui préparer les voies? Où trouver les paroles puissantes qui arrêteront le bras levé du militarisme, qui feront retentir chez les grands des verbes de clémence, qui pourront ouvrir? la pitié le cœur du riche? De telles paroles, l’Huma nité terrestre en a entendu au cours de la jeunesse, et, prosternée d’admiration, elle a divinisé ceux qui les proférèrent. Trois cents millions de Jaunes rendent depuis cin« quante siècle le culte muet à l’un de leurs initiateurs, [Ïao-Tze; cent millions d’Ariens célèbrent dans leurs dialectes sonores la bonté de Kristma, et sa sublime doctrine du renoncement ; trois cents millions d’hommes de toute race se prestement tous les jours devant la face souriante du dernier Bouddha; les légions inpétueuses se groupent sous l’étendard du Croissant et invoquent matin et soir « Allah, puissant et miséricordieux »; seul, le doux Galiléen cherche, parmi les flots de ses fils blancs, quelques cœurs simples et quelques âmes de charité : et c’est à peine
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1.—--1..:. -—.-— —»—« v. La reproduction des articles inédits publiés par l’Initiaiion est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE 1‘-B Éraité élémentaire tle fitietute “©M2llllt Commeà toutes les époques de civilisation avancée, les peuples, las d’avoir vécu, d’avoir trop répandu leurs idées, leurs influences, leurs activités, quittent les soucis de la prospérité matérielle pour entrer, par des voies diverses, dans une période d’évolution plus idéaliste; notre siècle s’inquiète de l’au delà et se montre curieux des manifestations mystérieuses de l’lnconnu insondable que nos contemporains pres sentent vaguement autour d’eux, et qui les dévorera s’ils ne résolvent pas son énigme, comme autrefois le sphinx de la légende aux portes de la Thèbes antique. < Semblable à son aînée, au vaisseau mystérieux qui porta pendant plus de soixante siècles la civilisation formidable des habitants de l’Egypte, la capitale de la France, Paris, Bar-lsis, la barque d’lsis, est de. 4
290 L’INITIATION [MAI venue le refuge de tous ceux qui consument leur vie à la recherche de l’Inconnu. Le nombre de ces assoif fés de certitude et de repos est bien plus grand qu’on ne le pense; mille symptômes l’indiquent à ceux qui savent les voir; et c’est peut-être à leur appel désespéré que l’lnvisible répond en ce moment par des manifestations étranges et puissantes. L’Occulte règne, en effet, maître incontesté, sur la pauvre créature humaine, ballottée misérablement « sur l’Océan sans fin des ombres, des reflets et des formes ». L’Occulte, — tout ce que nous ignorons, tout ce que nous n’avons pas expérimenté, tout ce que nous n’avons pas vu, — est là qui nous op presse et qui pèse irrésistiblement sur nos fronts: il nous hallucine, nous envoûte, nous suggestionne, nous berce d’espoir, nous désespère, et trop souvent nous tue. Pourquoi tant de suicides? Les enfants mêmes prennent goût à cette insulte suprême qu’ils jettent à la face de I’incompréhensible Destin qui les mit sur cette terre de malheur. — Dans les rues, sur nos boulevards, cherchez les figures sereines et heu reuses? Dans nos livres, dans nos œuvres d’art, cherchez la force, le bonheur, où même la bonté ?‘ Mais tout cela a été dit et redit; les romanciers en ont fait de fort subtiles peintures, les médecins, très fiers d’avoir retrouvé les rudiments de la thérapeu— tique mentale, ont élaboré la « psycho-physiologie », et les désespérés continuent à être malheureux, et les puissants continuent à être les méchants. ' Cependant demeure chez tous la notion obscure que le Beau, le Bien et le Vrai ne sont pas que des
3i898] TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE SCIENCE 0CCUL’I‘E 91 mots, qu’un état social harmonieusement organisé doit pouvoir se trouver autre part que dans l’imagination des utopistes, que l’Idéal existe et le Bonheur n’est pas une chimère. Ils ont raison ceux-ci, rêveurs obstinés de qui les ailes battent sans cesse vers les cieux; ces utopies furent autrefois de splendides réalités et elles redes— cendent encore, dans l’Avenir, pour faire régner sur notre malheureuse planète la bénédiction, la con‘ corde et la paix. Mais comment, je ne dirai pas réaliser ce grand œuvre surhumain. mais lui préparer les voies? Où trouver les paroles puissantes qui arrêteront le bras levé du militarisme, qui feront retentir chez les grands des verbes de clémence, qui pourront ouvrir? la pitié le cœur du riche? De telles paroles, l’Huma nité terrestre en a entendu au cours de la jeunesse, et, prosternée d’admiration, elle a divinisé ceux qui les proférèrent. Trois cents millions de Jaunes rendent depuis cin« quante siècle le culte muet à l’un de leurs initiateurs, [Ïao-Tze; cent millions d’Ariens célèbrent dans leurs dialectes sonores la bonté de Kristma, et sa sublime doctrine du renoncement ; trois cents millions d’hommes de toute race se prestement tous les jours devant la face souriante du dernier Bouddha; les légions inpétueuses se groupent sous l’étendard du Croissant et invoquent matin et soir « Allah, puissant et miséricordieux »; seul, le doux Galiléen cherche, parmi les flots de ses fils blancs, quelques cœurs simples et quelques âmes de charité : et c’est à peine
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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