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1TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE SCIENCE OCCULTE 95 La plus belle qualité d’un livre de « science » est de faire expérimenter au lecteur qu’il le conduit au prin cipe de toute vie et de toute lumière, je veux dire au cœur même du Verbe incarné voici bientôt deux mille ans. C’est. je crois, le but secret que Papus s’est proposé; félicitons—le, nous tous, ses élèves et plus ou moins ses débiteurs, de l’avoir atteint d’un élan aussi. vigoureux. SÉDIR. %’ r..._,.....mt—um.«_. —ç—ç‘u‘buWä-æa—Nÿ—»v;w-:—«.rflv r. . >_ -» Je... _. I n.., . PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE En fiersiers et ,iîiagieieas mademes raser aisamnr Par HENRI Paoasr—Bmaaan La dernière sorcière fut brûlée à P-au, en mai 1672, et les cahiers des États du Béarn demeurent dès lors muets jusqu'à nos jours. Les sorcières ou brout— ' cites (I) n’ont point cependant disparu pour cela, et, _ si les personnages officiels n’ont pas connaissance de leurs maléfices, les rebouteux des Pyrénées s’atta chent à les démasquer, à rendre impuissantes leurs forces mauvaises, affirmant ainsi leur existence. Des uns et des autres, sorciers et bons magiciens, le paysan le plus sot ne parle jamais à l’homme de la ville. Avouer l’existence des broute/tes, c’est attirer sur soi la colère’de ces malveillantesp ersonnes; parler du magicien, de ses cures et poutre-charmes, c’est le (i) Broutche, mot béarnais d’origine inconnue désignant le sorcier ou la sorcière.
2SORCIERS ET MAGICIENS MODERNES 97 1 dénoncer à la justice pour exercice illégal de la mé decine. Malgré ces obstacles, insurmontables en apparence, il est des moyens pour arriver à posséder sinon la vérité entière, du moins certains renseignements utiles. Nous avons rencontré, sur le terrain des Arts Divinatoires, un bizarre jeune homme élève rebou teux et devin, dont nous tenons de curieux détails, base de notre étude. La méthode manquait dans son exposition, et nous espérons que le lecteur nous tiendra compte de la difficulté à ordonner de semblables documents. Des sortilèges proprement dits, nous savons peu de chose, sauf quelques particularités intéressantes sur ' les envoûtements. Quant aux mœurs, coutumes, remèdes et pratiques des bons magiciens, nous sommes mieux informés. ‘ Il existe des magiciens mâles et des magiciens femelles, décorés en Béarn du titre pompeux de Mon— sieur de tel endroit, la Dame de tel village (Lou Moussu ou la Daoumo de Pau par exemple). Généra— lement les dames sont somnambules plus ou moins lucides et'plus estimées que les Messieurs; on les nomme dormeuses (Dormusos). Les clients neleur manquent guère et, par humilité, viennent souvent pieds nus de deux ou trois lieues. Il leur faut parfois même être doués d’une patience peu ordinaire, car ils sont contraints d‘attendre leur ‘tour de longues heures. Chacun donne ce qu’il veut, depuis une grappe de raisin jusqu’à des barriques. Le magicien reçoit toujours et ne murmure jamais.
398 L’lNITIATION Les façons de vivre de ces bizarres personnages sont presque austères. Ils ne sortent presque pas de leur masure, parlent très peu et suivent un régime spécial, dont les poissons frais (truites ou goujons apportés en présents) et les légumes forment la base. Ce régime ne s’écarte pas sensiblement, comme l’on voit, de celui recommandé par M. Sédir aux psycho— physiciens ou par M. Duwike à ses magnétiseurs. D’autre part, les vêtements des Moussus ou des Daoumos sont peu luxueux, généralement sombres et semblables à ceux des paysans ordinaires. Ces mages campagnards connaissent peu la Science Occulte proprement dite et point du tout la Kabbale. Ils révèrent cependant les occultistes et quand, rareté fort prisée, ils viennent en visiteurs, le magicien refuse tout cadeau. Cependant, nous a-tcon dit, ils se font imposer les mains et dicter une prière à prononcer. C’est d’ailleurs ainsi que nous comptons procéder, quand nous irons voir la Dame du Lys (1), aux va cances prochaines. La médecine de Paracelse est leur grand recours; ils distillent des Spécifiques, les digèrent dans le pélican, selon les règles mêmes du maître Helvétien. Ils prisent fort la guérison des plaies par la poudre de sympathie, et le traité du chevalier Digby est un de leurs bréviaires. Ils prennent un linge du malade ayant touché la plaie et mettent sur ce linge du sul— fate de fer en poudre. Le client guérit, même à dis— (i) Dame du Lys, somnambule et magicienne célèbre des envrrons de Pan. Nous relaterons notre visite en temps op portun dans le numéro d’octobre prochain.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE SCIENCE OCCULTE 95 La plus belle qualité d’un livre de « science » est de faire expérimenter au lecteur qu’il le conduit au prin cipe de toute vie et de toute lumière, je veux dire au cœur même du Verbe incarné voici bientôt deux mille ans. C’est. je crois, le but secret que Papus s’est proposé; félicitons—le, nous tous, ses élèves et plus ou moins ses débiteurs, de l’avoir atteint d’un élan aussi. vigoureux. SÉDIR. %’ r..._,.....mt—um.«_. —ç—ç‘u‘buWä-æa—Nÿ—»v;w-:—«.rflv r. . >_ -» Je... _. I n.., . PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE En fiersiers et ,iîiagieieas mademes raser aisamnr Par HENRI Paoasr—Bmaaan La dernière sorcière fut brûlée à P-au, en mai 1672, et les cahiers des États du Béarn demeurent dès lors muets jusqu'à nos jours. Les sorcières ou brout— ' cites (I) n’ont point cependant disparu pour cela, et, _ si les personnages officiels n’ont pas connaissance de leurs maléfices, les rebouteux des Pyrénées s’atta chent à les démasquer, à rendre impuissantes leurs forces mauvaises, affirmant ainsi leur existence. Des uns et des autres, sorciers et bons magiciens, le paysan le plus sot ne parle jamais à l’homme de la ville. Avouer l’existence des broute/tes, c’est attirer sur soi la colère’de ces malveillantesp ersonnes; parler du magicien, de ses cures et poutre-charmes, c’est le (i) Broutche, mot béarnais d’origine inconnue désignant le sorcier ou la sorcière.
2SORCIERS ET MAGICIENS MODERNES 97 1 dénoncer à la justice pour exercice illégal de la mé decine. Malgré ces obstacles, insurmontables en apparence, il est des moyens pour arriver à posséder sinon la vérité entière, du moins certains renseignements utiles. Nous avons rencontré, sur le terrain des Arts Divinatoires, un bizarre jeune homme élève rebou teux et devin, dont nous tenons de curieux détails, base de notre étude. La méthode manquait dans son exposition, et nous espérons que le lecteur nous tiendra compte de la difficulté à ordonner de semblables documents. Des sortilèges proprement dits, nous savons peu de chose, sauf quelques particularités intéressantes sur ' les envoûtements. Quant aux mœurs, coutumes, remèdes et pratiques des bons magiciens, nous sommes mieux informés. ‘ Il existe des magiciens mâles et des magiciens femelles, décorés en Béarn du titre pompeux de Mon— sieur de tel endroit, la Dame de tel village (Lou Moussu ou la Daoumo de Pau par exemple). Généra— lement les dames sont somnambules plus ou moins lucides et'plus estimées que les Messieurs; on les nomme dormeuses (Dormusos). Les clients neleur manquent guère et, par humilité, viennent souvent pieds nus de deux ou trois lieues. Il leur faut parfois même être doués d’une patience peu ordinaire, car ils sont contraints d‘attendre leur ‘tour de longues heures. Chacun donne ce qu’il veut, depuis une grappe de raisin jusqu’à des barriques. Le magicien reçoit toujours et ne murmure jamais.
398 L’lNITIATION Les façons de vivre de ces bizarres personnages sont presque austères. Ils ne sortent presque pas de leur masure, parlent très peu et suivent un régime spécial, dont les poissons frais (truites ou goujons apportés en présents) et les légumes forment la base. Ce régime ne s’écarte pas sensiblement, comme l’on voit, de celui recommandé par M. Sédir aux psycho— physiciens ou par M. Duwike à ses magnétiseurs. D’autre part, les vêtements des Moussus ou des Daoumos sont peu luxueux, généralement sombres et semblables à ceux des paysans ordinaires. Ces mages campagnards connaissent peu la Science Occulte proprement dite et point du tout la Kabbale. Ils révèrent cependant les occultistes et quand, rareté fort prisée, ils viennent en visiteurs, le magicien refuse tout cadeau. Cependant, nous a-tcon dit, ils se font imposer les mains et dicter une prière à prononcer. C’est d’ailleurs ainsi que nous comptons procéder, quand nous irons voir la Dame du Lys (1), aux va cances prochaines. La médecine de Paracelse est leur grand recours; ils distillent des Spécifiques, les digèrent dans le pélican, selon les règles mêmes du maître Helvétien. Ils prisent fort la guérison des plaies par la poudre de sympathie, et le traité du chevalier Digby est un de leurs bréviaires. Ils prennent un linge du malade ayant touché la plaie et mettent sur ce linge du sul— fate de fer en poudre. Le client guérit, même à dis— (i) Dame du Lys, somnambule et magicienne célèbre des envrrons de Pan. Nous relaterons notre visite en temps op portun dans le numéro d’octobre prochain.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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