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192 L'INITIATION si l’ardent élan de leur dévotion parvient à se faire entendre dans le tumulte de la paix armée, dans les hurlements des'Bourses d’agioteurs, dans le fracas des bagnes de l’industrie, dans les râles des cris de débauche, dans les métropoles gangrenées. 1! I; 11 D’où venaient ces êtres divins, dont les noms sont revêtus de l’adoration des multitudes? Toute la science des philosophes, toute l’érudition des archéologues s’évertuant à réduire leur passage parmi les humains à la valeur d’un symbole astronomique; le scepti cisme d’un Voltaire, d’un Renan, ou_le fatras d‘un privat-docent, voulant ne laisser voir en Jésus qu’un révolutionnaire extrêmement habile, n‘expliquent en rien la force providentielle de ces hommes. ou avaient—ils puisé leur force morale indomptable ? D’où le prestige impérieux et ensorceleur de leur geste ? De quelle école, leur science déconcertante ? De quelle faculté médicale, leurs miracles de thérapeu— tique? Leur mission, de quelle autorité? Quelle doc— trine inspirait leur charité?Quel idéal les faisait cou— rir au sacrifice ? Voici l’occulte, le non-manifesté, le latent, le non vu; répondre à chacune de ces questions demanderait autant d’existences d’un labeur ininterrompu. Cepen dant comment le faire parler, comment apprendre sa langue, comment entendre ce qu’il nous dit? C’est ici que les voies diffèrent et que chacun cherche et trouve un chemin personnel; cependant tous les che—
2TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE SCIENCE OCCULTE 93 .. :. ,‘ .,.. - WdY{rJ : E JZ , _J - ‘r?E‘:"' 1 mins se ressemblent, en tant que chemins;«seule dif— fèrent les façons d’y avancer. Pour nous autres modernes, bien loin de pouvoirt comme les anciens aspirants aux Mystères, avancer d’un pas harmonieux, il nous faut envoyer d’abord notre intelligence à la découverte; ensuite nous per— mettons à notre cœur de s’émouvoir à la contempla— tion des paysages entrevus, et ce n’est qu’après que notre corps se baignera dans une atmosphère plus pure et s’épanouira aux rayons du soleil plus vivifiant. C’està l’exploration d’avant-garde intellectuelle que les livres peuvent servir de guide; et parmi ces guides l’un des plus sûrs dont j’ai moi-même profité est la dernière œuvre de Papus, la réédition du Traité élémentaire de science occulte. Je me rappelle qu’en 1887, lorsque parut ce petit livre sous sa forme primitive, il fut accueilli par les chercheurs encore isolés, par les ‘ jeunes étudiants comme les hommes mûrs, avec un empressement égal et une reconnaissance qui n’a pas cessé. Je n'ai pas d’autorité suffisante pour faire ici l’analyse dog matique des matières traitées, aussi me bornerai-je à souligner les intentions de l’auteur et à rechercher l’esprit dans lequel il faut étudier ce livre. Le mental humain est une machine excessivement cOmpliquée ; c’est pourquoi il ne comprend pas les choses simples, c’est pourquoi il est très rare de voir un auteur com— pris complètement par un seul de ses lecteurs. Les gens raisonnables prétendent qu’un mot n’a qu’un sens, bien précis.et déterminé; cela est exact pour le mot en soi, mais c'est totalement faux quand un cer îî «_A-" \ . . :—* - ;
3- 94 L’INITIATION veau écrit ce mot pour le faire lire à un autre -- cerveau. Ainsi l’une des entreprises les plus difficiles que puisse concevoir un étudiant, c’est de saisir dans sa simplicité la pensée de l’auteur qu’il médite. Auquel d’entre nous n’est-il pas arrivé, reprenant après l’avoirlaissé longtemps dormir sur un rayon, quelque livre doctrinal, d’y redécouvrir une foule d’enseignements, d’analogies, d’idées que ses pre— mières lectures avaient laissé passer inaperçus? Le livre de Papus a été composé pour servir en quelque sorte de mémorandum et de point de repère. ' Outre les enseignements généraux de l’occultisme, ce qu’il faut y chercher, c’est la classification organique des diverses branches de la science occulte, leurs rela tions et leurs points de contact; c’est une sorte d’ar bor scientiæ, autour duquel tourne le chercheur pour - choisir la branche, la fleur, le fruit ou même la racine qu’il se propose d’étudier. Je dirai même plus au risque d’être taxé de partialité envers quelqu’un à qui je dois beaucoup. Le Traité élémentaire de science occulte peut, à lui seul, donner du labeur pour plusieurs années de travaux et rempla cer pendant ce temps, pour l’homme de désir, toute une bibliothèque. Les théories qu’il représente ne sont pas froidement cérébrales, elles sont vivantes, et les preuves de cette affirmation sont visibles, pour qui sait lire entre les lignes, en beaucoup de passages. Or, ainsi que le dit excellemment Papus, la science n’est vivante que si elle prend sa source dans le principe de l’Amour; et l’individu atteint l’Amour par le sa— crifice personnel.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
192 L'INITIATION si l’ardent élan de leur dévotion parvient à se faire entendre dans le tumulte de la paix armée, dans les hurlements des'Bourses d’agioteurs, dans le fracas des bagnes de l’industrie, dans les râles des cris de débauche, dans les métropoles gangrenées. 1! I; 11 D’où venaient ces êtres divins, dont les noms sont revêtus de l’adoration des multitudes? Toute la science des philosophes, toute l’érudition des archéologues s’évertuant à réduire leur passage parmi les humains à la valeur d’un symbole astronomique; le scepti cisme d’un Voltaire, d’un Renan, ou_le fatras d‘un privat-docent, voulant ne laisser voir en Jésus qu’un révolutionnaire extrêmement habile, n‘expliquent en rien la force providentielle de ces hommes. ou avaient—ils puisé leur force morale indomptable ? D’où le prestige impérieux et ensorceleur de leur geste ? De quelle école, leur science déconcertante ? De quelle faculté médicale, leurs miracles de thérapeu— tique? Leur mission, de quelle autorité? Quelle doc— trine inspirait leur charité?Quel idéal les faisait cou— rir au sacrifice ? Voici l’occulte, le non-manifesté, le latent, le non vu; répondre à chacune de ces questions demanderait autant d’existences d’un labeur ininterrompu. Cepen dant comment le faire parler, comment apprendre sa langue, comment entendre ce qu’il nous dit? C’est ici que les voies diffèrent et que chacun cherche et trouve un chemin personnel; cependant tous les che—
2TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE SCIENCE OCCULTE 93 .. :. ,‘ .,.. - WdY{rJ : E JZ , _J - ‘r?E‘:"' 1 mins se ressemblent, en tant que chemins;«seule dif— fèrent les façons d’y avancer. Pour nous autres modernes, bien loin de pouvoirt comme les anciens aspirants aux Mystères, avancer d’un pas harmonieux, il nous faut envoyer d’abord notre intelligence à la découverte; ensuite nous per— mettons à notre cœur de s’émouvoir à la contempla— tion des paysages entrevus, et ce n’est qu’après que notre corps se baignera dans une atmosphère plus pure et s’épanouira aux rayons du soleil plus vivifiant. C’està l’exploration d’avant-garde intellectuelle que les livres peuvent servir de guide; et parmi ces guides l’un des plus sûrs dont j’ai moi-même profité est la dernière œuvre de Papus, la réédition du Traité élémentaire de science occulte. Je me rappelle qu’en 1887, lorsque parut ce petit livre sous sa forme primitive, il fut accueilli par les chercheurs encore isolés, par les ‘ jeunes étudiants comme les hommes mûrs, avec un empressement égal et une reconnaissance qui n’a pas cessé. Je n'ai pas d’autorité suffisante pour faire ici l’analyse dog matique des matières traitées, aussi me bornerai-je à souligner les intentions de l’auteur et à rechercher l’esprit dans lequel il faut étudier ce livre. Le mental humain est une machine excessivement cOmpliquée ; c’est pourquoi il ne comprend pas les choses simples, c’est pourquoi il est très rare de voir un auteur com— pris complètement par un seul de ses lecteurs. Les gens raisonnables prétendent qu’un mot n’a qu’un sens, bien précis.et déterminé; cela est exact pour le mot en soi, mais c'est totalement faux quand un cer îî «_A-" \ . . :—* - ;
3- 94 L’INITIATION veau écrit ce mot pour le faire lire à un autre -- cerveau. Ainsi l’une des entreprises les plus difficiles que puisse concevoir un étudiant, c’est de saisir dans sa simplicité la pensée de l’auteur qu’il médite. Auquel d’entre nous n’est-il pas arrivé, reprenant après l’avoirlaissé longtemps dormir sur un rayon, quelque livre doctrinal, d’y redécouvrir une foule d’enseignements, d’analogies, d’idées que ses pre— mières lectures avaient laissé passer inaperçus? Le livre de Papus a été composé pour servir en quelque sorte de mémorandum et de point de repère. ' Outre les enseignements généraux de l’occultisme, ce qu’il faut y chercher, c’est la classification organique des diverses branches de la science occulte, leurs rela tions et leurs points de contact; c’est une sorte d’ar bor scientiæ, autour duquel tourne le chercheur pour - choisir la branche, la fleur, le fruit ou même la racine qu’il se propose d’étudier. Je dirai même plus au risque d’être taxé de partialité envers quelqu’un à qui je dois beaucoup. Le Traité élémentaire de science occulte peut, à lui seul, donner du labeur pour plusieurs années de travaux et rempla cer pendant ce temps, pour l’homme de désir, toute une bibliothèque. Les théories qu’il représente ne sont pas froidement cérébrales, elles sont vivantes, et les preuves de cette affirmation sont visibles, pour qui sait lire entre les lignes, en beaucoup de passages. Or, ainsi que le dit excellemment Papus, la science n’est vivante que si elle prend sa source dans le principe de l’Amour; et l’individu atteint l’Amour par le sa— crifice personnel.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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