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1STANISLAS DE GUAITA 7 « veau, dans son œuvre de laborieuseédification, uti— « lisera les infimes débris du vieux monde dissocié, « désorganisé fort à point pour fournir des matériaux « tout prêts aux architectes de l’avenir » (1). C’est à cette œuvre de pénible transition, à cette parturition divine que veut s‘employer ton âme éprise en toutes choses des éclosions du Néant en la sphère de I’Etre. « En attendant que la Parole posthume s’exhale « de tous les ossements de l’antiquité sainte, de rares « penseurs ont déchiffré les inscriptions hiératiques « des temples en ruine, les pantacles des manuscrits « décriés.; ils sont à même de prêcher, avec la prudence « qui sied, l’Evangile nouveau » (2). Tu veux être de ceux-là! « Avec la prudence qui sied! « Elle ne t’abandon nera pas en effet, la prudence, plus que la tempé rance, la justice ou la force; elles sont tes qualités propres, ces vertus de la mystique moyenne, illumina tive. Ce n’est donc pas au carrefour que tu vas prê cher; tu ne .sèmeras pas à tous les vents la parole sacrée; tu te rappelles avec Synésius que la « vérité « devient funeste aux yeux trop faibles pour soutenir «son éclat, qu’il ne faut donner aux foules qu’un « enseignement proportionné à leur intelligence bor née » (3). Combien l’expérience a donné raison à ta réserve (I) Le Serpent de la Genèse, p. 11. (2)1bid., p. 175. (3) Au Seuil du mystère, p. 16. ......,M,..t-., --m \. ..- s.-æ-...n.j_-c._ ,.-s - '-v--\—\—-«-— *“"f‘W""'“"““"‘"‘M’_‘f’
28 L’INITIATION -— \.p!\ .. \ \...,..g._ «w . .. . sur nos impatiences! Aujourd’hui encore, n‘assistons nous pas, une fois de plus, avec peine, au triste spec tacle des déviations les plus repoussantes, semblables à celles où sombra le gnosticisme des premiers siècles! Il te fallait donc un cénacle intime. Tu fondas cet ordre bientôt fermé de la Rose-Croix, d’où sont issus déjà de si excellents disciples et dont tu as voulu par tager la gestion avec quelques amis intimes. Là, tu pouvais t’essayer en ce rôle qu'on aperçoit au fond de tes aspirations légitimes, de 1’Hiérophante, instruc teur du néophyte, révélateur des mystères, « chargé «d’initier graduellement les hommes dignes de ce « nom aux quatre hiérarchies des sciences sacrées, de « les élever sur les triples ailes de l’étude, de la con— « templation et de la prière, de la connaissance de ce « qui estaux mystérieux et ineffables arcanes de Celui « qui est éternellement» (1). Bientôt, cependant, cet enseignement ne suffit plus à ton zèle; tu te sens capable de l’étendre sans dan ger par le livre, impatient de répandre la parole sainte. Pressens-tu déjà combien elle sera courte cette mis sion sacrée que tu t’es imposée dès le jour où la lu mière t’a été révélée ? Un premier essai, coup de maître, le Seuzldu mystère, est à peine apparu, rapi dement épuisé, que déjà la première partie de ta belle œuvre est entreprise et s’élève, soignée, accomplie, vivante, majestueuse comme tout ce que tu édi fiais. (i) Le Serpent de la Genèse, n° 12.
3STANISLAS DE GUAITA 9 ‘!! Dès le début, ton plan. ai-je dit, était arrêté aussi bien que ta doctrine,et si bien jeté que tu n’auras pas à t’en écarter un instant. Pour ce qui est de la forme, tu vas demander à l’observation d’abord la preuve de l’invisible. Tu en entreprendras ensuite l’interprétation par l’étude du médiateur plastique universel. On sait avec quel éclat et quelle clarté; elles sont déjà dans toutes les mémoires, les magnifiques pages de la Clef de la Magie noire. Tu fourniras ainsi la preuve de la ' lumière astrale, en même temps que tu en diras clai— rement le jeu et que tu nous feras entrevoir cette vo lonté sublime qui l’a créée et en dispose. Tu ne crains pas ici de laisser tous ces voiles d’al légories ou de symboles dont la plupart de tes prédé cesseurs n’ont pas osé se dépouiller. Tu vas droit au fond du mystère et tu nous y conduis avec toi pour nous l'interpréter. Cette hardiesse t’était permise maintenant que tu avais pris soin en ton premier exposé des faits de nous en dire surtout le danger, au lieu de nous laisser sé duire par le charme du mystère. C’est revêtu par toi de cette armure protectrice que nous allons traverser à ta suite cette région si périlleuse du monde moyen pour arriver enfin aux sphères divines, seul but véri table de cette exploration et de ton œuvre. Telle en est la Trinité : Serpent de la Genèse, où tu rassembles les faits oc— cultes ;
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1STANISLAS DE GUAITA 7 « veau, dans son œuvre de laborieuseédification, uti— « lisera les infimes débris du vieux monde dissocié, « désorganisé fort à point pour fournir des matériaux « tout prêts aux architectes de l’avenir » (1). C’est à cette œuvre de pénible transition, à cette parturition divine que veut s‘employer ton âme éprise en toutes choses des éclosions du Néant en la sphère de I’Etre. « En attendant que la Parole posthume s’exhale « de tous les ossements de l’antiquité sainte, de rares « penseurs ont déchiffré les inscriptions hiératiques « des temples en ruine, les pantacles des manuscrits « décriés.; ils sont à même de prêcher, avec la prudence « qui sied, l’Evangile nouveau » (2). Tu veux être de ceux-là! « Avec la prudence qui sied! « Elle ne t’abandon nera pas en effet, la prudence, plus que la tempé rance, la justice ou la force; elles sont tes qualités propres, ces vertus de la mystique moyenne, illumina tive. Ce n’est donc pas au carrefour que tu vas prê cher; tu ne .sèmeras pas à tous les vents la parole sacrée; tu te rappelles avec Synésius que la « vérité « devient funeste aux yeux trop faibles pour soutenir «son éclat, qu’il ne faut donner aux foules qu’un « enseignement proportionné à leur intelligence bor née » (3). Combien l’expérience a donné raison à ta réserve (I) Le Serpent de la Genèse, p. 11. (2)1bid., p. 175. (3) Au Seuil du mystère, p. 16. ......,M,..t-., --m \. ..- s.-æ-...n.j_-c._ ,.-s - '-v--\—\—-«-— *“"f‘W""'“"““"‘"‘M’_‘f’
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3STANISLAS DE GUAITA 9 ‘!! Dès le début, ton plan. ai-je dit, était arrêté aussi bien que ta doctrine,et si bien jeté que tu n’auras pas à t’en écarter un instant. Pour ce qui est de la forme, tu vas demander à l’observation d’abord la preuve de l’invisible. Tu en entreprendras ensuite l’interprétation par l’étude du médiateur plastique universel. On sait avec quel éclat et quelle clarté; elles sont déjà dans toutes les mémoires, les magnifiques pages de la Clef de la Magie noire. Tu fourniras ainsi la preuve de la ' lumière astrale, en même temps que tu en diras clai— rement le jeu et que tu nous feras entrevoir cette vo lonté sublime qui l’a créée et en dispose. Tu ne crains pas ici de laisser tous ces voiles d’al légories ou de symboles dont la plupart de tes prédé cesseurs n’ont pas osé se dépouiller. Tu vas droit au fond du mystère et tu nous y conduis avec toi pour nous l'interpréter. Cette hardiesse t’était permise maintenant que tu avais pris soin en ton premier exposé des faits de nous en dire surtout le danger, au lieu de nous laisser sé duire par le charme du mystère. C’est revêtu par toi de cette armure protectrice que nous allons traverser à ta suite cette région si périlleuse du monde moyen pour arriver enfin aux sphères divines, seul but véri table de cette exploration et de ton œuvre. Telle en est la Trinité : Serpent de la Genèse, où tu rassembles les faits oc— cultes ;
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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