Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE $a Question de l’^r artificiel On sait avec quelle ardeur notre regretté ami Poisson (Philophotes) avait entrepris de provoquer un mouve ment en faveur de la renaissance des études alchimiques. Après la mort de Poisson, le jeune et déjà si distingué directeur de Y Hyper chimie, M. Jollivet-Castelot, publia ses premières œuvres et fonda avec la revue citée ci-dessus la Société alchimique de France qui prit rapidement une légitime extension. C'est à ce moment que August Strindberg, le curieux et paradoxal génie, découvrit une synthèse facile de l'or par le mariage du fer et du cuivre et leur renaissance commune au moyen de l’ammoniaque. Ainsi se trouvaient reprises les curieuses recherches poursuivies jadis par M. Tiffereau. Enfin,un Américain,M. Emmens, parvenait parla com pression intense de l’argent à produire de l’or, et de l’or si véritable, qu’il était accepté et acheté en lingots par la Monnaie des Etats-Unis. ' J'ai pu voir et examiner l’échantillon métallique en voyé dernièrement par M. Emmens au colonel de Ro chas. Pour clore cette première liste de hardis pionniers, il nous faut signaler notre ami M. Clavenad, ingénieur en chef des ponts et chaussées qui vient, à son tour, et par une voie toute personnelle, de réaliser la synthèse de l’or. On trouvera dans l'article suivant de Guymiot tous les détails à ce sujet. Il est intéressant d’attendre des échantillons de ces Digitized by Google Original from CORNELL UNIVERSITY
2l’initiation divers procédés, et pour être parfaits, il serait utile que ces échantillons fussent métalliques et en lingots comme ceux de M. Emmens, car c’est là le point pratique à at teindre. Papus. Emmens et Tiffereau Production industrielle de l’or Voilà déjà longtemps que je prétends qu’il est possible de convertir l’argent et même le cuivre en or. En effet, dans trois expériences faites à Guadalajara et à Colima (Mexique), j’ai réussi à faire passer de la limaille d’ar gent, de cuivre et de fer à l'état d’or. Le métal ainsi ob tenu présente un aspect particulier qui le distingue de l’or ordinaire et lui donne un incontestable caractère de production artificielle; mais, après avoir été fondu, il ne diffère en rien de l’or des mines ou des placers, dont il a toutes les propriétés physiques et chimiques : c’est ce dont on peut s’assurer par les échantillons, bien dimi nués, que j’en possède encore. Etant revenu en France, aussitôt après mes expé riences, je n’ai pu les renouveler avec le même succès, faute de trouver à Paris les conditions de température, d’électricité, de magnétisme, etc., propres au climat du Mexique, et aussi, faute de moyens pécuniaires et d’ap pareils pour suppléer à ce qui me manque sous notre ciel. C’est en vain que j’ai fait tous mes efforts afin d’at tirer l’attention sur ma découverte ; c’est en vain que j’ai adressé des mémoires à l’Académie des sciences, que j’ai multiplié mes conférences, mes brochures, mes dé marches auprès des savants, des financiers et des hommes politiques. Les journaux, cependant, se sont assez souvent occupés de moi pour avoir fait impression sur l’opinion publique. En communiquant ces quelques lignes à la presse, j’ai pour but de la remercier de son concours passé et de la mettre au courant des faits présents. Si je n’ai rien obtenu en France des savants, j’ai ob tenu beaucoup d’un savant étranger, le Dr Stephen H. Emmens, président de Y Argentaurum Syndicate de New-York. Cet homme, remarquable à beaucoup d’égards Digitized by Google Original from . CORNELL UNIVERS^
3LA QUESTION DE L’OR ARTIFICIEL 235 et dont j’ignorais même l’existence, a daigné m’écrire, au mois d’avril dernier, qu’il avait lu avec intérêt mes publications et qu’il pouvait m’assurer que j’étais dans la bonne voie. En effet, lui-même, ayant employé un pro cédé qui a quelques rapports avec le mien, était parvenu à faire, avec de l’argent, un premier lingot d’or de 220 grammes, que le bureau d’Essai de la Monnaie de New-York avait acheté comme or vrai. Depuis, il m’a honoré régulièrement de ses communications que j’ai, en grande partie, livrées à la publicité. J’ai notamment ap pris de lui qu’il a fabriqué et vendu 22 lingots d’or valant 28,000 francs. Dans ce seul|mois de novembre, il aura produit autant d’or qu’il en a déjà produit pendant les six premiers moisde son fonctionnement industriel : ses deux derniers lingots pesaient, l’un l,35ogrammes et l’autre 1,460 grammes. Et, d’ici à un an, il est certain de produire, par mois 5o,ooo onces d’or, soit pour environ cinq millions de francs. Je ne puis m’empêcher de reproduire ici quelques lignes de certaines de ses lettres : « Un premier dividende, m’a-t-il écrit, a déjà été dis- « tribué aux membres de VArgentaurum Syndicat e, et il < sera suivi de bien d’autres, dût le grand public rester < incrédule ou se figurer que je travaille à perte... « .... L’opération par laquelle une charge d’argent est « convertie en or, demande, en tout, une dizaine de < jours; mais des résultats appréciables se constatent < facilement au bout de quatre heures. ...... « Je joins à ma lettre un document qui non seulement < vous intéressera, mais encore pourra vous être utile : « c’est le bordereau délivré par le Bureau d’Essai de la < Monnaie, au sujet de notre dixième lingot. Vous verrez < ainsi comment procède ce bureau lors des achats de « nos lingots.................................................................... « Je fais maintenant mes préparatifs pour répéter < votre expérience du Mexique. Quelques essais préli- < minaires m’ont déjà donné des résultats encourageants. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE $a Question de l’^r artificiel On sait avec quelle ardeur notre regretté ami Poisson (Philophotes) avait entrepris de provoquer un mouve ment en faveur de la renaissance des études alchimiques. Après la mort de Poisson, le jeune et déjà si distingué directeur de Y Hyper chimie, M. Jollivet-Castelot, publia ses premières œuvres et fonda avec la revue citée ci-dessus la Société alchimique de France qui prit rapidement une légitime extension. C'est à ce moment que August Strindberg, le curieux et paradoxal génie, découvrit une synthèse facile de l'or par le mariage du fer et du cuivre et leur renaissance commune au moyen de l’ammoniaque. Ainsi se trouvaient reprises les curieuses recherches poursuivies jadis par M. Tiffereau. Enfin,un Américain,M. Emmens, parvenait parla com pression intense de l’argent à produire de l’or, et de l’or si véritable, qu’il était accepté et acheté en lingots par la Monnaie des Etats-Unis. ' J'ai pu voir et examiner l’échantillon métallique en voyé dernièrement par M. Emmens au colonel de Ro chas. Pour clore cette première liste de hardis pionniers, il nous faut signaler notre ami M. Clavenad, ingénieur en chef des ponts et chaussées qui vient, à son tour, et par une voie toute personnelle, de réaliser la synthèse de l’or. On trouvera dans l'article suivant de Guymiot tous les détails à ce sujet. Il est intéressant d’attendre des échantillons de ces Digitized by Google Original from CORNELL UNIVERSITY
2l’initiation divers procédés, et pour être parfaits, il serait utile que ces échantillons fussent métalliques et en lingots comme ceux de M. Emmens, car c’est là le point pratique à at teindre. Papus. Emmens et Tiffereau Production industrielle de l’or Voilà déjà longtemps que je prétends qu’il est possible de convertir l’argent et même le cuivre en or. En effet, dans trois expériences faites à Guadalajara et à Colima (Mexique), j’ai réussi à faire passer de la limaille d’ar gent, de cuivre et de fer à l'état d’or. Le métal ainsi ob tenu présente un aspect particulier qui le distingue de l’or ordinaire et lui donne un incontestable caractère de production artificielle; mais, après avoir été fondu, il ne diffère en rien de l’or des mines ou des placers, dont il a toutes les propriétés physiques et chimiques : c’est ce dont on peut s’assurer par les échantillons, bien dimi nués, que j’en possède encore. Etant revenu en France, aussitôt après mes expé riences, je n’ai pu les renouveler avec le même succès, faute de trouver à Paris les conditions de température, d’électricité, de magnétisme, etc., propres au climat du Mexique, et aussi, faute de moyens pécuniaires et d’ap pareils pour suppléer à ce qui me manque sous notre ciel. C’est en vain que j’ai fait tous mes efforts afin d’at tirer l’attention sur ma découverte ; c’est en vain que j’ai adressé des mémoires à l’Académie des sciences, que j’ai multiplié mes conférences, mes brochures, mes dé marches auprès des savants, des financiers et des hommes politiques. Les journaux, cependant, se sont assez souvent occupés de moi pour avoir fait impression sur l’opinion publique. En communiquant ces quelques lignes à la presse, j’ai pour but de la remercier de son concours passé et de la mettre au courant des faits présents. Si je n’ai rien obtenu en France des savants, j’ai ob tenu beaucoup d’un savant étranger, le Dr Stephen H. Emmens, président de Y Argentaurum Syndicate de New-York. Cet homme, remarquable à beaucoup d’égards Digitized by Google Original from . CORNELL UNIVERS^
3LA QUESTION DE L’OR ARTIFICIEL 235 et dont j’ignorais même l’existence, a daigné m’écrire, au mois d’avril dernier, qu’il avait lu avec intérêt mes publications et qu’il pouvait m’assurer que j’étais dans la bonne voie. En effet, lui-même, ayant employé un pro cédé qui a quelques rapports avec le mien, était parvenu à faire, avec de l’argent, un premier lingot d’or de 220 grammes, que le bureau d’Essai de la Monnaie de New-York avait acheté comme or vrai. Depuis, il m’a honoré régulièrement de ses communications que j’ai, en grande partie, livrées à la publicité. J’ai notamment ap pris de lui qu’il a fabriqué et vendu 22 lingots d’or valant 28,000 francs. Dans ce seul|mois de novembre, il aura produit autant d’or qu’il en a déjà produit pendant les six premiers moisde son fonctionnement industriel : ses deux derniers lingots pesaient, l’un l,35ogrammes et l’autre 1,460 grammes. Et, d’ici à un an, il est certain de produire, par mois 5o,ooo onces d’or, soit pour environ cinq millions de francs. Je ne puis m’empêcher de reproduire ici quelques lignes de certaines de ses lettres : « Un premier dividende, m’a-t-il écrit, a déjà été dis- « tribué aux membres de VArgentaurum Syndicat e, et il < sera suivi de bien d’autres, dût le grand public rester < incrédule ou se figurer que je travaille à perte... « .... L’opération par laquelle une charge d’argent est « convertie en or, demande, en tout, une dizaine de < jours; mais des résultats appréciables se constatent < facilement au bout de quatre heures. ...... « Je joins à ma lettre un document qui non seulement < vous intéressera, mais encore pourra vous être utile : « c’est le bordereau délivré par le Bureau d’Essai de la < Monnaie, au sujet de notre dixième lingot. Vous verrez < ainsi comment procède ce bureau lors des achats de « nos lingots.................................................................... « Je fais maintenant mes préparatifs pour répéter < votre expérience du Mexique. Quelques essais préli- < minaires m’ont déjà donné des résultats encourageants. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.