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11897] LE CANTIQUE DES CANTIQUES 227 laient et enseignaient davantage. Le labeur d’une existence est là, dans cet in-folio ; les méditations <i’un esprit supérieur, d’un être illuminé parfois de la grâce divine, ont été condensées en quelques pages initiatrices qu’on peut lire, relire et développer en toute une autre vie de travail et d’oraison. C’est pour cela que tant de chercheurs, épris de vérité, viennent à l’occultisme, interrogent les vieux maîtres, que des groupements se forment qui semblent, à pre mière vue, étranges en notre siècle, que des œuvres paraissent que l’on dirait' surgies des temps passés et qui, néanmoins, sont plutôt de l’avenir que du passé. La Bibliothèque Rosicrucienne est de ce genre; le titre effrayera les ignorants par son étrangeté et les adeptes par la lourde responsabilité qu’il entraîne avec lui. Mais ceux-ci se rassureront bientôt à la lec ture des œuvres parues : la traduction du De septem secundeis, la traduction d’un commentaire au Schir haschirim, la réédition de V Ombre idéale de la Sa gesse universelle, sont des œuvres impersonnelles, des œuvres de sages du temps passé, et nulle indivi dualité moderne, assoifée de renom, ne s’exhibe là sournoisement. Ces ouvrages sont anonymement pu bliés et nous en félicitons ceux qui les ont donnés au public : s’oublier est si difficile, et le faire est la mar que d’un esprit déjà bien avancé dans la connaissance des lois. Nous devrions parler ici du De septem secundeis et de Trithème, et ce serait avec d’autant plus de plaisir que nous avons passé de bien heureuses heures à lire Original from ' CÖRNEtraWERSITY
2228 l'initiation ses lettres si rosicruciennes elles aussi, et ses traités de philosophie et d’alchimie. Sa vie même, résumée par le publicateur en tête de l'ouvrage, est utile à con naître et à méditer : un enseignement au moÿis égal, sinon supérieur à celui de ses écrits s’en dégage. Mais le temps à passer et le .développement de la biblio thèque rosicrucienne fait que cette nouveauté a déjà été dépassée par deux autres livres, la traduction du Pirush al Schir haschirim de R. Issachar Baer, et VOmbre idéale de la Sagesse universelle du R. P. Es prit Sabathier, livre introuvable jusqu’à présent et purement kabbalistique. Bien que la tâche que nous choisissons soit la plus difficile, c’est du Cantique des Cantiques que nous voulons surtout parler ici. Il serait plus aisé de faire un commentaire aux tableaux du Père Esprit Sabathier qui, d’abord, ne sont accompa gnés d’aucune note de l’éditeur et qui, d’autre part, pour hermétiques qu’ils soient, ne sont pas envelop pés de voiles aussi mystérieux, aussi indéchirables qu’un commentaire kabbalistique à un ouvrage de haute science comme le Schir haschirim que la tradi tion attribue, et à juste titre, au roi Schlomoh. Cette tâche est encore rendue plus pénible par ce fait que celui qui publie cette traduction, fort instruit sans, doute en la science traditionnelle, donne sur le livre, sur son contenu et sur les mystères du Pardès des explications aussi précises que nombreuses. Que nous reste-t-il donc ? Ajouter quelques notes à celles si intéressantes qui accompagnent ce volume ; y montrer, au point de vue magique par exemple, les enseignements que l’auteur ne fait qu’indiquer. « AFéDigitized by
3LE CANTIQUE DES CANTIQUES 229 veille^ pas et ne faites point lever la bien aimée,.. » (p. 45.) «c Ma colombe est dans la fente du rocher et dans la cachette de l’escalier... » (p. 36.) « Tes amis seront attentifs à ta voix... » (p. 53), et mille autres passages. Mais ce serait bien inutile, puisque tout lec teur qui voudra y réfléchir, suivant la route indiquée par la préface, trouvera tout cela et bien d’autres choses encore. Je voudrais seulement insister sur un point touchant à la fois la Kabbale et la Fraternité des Rose-Croix, Il est écrit (p. 36), à l’endroit où R. Issachar Baer parle de la sélection faite dans la tribu de Lévi : « Vint Schlomoh qui composa le livre de ces chanteurs (1), et y joignit la Sagesse. Dans le même temps disparut du monde le secret du serpent originel et l’univers entra dans l’ordre. » Comme l’interprétation de ces lignes touche au sens du Can tique des cantiques, à la venue du Messie et à la nature de la Fraternité des Rose-Croix, il importe d’en parler un peu. Le roi Schlomoh a donc amené la paix dans le monde en révélant le Schir haschirim : et cela devait être, car ce roi fut avant tout un pacifique. Le Can tique des cantiques est un livre d’harmonie, dont on doit écouter le chant dans le silence intérieur de l’âme et que les anges ont chanté dès le commencement ; — tout n’est-il pas dès le commencement? Aussi, lors qu’il fut révélé et confié aux trente-six pre - miers chanteurs de la tribu préférée, tous âgés de 33 ans, pour le moins (2), ce ne fut en somme qu’une (1) Le Schir haschirim. (2) Cf. Origène, cité par saint Jérôme. _____ Original from CORNELL UNIVERSITY
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
11897] LE CANTIQUE DES CANTIQUES 227 laient et enseignaient davantage. Le labeur d’une existence est là, dans cet in-folio ; les méditations <i’un esprit supérieur, d’un être illuminé parfois de la grâce divine, ont été condensées en quelques pages initiatrices qu’on peut lire, relire et développer en toute une autre vie de travail et d’oraison. C’est pour cela que tant de chercheurs, épris de vérité, viennent à l’occultisme, interrogent les vieux maîtres, que des groupements se forment qui semblent, à pre mière vue, étranges en notre siècle, que des œuvres paraissent que l’on dirait' surgies des temps passés et qui, néanmoins, sont plutôt de l’avenir que du passé. La Bibliothèque Rosicrucienne est de ce genre; le titre effrayera les ignorants par son étrangeté et les adeptes par la lourde responsabilité qu’il entraîne avec lui. Mais ceux-ci se rassureront bientôt à la lec ture des œuvres parues : la traduction du De septem secundeis, la traduction d’un commentaire au Schir haschirim, la réédition de V Ombre idéale de la Sa gesse universelle, sont des œuvres impersonnelles, des œuvres de sages du temps passé, et nulle indivi dualité moderne, assoifée de renom, ne s’exhibe là sournoisement. Ces ouvrages sont anonymement pu bliés et nous en félicitons ceux qui les ont donnés au public : s’oublier est si difficile, et le faire est la mar que d’un esprit déjà bien avancé dans la connaissance des lois. Nous devrions parler ici du De septem secundeis et de Trithème, et ce serait avec d’autant plus de plaisir que nous avons passé de bien heureuses heures à lire Original from ' CÖRNEtraWERSITY
2228 l'initiation ses lettres si rosicruciennes elles aussi, et ses traités de philosophie et d’alchimie. Sa vie même, résumée par le publicateur en tête de l'ouvrage, est utile à con naître et à méditer : un enseignement au moÿis égal, sinon supérieur à celui de ses écrits s’en dégage. Mais le temps à passer et le .développement de la biblio thèque rosicrucienne fait que cette nouveauté a déjà été dépassée par deux autres livres, la traduction du Pirush al Schir haschirim de R. Issachar Baer, et VOmbre idéale de la Sagesse universelle du R. P. Es prit Sabathier, livre introuvable jusqu’à présent et purement kabbalistique. Bien que la tâche que nous choisissons soit la plus difficile, c’est du Cantique des Cantiques que nous voulons surtout parler ici. Il serait plus aisé de faire un commentaire aux tableaux du Père Esprit Sabathier qui, d’abord, ne sont accompa gnés d’aucune note de l’éditeur et qui, d’autre part, pour hermétiques qu’ils soient, ne sont pas envelop pés de voiles aussi mystérieux, aussi indéchirables qu’un commentaire kabbalistique à un ouvrage de haute science comme le Schir haschirim que la tradi tion attribue, et à juste titre, au roi Schlomoh. Cette tâche est encore rendue plus pénible par ce fait que celui qui publie cette traduction, fort instruit sans, doute en la science traditionnelle, donne sur le livre, sur son contenu et sur les mystères du Pardès des explications aussi précises que nombreuses. Que nous reste-t-il donc ? Ajouter quelques notes à celles si intéressantes qui accompagnent ce volume ; y montrer, au point de vue magique par exemple, les enseignements que l’auteur ne fait qu’indiquer. « AFéDigitized by
3LE CANTIQUE DES CANTIQUES 229 veille^ pas et ne faites point lever la bien aimée,.. » (p. 45.) «c Ma colombe est dans la fente du rocher et dans la cachette de l’escalier... » (p. 36.) « Tes amis seront attentifs à ta voix... » (p. 53), et mille autres passages. Mais ce serait bien inutile, puisque tout lec teur qui voudra y réfléchir, suivant la route indiquée par la préface, trouvera tout cela et bien d’autres choses encore. Je voudrais seulement insister sur un point touchant à la fois la Kabbale et la Fraternité des Rose-Croix, Il est écrit (p. 36), à l’endroit où R. Issachar Baer parle de la sélection faite dans la tribu de Lévi : « Vint Schlomoh qui composa le livre de ces chanteurs (1), et y joignit la Sagesse. Dans le même temps disparut du monde le secret du serpent originel et l’univers entra dans l’ordre. » Comme l’interprétation de ces lignes touche au sens du Can tique des cantiques, à la venue du Messie et à la nature de la Fraternité des Rose-Croix, il importe d’en parler un peu. Le roi Schlomoh a donc amené la paix dans le monde en révélant le Schir haschirim : et cela devait être, car ce roi fut avant tout un pacifique. Le Can tique des cantiques est un livre d’harmonie, dont on doit écouter le chant dans le silence intérieur de l’âme et que les anges ont chanté dès le commencement ; — tout n’est-il pas dès le commencement? Aussi, lors qu’il fut révélé et confié aux trente-six pre - miers chanteurs de la tribu préférée, tous âgés de 33 ans, pour le moins (2), ce ne fut en somme qu’une (1) Le Schir haschirim. (2) Cf. Origène, cité par saint Jérôme. _____ Original from CORNELL UNIVERSITY
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