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1LES INCANTATIONS l3? n’est que le témoignage d’une trop indulgente affection qui m’est chère, mais dont je ne puis accepter les illu sions, vous ne pourriez vous empêcher d’en croire mon appréciation fortement influencée. Mais, heu reusement, elle est tout à fait superflue ; vous con naissez assez toutes les qualités de notre ami pour qu’il soit nécessaire de les redire. Cette pauvre ana lyse de sa dernière œuvre est seulement destinée à vous faire apprécier la place importante qu’elle doit occuper dans la bibliothèque de l’occultiste. F.-Ch. Barlet. Original from CORNELL UNIVERSITY ----- -r PARTIE PHILOSOPHIQUE El SCIENTIFIQUE 1 Vie de Sainte Christine l’Àdmirahle Les savants des temps passés étudiaient la nature en elle-même et dans ses rapports avec Dieu et les hommes. Ils étaient arrivés à des connaissances assez étendues sur un grand nombre de phénomènes qu’ils interprétaient d’une manière qui fait quelquefois sou rire les savants modernes qui, eux, n’ont étudié les choses qu’au point de vue purement physique et ne veulent rien voir au delà de la matière. Quand une catastrophe avait lieu, ils se préoccupaient des causes physiques qui avaient pu l’occasionner, mais aussi des causes d’un ordre plus élevé; il ne leur répugnait pas d’y voir la main de Dieu punissant les hommes ou les éprouvant. Ils admettaient volontiers que les crimes et l’irréligion puissent attirer des châtiments de toutes sortes. Aujourd’hui une pareille idée ferait hausser les épaules et, si un homme de science osait la soutenir, il serait immédiatement disqualifié. Les savants mo □ riginal from 'CORNELL UNIVERSITY
2LES CATASTROPHES ET LE SACRIFICE l30 / dernes, en effet, se sont élevés contre toute espèce de dogmes, ils ont rejeté tout ce qui nous a été transmis par la tradition, ils ont prétendu que la religion et la superstition sont une seule et même chose, qu'il n’existe rien en dehors de ce que leurs sens physiques peuvent leur faire constater; le monde de Tau delà n’est qu’une affreuse plaisanterie, bonne tout au plus pour effrayer les enfants et les esprits faibles; Dieu, les peines et les récompenses dans une autre vie, l’im mortalité de l’âme elle-même, ne sont qu’une dupe rie qui a assez duré. Ils prétendent n accepter que ce qui est scientifiquement démontré et ne s’aperçoivent pas qu’en remontant au début de toute démonstration scientifique on rencontre un acte de foi, sous forme d’axiome ou de postulatum, quelquefois même une simple affirmation. Pour nous qui croyons que There are more things in heavcn and earth, Horatio, Than are dreamt of in our phiiosophy, nous raisonnerons comme les savants d’autrefois, sans pour cela dédaigner les travaux des modernes, qui nous sont, au contraire, d’une grande utilité ; mais nous pousserons nos recherches plus loin. Tout le monde a présent à la mémoire l’incendie du Bazar de la Charité, qui a fait tant de victimes, au commencement de mai dernier. Tout en plaignant sincèrement ces victimes et leurs familles, beaucoup de personnes ne pouvaient s’empêcher de remarquer que Dieu protégeait singulièrement les siens : en effet la plupart d’entre elles étaient des dames pieuses. Original from CORNELL UNIVERSITY
3l’initiation 140 réunies dans un but de charité, accomplissant par conséquent un acte essentiellement chrétien; bien plus, on faisait ressortir encore cette circonstance que le nonce du pape avait béni le bazar quelques mi nutes auparavant. Pour les libres penseurs, la chose était très simple : le hasard ne choisit pas ses vic times ; une imprudence a été commise, la catastrophe s’en est suivie, et les malheureuses femmes qui se trouvaient là ont été tout naturellement brûlées vives. Mais on pensait que, pour les chrétiens, il serait dif ficile de concilier cet événement avec leur doctrine. Sur ces entrefaites, le P. Ollivier, du haut de la chaire de Notre-Dame, a déclaré que cette catastrophe était une expiation. Voici quelques extraits de son discours: ... Pourquoi cela s’est-il fait? A quel dessein se rat tache Thorreur d’un pareil deuil ? Sommes-nous donc entre les mains d’une puissance aveugle qui frappe sans avoir conscience de ses coups ?... Sans doute, ô maître souverain des hommes et des sociétés, vous avez voulu donner une leçon terrible à l’orgueil de ce siècle, où l’homme parle sans cesse de son triomphe contre vous. Vous avez retourné contre lui les conquêtes de sa science, si vaine quand elle n’est pas associée à la vôtre; et, de la flamme qu’il prétend avoir arrachée de vos mains comme le Prométhée antique, vous avez fait l’ins trument de vos représailles... ... Hélas ! de nos temps meme, la France a mérité ce châtiment par un nouvel abandon de ses traditions. Au lieu de marcher à la tête de la civilisation chrétienne, elle a consenti à suivre en servante ou en esclave des doctrines aussi étrangères à son génie qu’à son baptême; elle s’est pliée à des mœurs où rien ne se reconnaîtrait de $a fière et généreuse nature, et son nom est devenu synonyme de folie et d’ingratitude envers Dieu. C’était le Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by CooQie
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LES INCANTATIONS l3? n’est que le témoignage d’une trop indulgente affection qui m’est chère, mais dont je ne puis accepter les illu sions, vous ne pourriez vous empêcher d’en croire mon appréciation fortement influencée. Mais, heu reusement, elle est tout à fait superflue ; vous con naissez assez toutes les qualités de notre ami pour qu’il soit nécessaire de les redire. Cette pauvre ana lyse de sa dernière œuvre est seulement destinée à vous faire apprécier la place importante qu’elle doit occuper dans la bibliothèque de l’occultiste. F.-Ch. Barlet. Original from CORNELL UNIVERSITY ----- -r PARTIE PHILOSOPHIQUE El SCIENTIFIQUE 1 Vie de Sainte Christine l’Àdmirahle Les savants des temps passés étudiaient la nature en elle-même et dans ses rapports avec Dieu et les hommes. Ils étaient arrivés à des connaissances assez étendues sur un grand nombre de phénomènes qu’ils interprétaient d’une manière qui fait quelquefois sou rire les savants modernes qui, eux, n’ont étudié les choses qu’au point de vue purement physique et ne veulent rien voir au delà de la matière. Quand une catastrophe avait lieu, ils se préoccupaient des causes physiques qui avaient pu l’occasionner, mais aussi des causes d’un ordre plus élevé; il ne leur répugnait pas d’y voir la main de Dieu punissant les hommes ou les éprouvant. Ils admettaient volontiers que les crimes et l’irréligion puissent attirer des châtiments de toutes sortes. Aujourd’hui une pareille idée ferait hausser les épaules et, si un homme de science osait la soutenir, il serait immédiatement disqualifié. Les savants mo □ riginal from 'CORNELL UNIVERSITY
2LES CATASTROPHES ET LE SACRIFICE l30 / dernes, en effet, se sont élevés contre toute espèce de dogmes, ils ont rejeté tout ce qui nous a été transmis par la tradition, ils ont prétendu que la religion et la superstition sont une seule et même chose, qu'il n’existe rien en dehors de ce que leurs sens physiques peuvent leur faire constater; le monde de Tau delà n’est qu’une affreuse plaisanterie, bonne tout au plus pour effrayer les enfants et les esprits faibles; Dieu, les peines et les récompenses dans une autre vie, l’im mortalité de l’âme elle-même, ne sont qu’une dupe rie qui a assez duré. Ils prétendent n accepter que ce qui est scientifiquement démontré et ne s’aperçoivent pas qu’en remontant au début de toute démonstration scientifique on rencontre un acte de foi, sous forme d’axiome ou de postulatum, quelquefois même une simple affirmation. Pour nous qui croyons que There are more things in heavcn and earth, Horatio, Than are dreamt of in our phiiosophy, nous raisonnerons comme les savants d’autrefois, sans pour cela dédaigner les travaux des modernes, qui nous sont, au contraire, d’une grande utilité ; mais nous pousserons nos recherches plus loin. Tout le monde a présent à la mémoire l’incendie du Bazar de la Charité, qui a fait tant de victimes, au commencement de mai dernier. Tout en plaignant sincèrement ces victimes et leurs familles, beaucoup de personnes ne pouvaient s’empêcher de remarquer que Dieu protégeait singulièrement les siens : en effet la plupart d’entre elles étaient des dames pieuses. Original from CORNELL UNIVERSITY
3l’initiation 140 réunies dans un but de charité, accomplissant par conséquent un acte essentiellement chrétien; bien plus, on faisait ressortir encore cette circonstance que le nonce du pape avait béni le bazar quelques mi nutes auparavant. Pour les libres penseurs, la chose était très simple : le hasard ne choisit pas ses vic times ; une imprudence a été commise, la catastrophe s’en est suivie, et les malheureuses femmes qui se trouvaient là ont été tout naturellement brûlées vives. Mais on pensait que, pour les chrétiens, il serait dif ficile de concilier cet événement avec leur doctrine. Sur ces entrefaites, le P. Ollivier, du haut de la chaire de Notre-Dame, a déclaré que cette catastrophe était une expiation. Voici quelques extraits de son discours: ... Pourquoi cela s’est-il fait? A quel dessein se rat tache Thorreur d’un pareil deuil ? Sommes-nous donc entre les mains d’une puissance aveugle qui frappe sans avoir conscience de ses coups ?... Sans doute, ô maître souverain des hommes et des sociétés, vous avez voulu donner une leçon terrible à l’orgueil de ce siècle, où l’homme parle sans cesse de son triomphe contre vous. Vous avez retourné contre lui les conquêtes de sa science, si vaine quand elle n’est pas associée à la vôtre; et, de la flamme qu’il prétend avoir arrachée de vos mains comme le Prométhée antique, vous avez fait l’ins trument de vos représailles... ... Hélas ! de nos temps meme, la France a mérité ce châtiment par un nouvel abandon de ses traditions. Au lieu de marcher à la tête de la civilisation chrétienne, elle a consenti à suivre en servante ou en esclave des doctrines aussi étrangères à son génie qu’à son baptême; elle s’est pliée à des mœurs où rien ne se reconnaîtrait de $a fière et généreuse nature, et son nom est devenu synonyme de folie et d’ingratitude envers Dieu. C’était le Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by CooQie
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