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1134 l'initiation son unité à demi-perdue dans l’invisible; les détails pratiques en peuvent être abordés utilement. Les trois chapitres de la seconde partie en exposent le Rituel, avec toute la bibliographie qui s’y rattache, y ajou tent la preuve positive d’expériences aussi curieuses que simples, que le lecteur voudra répéter ou pour suivre ; disent enfin par quel entraînement prélimi naire on devient capable de pratiquer les Mantras. On regrettera peut-être ici de voir notre savant auteur abandonner l’excellente voie qu’il avait suivie dans toute sa première partie, pour se porter exclu sivement vers l’Inde, alors qu’il eût été si intéressant d’apprendre en même temps les secrets encore voilés des incantations cabbalistiques. Sedir s’en justifie en nous disant que « le principe de la langue hébraïque « (à la fois figuratif et sonore dans son hiéroglyphe) « en complique singulièrement l’étude, de sorte - « qu’une restitution de la langue magique des Cia- « vieilles est une entreprise fort longue à concevoir et « surtout à réaliser. » Espérons qu’il tiendra à com pléter bientôt l’œuvre excellente que nous analysons ici en nous dévoilant avec la même science et la même autorité les secrets qui touchent tout particulièrement notre monde chrétien et notre civilisation européenne. Remercions-le en attendant de nous expliquer déjà une pratique si ténébreuse en nous disant les secrets du peuple qui s’y consacre journellement encore. Sédir a soin de nous prévenir d’abord de la nature de ces pratiques, de leur place véritable dans l’ini tiation. Elles y figurent dans les étages inférieurs, étant une sorte de magie cérémonielle destinée non à Origiral from CORNELL UNIVERSITY Digitized
2LES INCANTATIONS 135 évoquer quelque esprit pour lui emprunter sa puis sance, mais seulement à mettre en mouvement des forces naturelles qui reflètent quelque chose de l’in visible dans l’ame de l’opérateur. Parmi les divers systèmes de Yoga, l’incantation est le quatrième, le moindre, celui de Laya-Yoga, et comme science elle occupe le même rang sous le nom de Gouhya-Vidya, après la science de l’absolu et celle de la magie natu relle ou Grande Science. On peut encore se faire une idée de cette place en nos théories occidentales en consultant le chapitre II de cette superbe Clef de la Magie Noire où de Guaita nous dit les quatre sortes d’extériorisation psychique et les quatre genres d’extase enseignés par les Rose-Croix (celle d’amour, la sybilline, la mystique et la musicale}. Si l’on remarque, en outre, que des trois modes de réalisation que Sédir nous développe, le moins dif ficile, le plus fréquent, est celui par lequel l’opéra teur s’identifie, se livre, pour ainsi dire, aux forces fatales de la Nature ; si l’on note parmi les sciences qu’enseignent les traités sur les Mantras : « l’hypnose « par les moyens défendus, tels que l’ablation des « langues d’enfant (n°3i),— le meurtre par incan- « tation (n° 38), — le culte de « la main gauche » « (n° 41), — les différentes méthodes de faire mourir « les hommes (nos 48 à 5i) »et autres pratiques du z même genre propres à rappeler cet aphorisme d’E. Lévy que « le Verbe injuste incapable de se réaliser « par création, doit tuer ou mourir », — on com prendra toute la réserve que notre auteur apporte à ses développements; on s’expliquera pourquoi, en Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
3136 l’initiation présence de réalisations aussi dangereuses pour l’opé rateur que pour la société, il se refuse à nous donner plus que « les plus élémentaires de ses informations « personnelles ». Sous le bénéfice de ces observations importantes, le disciple en ésotérisme qui ne doit laisser dans l’ombre aucune notion, si ténébreuse qu’elle soit (et surtout les suspectes), lira avec le plus grand intérêt et le plus grand profit tous les détails de ce curieux livre. Il y trouvera le classement des innombrables Mantras que l’Inde a découverts; les préparations personnelles exigées du disciple ou nécessitées de la part’du Maître pour la correction des défauts à pré voir, le choix du moment ou le mode de récitation. — Il y verra ensuite les nombreux écrits relatifs à la Science des Mantras ou Agamas partagés en trois ordres dont Sédir nous donne le catalogue avec d'ex cellents commentaires, — et enfin les difficiles entraî nements qui conduisent le Chela à la pratique dan gereuse des Mantras. On ne lira pas avec moins d’intérêt les curieuses preuves expérimentales dont Sédir a voulu appuyer ce sujet si étonnant pour nos esprits européens, en observant les images astrales produites par les sons musicaux ou par notre langage ou même par quelques Mantras hindous. ' Quant à vous dire tout ce qu’il y • d’érudition, de science philosophique, de profondeur intuitive et de méthode en même temps dans ce petit livre, je m’en trouve empêché par la dédicace dont Fauteur a voulu me faire la surprise. J’aurais beau vous dire qu’elle Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by ViOoQie
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1134 l'initiation son unité à demi-perdue dans l’invisible; les détails pratiques en peuvent être abordés utilement. Les trois chapitres de la seconde partie en exposent le Rituel, avec toute la bibliographie qui s’y rattache, y ajou tent la preuve positive d’expériences aussi curieuses que simples, que le lecteur voudra répéter ou pour suivre ; disent enfin par quel entraînement prélimi naire on devient capable de pratiquer les Mantras. On regrettera peut-être ici de voir notre savant auteur abandonner l’excellente voie qu’il avait suivie dans toute sa première partie, pour se porter exclu sivement vers l’Inde, alors qu’il eût été si intéressant d’apprendre en même temps les secrets encore voilés des incantations cabbalistiques. Sedir s’en justifie en nous disant que « le principe de la langue hébraïque « (à la fois figuratif et sonore dans son hiéroglyphe) « en complique singulièrement l’étude, de sorte - « qu’une restitution de la langue magique des Cia- « vieilles est une entreprise fort longue à concevoir et « surtout à réaliser. » Espérons qu’il tiendra à com pléter bientôt l’œuvre excellente que nous analysons ici en nous dévoilant avec la même science et la même autorité les secrets qui touchent tout particulièrement notre monde chrétien et notre civilisation européenne. Remercions-le en attendant de nous expliquer déjà une pratique si ténébreuse en nous disant les secrets du peuple qui s’y consacre journellement encore. Sédir a soin de nous prévenir d’abord de la nature de ces pratiques, de leur place véritable dans l’ini tiation. Elles y figurent dans les étages inférieurs, étant une sorte de magie cérémonielle destinée non à Origiral from CORNELL UNIVERSITY Digitized
2LES INCANTATIONS 135 évoquer quelque esprit pour lui emprunter sa puis sance, mais seulement à mettre en mouvement des forces naturelles qui reflètent quelque chose de l’in visible dans l’ame de l’opérateur. Parmi les divers systèmes de Yoga, l’incantation est le quatrième, le moindre, celui de Laya-Yoga, et comme science elle occupe le même rang sous le nom de Gouhya-Vidya, après la science de l’absolu et celle de la magie natu relle ou Grande Science. On peut encore se faire une idée de cette place en nos théories occidentales en consultant le chapitre II de cette superbe Clef de la Magie Noire où de Guaita nous dit les quatre sortes d’extériorisation psychique et les quatre genres d’extase enseignés par les Rose-Croix (celle d’amour, la sybilline, la mystique et la musicale}. Si l’on remarque, en outre, que des trois modes de réalisation que Sédir nous développe, le moins dif ficile, le plus fréquent, est celui par lequel l’opéra teur s’identifie, se livre, pour ainsi dire, aux forces fatales de la Nature ; si l’on note parmi les sciences qu’enseignent les traités sur les Mantras : « l’hypnose « par les moyens défendus, tels que l’ablation des « langues d’enfant (n°3i),— le meurtre par incan- « tation (n° 38), — le culte de « la main gauche » « (n° 41), — les différentes méthodes de faire mourir « les hommes (nos 48 à 5i) »et autres pratiques du z même genre propres à rappeler cet aphorisme d’E. Lévy que « le Verbe injuste incapable de se réaliser « par création, doit tuer ou mourir », — on com prendra toute la réserve que notre auteur apporte à ses développements; on s’expliquera pourquoi, en Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
3136 l’initiation présence de réalisations aussi dangereuses pour l’opé rateur que pour la société, il se refuse à nous donner plus que « les plus élémentaires de ses informations « personnelles ». Sous le bénéfice de ces observations importantes, le disciple en ésotérisme qui ne doit laisser dans l’ombre aucune notion, si ténébreuse qu’elle soit (et surtout les suspectes), lira avec le plus grand intérêt et le plus grand profit tous les détails de ce curieux livre. Il y trouvera le classement des innombrables Mantras que l’Inde a découverts; les préparations personnelles exigées du disciple ou nécessitées de la part’du Maître pour la correction des défauts à pré voir, le choix du moment ou le mode de récitation. — Il y verra ensuite les nombreux écrits relatifs à la Science des Mantras ou Agamas partagés en trois ordres dont Sédir nous donne le catalogue avec d'ex cellents commentaires, — et enfin les difficiles entraî nements qui conduisent le Chela à la pratique dan gereuse des Mantras. On ne lira pas avec moins d’intérêt les curieuses preuves expérimentales dont Sédir a voulu appuyer ce sujet si étonnant pour nos esprits européens, en observant les images astrales produites par les sons musicaux ou par notre langage ou même par quelques Mantras hindous. ' Quant à vous dire tout ce qu’il y • d’érudition, de science philosophique, de profondeur intuitive et de méthode en même temps dans ce petit livre, je m’en trouve empêché par la dédicace dont Fauteur a voulu me faire la surprise. J’aurais beau vous dire qu’elle Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by ViOoQie
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