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1LES INCANTATIONS I 3 I ■897j mais le Mantram nous apparaît tout particulièrement merveilleux parce que le retentissement par lequel il opère est tout entier dans l’invisible. Il ne touche pas notre entendement comme le lan gage, où l’idée prend forme sensible ; il n’hypnotise pas comme la musique, dont la puissance est autant dans le rythme que dans les modes ou le ton. Il ne commande pas comme dans Tordre oral, l’exorcisme ou l’évocation. Il n’invoque point comme la prière ; il ne vise directement aucun agent invisible. Et ce pendant il porte en soi quelque chose de chacun de ces effets, parce que la pensée qui l’imprègne, *à la fois quintessenciée par le symbole et condensée par les vibrations du son, va retentir dans les trois mondes en les reliant l’un à l’autre. C’est le Verbe en toute sa puissance effective. Pour en éclaircir le mystère, il faut que le savant se double d’un philosophe ; notre auteur n’a pas man qué d’y employer cette double aptitude, dont il nous a déjà donné tant de preuves. Par une harmonieuse méthode, qu’il a soin de nous exposer tout d’abord, il fait deux parts égales en sa démonstration : l’une, toute théorique, nous explique le Verbe même ; l’autre, ainsi éclairée par les principes, nous dit le mécanisme des Mantras, leur rituel et l’entraînement qu’ils exi gent. Chacune de ces deux parties est habilement distri buée en trois chapitres, qui forment un ternaire : Le Verbe au sein de la Trinité suprême ; Le Verbe en mouvement d’involution, ou Verbe proféré; Original from
2I 32 l’initiation Et le Verbe en l’Homme, ou Logos humain. Voilà la suite des études théoriques. Dans la première, toute théogonique, nous voyons le Verbe, « Volonté éternelle de Dieu, vie et principe « de toutes choses », naître du premier mouvement créateur au sein de l’Absolu « avant tous les temps ». Ce chapitre le définit, l’explique en son essence et dans ses potentialités, par de larges citations com mentées, des textes les plus purs empruntés aux deux traditions orientale et occidentale, puisées dans Bœhme ou dans la Baghavat-Gità. L’auteur nous élève ainsi, dès le début, à ces hauteurs sublimes où les divergences humaines s’effacent dans les splen deurs de la Vérité divine. Le second chapitre, qui est comme Pâme de ce livre si suggestif en sa concision, décrit cette phase grandiose de la cosmogonie où le Verbe, issu du ter naire prégénésétique, engéndreles éléments de l’Univers physique. Les citations et les commentaires se multiplient, empruntés encore ^ux meilleures sources de tout ordre ; celles chrétiennes fournies par^Bœhme, les Orientales demandées à la Baghavat-Gità, la Katha-Upanishad, etc., les Pouranas, Sankaratcharya, Subba-Rao, Malfati, d’Olivet. Après l’explication du mouvement générateur dans la Trinité, on trouve là son développement en ces quatre phases successives qui aboutissent à la Nature, Maya, aux génies principaux, aux éléments et fina lement à la Quinte-essence, lumière supérieure, ~ou Akasa, où retentit le nom sacré ÏÏAum pour l’Oriental, de Tétragrammalon pour l’Européen : plus de Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by jongle
3LES INCANTATIONS I 33 dix pages sont consacrées spécialement à commenter ce vocable sacré, Aum. Le dernier des chapitres théoriques, consacré à l’Androgonie, révèle enfin, toujours à la lumière des mêmes textes et comme une conclusion de tout ce « qui précède, la nature et la portée du Verbe en l’Homme considéré en sa constitution quinaire. C’est en effet au nombre cinq qu’est rapporté plus particu lièrement ce livre destiné à éclaircir les mystères de la réalisation du Verbe et de sa domination sur les Éléments. Ici, après avoir rappelé la quinaire humain parti culièrement apparent dans les cinq sens et leurs doubles invisibles, Sédir nous signale d’abord le rôle capital de la Parole, comme «lien entre la conscience « et les divers états de la vie cosmique », et, par suite, comme instrument particulièrement appro prié au but de la vie humaine. 11 nous montre en suite, toujours d’après les mêmes sources, auxquelles s’ajoutent d’ingénieuses citations de Saint-Martin, les origines de la Parole, son développement psycholo gique, trop peu connu, en cinq temps, qui font des cendre la pensée jusqu’au langage. Puis, remontant par là à la cause de différenciation des langues, opé rée jusque dans l’astral, il nous ramène à cette langue unique, originelle dont parlent tous les ésotéristes, que Fabre d’Olivet a particulièrement révélée et qui, trait d’union des deux mondes physique et psy chique, annonce et justifie les effets des Mantras. Ainsi fouillé jusque dans les racines les plus pro fondes, ce mystérieux sujet apparaît au jour en toute Original from ------------ eeftMEtb-UWVERSITY
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LES INCANTATIONS I 3 I ■897j mais le Mantram nous apparaît tout particulièrement merveilleux parce que le retentissement par lequel il opère est tout entier dans l’invisible. Il ne touche pas notre entendement comme le lan gage, où l’idée prend forme sensible ; il n’hypnotise pas comme la musique, dont la puissance est autant dans le rythme que dans les modes ou le ton. Il ne commande pas comme dans Tordre oral, l’exorcisme ou l’évocation. Il n’invoque point comme la prière ; il ne vise directement aucun agent invisible. Et ce pendant il porte en soi quelque chose de chacun de ces effets, parce que la pensée qui l’imprègne, *à la fois quintessenciée par le symbole et condensée par les vibrations du son, va retentir dans les trois mondes en les reliant l’un à l’autre. C’est le Verbe en toute sa puissance effective. Pour en éclaircir le mystère, il faut que le savant se double d’un philosophe ; notre auteur n’a pas man qué d’y employer cette double aptitude, dont il nous a déjà donné tant de preuves. Par une harmonieuse méthode, qu’il a soin de nous exposer tout d’abord, il fait deux parts égales en sa démonstration : l’une, toute théorique, nous explique le Verbe même ; l’autre, ainsi éclairée par les principes, nous dit le mécanisme des Mantras, leur rituel et l’entraînement qu’ils exi gent. Chacune de ces deux parties est habilement distri buée en trois chapitres, qui forment un ternaire : Le Verbe au sein de la Trinité suprême ; Le Verbe en mouvement d’involution, ou Verbe proféré; Original from
2I 32 l’initiation Et le Verbe en l’Homme, ou Logos humain. Voilà la suite des études théoriques. Dans la première, toute théogonique, nous voyons le Verbe, « Volonté éternelle de Dieu, vie et principe « de toutes choses », naître du premier mouvement créateur au sein de l’Absolu « avant tous les temps ». Ce chapitre le définit, l’explique en son essence et dans ses potentialités, par de larges citations com mentées, des textes les plus purs empruntés aux deux traditions orientale et occidentale, puisées dans Bœhme ou dans la Baghavat-Gità. L’auteur nous élève ainsi, dès le début, à ces hauteurs sublimes où les divergences humaines s’effacent dans les splen deurs de la Vérité divine. Le second chapitre, qui est comme Pâme de ce livre si suggestif en sa concision, décrit cette phase grandiose de la cosmogonie où le Verbe, issu du ter naire prégénésétique, engéndreles éléments de l’Univers physique. Les citations et les commentaires se multiplient, empruntés encore ^ux meilleures sources de tout ordre ; celles chrétiennes fournies par^Bœhme, les Orientales demandées à la Baghavat-Gità, la Katha-Upanishad, etc., les Pouranas, Sankaratcharya, Subba-Rao, Malfati, d’Olivet. Après l’explication du mouvement générateur dans la Trinité, on trouve là son développement en ces quatre phases successives qui aboutissent à la Nature, Maya, aux génies principaux, aux éléments et fina lement à la Quinte-essence, lumière supérieure, ~ou Akasa, où retentit le nom sacré ÏÏAum pour l’Oriental, de Tétragrammalon pour l’Européen : plus de Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by jongle
3LES INCANTATIONS I 33 dix pages sont consacrées spécialement à commenter ce vocable sacré, Aum. Le dernier des chapitres théoriques, consacré à l’Androgonie, révèle enfin, toujours à la lumière des mêmes textes et comme une conclusion de tout ce « qui précède, la nature et la portée du Verbe en l’Homme considéré en sa constitution quinaire. C’est en effet au nombre cinq qu’est rapporté plus particu lièrement ce livre destiné à éclaircir les mystères de la réalisation du Verbe et de sa domination sur les Éléments. Ici, après avoir rappelé la quinaire humain parti culièrement apparent dans les cinq sens et leurs doubles invisibles, Sédir nous signale d’abord le rôle capital de la Parole, comme «lien entre la conscience « et les divers états de la vie cosmique », et, par suite, comme instrument particulièrement appro prié au but de la vie humaine. 11 nous montre en suite, toujours d’après les mêmes sources, auxquelles s’ajoutent d’ingénieuses citations de Saint-Martin, les origines de la Parole, son développement psycholo gique, trop peu connu, en cinq temps, qui font des cendre la pensée jusqu’au langage. Puis, remontant par là à la cause de différenciation des langues, opé rée jusque dans l’astral, il nous ramène à cette langue unique, originelle dont parlent tous les ésotéristes, que Fabre d’Olivet a particulièrement révélée et qui, trait d’union des deux mondes physique et psy chique, annonce et justifie les effets des Mantras. Ainsi fouillé jusque dans les racines les plus pro fondes, ce mystérieux sujet apparaît au jour en toute Original from ------------ eeftMEtb-UWVERSITY
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